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Full bilingue!

Christian Rioux   15 février 2008  Québec
Les Québécois ont une étrange façon de parler de bilinguisme. Dans la plupart des pays du monde, le bilinguisme exprime la réalité suivante: un peuple parle d'abord sa langue et la parle bien, avec tout son vocabulaire et toutes ses subtilités. Puis, il en apprend une seconde, qu'il possédera plus ou moins bien, selon le cas. Tous apprendront les bases de cette langue seconde à l'école, mais seulement un certain nombre la parleront très bien, tout simplement parce qu'ils seront les seuls à en avoir vraiment besoin.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    14 février 2008 23 h 26
    Dans les pays normaux ...
    1.- Dans la plupart des pays normaux, comme par exemple en Allemagne, en France, en Italie, en Espagne, seule une petite minorité de gens parlent une autre langue que leur langue nationale. Et dans ces pays, seule une très très petite minorité doit connaître l'anglais pour occuper certains emplois. Pourquoi en devrait-il être autrement pour les francophones au Québec?

    Au Québec, l'anglais est souvent exigé sans raison valable pour occuper un emploi.

    L'Office de la langue française devrait sévir contre les employeurs qui exigent l'anglais sans raison valable.

    2.- D'autre part, ce n'est pas au primaire mais AU SECONDAIRE que l'enseignement de l'anglais devrait être fait. L'anglais ne doit pas être enseigné d'une façon homéopathique comme actuellement ou sur le même pied que le français, mais au secondaire d'une façon sérieuse avec des cours d'anglais et non pas avec des cours en anglais, et avec des périodes d'immersion.

    Enseigner l'anglais au compte-goutte au primaire à nos élèves francophones m'apparaît non seulement une perte de temps, mais m'apparaît aussi comme nuisible au développement harmonieux de la structure de pensée de l'enfant. Il est plus important à ce niveau de bien maîtriser sa langue maternelle et d'avoir une structure de pensée bien formée.

    Au niveau primaire, l'essentiel est l'enseignement correct de la langue maternelle et des mathématiques. À cela se greffent des cours de culture générale comme l'histoire, la géographie

    3.- Le Québec finance lui-même son assimilation à l'anglais : alors que les véritables anglophones représentent moins de 10 % de la population du Québec, le réseau collégial et universitaire anglophone québécois reçoit environ 25 % des subventions. Pour une question de justice envers la majorité, le réseau d'enseignement anglophone au Québec ne devrait être subventionné qu'au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec.
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  • Yvon Montoya - Abonné
    15 février 2008 08 h 19
    La honte.
    C'est plus à la mode chez les gossipilamistes de parler du bilinguisme que de cosmopolitisme. Depuis l'empire romain l'Europe est bilingue avec le latin et les langues vernaculaires. Ceux qui sont contre le cosmopolitisme sont contre la modernité. Un seul suffira, Georges Steiner, allez le voir et parlez-lui de langues et vous verrez son cosmopolitisme s'éveiller comme une rose. La fin du cosmopolitisme a été le début du fascisme en Europe. Mon père parlait 3 langues, l'espagnol, le catalan, le valencien. Ma mère trois langues, l'espagnol, l'arabe et le français. J'ai vécu avec de gens maitrisant 4 et plus de langues différentes, en Allemagne, en Pologne, en Tchécoslovaquie moins en France, en Espagne et quelques autres, et je fus heureux d'apprendre grâce à eux, que les stupidités même dites entres guillemets « intelligemment », étaient dues à l'ignorance des langues. La possession de langues différentes est un merveilleux trésor permettant des échanges comme seul l'amour peut le faire. Si on n'avait pas eu l'intelligence des langues, on n'aurait pas traduit Arno Schmidt, ni Kant, ni Shakespeare, ni Platon, ni Sophocle, ni Hegel et Rainer Maria Rilke, ni Platonov, ni Rimbaud, ni Trakl, ni Goethe, ni Cervantès, ni Pessoa et on en passe puisque là, il s'agit de la culture Occidentale dans sa magnificence. En somme on n'aurait même pas de bibliothèque ni de cultures sans la connaissance des langues mais alors dites-nous que la culture vous emmerde. Faisons des autodafés sur les places publiques et brûlons les livres de langues étrangères. Voilà tout. Il faut que j'attende pour apprécier Goethe dan sa langue parce que des « idéologues » me disent d'attendre pour apprendre l'allemand? Jamais je ne me permettrai d'interdire la joie de la découverte et du partage grâce à une langue différente. Effondré de tant d'impossibilité mesquine. Quelle époque régressive qui supporte bien son misérabilisme pollué. Il n'est pas étonnant de voir l'état de la planète salie par l'argent, la pollution, les guerres, les misères. Il n'y a plus d'espoir dans ce monde sinistré et c'est l'horreur d'offrir ça, cet état d'esprit, à touts les jeunesses du Monde. Quand on sait où se trouve sa place, il n'y a pas de difficulté de parler des langues différentes.
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  • Guy Archambault - Abonné
    15 février 2008 09 h 47
    L'apprentissage de la langue et ... toutim
    Bonjour !

    Bravô ! Si cette chronique était une pétition, je la signerais à deux mains.

    J'aimerais cependant vous lire sur le thème suivant : si vous lisez les propos de Madame Blanchette et ceux de Madame Payette dans le journal Le Devoir d'aujourd'hui, comment les conciliez-vous avec les vôtres ? Je sais, je sais ; vous êtes des chroniqueurs indépendants et vous n'êtes pas obligés de " penser pareil ". Mais le coeur du débat
    à propos de la bilinguisation-anglicisation au Québec tourne quand même autour de vos trois points de vue et de leurs diférences de perspective. Ce serait intéressant que vous vous rencontriez, que vous abordiez ce sujet et que vous nous fassiez un petit rapport sur le résultat de vos discussions.

    Je concède amplement à Madame Blanchette que c'est l'immersion totale qui favorise l'apprentissage à un domaine d'activité humaine et pas seulement pour les langues.

    On apprend les mathématiques en en faisant, pas en lisant des livres ou en écoutant des profs. On apprend à jouer au théâtre en jouant, en faisant de l'expression dramatique, en réfléchissant sur ce qu'on y a vécu, en partageant ces réflexions avec d'autres bien plus qu'en lisant des pièces de théâtre ... ou des commentaires sur ces pièces ,,, etc.

    De grands apprentissages fondamentaux sont faits dans l'immersion familiale entre
    0 et 7 ans. C'est là qu'on acquiert, entre autres choses, une manière familiale de vivre et d'exprimer ses émotions et ses sentiments.

    C'est là aussi qu'on apprend la langue maternelle ... sans que les parents ne donnent de cours théoriques ou se sentent obligés de transmettre d'abord et avant tout des connaissances scolaires. D'instinct, ce qui se transmet c'est la compétence à écouter, à comprendre la langue et à la parler avec coeur et intelligence. Les enfants de 5 ans n'ont aucune connaissance diplômée du français, de leur langue maternelle, mais ils la parlent drôlement bien, en tout cas bien mieux que la plupart des anglophones du ROC qui ont suivi des cours de français au secondaire.

    En fait, ce que je me demande, c'est pourquoi les "orateurs" et les "écrivains" publics ont tendance à projeter sur l'ensemble de leurs concitoyens, leurs propres besoins, leurs propres désirs, leurs propres expériences et à conclure trop souvent que si quelque chose a été bon pour eux, automatiquement, ce doit être la norme pour tous.

    Bonne journée !

    Guy Archambault
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  • Claude L'Heureux - Abonné
    15 février 2008 10 h 56
    Sur une tablette?
    Non monsieur Rioux, Trudeau n'a pas mis le rapport sur une tablette: il en a pris le contre-pieds avec le bilinguisme de façade d'Ottawa pour une part et a imposé le multiculturalisme pour nous berner. Je partage tout-à-fait votre avis sur l'unilinguisme d'État et suis sidéré que madame Marois ne le partage pas, ce qui l'aurait sauvé du ridicule.

    Claude L'Heureux, Québec
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  • Nicolas Lauzier - Abonné
    15 février 2008 11 h 12
    L'anglais au primaire, une aberration!
    Pour ma génération (entrée à la petite école en 1988 et sortie du CÉGEP en 2002), l'enseignement de l'anglais fut plus qu'adéquat. De toute façon, tout le monde vous le dira, ce n'est pas à l'école que l'on apprend l'anglais et surtout pas quand on a moins de 10 ans.

    Le système que j'ai connu donnait une très bonne base. À cela, ajoutez un stage à l'étranger ou un séjour d'un été dans l'ouest canadien (très classique) et vous obtiendrez des jeunes adultes à l'aise en anglais. Ceux-ci pourront interagir avec n'importe quel anglophone de ce monde, occuper un emploi à l'étranger, etc. Comme l'article le dit si bien, notre taux de bilinguisme est d'ailleurs excellent.

    Or, l'enseignement au primaire est d'une importance capitale. Il est plus que nécessaire de ne pas éparpiller ces précieuses heures d'enseignement dans une foule de matière. De toute façon, un saupoudrage de l'anglais au primaire ne donnera strictement rien. Il faut mettre l'accent sur ce qui compte le plus, le français et les mathématiques. Un citoyen ne sachant pas communiquer ou compter adéquatement aura de la difficulté à interagir avec ce monstre bureaucratique qu'est la société.
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  • André Loiseau - Abonné
    15 février 2008 14 h 32
    Illusions bilingues
    Les francophones québécois, n'ayant qu'un petit 2% de présence en amériques, joueraient avec le feu en ayant un gouvernement qui prône ouvertement le bilinguisme individuel.
    Un pays est formé d'individus et un état démocratique représentant une majorité devenue bilingue serait un état bilingue de fait.
    En passant, ceux qui affirment qu'il est aussi inoffensif de savoir l'anglais que le chinois ou l'espagnol etc... sont dans l'erreur car la menace d'absorption dans un tout plus puissant est commandée par l'anglais qui presse et oppresse de partout. Nous ne sommes pas noyés dans une mer espagnole ou chinoise que je sache...
    Tout ceci pour dire qu'il faudrait plutôt élire un gouvernement qui nous protège avec une loi 101 améliorée et que les individus qui acceptent d'être bilingues devraient le faire avec grand esprit de prudence, sinon avec méfiance car il est question de vie ou de mort d'une nation qui n'est point celle, galvaudée, par Harper.
    Dans cet éditorial, M.Rioux a raison, je crois.
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  • Roland Berger - Abonné
    15 février 2008 16 h 00
    Preuve de stupidité
    Ceux et celles qui ont prôné l'enseignement de l'anglais dès la première année du primaire en font une question de réalisme et d'intelligence. Ils font plutôt preuve de stupidité. Une faible partie des Québécois auront vraiment besoin de maîtriser l'anglais. Il est donc aberrant de viser à rendre tous les enfants du Québec parfaitement bilingues, comme il serait stupide de vouloir en faire de parfaits mathématiciens, géographes, historiens avant leur entrée au collège. Comme il est stupide d'exiger des finissants de l'école secondaire qu'ils maîtrisent tel ou tel niveau de connaissances mathématiques ou scientifiques s'ils se dirigent vers des carrières où ce niveau est inutile. Le réalisme et l'intelligence serait de tenir compte de ce gros bon sens. Mais quand on se perçoit comme inférieur, on a au contraire tendance à faire le « smat ».
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario
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  • Raymonde Chouinard - Abonnée
    17 février 2008 13 h 38
    La honte @Montoya
    Ce cher monsieur, et c'est flagrant, s'amuse à faire du copier-coller pour essayer de nous impressionner et de nous convaincre de son érudition...à la noix.

    Incidemment, quel est le synonyme de "gossipilamiste"...pour faire plus simple...!!!!!!
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  • Marcel Leclerc - Abonné
    18 février 2008 20 h 55
    full bilingue
    bonjour monsieur Chistian Rioux, je trouve votre article tres bien pensée. J,aimerais que tous les québécois lisent cette article. Il y a longtemp que je pense comme vous.Comment nos polititiens et surtout les indépendantistes penvent-ils faire pour ne pas penser de cette façon.Il me semble que celà devrait aller de soit et facile a comprendre que ce n'est pas en faisant la promotion du bilinguisme a tout pris que l'ont va faire avancer le français.Et loin de moi l'idée d'empêcher l'enseignement d'une langue seconde.m.leclerc@rocler.com
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