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Entourloupettes

Marie-Andrée Chouinard   28 février 2008  Québec
Les garderies privées qui ont crié victoire après le jugement rendu cette semaine par la Cour supérieure devraient se garder d'un triomphe trop tapageur. Il n'y a là nul gain pour le libre choix des parents. Le juge a plutôt vu qu'une réglementation boiteuse a ouvert la voie à d'inacceptables entourloupettes cautionnées par des citoyens dépendants d'un réseau rongé par la pénurie.

Odieux. Il n'est pas de qualificatif plus seyant pour cet horaire atypique — de 6h à 16h — choisi par ces six garderies privées subventionnées comme le moment idéal pour octroyer les 10 heures de service de garde obligatoires rendues en échange de 7 $ par jour.

En dehors de ces 10 heures, chers parents, que les choses soient claires: récupérer son rejeton après 16h — et cela même s'il n'a pas eu droit aux 10 heures de service subventionnées — vous place en situation de retard. On vous demandera d'accepter «l'option des frais de retard» de 12 $ par jour — 60 $ par semaine — payée en sus du coût réduit quotidien de 7 $ par enfant.

Qui donc ces garderies veulent-elles berner en laissant croire que la majorité des parents peuvent disparaître du travail en plein après-midi pour aller récupérer leur marmaille? Hélas! Les garderies privées qui ont demandé aux parents de signer cette offre de service incongrue et de payer un «retard» bien orchestré ont trouvé une manière — habile? détestable? abusive? — de briser les interdits et de s'adonner gaiement à la surfacturation.

Voilà que le juge Kevin Downs a entendu les deux parties, épluché la loi, décortiqué les règlements qui s'y rattachent pour conclure que les garderies prétendument fautives avaient opté pour une «tarification pour les services additionnels non subventionnés» qui pouvait certes sembler «abusive» mais qui ne contrevenait en rien au règlement. Vlan!

Dommage que le juge se soit accroché au consentement des parents, sans déceler que derrière leur accord tacite à une telle surfacturation se cache tout simplement l'absence réelle d'un autre choix. Pour nombre de parents, la quête d'une place en garderie rime encore avec une périlleuse course à obstacles. Faute de mieux, pourquoi ne pas accepter l'«option des frais de retard»?

Mais le juge n'avait pas sitôt excusé la pratique en apparence douteuse qu'il levait aussi le voile sur le véritable problème: un règlement en totale discordance avec l'esprit de la loi. Celui qui interprète les textes doit-il pallier les failles de la loi? demande le juge, incisif. Le vrai verdict se trouve donc là: le mode de fonctionnement choisi par les garderies respecte la lettre du règlement mais bafoue l'esprit de la loi.

Le plaignant, personnifié par le Procureur du Québec, se retrouve donc Gros-Jean comme devant, soudain affublé du titre de coupable. Coupable d'avoir instauré de grands principes — la conciliation travail-famille, l'égalité des chances, le respect des besoins des parents — mais d'avoir omis de les honorer en s'enfargeant dans les virgules de ses règlements.

Faire appel de cette décision, comme l'a décrété hier Québec, risque de mener à une épuisante suite d'interprétations des lois et règlements qui pourrait ne rien changer. C'est pourquoi, comme l'a laissé entendre la ministre de la Famille, Michelle Courchesne, il faut redresser plutôt le règlement bancal — préciser ce qu'est un horaire typique — dans le but d'éviter les tromperies.

Au-delà des textes de loi, il faudra aussi plonger dans le coeur du problème et veiller à accélérer cette universalité rêvée. Si les garderies privées subventionnées pallient le manque de CPE, il y aurait peut-être lieu aussi d'ajuster leur subvention à la hausse. Quand la demande supplante l'offre, la porte est grande ouverte aux abus.

***

machouinard@ledevoir.com






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  • Dominic Pageau
    Abonné
    jeudi 28 février 2008 00h34
    Le libre choix des parents?
    « J'aimerais comprendre de quoi on parle? Il y aurait libre choix des parents quand ils recevront l'argent en main propres. À ce moment les parents pourront choisir si ils font garder leur enfant et où.

    Pour l'instant, on a droit à des CPE trop peuplées mais aussi en trop petit nombre avec une liste d'attente sans fin. Il y a aussi des garderies privées, mais prises dans un carcan imposé par notre bon gougou!

    Ça coute 40$ par enfant par jour au gouvernement, et plusieurs parents n'ont pas accès au service. Ça serait pas moins cher et plus équitable de donner 20$ par jour par enfants aux parents, imposable? Ça donne la possibilité aux parents de resté à la maison, ou de la faire garder avec cet argent. Et comme évidemment, ce 20$ ne couvre pas tous les frais, les plus auraient droit à un retour.... Avant le système de CPE, les pauvres payaient 2$ par jour par enfant Il y a un article de Martin Petit sur ce sujet http://archives.lautjournal.info/autjourarchives.asp?article=588&noj=191

    Ce qui m'inquiète aussi, c'est le message qu'on envoie au parent et futur parent en instaurant un système comme celui des CPE, Occupez vous pas de vos enfants, le gouvernement va faire ça pour vous, vous, allez travailler. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    jeudi 28 février 2008 06h05
    Ben voyons donc, dites-moi donc !
    « Interjeter appel ? Faire faire de l'argent et encore plus d'argent aux officiers des officines d'une Justice assujettie aux apparences dont elle s'accommode ? Facile, facile, quand ce sont les contribuables qui ravalent les factures des impudences et des incompétences de la gouvernance provinciale, ajoutées à celles qui nous viennent du municipal et du scolaire.

    Quand on sait que «la loi», systématiquement trouée comme un vieux gruyère, accueille et abrite tous les rongeurs-opportunistes, il ne s'agit donc pas d'un «règlement typique» que la ministre Michèle Courchesne estampille de bancal. Il s'agit plutôt d'une loi bâclée et atypique, issue de pressions et de commandites bacchanales, mais rédigée et révisée pourtant par les dévoués serviteurs du pouvoir, les scribes des services juridiques.

    «Odieux. Il n'est pas de qualificatif plus seyant pour cet horaire atypique», lancez-vous. D'accord pour «l'odieux», à condition qu'il s'adresse aux failles de la loi et au laxisme niais des béats conseillers du législateur.

    Bardé du protectorat de l'immunité et de l'impunité, le Procureur du Québec se retrouvera très certainement et précédé de sa fanfare, Gros-Jean comme devant. Il ne sera pas affublé des accoutrements de la «culpabilité connaît pas». Parfaitement innocent, l'éternel satisfait, par contre, sera pointée des dix doigts de tous ceux et celles qui, sous les silences de l'indignation, endurent encore qu'autant de guignols reçoivent autant de pactole en échange d'autant de consciences si molles. Ceux qu'il faut plutôt chercher à identifier, à timbrer et à jeter aux «boîtes à mal», sont tout près du pouvoir législatif. Ils occupent les loggias des lobbies libéraux et péquistes, «les mêmes». Ce sont les commanditaires et fournisseurs des «virgules» et autres ponctuations des règlements trouant les lois et permettant aux rats d'y gruger leurs profits.

    De plus, je ne crois pas qu'il faille sortir les banderoles trompeuses que sont : «la conciliation travail-famille, l'égalité des chances, le respect des besoins des parents --», et tout le clin-clan de la jactance et du verbiage du politique à paillettes. Surtout que le Québec de l'heure est sous le pontificat des infaillibles libéraux ménestrels pour lesquels et lesquelles «l'égalité des chances» ne figure qu'en préface de leur faire-valoir et ne veut absolument rien dire.

    Au chapitre de «l'égalité des chances», l'actuel «Bleu/Blanc/Rouge» P.M. provincial est beaucoup plus intéressé à commanditer la candidature d'un Paul Desmarais qui accueille les grands de ce monde dans son nouveau domaine de Sagard, près de la Malbaie, cet intime et brillant représentant du kremlin des tsars québécois, afin de le voir se faire épingler de la plus haute des flatteuses considérations françaises, qu'il n'est le moindrement intéressé à reconnaître, par un support tangible, l'oeuvre humanitaire de l'infirmier de la rue, à Québec, celui que honnit la séparatiste Agnès Maltais, nul autre que Monsieur Gilles Keagle qui, lui, accueille, coeur et âme, les petits de ce monde, dans les jardins du Palace à ciel ouvert de St-Roch, construit à l'ombre du Palais de l'Assemblée nationale du monarque empourpré et à l'ombre du Palais Basilical du prince pourpré.

    Par ailleurs et par voie de conséquence des abus des garderies d'enfants comme des abus du gardiennage des aînés, dites-nous donc, quelqu'un, qui peut bien commanditer les bonimenteurs des sondages qui viennent de nous beurrer avec des résultats qui laissent entendre que Jean Charest occupe le premier rang, dans les actuelles intentions de vote. Est-ce là un symptôme de la Santé-Malade du Québec? Il y a fort à parier que ce sont les mêmes qui commanditent les «virgules» et autres ponctuations de l'orgie politique qui sévit et qui conduit le Québec nulle part ailleurs que dans le champ. «Perrette et le pot au lait» se réécrit à chacune des décennies de notre folklore politique. «Adieu veaux, vaches, cochons, courées», ne serait-il pas sur la liste d'attente des devises qui jonchent les corridors de nos déboires ambulatoires et de notre désespérant purgatoire?

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Eric Barnabé
    Inscrit
    jeudi 28 février 2008 07h31
    Fermons les garderies subventionnées et donnons 100$ aux parents
    « L'idée de l'ADQ vient de prendre de la valeur. Pourquoi donner plus de 150$ de subvention aux garderies privées subventionnées quand ont peut donner 100$ par semaine aux parents pour le même service. Ces parents décideront à qui ils donneront la différence et pour quel service.

    Les garderies dubventionnées ont amenées une hausse de plus de 50$ par semaine dans ces garderies par rapport aux garderies non subventionnées, en plus de ne plus avoir ;a courrir après le paiement des parents.

    Assistons-nous à la fin des garderies privées subventionnées ?

    Eric Barnabé »

  • claire dufour
    Abonnée
    jeudi 28 février 2008 09h58
    Quel imbroglio!
    « Chacun veut trouver ce qui correspond le plus à satisfaire son égo. Et l'enfant dans tout cela?
    Je commence à penser que le choix à faire réside chez les parents. Que l'un des deux reste à la maison avec les enfants jusqu'à qu'ils soient à l'école. C'est peut-être rétrograde comme solution mais au moins, personne ne se bat en cours au détriment des enfants. »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 28 février 2008 11h53
    Les garderies
    « Le gouvernement a ouvert une boîte de Pandore en créant les CPE. Les CPE devraient être purement et simplement abolies et l'argent versé aux parents.
    Paul Lafrance
    Québec »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 28 février 2008 14h56
    Garderies et immigration
    « Les garderies à 7$ sont une très bonne idée à conserver et à bonifier. Le nombre de places devrait être augmenté, et le tarif de 7$ ajusté annuellement à l'inflation.

    Il est déjà assez onéreux pour les parents de mettre des enfants au monde, de les nourrir, les habiller et les éduquer, qu'il est bon que l'ensemble de la société contribue par ses impôts à cette tâche de renouvellement de la population qui n'est assumée que par quelques-unes.

    Il s'agit là d'une avenue beaucoup plus prometteuse à moyen et long terme que l'ouverture de nos portes tous azimuts à une immigration non intégrable. »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 28 février 2008 15h40
    Une boîte de Pandore
    « En créant les CPE, le gouvernement aurait dû savoir qu'il ouvrait une boîte de Pandore. Pour la refermer, il doit les abolir au plus sacrant et remettre les sommes ainsi récupérées directement aux parents.
    Paul Lafrance
    Québec »

  • Mamamiiia Mamamiiia
    Inscrite
    samedi 1 mars 2008 10h17
    Abolir les CPE! Quoi???
    « Abolir les CPE signifie qu'on héritera d'un réseau privé de services de garde, comme en Ontario. Même si les parents reçoivent 100$ par semaine, qu'est-ce qui empêchera ces services de garde d'exiger 200$ ou 300$ ou même 500$ par semaine. En Ontario, les parents font face à cette situation : il en coûte jusqu'à 80$ par jour et parfois plus pour faire garder un enfant. Conséquence : il y a un grand nombre de dames à la maison qui s'improvisent gardiennes d'enfants, sans aucun contrôle ou législation pour encadrer leur pratique. Elles chargent moins cher, mais veulent travailler au noir. Le réseau des CPE n'est pas parfait, mais il ne faudrait pas revenir 20 ans en arrière en les abolissant. Le 100$ par semaine aux parents est une mesure populiste, une solution issue de la pensée magique. Tout sonne faux dans ce raisonnement. On ne peut pas troquer les CPE pour 100 piasses par semaine, voyons donc!

    Et n'oubliez pas que près de 75% des femmes avec enfants travaillent. Nous n'avons certainement pas envie de revenir à une époque où nous étions obligées de rester à la maison. Rester à la maison par choix, par goût, ça se défend, mais il faut avoir les moyens de le faire. Il faut accepter aussi que l'un des deux dans le couple, plus souvent la femme, se mette en situation de précarité économique. »

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