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Jean-Robert Sansfaçon   20 février 2008  Québec
Après Arpin, Clair et Ménard, voilà donc ce fameux rapport du Groupe de travail sur le financement du système de santé mandaté par le gouvernement Charest pour préciser le rôle du privé et suggérer des sources additionnelles de fonds. Un rapport un peu redondant et non moins controversé, mais surtout très peu susceptible d'apporter des solutions rêvées aux problèmes d'accessibilité et de financement.

Les soins de santé coûtent cher et le Québec doit trouver les moyens de les financer malgré la diminution de la population active. Là s'arrête le consensus. Comment ralentir la croissance des coûts, comment faire face à cette dépense essentielle et, surtout, qui doit payer?

En choisissant Claude Castonguay, cet ancien ministre libéral devenu l'un des plus ardents défenseurs du privé en santé, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, fixait d'avance les balises des recommandations attendues. M. Castonguay a rempli la commande en faisant une belle place à la plupart de ses propres réflexions des dernières années.

Parmi les recommandations les plus importantes, le rapport recommande la création de nouvelles cliniques qui s'engageront à prendre en charge leurs patients moyennant une cotisation annuelle de 100 $. D'où proviendraient les médecins, on n'en dit rien.

Pour réduire les listes d'attente, il propose d'autoriser les spécialistes à pratiquer dans le privé une fois complété le nombre d'heures requis par leur contrat avec l'État, rémunéré par le patient ou son assureur. N'y a-t-il pas là un risque d'accroître la pénurie au lieu de la diminuer? C'est du moins l'argument qui a conduit le vice-président dissident, Michel Venne, mais aussi le ministre Philippe Couillard à rejeter la suggestion en même temps que celle qui veut étendre la couverture des assurances privées.

Là s'arrête la bonne entente entre le membre dissident et le ministre puisque M. Venne défend l'ensemble du rapport, qu'il juge très favorable au secteur public, pendant que M. Couillard allonge la liste de ses réserves.

Au chapitre du financement, le rapport affirme que le statu quo n'est plus possible. Il propose d'augmenter la TVQ et d'imposer une «franchise» au patient, entre 25 $ et 65 $, selon le scénario, pour chaque visite médicale.

Réception glaciale de la part du ministre Couillard, qui s'était d'ailleurs présenté seul en conférence de presse, sans sa collègue Mme Jérôme-Forget. Non seulement il n'est pas question d'augmenter la TVQ, mais non plus d'imposer «une augmentation du fardeau fiscal pour la classe moyenne qui gagne 30 000 $ par année», de commenter le ministre. De toute façon, aucune étude ne permet de conclure à l'efficacité d'une telle mesure pour réduire la consommation ou pour augmenter les revenus une fois soustraits les coûts de gestion et les innombrables cas d'exclusion.

Il fallait voir avec quelle vigueur, quelle assurance le ministre rejetait une à une les recommandations qui forment le coeur du rapport hier. Ras-le-bol, les constats catastrophistes, pouvions-nous en déduire, et ras-le-bol, les idées de révolution du système!

Plusieurs des changements lancés au cours des dernières années n'ont même pas encore donné leurs fruits attendus. On pense, entre autres, aux groupes de médecine familiale, à l'augmentation du nombre de médecins et d'infirmières en formation, à l'introduction des cliniques affiliées et aux récentes ententes sur la rémunération des médecins. Avant d'aller plus loin, il faut compléter, consolider, ajouter ou corriger, au besoin, ce qui n'est même pas terminé.

En revanche, le rapport propose une foule de mesures secondaires susceptibles d'améliorer la gestion des établissements, et plusieurs méritent l'attention. Le système québécois est le moins productif au pays! On parle de pénurie de personnels et, pourtant, tous les employés d'hôpitaux à temps complet ont droit à 11 semaines d'absence par année. Comment compenser ces absences beaucoup plus fréquentes que dans le secteur privé? Pour une plus grande efficacité, il faut accorder plus de latitude aux établissements, alléger les conventions collectives et réduire la bureaucratie à tous les échelons.

Les urgences débordent toujours malgré les centaines de millions qui ont été ajoutés dans les hôpitaux au fil des ans: l'argent n'est pas toujours la solution. Inutile de chercher midi à quatorze heures: les problèmes sont déjà bien identifiés. Qu'on s'y attaque avec détermination afin de rassurer le personnel soignant autant que les patients. Il sera toujours temps, plus tard, d'ouvrir de nouveaux champs d'expérimentation avec le secteur privé dont personne ne croit sincèrement qu'il soit plus apte que le public à gérer la santé dans l'intérêt de tous.

***

j-rsansfacon@ledevoir.com
 
 
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  • benoitpoulin@sympatico.ca
    Abonné
    mercredi 20 février 2008 06h06
    11 semaines d'absence par année?
    Vous dites:«On parle de pénurie de personnels et, pourtant, tous les employés d'hôpitaux à temps complet ont droit à 11 semaines d'absence par année.» Pourriez-vous détailler, SVP, car je compte 4 semaines de vacances annuelles après une année de service et 13 congés fériés. Les périodes d'invalidité, dont le total est variable selon les personnes, ne sont pas des congés. Il y a bien les congés sociaux, mais il faut être très malchanceux pour perdre sa mère, son père et trois enfants la même année, et, même là, cela ne pourrait se répéter ultérieurement. Les congés sans solde sont, comme le nom le dit, sans solde, ce qui est un «désincitatif» puissant, et ils sont limités. Alors ces 11 semaines?

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mercredi 20 février 2008 07h06
    Liberté, Égalité, Santé.
    Bien entendu que le secteur privé est très apte en temps et en qualité à traiter des patients. J'en fais l'expérience depuis quelques années avec la Clinique médicale MD-Plus au 1100 Beaumont, Mont-Royal à Montréal. Je trouve que les médecins qui y interviennent, sont prodigieusement disponibles et compétents. Quel soulagement aussi de ne pas se retrouver dans un couloir ou une salle d'attente digne des régimes totalitaire. On a le sentiment d'une grande liberté de « choix » en y allant dans ces cliniques privées. La liberté n'a pas de prix surtout si ça concerne la santé.

  • Sylvain Racine
    Abonné
    mercredi 20 février 2008 07h14
    Né pour un petit pain, je dirais plutôt que les Québec est né pour des miettes.
    Non seulement le Québec est dans un état de statu quo, est au neutre, immobile pour la santé, mais aussi pour son avenir politique, pour la question du problème démographique, pour l'éducation, etc. Vraiment, qu'est-ce qui ne va pas au Québec?

    On vient de dépenser des milliers de dollars pour le Rapport Castonguay, et ça n'aura rien apporté. Certains disent que ça aidera au débat, à la discussion, mais on ne fait que ça discuter. En fait, on ne discute pas, on jacasse, on fait de la petite politique populiste.

    J'ai l'impression que ça ferait du bien d'avoir des politiciens et des intellectuels qui ont voyagé un peu, vécu à l'étranger, lorsque vient le temps de choisir ces derniers pour s'occuper de Commissions aussi importantes pour l'avenir du Québec.

    Par exemple, en Suède, nous devons payer une franchise d'environ 50$ pour une visite chez le médecin. Pourtant, la Suède est un pays social-démocrate. Je suis donc étonné de constater que le ministre Couillard refuse cette proposition trouvée dans le rapport Castonguay.

    Concernant l'éducation, en Finlande ou encore en Suède, c'est exactement celui proposé par le parti Québécois et celui qui est remis en question aujourd'hui. En Finlande et en Suède, même si les élèves ne sont pas notés avant l'âge de 13 ans, il est possible de refaire une année scolaire. En plus, jusqu'à la fin du secondaire, les élèves mangent gratuitement le midi à l'école et profitent d'un transport entièrement gratuit.

    Pourquoi au Québec rien ne fonctionne, pourquoi, de toute évidence, le Québec s'enfonce de plus en plus chaque jour?

    Le problème démographique n'a pas été pris en charge, au contraire, les Québécois et Québécoises sont fermés à l'immigration. Pour la santé, on va rester dans le statu quo. Pour l'éducation, c'est un gachi total alors que l'on a baclé l'application du renouveau dans l'éducation. L'innovation en général n'est pas vraiment au niveau souhaité et de grandes entreprises québécoises continuent d'être vendues à des intérêts étrangers.

    Certainement, le Québec a eu droit à sa mie, sa mie de petit pain au courant des années 1980 et début 1990, mais depuis, que des miettes, miettes qui se font de plus en plus rares, et bientôt, le Québec entier devra être en tutelle. Lol, Ottawa devra prendre le Québec en tutelle, qui l'eût cru!

  • Paul Verreault
    Inscrit
    mercredi 20 février 2008 07h56
    Quadrature du cercle
    Il est illusoire de croire qu'on peut rendre le domaine de la santé profitable à court terme et de le garder universel; c'est chercher la quadrature du cercle. Le profit se trouve socialement à long terme grâce à une population en santé et plus productive, pour la collectivité, non pas pour quelques profiteurs.

  • Gilles Delisle
    Abonné
    mercredi 20 février 2008 08h05
    Seuls les membres de ce gouvernement ont cru à l'impartialité de ce Castonguay!
    Tout le monde savait depuis la nomination de ce ex-ministre, comme président de la Commission, qu'il n'avait plus de crédibilité pour faire ce "job". Comment se fait-il, qu'hier, et un demi-million plus tard, le ministre de la santé réfute plusieurs recommandations de ce rapport, comme si sa conférence de presse était écrite depuis longtemps?

  • Mario Tremblay
    Abonné
    mercredi 20 février 2008 09h03
    Le mythe de l'immobilisme de la société québécoise.
    À tous ceux qui propagent ce mythe, je leur conseillerais de s'informer un peu.
    Faites une recherche sur les réformes en éducations et vous en trouverez au moins 5 dans les derniers 15 ans; faites la même recherche dans la santé et vous en trouverez autant.
    Ce que les gens ignorent complètement c'est qu'un des gros problèmes des organisations gouvernementales est justement le perpétuel changement.
    Je vous invite à lire l'article dans lequel le ministre Couillard énumère tous les projets qui sont présentement en déploiement dans le système de la santé et vous verrez qu'il n'y a là aucun immobilisme.

  • Louis Lapointe
    Abonné
    mercredi 20 février 2008 09h31
    La chasse aux faisans
    Bonjour M.Sansfaçon,

    Êtes-vous déjà allé à la chasse aux faisans? Vous élevez quelques faisans que vous engraissez allègrement. Le jour de la chasse venu, vous les cachez sous des bosquets dans des endroits stratégiques de votre territoire de chasse. Puis, en compagnie de quelques bons chasseurs affublés de leurs fusils de calibre 12, vous partez en compagnie de votre chien de chasse qui devra les dépister. Dès que votre chien a flairé un faisan, il pointe l'endroit où il se cache. Le maître chien ramène alors son chien et demande aux chasseurs de former un demi-cercle à l'entour de l'endroit où se cache le faisan et frappe de sa canne le bosquet pour que faisan s'envole avant d'être abattu par un des chasseurs. Il est très rare qu'un faisan puisse survivre à cette opération.

    Alors que les péquistes adorent la chasse à cours où une meute de membres élisent un chef qu'ils se dépêcheront de poursuivre comme un renard dès qu'il sera élu, les libéraux préfèrent quant à eux la chasse aux faisans.

    L'histoire du Parti Libéral du Québec est remplie de chasses aux faisans avec ses chasseurs, ses chiens pisteurs et ses faisans dont voici une liste des plus récentes.

    L'Histoire avec un grand «H» retiendra celle du trio Lesage, Kierans et Lévesque où l'on chassait le faisan souverainiste.

    Par la suite il y a eu la très célèbre chasse aux autonomistes où participaient, Robert Bourassa, Jean Allaire et Mario Dumont.

    Puis, la saga du CHUM a donné lieu à plusieurs épisodes, le plus mémorable mettant en vedettes Philippe Couillard, Jean Charest, Bryan Mulroney et Daniel Johnson où un des chasseurs a reçu accidentellement une balle à l'occasion d'un tir croisé.

    Celle du Mont Orford nous a démontré que Claude Béchard pouvait tenir tous les rôles à la fois, se suicider, survivre puis renaître tel un phoenix et recommencer à nouveau. Cette fois-ci, c'est son don d'ubiquité qui étonne le plus dans de tout aussi bizarres chasses que sont Gros-Cacouna et Rabaska. Attention aux chasseurs embusqués, la ministre Beauchamp est aux aguets!

    Mais, de mémoire de chasseur, celle mettant en vedettes Philippe Couillard, Claude Castonguay, Johanne Marcotte et Michel Venne a donné lieu aux plus étranges comportements de la part des faisans eux-mêmes. Serait-ce une conséquence du réchauffement planétaire ?

    Quoi qu'il en soit, avant même que Philippe Couillard eût donné le signal, les faisans avaient déjà commencé à s'entretuer. Ainsi, le tir de Johanne Marcotte sur Michel Venne, alors qu'il quittait le bosquet, sera inscrit dans les annales.

    On comprend maintenant pourquoi, cette fois-ci, le PLQ a choisi des faisans provenant d'autres partis politiques. Ils s'abattent entre eux !

    À quand la prochaine chasse aux faisans ?

    Louis Lapointe
    Brossard

  • Sylvain Racine
    Abonné
    mercredi 20 février 2008 09h47
    @ Mario Tremblay
    Si j'ai comme projet d'aller au centre commercial cet après-midi et d'aller au garage ce soir, que je me prépare, que je monte dans ma voiture, que je me rends au coin de la rue, et que je fais finalement demi-tour et revient dans mon salon, ça s'appelle aussi de l'immobilisme.

    Le Parti libéral du Québec n'a fait que ça depuis 2003, de l'immobilisme, tourner en rond dans le quartier populaire et critiquer ce que le Parti québécois avait eu le courage de commencer.

    Lorsque l'on commencera quelque chose, qu'on s'en occupera avec rigueur, sur une longue période, qu'on abandonnera pas au milieu du projet, là, seulement à ce moment, je serai d'accord avec vous.

    Allez dans tous les sens en même temps et tout bâcler, ça reste de l'immobilisme.

  • lucie belanger
    Inscrite
    mercredi 20 février 2008 10h04
    rapport
    Allo,vous parlez toujours d,argent,augmentation ici,et la.Voyez -vous,ILS MANQUENT DE PERSONNELS,MÉDECINS.ET INFIRMIERES.en puls ils disent que le systeme de santé est gratuis,mon oeuil,je paie ma cotisation sur mon rapport d,impot.et ma franchise a la pharmacie,En plus je crois que j,ai assée payer pour moi meme,car j,ai deja payer,et jamais été voir un médecin a part annuellement.le tiket moderateur et bien,grrrrrr.En plus sont qui sont pour le privé,et qui paient,ne se souviennent pas qu,ils ont deja été pas riche,j,ai rien pour ceux qui peuvent loin de la,mais la vie des fois en n,a décidé autrement.Bonne journée a tous et bonne obstination lol.

  • Fernand Turbide
    Inscrit
    mercredi 20 février 2008 10h20
    Non a la mixité.
    Personnellement je serais d'accord avec un système privé en santé qui serait totalement indépendant du système public, C'est la mixité des deux systèmes qui inquiète et qui ferait en sorte que plus souvent qu'autrement les dépenses aboutiraient au public et les profits au privé. Un système de santé privé qui investirait dans ses propres hôpitaux , ses propres cliniques et qui ne recevrait aucune subvention du gouvernement permettrait a celui-ci d'investir la totalité des investissements en santé dans un réseau public fort débarrassé de ceux qui ont les moyens de se payer des privilèges et qui en réclament régulièrement. Un système privé en compétition avec un système public efficace et non en mixité avec celui-ci . Un système mixte ne peut qu'affaiblir le système public et maintenir les privilèges et les injustices. Je pense la même chose d'un système privé en éducation; oui a l'école privé mais sans aucune aide gouvernementale qui elle doit être réservée a un système d 'éducation publique fort et efficace.

    Fernand Turbide
    Ville saguenay,

  • Jacques Vuille
    Inscrit
    mercredi 20 février 2008 11h06
    La Santé ne doit pas ^tre de Monopoy des Médecins
    Bonjour, M. Sans-Façon, vous en avez au contraire de fort belles et intelligentes.
    C'est un ingénieur de l'EPFLausanne qui vous répond, et souhaite vous rencontrer. Votre temps est précieux, le mien aussi. J'ai déjà rencontré L.-G.Francoeur: très compétent,informé,cohérent, mais (conf.parlant, et ce n'est pas moi qui ai accroché le grelot le 1er), de notoriété publique TROP VERBEUX JOURNALISTE, PAS ÉCRIVAIN!. Je puis parler en connaissance de cause, étant toujours avec une tornade de détails et de cues pour expliquer une de mes interventions. EN BREF.
    SANTÉ - IL FAUT ABSOLUMENT FORMER ET RENTRER DANS LE SYSTÈME, DES INGs SYSTÉMIQUES, AVEC DES CONNAISSANCES DE BASE DE L'INGÉNIÉRIE ET DU MANAGEMENT (pas de gestionnaires svp, cette CASTE, à travers les divers paliers gouv et des ministères et des officines Hôpitales, CHSLD, CLSC, SAQ, PQ, BQ, HYDRO-Q, STM, AMT, MTQ, CCN, LA CAPITALE À CHAREST, je peux toutes vous les désosser au couteau à parer («Chez Paré» = party insolent,insouciant, mafieux & coûteux).Je vous donnerai ma vision de mes 35 ans passé au Québec, et pourquoi ce pays larve. J'attends un appel ou courriel (fone 514-841-1830. Je decnds en ville du Mile-End pour affaires en CV via la 80, 1er contact possible cette fin de matinée ou après suis libre mais dois passer à la banque Square Victoria. Voici mon cell 514-967-0961 À + Jacques(on m'a déjà dit que je suis le descendant de Sol)

  • Jean Desjardins
    Abonné
    mercredi 20 février 2008 12h20
    Notre nouvelle devise : « Il est urgent d'attendre ! »
    Je ne sais pas si les recommandations qui découlent du rapport Castonguay sont toutes impertinentes ou, pour quelques unes, ...pertinentes. Ce qui est certain, c'est que le statu quo n'est pas la solution qui nous fera sortir du bourbier qui perdure dans le domaine de la Santé et ce, depuis trop longtemps déjà.

    Et, n'en déplaise à monsieur Mario Tremblay, les réformes à la pièce sont un moyen infaillible de préserver le statu quo. En effet, ce n'est certainement pas en traitant un arbre à la fois qu'on réussira à traiter une forêt contre une invasion de 'mineuses'... Et cela, nos (minables) politiciens le savent si bien qu'ils s'évertuent à s'enfarger dans les pétales des fleurs du tapis, que ce soit en Santé, en Éducation, en Économie ou en matière de dynamique Fédéral/Provincial. Après tout, l'important est de se faire réélire, non ?

    Je demeure pour ma part convaincu qu'on pourra aller vers une solution éclairée en Santé, le jour où on regardera la problématique de manière globale ou systémique et surtout, de manière courageuse.

    Par exemple, pourquoi ne pas questionner simultanément : le contingentement à l'entrée en médecine ainsi que les critères d'admission, les conventions collectives trop nombreuses et trop rigides qui nuisent à la productivité et à la rétention des compétences, les chasse-gardées entre les spécialités, le refus de déléguer certaines tâches qui demandent moins de formation/compétence professionnelle, la productivité des personnes mais aussi des installations, une complémentarité de bon aloi entre le public et le privé, la participation pondérée du privé au financement de l'ensemble du secteur en tant que partenaire, le contrôle des coûts de l'enveloppe globale et le financement à long terme, la part relative raisonnable de la Santé en regard des autres secteurs d'activité, la lourdeur et l'ampleur excessive des infrastructures administratives, l'équilibre raisonnable dans la rémunération de tous les intervenants, l'éducation de la population à 'entrer par la bonne porte' dans le réseau, des décisions politiques courageuses qui empêchent le dédoublement onéreux et suicidaire (au plan économique) des infrastructures (ex : le dossier des Centres Hospitaliers Universitaires), la remise en question de 'l'approche-bénéficiaire' versus 'l'approche-client' (contrer l'arrogance du personnel doté d'un statut de permanent 'à vie'), le ticket modérateur pour ceux qui abusent du système, des 'tables d'écoute active' (au niveau du tri) pour ceux/celles qui vont voir le médecin ou qui se rendent aux urgences comme si on pouvait y trouver là un psy accommodant ou un directeur de vie..., la mise au rancart des politiques de nivellement par le bas, la résistance automatique à tout changement dans l'ordre établi, etc. Cette liste est ouverte à qui veut bien la compléter...

    Bien sûr, la tarte est grande à bouffer et une telle position risque de ne pas faire plaisir à tout le monde. Surtout ceux à qui profite ce système (intervenants et clientèles). La première étape consiste à reconnaître collectivement qu'il y a une tarte pas mal indigeste devant nous, selon moi. Je ne crois pas que de s'attaquer aux ingrédients, un à la fois, rendra cette tarte plus comestible !

    Bref, est-il possible de marcher et de mâcher de la gomme en même temps ? Est-il possible d'aller de l'avant plutôt que d'avancer en arrière ? Ce qui semble se dégager à date, c'est que ce dossier est bien mal parti et qu'il risque d'avorter une fois de plus quand on voit les polémiques qu'il suscite aussi bien chez ses défenseurs que chez ses pourfendeurs. Je trouve la position de monsieur Couillard tout simplement irresponsable et couillonne (imbécile). C'est pas trop grave, cependant. Le jeu du statu quo et du crêpage de chignon est en train de se substituer au hockey comme notre sport national ! « Donnez leur du pain et des jeux », disait la maxime ...

    À quand une nouvelle devise pour le Québec : « Il est urgent d'attendre ! » ou encore : « D'un statu quo à l'autre ...».

    Quant à moi, ça me dit que je vais suivre attentivement ce qui se dira (ou s'analysera) dans les prochains jours à ce sujet, aussi bien 'pour' que 'contre'. Après tout, c'est ce domaine qui bouffe une grande partie de mes impôts, à tort, ou à raison. Règle générale, j'aime bien en avoir pour mon argent quand je donne un gros contrat à un fournisseur de services. Présentement, le service offert par le secteur de la Santé ne passe pas la rampe de l'analyse coûts/bénéfices que j'en fais. Alors ...

    Jean Desjardins
    Laval

  • André Julien
    Inscrit
    mercredi 20 février 2008 22h42
    Les membres du cabinet de Jean Charest sont-ils aussi divisés que les péquistes
    La division idéologique divisant le parti québécois, selon leur chef du moment, entre les penchants vers la gauche et les penchants vers la droite se retrouve-t-elle aussi au parti libéral ?
    Qui est la personalité actuellement la plus forte Mme Forget ou M Couillard ? A long terme qui sera vainqueur ?
    Ou se situe Jean Charest dans ce mélo interne, alors que ce joue une lutte de pouvoir ?
    N'a-il pas pris parti dans le débat en forçant Philippe Couillard de conserver son poste alors qu'il connaissait les idées de M Castonguay avant de le nommer, tout en sachant aussi la ligne de pensée contraire du ministre de la santé ?
    Au fait, pourquoi créer une commission alors qu'on connaît la conclusion de leur enquête ?
    Est-il absolument nécessaire de créer des commissions parler pour parler alors qu'on connait les résultats avant de les lancer ?
    Est-ce une sorte de force, de manipulation, de tergiversation, d'indécision ou simplement de laisser aller les choses en espérant que tout se règlera tout seul ?

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