Lettres: Virage radical
Lettre à Bernard Descôteaux, directeur du Devoir
Pas besoin d'une chronique pour dire que le programme de Québec solidaire relève de l'utopie. Une phrase suffit, mille fois entendue, chaque fois que se présente un choix politique socialisant. Or, justement, c'est ce que la situation commande: un virage radical.
Récession, disiez-vous dans votre texte du 4 mars 2008. C'est bizarre, c'est de cela que j'entends parler depuis des mois alors que l'horizon politique est noir de libéraux et de conservateurs. Les mouvements sociaux et les revendications des masses laborieuses n'ont pas provoqué les grandes crises de l'époque moderne, au contraire. Qualifiés d'utopies en leur temps, ils sont à la source de progrès qui ont profité à tous. Ce sont les perversions du capitalisme qui, en général, nous conduisent aux désastres. À défaut de changements majeurs à notre système de production-consommation qui détruit notre habitat, avec notre prétendue démocratie réduite à sa distorsion médiatique et notre éducation qui fait de nous des diplômés illettrés, à défaut d'utopie, M. Descôteaux, nous allons vivre des calamités inconnues de l'humanité à ce jour.
Ne sapons pas le courage de Québec solidaire, le seul parti à nous proposer une autre voie. Il nous dit que c'est possible, et je le crois. Il y a dans ses rangs des intellectuels dignes de foi. Par contre, ils n'ont pas dit que ce serait facile, mais nous devrions nous préparer aux sacrifices, car nous n'avons plus le choix. Notre mode de vie et notre rapport à la politique sont en cause. Je suis d'accord avec vous: il ne suffit pas de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Il faut réformer l'État et taxer la richesse pour renforcer l'État afin qu'il puisse assumer son rôle de dépositaire de l'intérêt collectif. Car tout enrichissement n'est possible que dans des circonstances auxquelles chacun de nous contribue, si pauvre soit-il.
Au moins, que le programme de Québec solidaire soit l'objet d'un flash à une tribune populaire et s'attire sarcasmes et condescendance est une preuve d'intérêt. Il est grand temps.
Récession, disiez-vous dans votre texte du 4 mars 2008. C'est bizarre, c'est de cela que j'entends parler depuis des mois alors que l'horizon politique est noir de libéraux et de conservateurs. Les mouvements sociaux et les revendications des masses laborieuses n'ont pas provoqué les grandes crises de l'époque moderne, au contraire. Qualifiés d'utopies en leur temps, ils sont à la source de progrès qui ont profité à tous. Ce sont les perversions du capitalisme qui, en général, nous conduisent aux désastres. À défaut de changements majeurs à notre système de production-consommation qui détruit notre habitat, avec notre prétendue démocratie réduite à sa distorsion médiatique et notre éducation qui fait de nous des diplômés illettrés, à défaut d'utopie, M. Descôteaux, nous allons vivre des calamités inconnues de l'humanité à ce jour.
Ne sapons pas le courage de Québec solidaire, le seul parti à nous proposer une autre voie. Il nous dit que c'est possible, et je le crois. Il y a dans ses rangs des intellectuels dignes de foi. Par contre, ils n'ont pas dit que ce serait facile, mais nous devrions nous préparer aux sacrifices, car nous n'avons plus le choix. Notre mode de vie et notre rapport à la politique sont en cause. Je suis d'accord avec vous: il ne suffit pas de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Il faut réformer l'État et taxer la richesse pour renforcer l'État afin qu'il puisse assumer son rôle de dépositaire de l'intérêt collectif. Car tout enrichissement n'est possible que dans des circonstances auxquelles chacun de nous contribue, si pauvre soit-il.
Au moins, que le programme de Québec solidaire soit l'objet d'un flash à une tribune populaire et s'attire sarcasmes et condescendance est une preuve d'intérêt. Il est grand temps.
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