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Jean-Robert Sansfaçon   3 mars 2008  Québec
Aux prises avec un engagement de gel des droits de scolarité encombrant dans un contexte de financement restreint des universités, un comité du Parti québécois s'apprête à proposer une formule de report de la facture à la fin des études. Le «remboursement post-universitaire» (RPU) mérite d'être étudié pour améliorer l'accessibilité aux études supérieures. Mais n'oublions surtout pas d'en évaluer aussi les effets pervers potentiels.
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  • Jacques Gagnon - Abonné
    3 mars 2008 00 h 22
    Question de choix
    Le problème essentiel ici monsieur Sansfaçon, n'est pas tant que nos universités vivent un problème de sous-financement.

    Pouvez-vous me nommer un ministère, un organisme, une institution, telles les universités, ou une quelconque créature de l'état qui ne soit en crise permanente de sous-financement ?

    Élémentaire monsieur Sansfaçon, les salaires et les classes d'emploi augmentent, de même que la santé nous siphonne de plus en plus de ressources.

    Les problème n'est pas non plus essentiellement la résultante de ce gel, maudit comme la tache originelle.

    Il faudrait que vous songiez à ouvrir les yeux. Une pénurie de technologues et de scientifiques nous frappe déjà et va s'amplifiant. Les facultés et programmes sont désertés par je ne sais quel phénomène. Peu importe, les effets sont là et touchent l'informatique et le génie en particulier.

    Pendant ce temps, d'autres pays, émergents ou non, accélèrent le rythme de développement de leur main d'oeuvre spécialisée.

    On se plaint de notre fort taux de décrochage scolaire, mais il n'y a pas d'adhésion sociétale à la nécessité de nous prendre en main.

    Nos leaders manquent de vision. Non seulement sont-ils incapables d'entraîner le peuple derrière un projet, mais pire ils sont à la remorque des sondages.

    Un des choix les plus cruciaux que nous avons à faire pour ne pas compromettre notre avenir, c'est l'investissement massif dans l'éducation.

    L'enjeu réel dans ce contexte est l'adoption d'une politique d'accès aux études, supérieures et autres.

    Il faut produire des cerveaux, des ouvriers, des technologues et ça presse.
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  • Mario Tremblay - Abonné
    3 mars 2008 09 h 33
    Premièrement ...
    Je ne comprends pas cette obsession à augmenter le nombre d'étudiants à l'université. Il y en a déjà trop, c'est la raison du nivellement par le bas. Des « bacs » obtenus grâce à des travaux de groupes, dactylographiés et corrigés par des « nègres ».
    Deuxièmement, on annule les bourses et les prêts sont offerts à tous. Le maximum de prêt couvre les frais de scolarités et les frais de subsistance. Tu empruntes le montant que tu veux, jusqu'à concurrence du maximum. On veut former les élites de demain, mais on a peur qu'ils ne sachent compter et qu'ils s'endettent trop! Ouais!
    Troisièmement, nous avons besoin de techniciens, de technologues, d'ouvriers spécialisés qui savent lire, écrire et compter, afin qu'ils puissent se perfectionner en continu. Si vous saviez ce que gagnent ces travailleurs, vous laisseriez tomber les « bacs » en sciences humaines!
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  • Philippe Leclerc - Abonné
    3 mars 2008 13 h 56
    précisions et discussion
    M. Sansfaçon,

    Tout en saluant l'intérêt que vous portez au modèle RPU et le caractère équilibré de vos remarques, permettez-moi de corriger quelques faits et de marquer mon désaccord principalement sur deux points.

    D'une part, (1) je ne m'accorde pas avec vous ni sur le niveau ni le caractère équitable du financement public actuel.

    Vous dites que l'État assume 85 % du financement des universités. En fait, votre collègue Mmme Cauchy situe la part d'investissement du gouvernement du Québec autour de 53 %, ce que confirmait la Présidente de la FQPPU dans la section Idée (Le Devoir, 29-02-08).

    Le reste vient des étudiants (14 à 15%), des services 'auxiliaires', des donations privées et de subventions fédérales à la recherche. Depuis, 1995, alors qu'Ottawa coupait dans les subventions à l'éducation post-universitaire, ce dernier poste n'a cessé d'augmenter.

    Néanmoins, notre débat porte ici sur les subvention du Ministère Québécois de l'éducation, seules à contribuer à l'ensemble de la mission universitaire, et selon les priorités des insitutions québécoises. Or, cette part du financement public n'a cessé de baisser. Elle atteignait 60 % avant 1995. Elle n'est plus que de 53 %. Parcontre, la contribution relative des étudiants a augmentée.

    Ainsi, vous citer un chiffre erroné sur le financement public et passer à côter du problème d'équité qui justifie, sinon un effort plus grand de l'État, au moins de mettre fin à son désinvestissement chronique.

    Les générations à venir ont, me semble-t-il, également droit à des universités publiques de qualité.Pourquoi, en plus de la dette publique, assumeraient-elles une plus grande part de leur éducation que les générations précédantes ?

    En quoi, à l'ère de la mondialisation, les universités sont-elles moins importantes pour le Québec qu'elles ne l'étaient dans les années '70 ? En fait, dans ce contexte, leur rôle n'est-il pas plus stratégique qu'avant ? Et un financement publique adéquat d'autant plus important ?

    Sur ce point, l'objectif du PQ, rapporté par votre collègue Cauchy, de revenir à un investissement public avoisinant 60 % du financement est fort louable. Il répond à une question d'équité.

    Quant à la menace d'une augmentation des frais de scolarité, il semble que les militants du PQ auront plutôt à trancher entre le gel ou l'indexation, indépendament d'un système de rembousement post-universitaire. (voir propositions pour son prochain Conseil national)

    Finalement, dans la mesure ou certains proposent l'idée novatrice de garantir le financement équitable du système en stabilisant la part relative de financement public et de financement étudiant, il semble que nous nous rapprochons de la vraie questions:

    Les établissements universitaires sont-ils adéquatement financés pour remplir leur mission ?

    C'est d'ailleurs une bonne occasion d'actualiser cette mission. Le Québec a-t-il vraiment besoin d'université et pourquoi ? De quel type d'université a-t-il besoin en vertu de ces objectifs d'enseignement, de recherche et de développement de la société et du territoire ?

    Mais pour poser ce genre de question, il faut déjà être sortie d'une vision individualiste et économiciste d'un parcours universitaire centré sur la formation.

    ---

    Le second point (2) avec lequel je ne m'accorde pas avec vous, c'est le niveau adéquat de l'aide financière et la facilité avec laquelle les étudiants pourraient financer leurs études, l'abondance d'emplois, etc...

    Déjà, les emplois à 15 heures/semaines ne sont pas conventionnels et nécessitent souvent un employeurs accomodant et un salaire 'accomodé' en conséquence.

    Soulignons que des études à temps plein exige déjà 60 H / semaine.

    Faisons quand même le calcul pour un emplois de 15 H/semaine, au généreux taux de 10$ de l'heure (c'est arbitraire, mais c'est facile).

    15 H x 10 $/H x 38 semaines = 5 700 $

    reste l'été, soit 12 semaines de 40 H au même taux horaire.

    40 H x 10 $/H x 12 semaines = 4 800 $

    5 700 $ + 4 800 $ = 10 500 $/an

    (duquel il lui faut retrancher frais de scolarité et frais afférants, soit +/- 2 500 $/an)

    Les étudiants ne sont donc pas riches, mais pauvres. Et c'est à partir de ce salaire sous le seuil de la pauvreté que vous proposez, M. Sansfaçon, de leur faire assumer une part grandissante des coûts de leur éducation.

    Pourtant, avec des frais de scolarités et des frais afférants qui avoisinent 2 500 $/an, il ne reste à votre étudiant modèle que 8 000 $/an.

    Alors que celui-ci est actif (emploi + études) plus de 75 H/semaine pendant 38 semaines, et 40 H/semaine pendant l'été pour se maigre résultat et le regard que vous portez sur lui, comment s'étonner que beaucoup abandonnent en cours de route ?

    Aussi, l'obstacle financier me semble-t-il plus lourd que vous ne le laisser entendre. Il survient dans un contexte ou la poursuite des études n'est 'valorisée' d'aucune façon. Et il touche plus que le 30 % de bénéficiaires de l'aide financière. Le RPU répond à cela.

    ---

    M'étant déjà passablement étendu, je me permets de conclure sur les deux autres arguments présentés par votre article. À savoir (3) la responsabilité privé de l'éducation, celle des étudiants et des parents et (4) l'universalité des programmes sociaux.

    D'une part, (3) les universités québécoises et celles de l'UQ répondent à des objectifs nationaux de développemet de la société et du territoire du Québec. Je vous invites à penser aux conséquences si elles avaient du miser sur la seule responsabilisation des individus et des familles québécoises pour leur développement. Ces conséquences auraient-elles été individuelles ou collectives ?

    Si ç'aurait eu des conséquences collectives, voire nationales, cela justifie une responsabilité collective, voire nationale, envers les universités québécoises.

    Soulignons que vous nager, sinon en pleine contradiction, au moin en eau trouble sur la question de la responsabilité. Vous faites grand cas de la responsabilité privé, mais ne savez plus à qui l'attribuer, si bien que, oscillant entre parents et enfants, vous faîtes surtout l'apologie de la déresponsabilisation publique.

    Finalement,(4) nous ne souscrivons pas à l'idée de la facturation à la pièce des services publiques. Le moyen le plus équitable de les financer demeure objectivement l'impôt proportionnel sur le revenu. L'éducation, plus encore que la santé, offre des bénéfices collectifs. Il n'y a pas de raison que les coûts n'en soient pas assumés collectivement et de façon adéquoite.

    Le RPU, tel que vous le rapportez, serait une mesure publique offerte à tous, garantissant à chacun la gratuité à l'entrée. Il traite les citoyens de façon égale, alors que vous les classez selon l'origine familiale. Selon votre proposition, le citoyen serait facturé en fonction des revenus de sa famille, ce qui ne nous semble pas un principe démocratique approprié dans nos sociétés.

    Autrement dit, les frais de scolarité ne doivent pas non plus être un moyen de faire payer des frais de successions ! C'est là une autre question. Et pourquoi en imposer aux parents simplement parce qu'ils payent les études de leurs enfants, et seulement à ceux-ci ?


    D'ailleurs M. Sansfaçon, je vous le demande, ce débat sur le partage des coûts, certes essentiel, ne nous a-t-il pas que trop fait perdre de vue la pertinence même des services publics, des universités publiques et du financement publique de l'éducation post-secondaire ?


    Très cordialement,

    S. M.
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