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Allocation aux familles - Un non catégorique à l'ADQ

Robert Dutrisac , Kathleen Lévesque   23 février 2008  Québec
L'étau budgétaire se resserre sur le gouvernement minoritaire du Québec, ce qui a forcé hier la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, à demander à l'Action démocratique du Québec de se montrer responsable en abandonnant sa proposition d'allocation hebdomadaire aux familles.

Plaidant que le ralentissement économique actuel n'accorde qu'une marge de manoeuvre d'environ 200 millions de dollars pour le prochain budget, la ministre Jérôme-Forget a soutenu être incapable de répondre favorablement à la demande adéquiste, qui coûterait près d'un milliard de dollars à compter de l'an prochain. «J'étais abasourdie ce matin [hier] lorsque j'ai entendu le porte-parole de l'ADQ nous dévoiler le contenu de ses demandes budgétaires. La proposition de l'ADQ de verser un chèque aux familles qui n'ont pas accès aux services de garde subventionnés est non seulement irréaliste mais irresponsable», a-t-elle affirmé.

Au cours des dernières semaines, Mme Jérôme-Forget a entrepris des pourparlers sur l'élaboration du prochain budget du Québec avec les représentants des deux partis d'opposition compte tenu du statut minoritaire du gouvernement. Trois rencontres ont eu lieu avec le Parti québécois jusqu'à maintenant. Quant à elle, l'ADQ a rencontré la ministre à deux reprises et un autre face-à-face est prévu mardi. Mais pour l'instant, l'ADQ et le gouvernement libéral semblent être aux antipodes.

«Je demande à l'ADQ de faire preuve de réalisme. Je leur demande d'être animés par le même esprit de cohabitation qui anime notre gouvernement. Cohabiter, cela veut dire faire des compromis, ça veut dire se parler. Ça veut dire que nous sommes minoritaires et qu'on doit travailler ensemble», a souligné Mme Jérôme-Forget, qui s'est dite prête à «tout ce qui est possible» pour rallier les partis d'opposition.

La ministre des Finances a toutefois soutenu que ce que réclame l'ADQ risque d'hypothéquer l'avenir. C'est d'autant plus vrai, selon elle, que pour financer son projet, l'ADQ suggère de procéder à des compressions, ce que Mme Jérôme-Forget a rejeté d'emblée. «Il n'est pas question de déshabiller Paul pour habiller Pierre. Il n'est pas question de couper en éducation et de couper en santé», a-t-elle expliqué.

Plus tôt dans la journée, le chef de l'ADQ, Mario Dumont, avait profité du caucus présessionnel de son équipe à Bécancour pour poser une condition de taille au vote de son parti en faveur du prochain budget libéral: le gouvernement doit verser aux familles 100 $ par semaine pour chaque enfant de quatre ans et moins qui ne fréquente pas une garderie, une mesure qui toucherait 160 000 enfants et qui coûterait près d'un milliard de dollars au trésor public pour une année entière.

Cette allocation, c'était le plus gros engagement formulé par l'ADQ lors de la dernière campagne électorale. Le chef adéquiste, Mario Dumont, voudrait maintenant que la mise en oeuvre de cette mesure soit le fait du gouvernement Charest. Le programme de garderies coûte déjà 1,6 milliard par année à l'État québécois.

«On veut un budget famille», a répété Mario Dumont hier au cours d'une conférence de presse tenue au terme d'une réunion de deux jours du caucus des députés adéquistes. Le chef de l'ADQ était accompagné du porte-parole en matière de finances, Gilles Taillon. Celui-ci doit rencontrer Mme Jérôme-Forget mardi pour discuter du contenu du budget.

«Notre poids dans la balance, on le met pour les familles du Québec» et pour la moitié des enfants québécois qui ne fréquentent pas les services de garde subventionnés, a indiqué M. Dumont. «On ne va pas appuyer un budget qui ne va pas dans le sens qu'on souhaite.» Alors qu'il avait adopté un ton conciliant ces derniers jours, donnant l'impression qu'il n'était nullement intéressé à provoquer le déclenchement d'élections, Mario Dumont s'est montré plus ferme hier. Il a suggéré à ceux qui pensent qu'on peut le tenir pour acquis d'«aller relire» sa biographie.

Cette allocation hebdomadaire n'entrerait en vigueur que le 1er janvier 2009. Elle n'aurait donc qu'une incidence de trois mois dans le budget 2008-09, soit 225 millions. Le véritable choc financier de près d'un milliard surviendrait l'année suivante. L'État peut se permettre cette dépense en dépit du ralentissement économique à prévoir, a soutenu M. Taillon. «Il y a un travail à faire pour réduire la pression sur les dépenses publiques et dégager des ressources qu'on peut remettre en priorités aux familles», a-t-il dit. L'ADQ croit qu'on peut financer cette allocation grâce à «une revue de programmes systématique» et «une révision des modes d'organisation» des grands réseaux de la santé et de l'éducation.

Pour l'année qui s'annonce, les demandes de l'ADQ s'élèvent à 345 millions de dollars. Outre la somme de 225 millions pour l'allocation familiale, l'ADQ demande l'injection de 20 millions pour majorer l'aide financière aux aidants naturels, une autre de ses promesses électorales.

L'ADQ veut que le gouvernement ajoute 50 millions pour appuyer les entreprises en région sous forme de crédit d'impôt à l'investissement, ce qui s'ajoute aux 300 millions déjà prévus.

Trois mesures d'intégration en emploi sont retenues: 15 millions pour améliorer la francisation des immigrants, 15 millions pour reconnaître plus rapidement les acquis et 15 millions pour aider les bénéficiaires de l'aide sociale aptes au travail à se trouver un emploi.

L'ADQ a rappelé qu'il reste deux contentieux à régler avec le gouvernement fédéral. Québec doit revenir à la charge et réclamer un milliard pour l'éducation postsecondaire, une partie du déséquilibre fiscal qui demeure à régler. Enfin, il manque 100 millions aux 216 millions qu'Ottawa entend verser au Québec pour relancer le secteur manufacturier et l'industrie forestière.

La comptabilisation des bénéfices d'Hydro-Québec, dont la moitié réinvestie fait passer la dette de un milliard à 1,15 milliard par année, devrait être revue, estime Gilles Taillon.

La ministre des Finances n'a guère apprécié que l'ADQ rende publiques ses réclamations en vue du budget. La teneur des discussions avec le PQ est demeurée confidentielle. En comparaison, la façon de faire adéquiste manque d'élégance, estime Mme Jérôme-Forget.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 22 février 2008 22h00
    Élégance budgétaire cachotière
    « Pour le budget de Mme Forget, il s'agirait d'augmenter la TVQ de 1 % et, bingo, l'affaire serait dans le sac, incluant les demandes de l'ADQ, sans déficit apparent. "Il y aurait encore des déficits qui ne paraissent pas trop au provincial depuis qu'on nous a annoncé qu'il n'y en avait plus du tout".

    Est-ce qu'on devrait comprendre que l'élégance est dans des cachotteries qui pourraient être faites aux peuple du Québec ? »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 23 février 2008 07h56
    La p'tite famille royale à Mario
    « Voyons ce que l'on fait pour la p'tite famille à Mario:

    -Des cours prénataux: 500 à 1000$
    -L'accouchement gratuit: un bon 5,000$ s'il n'y a pas de complication
    -La carte-soleil pour l'enfant: un bon 3,000$ par année. Pour 20 ans ca fait 60,000$
    -Le congé de maternité: c'est au moins 20,000$
    -Le congé de paternité: quelques mille
    -La garderie: 10,000$ par année en CPE (4 ans)
    -L'école gratuite: 8,000$ par année (si l'enfant n'a pas de problème) Pendant 11 ans
    -L'allocation d'Ottawa: 1,200$ par année
    -L'allocation de Québec: 2,200$
    -Les loisirs dans la municipalité: quelques centaines$ par année

    On fait le total sur 20 ans? On est entre 250k et 300k par enfant!
    Que paient les parents? La bouffe: 50$ par semaine, les loisirs 10$ et les vêtements 20$.
    80$ par semaine, 4,000$ par année, 80,000$ sur 20 ans. Trois à quatre fois moins que le cochon de contribuables.
    Est-ce qu'il y a une limite à l'appétit de la petite famille royale à Mario »

  • Stéphan Gauvin
    Abonné
    samedi 23 février 2008 09h02
    Mère-Grand à besoin de lunette, elle manque de vision.
    « Premièrement il est clair que Mère-grand Forget a comme principe d'élégance a essayer de faire croire que l'ADQ est irresponsable. Le fait que l'ADQ fait une demande et que cette demande n'est pas dans le champ de vision des libéraux, ne veux pas obligatoirement dire que c'est irréaliste et irresponsable. Utiliser ces termes ne sont qu'une stratégie pour dire non et discréditer le besoin de beaucoup de Québecois. Le besoin est là, mais Mère-Grand Forget quand à elle, ce n'est pas le sien. On a enfin un parti qui parle pour les familles et veux les laisser libre de choix. Pas comme le PQ qui veux contrôler les familles. »

  • André Ouellet
    Inscrit
    samedi 23 février 2008 10h15
    Idéologie douteuse
    « Avec cette façon de penser, subventionner directement les parents qui n'utilisent pas les services de garderies,il faudrait envoyer un chèque aux gens en santé parce qu'ils n'utilisent pas les services de santé, faire un dépot direct aux décrocheurs parce qu'ils n'utilisent pas les services en éducation... »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    samedi 23 février 2008 18h42
    A chacun ses responsabilités...
    « Il ne revient pas aux contribuables de payer les parents pour garder leurs enfants.

    Choisir de mettre des enfants au monde constitue une décision personnelle qui doit être assumée par les parents en fonction de leurs moyens et de leur capacité à les éduquer.

    Ca va être beau chez les assistés sociaux professionnels qui, pour augmenter leurs revenus mensuels, en plus de percevoir leur prestation d'aide sociale, les allocations familiales, vont se mettre à faire des p'tits à la douzaine pour récolter cette manne promise par Mario Dumont.

    Les enfants en bas âge qui ne fréquentent pas le milieu scolaire, relèvent de la responsabilité des parents et ceux qui, sur le plan monétaire, ne peuvent s'en occuper n'ont qu'à s'abstenir au lieu de refiler la dépense aux contribuables.

    Sachant qu'il ne sera jamais élu, Mario Dumont cherche maintenant à faire assumer ses promesses électorales par les autres formations politiques.

    Ce n'est plus de la démocratie si nous sommes obligés d'assumer les coûts des promesses électorales des formations politiques non-élues à la tête du gouvernement. Il y a des limites à jouer à l'enfant gâté et à vouloir déstabiliser à tout prix le gouvernement en place sous le moindre prétexte.

    Mario Dumont mettra lui-même à exécution ses promesses électorales lorsqu'il sera élu au lieu d'en faire assumer l'odieux par les autres formations politiques en place. »

  • Stéphan Gauvin
    Abonné
    dimanche 24 février 2008 07h45
    @ Mme Raymonde Chouinard
    « Ce n'est pas aux contribuables à assumer les frais médicaux des vieux malades qui ne veulent pas voir des d'enfants à coté d'eux. Encore moins à ceux qui veulent avoir une pension de vieilleses payés par ceux qui ont voulu des enfant. Débile et sans avenir Mme Chouinards votre vision de la société, aller vivre en RCA pour jouir de votre vision de société. »

  • Stéphan Gauvin
    Abonné
    dimanche 24 février 2008 07h50
    @ Jacques Noel
    « La vision de la génération babyboomer est un échec de société, il est grand temps de passer à autre chose. »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    dimanche 24 février 2008 08h18
    Madame Chouinard
    « Vous avez raison concernant les BS professionnels.Je ne sais pas combien ils reçoivent en allocations familiales, mais il est évident que cette allocation devrait être abolie si le plan adéquiste était adopté.J'ai toujours été contre les CPE, je crois que cette création enlève toute liberté aux parents. Je ne suis pas un adéquiste, mais je crois qu'il y a place pour un débat sur la manière de faire profiter les familles d'incitatifs pour la survie de la race, mais pas au dépend des familles qui préfèrent éduquer leurs enfants plutôt que les confier à des personnes qui ne sont intéressées que par le salaire que ça leur rapporte. En passant combien nous coûte un enfant confié à un CPE? Cet argent ne serait-il pas entre meilleures mains s'il était versé directement aux parents qui seraient LIBRES de les confier à une garderie ou de les garder à la maison. Je crains que le système actuel déresponsabilise les parents en matière d'éducation.

    Paul Lafrance
    Québec »

  • Rémi-Bernard St-Pierre
    Abonné
    dimanche 24 février 2008 18h09
    La proposition de Dumont est moins cher que les CPE
    « Les parents qui n'utilise pas les CPE couterais moins chers à l'État. J'Ai bien aimé le petit calcul de M. Noel, à la différence près qu'il doit enlever au cout de la famille royal à M. Dumont 5000$, et non considérer que c'est en surplus.

    Il est donc plus profitable à l'État que les parents n'utilisent pas les CPE. Le manque de places en CPE, disons-le, est inéquitable pour l'ensemble des citoyens parents de jeunes enfant, selon s'il ont réussis a avoir une place ou non.

    Les parents préférants 100$ par mois, ou n'ayants pas accès à des places, couterons donc moins cher que de rendre le service disponible à tous.

    Personellement ça me plait. J'ai une soeur avec des jumeaux de 4 mois, qu'elle préfererait garder elle-même. Elle n'aura pas de place en CPE de toute manière pour ces enfants. Pourtant elle devrait pouvoir profiter de cet avantage social au m^me titr que les autres parents. Ça me parait un compromis fort acceptable, pas vous? »

  • Jean-François Belley
    Abonné
    lundi 25 février 2008 06h19
    Décision personnelle?
    « Je me pose de sérieux doutes sur la pertinence d'une approche rationnelle dans la décision de faire des enfants...serions nous devenus des machines à produire des enfants, à considérer en fonction de notre efficacité et de notre productivité?
    Avec une telle pensée, notre population décroît à un tel rythme qu'elle n'est que maintenue à un seuil minimum grâce à l'immigration.
    Voulons-nous une société tellement vouée à l'élitisme que ce ne sont que les bien nantis qui devraient "se donner le droit" d'avoir les enfants? Je trouve bien dommage que cette idéologie soit encore prônée par certains... »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    lundi 25 février 2008 11h41
    @stefan gauvin
    « Sachez que les personnes âgées ont contribué au système de santé pendant toute la durée de leur vie active et ils ont droit à un retour d'ascenseur; d'ailleurs, ce ne sont pas elles qui coûtent le plus cher au système de santé car plusieurs ont recours au privé pour certaines interventions chirurgicales et autres. De plus, tout en étant retraitées, les personnes âgées continuent à payer des impôts; ce ne sont pas toutes les personnes âgées dont la pension de vieillesse constitue le seul moyen de subsistance....Et pour celles pour qui c'est le cas, elles l'ont payée pendant toute leur vie.

    Je n'en ai pas contre les enfants mais contre les parents irresponsables..... »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    lundi 25 février 2008 12h03
    @Jean-François Belley
    « "Voulons-nous une société tellement vouée à l'élitisme que ce ne sont que les bien nantis qui devraient "se donner le droit" d'avoir les enfants? Je trouve bien dommage que cette idéologie soit encore prônée par certains...(Belley)"

    Que font les parents, dans les milieux ruraux, où aucune garderie n'est disponible....ils s'occupent de leurs enfants eux-mêmes jusqu'à l'âge scolaire.

    Que faisaient les parents de votre génération avant que le système de garderie ne soit instauré!

    Pourquoi celà serait-il différent maintenant pour la jeune génération. »

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