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Couillard avait suggéré de hausser la TVQ

Robert Dutrisac   21 février 2008  Québec
Québec — C'est Philippe Couillard lui-même qui a suggéré au groupe de travail présidé par Claude Castonguay d'étudier l'hypothèse de hausser de 1 % la taxe de vente du Québec (TVQ) pour constituer un fonds réservé à la santé même s'il trouve cette idée totalement inacceptable aujourd'hui.

La vice-présidente du groupe de travail, Joanne Marcotte, a fait cette révélation hier matin alors qu'elle participait à une émission radiophonique à Québec. «Je vais vous en conter une bonne. L'idée de la TVQ et de faire un fonds de stabilisation, savez-vous c'est quand la première fois qu'on en a entendu parler? C'est par Philippe Couillard lui-même, qui est venu nous rencontrer au début du projet», a livré Mme Marcotte.

Jointe hier, la vice-présidente, choisie par l'Action démocratique du Québec pour participer à ce groupe de travail, a précisé que cette rencontre avait eu lieu en juillet 2007, quand le ministre Couillard a rencontré les membres du groupe de travail pour la première fois, une semaine après que la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, eut fait de même.

Au cabinet de M. Couillard, on a confirmé que le ministre avait évoqué cette idée lors de cette rencontre. «Mais on n'était pas là pour tenir le crayon», a expliqué l'attachée de presse Isabelle Merizzi. «Ç'a toujours été clair que la liberté était totale des deux côtés: libre d'écrire, libre de choisir.»

Au cours d'un point de presse hier, Mme Jérôme-Forget a même signalé que quelques semaines avant la publication du rapport, les deux ministres avaient demandé à M. Castonguay d'inclure un scénario où la hausse de la TVQ était fixée à 1 %. La version préliminaire du rapport n'envisageait qu'une augmentation de la TVQ de 0,5 %. Les ministres jugeaient que dans ce dernier scénario, la contribution des usagers — la franchise, selon l'expression employée dans le rapport — était trop forte pour être politiquement acceptable. «Avec une franchise aussi élevée, c'est clair que ça ne passait pas», a dit Mme Jérôme-Forget.

Mais M. Castonguay savait «depuis le jour numéro un que nous n'allions pas de l'avant avec la TVQ. Vous pouvez me croire: c'est moi qui lui ai dit», a relaté Mme Jérôme-Forget.

Au cours d'un point de presse après son allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Claude Castonguay a confirmé qu'il connaissait «les réticences» que Mme Jérôme-Forget et M. Couillard pouvaient avoir. «Mais on nous demandait [...] de faire rapport sur la question, et c'est ce que nous avons fait. Nous avons dit ce que nous pensions», a dit M. Castonguay. «Maintenant, le gouvernement demeure libre d'agir ou de ne pas agir. Mais moi, je n'étais pas là pour transmettre leurs vues. J'étais là pour analyser les problèmes de la manière la plus objective possible avec un collègue désigné par le Parti québécois et une autre collègue désignée par l'ADQ.»

La ministre des Finances a insisté hier pour souligner qu'il n'y avait aucune divergence de vues entre elle et M. Couillard au sujet du rapport dévoilé mardi. L'idée d'accroître la productivité du système public de santé, c'est ce qu'elle retient avant tout. «M. Couillard, c'est un grand allié de la ministre des Finances. Je vais vous confier un secret: c'est un de mes préférés», a-t-elle fait valoir. «On s'est beaucoup parlé avant la réaction [du gouvernement].»

Mais Joanne Marcotte n'en revient toujours pas. «Ce qui m'a renversée, c'est d'entendre M. Couillard en conférence de presse parler de la TVQ comme étant quelque chose d'absolument hors de question», a-t-elle confié. «Comment veux-tu ne pas être cynique envers notre classe politique dans ce temps-là?» Mme Marcotte a souligné que les fonctionnaires du ministère des Finances avaient insisté sur l'importance de retrouver dans le rapport la description de nouvelles sources de revenus. «C'est le coeur du mandat» du groupe de travail.

Réforme inévitable

De son côté, le chef de l'ADQ, Mario Dumont, a promis hier qu'il y aura une réforme du réseau de la santé au Québec, avec ou sans Philippe Couillard.

S'adressant aux membres de la Chambre de commerce et d'industrie de l'est de l'île de Montréal, le chef de l'opposition officielle s'est montré ulcéré par la vitesse à laquelle M. Couillard a rejeté les principales conclusions du rapport Castonguay.

«Le pilote automatique, le statu quo, n'est plus possible», a dit M. Dumont. «C'est un peu le vieux dilemme des péquistes et des libéraux. Les péquistes, c'est l'immobilisme par idéologie; les libéraux, c'est l'immobilisme par paresse», a-t-il ajouté.

Selon Mario Dumont, le rapport Castonguay est un bulletin d'échec pour les libéraux, qui avaient promis de résoudre les problèmes en santé et qui avaient demandé à la population de les juger sur leurs réalisations dans ce domaine.

Le leader adéquiste appuie la quasi-totalité des recommandations du rapport Castonguay, à l'exception de l'augmentation d'un point de pourcentage de la taxe de vente. M. Dumont est ainsi en faveur du décloisonnement de la pratique médicale, de l'instauration de frais modérateurs et d'un plus grand rôle pour le secteur privé.

«M. Couillard, ce que je l'entends dire, c'est qu'il manque de médecins et qu'il manque d'argent. Il y a des médecins qui seraient prêts à travailler plus et il le leur interdit, et il y a des gens qui seraient prêts à payer plus et il le leur interdit. J'appelle ça plaider sa propre turpitude», a dit le chef de l'ADQ.

«Ce que les gens du rapport Castonguay proposent, ce que nous on propose, c'est: vu qu'on manque de médecins, décloisonnons, permettons à nos médecins d'en faire le plus possible.»

M. Dumont reproche au ministre Couillard de perpétuer la fuite en avant de tous ses prédécesseurs, qui se manifeste par un constat d'échec, suivi de la création d'un groupe de travail, puis de la production d'un rapport recommandant des transformations majeures, le tout se concluant par un envoi sur les tablettes et le maintien du statu quo.

«Profondément déçue» de la réaction du gouvernement au rapport Castonguay sur la santé, Pauline Marois a refusé hier de dire ce qu'elle pense du document: c'est au gouvernement d'assumer les conclusions d'une commission qu'il a créée, a-t-elle plutôt martelé.

De passage à Montréal, la chef du Parti québécois a jugé «assez étonnant» que Québec «rejette tout du revers de la main. J'imagine que Philippe Couillard a une solution puisqu'il dit que ce n'est pas nécessaire d'ajouter beaucoup d'argent» dans le réseau, a indiqué Mme Marois.

L'ancienne ministre de la Santé (1998-2001) a souligné qu'il y a «des choses fort intéressantes et pertinentes» dans le rapport élaboré par les commissaires. Mais impossible de savoir quoi exactement: Mme Marois renvoie la question au gouvernement.

«Je ne me substituerai pas au gouvernement, a-t-elle dit. Le gouvernement est responsable d'avoir donné ce mandat. Il savait ce qu'il faisait. Après, il s'étonne d'avoir eu une réponse, et ils doivent la mettre aux poubelles. Il y a là un manque de sérieux et de responsabilité.»

***

Avec la collaboration de Guillaume Bourgault-Côté et de Louise-Maude Rioux Soucy

Avec la Presse canadienne






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 21 février 2008 07h53
    Objectif prioritaire, faut se faire réélire !
    « Mme Jérome-Forget et M. Couillard savent très bien faire la différence entre la juste affaire à faire et l'affaire à faire pour se faire réélire. M. Castonguay peut aller se faire cuire un oeuf avec sa suggestion d'augmentation de la TVQ même si ça serait bien la chose à faire. Pas de nouveaux rapports requis, pas de nouvelles structures à mettre sur pied, pas de coût à implanter.

    Notre bon gouvernement provincial se plaignait amèrement et se plaint encore qu'il y a un déséquilibre fiscal avec le fédéral et, dès que ce dernier lâche 2 % de sa TPS, nos partis politiques provinciaux lèvent le nez pour récupérer cet énorme montant en TVQ, même en partie. Ils aiment mieux nous endetter jusqu'à la fin de nos jours avec des déficits plus ou moins cachés.

    Après ça, nos politiciens se demandent bien pourquoi ils ont la réputation en bas de tous les autres Québécois. »

  • andré michaud
    Inscrit
    jeudi 21 février 2008 09h06
    La solution juste et logique...
    « Ls raison No.1 des coûts de santé exorbitants ce sont les citoyens qui ne sont pas assez responsables pour s'occuper de leur santé; qui se gavent de gras, de sucre, de sel...et ne font pas d'exercice. Les citoyens responsables paient pour les irresponsables...qui les parasitent et rient de ceux qui sont responsables.

    Il faut RESPONSABILISER les citoyens en taxant la malbouffe. Comme plus on bouffe de la malbouffe et plus ont est certain d'avoir à utiliser les services de soins de santé, il serait logique que les malbouffeurs paient plus pour les soins de santé. Comme le principe pollueur-payeur. Mettez 25 sous de taxe par portion de frite, dix sous de plus sur les boissons bourrées de sucre, dix sous de plus par bouteille de bière, etc...et que ces fonds servent pour financer les système de santé.

    Ce serait plus logique et plus juste que le système actuel qui ne décourage d'aucune façon les irresponsables qui font gonfler les côuts du système de santé et parasitent les citoyens responsables. »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    jeudi 21 février 2008 09h25
    Courage politique
    « Que madame Marois ne dise pas que la récupération de 1% de la TPS était une bonne idée que monsieur Couillard avait eu dépasse toute considération que l'on peut avoir de la chef du PQ. Peut-être a-t-elle en tête, pour remplacer cette mesure, d'augmenter d'autant la TVQ sur l'achat d'automobiles, source de pollution urbaine et d'obésité ? Pour le moment elle reste muette comme une carpe! Je rappelle ici que si le PQ a été élu en 76 c'est parce qu'il avait réponse à tout et du courage politique... d'autant qu'il ne visait pas le pouvoir, seulement l'augmentation à l'appui de sa cause. Le pouvoir corrompt: à Dieu l'indépendance.

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 21 février 2008 10h02
    Revoir la TVQ
    « Le gouvernement du Québec devrait profiter de la baisse de la taxe fédérale TPS pour augmenter d'autant la taxe québécoise TVQ, étant donné les besoins criants des secteurs de la santé et de l'éducation au Québec.

    De plus, le gouvernement du Québec devrait profiter de l'occasion pour revoir la façon de gérer la perception de la taxe de vente. Comme dans plusieurs pays européens, la TVQ devrait être intégrée dans le prix de vente affiché par le marchand. On éviterait ainsi la désagréable surprise de toujours voir le montant de la facture être plus élevé que le montant que l'on pensait payer au départ. De plus, comme dans plusieurs pays européens, le commerçant devrait obligatoirement remettre un reçu papier de chaque transaction, et le client obligé de prendre ce reçu papier, ces deux mesures en vue contrer l'évasion des taxes. Les caisses enregistreuses devraient être régulièrement vérifiées pour s'assurer que le commerçant ne met pas les taxes dans ses poches, au lieu de les remettre au gouvernement, comme il arrive souvent. Des sommes colossales sont perdues pour notre gouvernement, et donc pour l'ensemble des contribuables honnêtes, à cause d'une mauvaise gestion de la perception des taxes à la consommation, sans parler de l'évasion fiscale sur les revenus non déclarés. »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    jeudi 21 février 2008 10h58
    Il faut augmenter la TVQ
    « Le refus obstiné du gouvernement Charest de légiférer pour récupérer les deux points de taxe de vente abandonnés par le fédéral relève de la non-assistance à finances publiques en danger.

    Les victimes du laisser aller libéral seront tout d'abord la classe moyenne, qui va devoir éponger le trou, et ensuite les patients du système de santé, qui viendront agoniser dans les couloirs des hopitaux parce que le PLQ, comme d'habitude, n'aura pas eu le courage de prendre les décisions qui s'imposent.

    La lâcheté des politiciens de ce parti est à peine croyable, mais au fond, qu'espérer d'autre: ce sont des Libéraux! »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    jeudi 21 février 2008 11h18
    Un autre rapport qui coûte cher sur les tablettes !
    « Le rapport Castonguay est loin de faire l'unanimité, mais, il a au moins le mérité de proposer certains solutions.

    Cependant, comme les recommandations qu'il présente ne sont pas très rentables au plan électoral, le Gouvernement a préféré mettre ce rapport sur les tablettes même s'il a coûté 500, 000 $ aux contribuables !

    Après on se demandera pourquoi les citoyens ont peu d'estime pour les politiciens ! »

  • Dominic Lapointe
    Inscrit
    jeudi 21 février 2008 12h26
    Pour régler le déséquilibre fiscal faut un jour augmenter les sources de revenu de Québec
    « Le fédéral a accepter de transférer des fonds au provinces pour les aider dans leur champs de compétences, Québec les a utilisé en baisses d'impôt. Maintenant le fédéral baisse ses revenu en taxes de 2%. Québec ne veut pas reprendre cette part. Expliquer moi alors où sommes nous censé pouvoir augmenter les revenus de Québec qui se plaint de manque de fonds pour arriver au fin des champs de compétence qu'il a à combler. Je n'y comprends plus rien. En faite, ca doit être la belle théorie que les libéraux utilisent depuis la première campagne électoral qui les a fait gagner : Nous allons augmenter les services mais en baissant votre charge fiscal. Biensûr tout le monde sait qu'il est très facile d'augmenter ses dépenses en diminuant ses revenus. Franchement. Je souhaite que les provinces prennent au moins 1% et que l'autre puisse être utilisé par les villes qui en ont grandement besoin. La taxe sur la consommation est une bonne taxe (si elle n'est pas exagéré) elle fait payer à ceux qui ont les moyens de consommer, surtout des biens de luxe de payer. Taxons la consommation et non pas le travail. On pourrait d'ailleurs retirer la TVQ sur des produits qui sont utile et nécessaire, comme c'est deja le cas sur les produits alimentaires de base. Ajoutons les produits hygièniques pour femmes, les produits pour bébé, le linge pour enfants, etc. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 21 février 2008 14h09
    Pour augmenter le financement par tous
    « Étant donné les besoins criants dans les secteurs de la santé et de l'éducation au Québec, le gouvernement du Québec devrait profiter de la baisse de la taxe fédérale TPS pour augmenter d'autant la taxe québécoise TVQ.

    Le gouvernement du Québec devrait profiter de l'occasion pour revoir la façon de gérer la perception de la taxe de vente. Comme dans plusieurs pays européens où le prix affiché comprend toutes les taxes, la TVQ devrait obligatoirement être intégrée dans le prix de vente affiché par le marchand. De plus, comme dans plusieurs pays européens, le commerçant devrait obligatoirement remettre au client un reçu papier de chaque transaction sur lequel apparaitrait le prix de base, la taxe et le total à payer. »

  • Annie Prévost
    Inscrite
    jeudi 21 février 2008 18h17
    Camouflage.
    « Pour aller chercher des fonds supplémentaires, il faudrait augmenter les impôts selon des paliers beaucoup plus progressifs. Augmenter les taxes ne fera qu'appauvrir les plus pauvres, une fois de plus. Mais de ça, la classe moyenne ne veut surtout pas en entendre parler!

    La plus grande contradiction des libéraux depuis leur premier mandat est de promettre des baisses d'impôt tout en faisant miroiter l'idée d'un réinvestissement massif en santé. Il ne faut pas être comptable pour trouver cette idée dérisoire.

    Avant d'investir aveuglément de l'argent dans un système mal organisé, peut-être faudrait-il songer à en améliorer la qualité et la structure. Peut-être faudrait-il songer à investir dans l'éducation des futurs médecins afin d'ouvrir davantage de place. Peut-être faudrait-il assouplir les normes de reconnaissance des médecins étrangers?

    Le gouvernement Charest ne fait qu'appliquer la même médecine que notre système de santé. Il camoufle la plaie d'un bandage sans même chercher à prévenir la cause de cette plaie. »

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    jeudi 21 février 2008 21h14
    La taxe encore elle!
    « Le problème avec la récupération du pourcentage de taxe, où même l'impôt, c'est que RIEN ne garantit que cet argent sera utilisé POUR le Québec et les québecois. Qu'on me jure que les fonctionnaires à l'emploi du gouvernement du Québec travaillent POUR le Québec et sa nation, et non seulement je payerai des taxes, mais tâcherai d'augmenter ma productivité. Que les fonctionnaires continuent à travailler pour eux dans leur coin, et je suis le premier à rechercher des méthodes d'évasion fiscale. Je dois le dire, je suis un indépendantiste, et aujourd'hui au mois de février 2008, je suis déçu. Je n'ai plus aucun intérêt dans quelque gouvernement que ce soit et je pense même à m'expatrier au point où j'en suis.

    Pas de taxes sans garanties. Car je ne peut alimenter indéfiniment "deux" gouvernements, c'est aussi clair que ça. Je vois le fédéral payer des jeunes québecois qui vont aller se faire estropier à l'étranger et nous revenir avec une productivité réduite, moi un québecois catholique je "paye" pour ça!!!?! À d'autres! »

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