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Tenir sa langue

Marie-Andrée Chouinard   14 février 2008  Québec
Après une semaine sous les salves, Pauline Marois le reconnaît enfin: elle aurait dû tenir sa langue!

En causant à la légère de bilinguisme idéal, la chef du Parti québécois s'est royalement enfoncée dans le bourbier linguistique. La reconnaissance de sa maladresse arrive huit interminables journées après la publication de ses propos controversés; l'intermède a été assez long pour que des langues bien pendues l'accusent de traîtrise.

La faute de Madame: avoir associé sa conception d'un bilinguisme bien ancré à l'école non seulement à l'anglais intensif offert au dernier cycle du primaire mais aussi à l'apprentissage — en anglais — d'une matière comme l'histoire ou la géographie. Shocking!

Mme Marois a reconnu avec justesse avoir poussé trop loin son rêve d'ouverture des jeunes Québécois à une langue seconde, en l'occurrence l'anglais. Certains ont associé son glissement à une sympathie d'esprit pour le bilinguisme à la Trudeau: voilà le vrai dérapage! En réalité, hormis cette bévue pour laquelle Pauline Marois risque de se mordre la langue encore longtemps, le fond de sa pensée reflète un certain bon sens.

Après les mises en garde d'usage — un solide apprentissage du français, un anglais intensif tel que la loi le permet —, pourquoi se rebeller contre une ouverture à la richesse indéniable qu'est l'apprentissage d'une autre langue, son corollaire le plus désolant étant bien sûr l'ignorance et ses multiples freins? Bien sûr, l'anglais vogue sur un douloureux paradoxe: l'attrait auquel certains l'associent est vite liquidé par la menace que d'autres perçoivent.

On l'a peut-être déjà oublié, mais le projet de loi 195 sur l'identité québécoise, qui a aussi valu quelques pénibles quarts d'heure à la chef du PQ l'automne dernier, contenait malgré ses imperfections une volonté nette de consolider le fait français, intimement lié à la citoyenneté québécoise.

Le PQ a déjà fait consensus à propos de l'anglais à l'école. En 2001, le ministre de l'Éducation d'alors, François Legault, brandissait un plan d'action pour «améliorer l'apprentissage de la langue seconde». Il prévoyait la mise en place progressive de l'enseignement intensif de l'anglais.

Ce regard en arrière ne pourra qu'éveiller la nostalgie. Bien que la question linguistique ait toujours été une bombe à retardement ici, 2008 se place sous des auspices bien différents. La nouvelle chef est déjà épiée pour sa tendance à l'approximation, par exemple autour de la question référendaire. Son parti, qui fait de la langue une clef de voûte, cherche à redéfinir son profil. Les débats linguistiques font rage au Québec.

Ce contexte délicat, que la chef du Parti québécois aurait dû savoir décoder, impose une prudence exemplaire dans l'expression du fond de sa pensée, si sensé fût-il. Mieux vaut parfois tenir sa langue.

***

machouinard@ledevoir.com






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  • Gervais Pomerleau
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 01h00
    Avant d'améliorer le contour...
    « Madame Chouinard nous propose de poursuivre la lancée de François Legault qui, en 2001, montait au front pour l'amélioration de la langue seconde en mettant, nous rappelle-t-elle, un enseignement intensif de l'anglais.
    L'anglais sera-t-il, alors, me permets-je de questionner, normalisé par le bas (pour éviter trop d'échecs) comme c'est le cas pour le français?
    Avant de chercher à connaître une langue seconde (ce qui, en soi demeure une chose utile j'en conviens), il serait peut-être temps de mettre un frein à un certain je-m'en-foutisme de la part de nos élus quant à la qualité du français qu'on force les enseignants à transmettre aux jeunes.
    Sera-t-on meilleur en anglais qu'en français?
    Avant de songer aux plate-bandes, il faudrait commencer par consolider les fondations de la maison, non?
    Nos jeunes arrivent à l'université et ont peine à écrire un français correct dans bien des cas et on devrait commencer à leur enseigner une deuxième langue dès le milieu du primaire? Un peu de sérieux, quand même!!! A moins, bien entendu, qu'on tienne réellement à «enfin» donner raison à Lord Durham. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 06h48
    Pour tenir une langue, il faut la maîtriser.
    « Madame Marois revient au galop contrôlé car quelques idéologues du PQ ont su la rappeler à l'ordre. Déjà, au début de l'ancien siècle -- je vous passe les détails que vous connaissez certainement mieux que moi, c'est vous qui nous informez - nous avons la polémique entre Claude-Henri grignon reprochant à Harry Bernard, dans son « Ombres et Clameurs » de considérer qu'au Québec la « littérature sera aussi française ». Cette tentative de « conciliation » n'et pas supportable pour M. Grignon. Parce que Grignon ne croit pas à ce qu'il appelle un « bilinguisme », c'est-à-dire de la langue canadienne et de la langue française et je le cite à la page 189 : « Vous n'ignorez pas qu'un peuple quelqu'il (sic) soit ne peut parler, ni écrire parfaitement deux langues. » Grignon, va s'opposer à Bernard en stipulant un impératif, «resto chez nous», tout e conseillant les écrivains d'ici de « se servir du vocabulaire canadien qui n'existe nulle part ailleurs. » Pourtant à lire Bernard, on s'aperçoit de contradictions qui ne sont pas encore résolues au Québec d'aujourd'hui et je cite Bernard avec ses accent très madame Bombardier : « on est d'autant plus français qu'on est plus canadien. Et nos lettres seront d'autant plus françaises qu'elles seront canadiennes, d'autant plus canadiennes qu'elles seront plus catholiques. » (Essais critiques, page 42, 1929).
    Ce refus du bilinguisme qui en réalité existe ici et maintenant, se répercute sur la question de l'anglais et ce revirement hautement politique ne présage rien de bon quant au sérieux du PQ. On préfère l'isolement, voilà tout. »

  • Gérald Tremblay
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 07h40
    Consulter avant de parler
    « Comment est-ce possible qu'une chef de parti expérimentée comme Mme Marois ne prenne pas la peine de consulter au moins les députés de son parti avant de se prononcer sur un sujet aussi délicat que la langue ? Est-ce que le dialogue est coupé entre elle et ses collègues ? Est-ce qu'elle se croit obligée de tout décider par elle-même ?Est-ce que...? Est-ce que... ? »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 07h48
    Pour en finir avec la langue.
    « Il ne s'agit pas de défendre la langue (comme certains indépendantistes le demandent), il s'agit de consolider notre culture sur les assises d'un état qui possède tous ses moyens : Un état optimal. Un état souverain.

    L'erreur tient au fait que le PQ manque de ce qui est essentiel quand on veut faire naître un pays : Une culture d'état ("Seul l'état agit avec envergure"). Je sais, le mot envergure fait peur dans une province ou le culte de la petitesse est une vertu partagée.

    Une culture d'état, une stratégie d'état, des actes d'états (d'envergures), c'est exactement ce qui a permis la réalisation de la Révolution tranquille. Madame Marois y était presque quand elle a sortie de son chapeau le projet de doter le Québec de sa propre Constitution. Hélas ce projet fut mal défendu et on a laissé la médiacratie fédéralistes réduire cette proposition à un de ses volets (la citoyenneté). Alors qu'il s'agit d'un acte d'état d'envergure qui précise les termes politiques et juridiques de l'état du Québec. Un pas concret vers l'édification d'un état optimal, condition essentielle pour assurer notre existence en tant que peuple en Amérique.

    jcpomerleau »

  • Robert Thivierge
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 08h17
    La whippettitude
    « Ahurissant de lire ce plaidoyer d'une éditorialiste pour une approche whippet à l'expression d'idées. Il faut que tout ce que dit un chef politique soit blanc, mou et vide de substance et surtout à toute épreuve contre ceux qui font profession de grimpeurs de rideaux ou pour se mettre à l'abri de quelque grossièreté en provenance de Trois Pistoles. SVP de l'oxygène et de la spontanéité dans le débat public et sus aux prêtresses de la rectitude »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 08h28
    Tenir sa langue pour mieux parler l'autre?
    « Il n'y a aucune excuse possible pour un chef de parti nationaliste québécois qui ne voit même pas l'évidence.

    Réussir, sur le sujet fondamental de la langue, à se mettre à dos un Victor Lévy Beaulieu, faut vraiment être complètement dans le champ comme parti.

    François Legault prévoyait l'apprentissage intensif de l'anglais en 2001? Au même moment celui-ci refusait d'écouter les cris d'alarme des associations de professeurs au sujet de la dérive que subissait la réforme !

    Non, franchement, tout comme ce lamentable départ du 400e de Québec, ce qui est outrageux ici est le triste spectacle de la trahison de l'élite québécoise. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 08h34
    Au secondaire
    « Ce n'est pas au primaire mais AU SECONDAIRE que l'enseignement de l'anglais doit être fait. L'anglais ne doit pas être enseigné d'une façon homéopathique comme actuellement ou sur le même pied que le français, mais d'une façon sérieuse avec des cours d'anglais et non pas avec des cours en anglais, et avec des périodes d'immersion.

    Enseigner l'anglais au compte-goutte au primaire à nos élèves francophones m'apparaît non seulement une perte de temps, mais m'apparaît aussi comme nuisible au développement harmonieux de la structure de pensée de l'enfant. Il est plus important à ce niveau de bien maîtriser sa langue maternelle et d'avoir une structure de pensée bien formée.

    Au niveau primaire, l'essentiel est l'enseignement correct de la langue maternelle et des mathématiques. À cela se greffent des cours de culture générale comme l'histoire, la géographie. »

  • Peter Langford
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 08h42
    Tout ceci me fatigue
    « Tout ce reportage sur la langue me fatique. Et je crois que c'est la faute des journaux que l'on continue et continue d'en parler. N'avez-vous pas d'autres chose à discuter? Je me demande si les journaux dans les autres provinces gaspillent autant de temps sur la langue. Anybody that says that French is in danger of disappearing in Quebec is full of it. Les plupart des enfants de la loi 101 vont parler le français comme première langue, mais tous les jeunes québécois doivent être bilingues ou même trilingues. Okay, let's talk about something else for a while! I am sick of every issue going over and over and over and over this language debate! Si les journaux nous donneraient un congé sur ce sujet, bien du monde verrait qu'il y a beaucoup d'autre choses auxqulles ils pourraient s'intéresser. »

  • Jean-G. Lengelle
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 08h54
    Tempête dans un dé à coudre...
    « Madame Marois sortira grandie et renforcée par ses propos réalistes.
    En ce jour de la Saint Valentin, ça donne furieusement envie de fredonner:
    L'impotent....c'est Larose.... »

  • Hubert Larocque
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 09h23
    Comment nuire à sa carrière, à son parti, à la cause du Québec.
    « La dérive de Mme Marois est proprement inouïe. Aucun fédéraliste n'aura rêvé d'aller aussi loin. Quelques jours après avoir timidement rappelé à l'ordre les bavards de son parti, Mme Marois profèrent des divagations qui ajoutent à l'anglicisation du Québec. On ne saurait manquer de sens politique au-delà de ce point. Il faut que quelques-uns se dévouent à apprendre l'anglais, mais le proposer en idéal à des Québécois démoralisés et inquiets d'eux-mêmes, c'est en quelque sorte mettre la clé sur la porte de la nation. La question de l'anglais doit faire l'objet de décisions pratiques, selon l'ordre réel du besoin, mais elle ne doit pas être codée, portée sur la place publique. À un peuple trahi de toutes parts et de tout temps, il ne faut parler que de lui-même, que de son âme, le français, comme Mme Michelle Courchesne l'a dit, si complètement et si fortement. On remarquera que, de façons diverses mais équivalentes, tous les chefs du Parti Québécois, René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Bernard Landry se sont évadés de leur cause.
    Mme Marois, pour sa part, vient de compromettre sa carrière, son parti et la cause du Québec.

    Hubert Larocque, Gatineau. »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 09h58
    Tourner en rond
    « Comme ses prédécesseurs, madame Marois est coincée. Améliorer et intensifier l'apprentissage de l'anglais dans le contexte d'une province d'un pays anglophone lui-même voisin d'un continent anglophone, c'est risquer une lente mais inéluctable assimilation à la langue dominante. Seul l'accès à la souveraineté permettrait de contrer ce risque, les Québécois étant alors enfin certains d'être maîtres et responsables de leur destinée. Mais ces derniers refusent de franchir ce pas. Pas facile de gouverner le Québec !

    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Hubert Larocque
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 09h59
    Le bilinguisme, ce thème empoisonné.
    « Le bilinguisme, ce thème empoisonné.
    Il faut procéder à quelques distinctions utiles. L'anglais est une langue d'utilité qui assure dans le monde une communication minimale. L'anglais est aussi une langue de nécessité quand on occupe certains emplois. Si le Québec était un pays français, la langue de travail y serait le français, sauf pour des emplois désignés aux communications avec l'extérieur. L'État en établirait la liste et la surveillerait de près. L'anglais est aussi une langue de culture, mais très peu de gens accèdent à cette dimension. Sur ce plan, l'anglais entre en rivalité avec d'autres langues qui peuvent l'emporter sur lui. Si les États Unis disparaissaient de la planète, il ne manquerait rien d'essentiel à l'histoire du monde. La culture occidentale a connu des expressions bien plus élevées et plus complètes. Enfin, l'anglais est au coeur d'une pathologie de colonisé qui traverse et corrompt les discours que l'on tient sur lui. Atteinte dans ce complexe québécois, Mme Marois a senti comme intolérable le soupçon de ne pas savoir assez l'anglais, et depuis elle s'exerce à le faire oublier en s'acharnant au bilinguisme. Une seule langue suffit, la sienne, surtout si elle est française. La traduction pourvoit au reste.
    Hubert Larocque, Gatineau. »

  • Vincent de Grandpré
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 10h02
    Bien, bien
    « Je crois que le fond de la pensée de Mme Marois a du bon mais que la forme aurait dû être tournée sept fois avant de sortir. À quoi bon les cours d'histoire et de géographie en anglais alors que les ressources ne manquent pas sur Internet pour parfaire ces connaissances dans une langue autre que le français? La génération montante saura très bien se servir d'une autre langue et y est déjà fortement exposé. »

  • Louis Lapointe
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 10h06
    Le désarroi
    « Bonjour Mme Chouinard,

    «Comment s'assurer que toutes les Québécoises et tous les Québécois, y compris les personnes issues de l'immigration, maîtrisent l'anglais ?».

    Cette phrase est la deuxième piste de solution suggérée au chapitre «Éducation» dans le cahier d'animation, «Un Québec en marche», proposé au membre en vue du prochain conseil national du PQ. Cette phrase n'est pas anodine, elle a même causé un certain désarroi auprès de la plupart des membres du PQ consultés sur ce sujet, puisque nulle part dans le même chapitre, il n'est fait mention d'un meilleur apprentissage du français par tous les Québécois de toutes les souches. Rien sur l'apprentissage de notre langue commune, le français ! Voilà ce qui a vraiment choqué les membres.

    Après avoir rappelé à l'ordre les Landry, Facal, Lisée et Rebelo, Mme Marois a tenté elle aussi, par «Devoir» interposé, d'influencer le Conseil National au sujet d'un élément prévu au cahier d'animation qui avait déjà fait sursauter plusieurs membres lors des consultations préliminaires dans les comtés. Elle a décidé d'utiliser l'artillerie lourde pour pousser sur l'enseignement de l'anglais, alors que nous avions questionné cette piste, alors que nous souhaitions tous discuter, dans le contexte de la très préoccupante perte de vitesse du français au Québec, de l'enseignement du français aux Québécois de toutes les souches. Toute une douche d'eau froide pour les membres d'entendre plutôt parler de l'apprentissage de l'anglais comme langue commune des Québécois de toutes souches, puisque c'était là le sens que nous décodions dans ses propos malhabiles.

    L'idée de mieux enseigner l'anglais aux jeunes Québécois francophones n'est pas nouvelle et relève moins du politique que du pédagogique. Loin de choquer, elle rassure. Cependant, il n'y a pas suffisamment de professeurs d'anglais qualifiés pour enseigner cette matière à tous les jeunes québécois, voilà le véritable problème. Si madame Marois avait proposé d'augmenter le nombre de professeurs d'anglais qualifiés pour enseigner l'anglais aux élèves du deuxième cycle du primaire et au «bain linguistique», tout le monde aurait compris qu'elle était sérieuse, cela aurait été suffisant et approprié. Si elle s'était questionnée sur la meilleure façon d'atteindre l'objectif d'un meilleur enseignement de l'anglais langue seconde, probablement l'immersion, nous aurions compris. Or, elle nous a mis devant le fait accompli de ses conclusions personnelles, sans trop y réfléchir, elle a voulu en faire un nouveau dogme comme cette idée de citoyenneté à deux vitesses. Avait-elle réellement testé ces idées avant de nous les présenter ? S'était-elle sérieusement préparée?

    D'où la prochaine question. À l'image de ses prédécesseurs, Mme Marois est-elle mal conseillée et mal entourée ? Bernard Landry regrette encore d'avoir démissionné comme on le lui conseillait ce fameux soir de juin 2005. Rétrospectivement, André Boisclair aurait certainement aimé être mieux entouré. Si cela n'avait été de ses légendaires gaffes à répétition, il serait probablement premier ministre d'un gouvernement minoritaire ou chef de l'opposition officielle. Mme Marois suit actuellement le même chemin que ses prédécesseurs. Landry était un bon premier ministre, Boisclair avait toutes les qualités pour le devenir, personne ne peut le nier. Mme Marois pourrait devenir notre prochaine première ministre si elle s'entourait d'une équipe forte et compétente déterminée à l'aider à le devenir.

    Or, le PQ est à l'image de nos médias. Ouvrez votre journal, votre radio ou votre télévision et vous verrez toujours les mêmes analystes avec leurs bonnes vieilles grilles d'analyse. C'est la même chose au PQ. Ce sont toujours les mêmes personnes qui ont accès au premier cercle, elles se relaient dans les hautes sphères. Ce petit club est jaloux de sa relation privilégiée avec le chef et ne veut surtout pas se faire damer le pion par le premier venu avec une nouvelle vision, de nouvelles idées. En cela, la culture du PQ se rapproche beaucoup de la culture des médias, en particulier celle de la SRC avec ses divas. Les recettes sont les mêmes.

    Entre autres, lorsqu'on veut monter dans les sondages, on se retourne vers l'information spectacle! Comment interpréter la sortie des Landry, Facal, Lisée et Rebello, sinon comme un désir de briller pendant quelques minutes à la TV. Comment interpréter les improvisations de Mme Marois au sujet de la citoyenneté et de la langue commune, sinon comme le même désir de marquer rapidement des points dans les sondages. Si une équipe aguerrie l'avait aidé à réfléchir aux conséquences de ces sorties publiques mal planifiées, elle aurait certainement agi avec plus de circonspection. À trop vouloir marquer des points, on finit par tirer dans ses propres buts !

    Louis Lapointe
    Brossard »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 10h22
    D'accord avec Montoya
    « Dans tout ce cirque, la langue n'est qu'un prétexte: le véritable objectif est la préservation du nombrilisme ethnocentriste et du repli sur soi. Encore 25 - 30 ans avant d'être définitivement débarassés de cette génération de losers, ouf! »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 11h32
    Merci M. Pau, vous avez compris.
    « Merci. Ça recule, ça recule au maximum. Ils veulent s'isoler, isoler la jeunesse et l'empêcher de s'émanciper. Je suis convaincu que si Kerouac avait vécu au Québec, il ne serait jamais devenu un grand écrivain universel non seulement américain. Ils ont déjà massacré les générations futures quand à la qualité de langue en désirant faire la promotion du folklore plutôt qu'une véritable culture intelligente au Québec. On a tendance à faire perdurer les actions castratrices de l'Église catholique. C'est l'inconscient catholique qui s'exprime dan cette impossibilité qui fait que la problématique est restée très début du 20ième siècle dans cette discussion entre « exotisme » et « régionalisme ». La vocation nationaliste comme conservatoire des légendes et traditions. Tout est voué à la cause nationale qu'ils empêchent par ce fait de s'émanciper et d'évoluer. Turc, (en réalité Victor Barbeau) dans la presse du 9 juin 1919 écrivait : «Avant la patrie des blés et des clochers, il y a la patrie de l'intelligence, la patrie de l'esprit, qui, elles, ne connaissent pas de frontières. » Il faut faire une révolution contre ce qui empêche le Québec d'être véritablement moderne. Il y a déjà sa jeunesse qui est moderne. Vous avez raison qu'il y a une « génération de losers. » Dommage car le Québec mérite largement mieux que ça, (mieux que des chaînes style «mea culpa », Lord Durham ou c'est toujours l'autre), il doit accéder à une véritable volonté d'émancipation forte et fière. Le reste viendra tout seul. J'ai une perception externe puisque je viens de France et je suis scandalisé par cette impossibilité de vouloir réaliser un pays avec force vers le futur avec les outils du futur et non ceux du passé. Oui, nous disons en France voiture et ici char (cela n'a rien à voir avec le côté entendu trop souvent que le français utilise plus d'anglicisme, ce n'est pas ici mon propos). C'est à pleurer de voir qu'un jour c'est « oui », un autre c'est « non » chez les politiques. L'heure est grave de tant d'inconséquences. Cela fait que oui : Encore 25 - 30 ans avant d'être définitivement débarassés de cette génération de losers, ouf! » »

  • Jean Bourbeau
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 12h00
    Un pays bilingue?
    « Je fais référence, dans mon introduction, au Québec. Je pensais, j'étais sûr et certain, il y a quelques années à peine, que le véhicule qui m'amènerait à voir et à vivre dans un pays, le mien, le Québec, ne serait rien d'autre que le P.Q. Je ne me décourageais pas et je me voyais déjà vivre dans un Québec souverain qui adopterait des lois qui lui conviendrait.
    Mais encore là, au fil des ans, mes convictions, disons, d'âme d'adolescent, se sont effondrées petit à petit. Ainsi: il y a dénatalité: pas grave, les immigrants comprendront que la séparation du Québec est une priorité. Ils la réaliseront.
    Aujourd'hui, la salvatrice qui raflait tout sur son passage, se met à divaguer au sujet du bilinguisme. Je ne peux qu'être d'accord avec Madame Choinard. Des exemples près de chez-nous prouvent que le bilinguisme ne mène que vers l'assimilation: nos cousins acadiens vivent-ils, sauf dans quelques bourgades, dans un milieu français, ou, telle est la réalité, assimilés dans un univers anglophone: Moncton, Fredericton et j'en passe. Ne peuvent-ils vivre dans leur langue que dans leur milieu immédiat, la famille et ce, pour autant que les parents ont la conviction profonde que leur famille doit conserver sa langue.
    Que reste-t-il de la Louisiane? Ne reste-t-il plus que Zachary Richard qui mène un combat quotidien pour sauver ce qui reste des traditions et du français, dans son patelin.
    Oui, comme l'écrit M. Frédéric Lacroix: «Vers l'Assimilation», nous y sommes rendus. Et celle qui devait me représenter, affirmer au reste du pays, ma voix, mes droits et ma langue, oui, me trahit à tel point qu'elle s'est fixée comme objectif d'enseigner l'histoir, la mienne, en anglais
    Nommez-moi donc un pays, un seul, qui enseigne une telle matière que dans sa propre langue. C'est une aberration.
    Je n'ai plus ni voix ni pays, je vivrai assimilé pour le temps qu'il me reste à vivre. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 13h02
    L'anglais est souvent exigé sans raison valable
    « En Allemagne, en France, en Italie , en Espagne, seule une petite minorité de gens parlent une autre langue que leur langue nationale. Et dans ces pays, seule une très très petite minorité doit connaître l'anglais pour occuper un emploi. Pourquoi en devrait-il être autrement pour les francophones au Québec?

    Au Québec, l'anglais est souvent exigé sans raison valable pour occuper un emploi.

    L'Office de la langue française devrait sévir contre les employeurs qui exigent l'anglais sans raison valable. »

  • Paul Garneau
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 13h36
    Je m'exprime et signe
    « Mesdames,l Messieurs
    de l' équipe du Parti Québéois


    BONJOUR -- Je ne suis pas d'accord avec la position prise ce jour par Madame Marois. Je ne crois pas en l'obligation morale de s'assurer que tous les québécoises et
    tous les québécois soient astreints obligatoirement à l'apprentissage de l'anglais selon l'expression colorée '' d'un mur à l'autre ''.

    Je veux bien croire que nous devons donner l'exemple au monde entier par une initiative pareille. Mais je ne crois pas que nous nous devons une mission pareille
    pour nos enfants. Je ne crois pas que tous les plombiers, les éboueurs, les briqueleurs, les boulangers, les secrétaires, les manutentionnaires, les enseignants, les curés, les vicaires, les bedeaux, les cuisiniers, le infirmières, les employés de Caisses Populaires, de nos villes et villages au Québec aient jamais un besoin essentiel de
    savoir parler ou écrire la langue anglaise, dans leurs tâches ordinaires et cela pour un bon bout de temps encore.

    Je considère cette proposition comme étant celle d'une personne qui remplirait une tâche de fonctionnaire. Remplissez ce formulaire, et vous serez sauvés.

    Quand on pense aux immenses lacunes dans l'apprentissage dans le domaine culturel pour nos gens ordinaires. Comment voulez-vous remplir nos Centres Culturels
    avec des gens qui n'ont jamais appris la moindre note de musique, qui n'ont jamais lu de livres, que les seuls oeuvres d'art qu'ils auront connu, ce fut en fréquentant
    les églises, les travaux manuels c'est ringard. Combien d'écoles au Québec enseigne le piano ? Cela coûte tellement cher d'acheter des pianos. Le culte du beau,
    il en a mangé un coup, ces dernière années au Québec. Tout semble axé sur la nécessité absolue de faire de l'argent, de montrer à faire de l'argent et tout le monde
    sera content.

    D'accord qu'il existe une nécessité d'avoir une connaissance raisonnable de l'anglais, pour celles et ceux qui auront une certitude de cette nécessité. Je doute de
    la nécessité de faire des littéraires en cette langue. Je crois qu'il y a nécessité d'être cultivé. Parler anglais c'est comme avoir beaucoup d'argent, cela ne
    garanti pas les grosses lumières dans une société. On en a vu un très bel exemple avec le documentaire sur les Lavigueur.

    Je m'exprime et je signe.
    Paul A. Garneau
    le 13 février 2008 »

  • Claude Richard
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 13h38
    Consensus sur l'anglais intensif?
    « Madame Chouinard, vous écrivez:"Le PQ a déjà fait consensus à propos de l'anglais à l'école. En 2001, le ministre de l'Éducation d'alors, François Legault, brandissait un plan d'action pour «améliorer l'apprentissage de la langue seconde». Il prévoyait la mise en place progressive de l'enseignement intensif de l'anglais."

    Je regrette mais le programme du PQ tel qu'amendé au congrès de mai 2000 disait ceci à propos de l'enseignement des langues : "Il est recommandé (...)d'améliorer la qualité de l'apprentissage de la langue seconde, mais sans faire de l'anglais une matière privilégiée au moyen, par exemple, de programmes d'anglais intensif au niveau primaire". Le ministre Legault avait tenté de s'opposer à cet amendement en commission mais sans succès et la plenière avait entériné ce texte. François Legault, en bon démocrate, avait fait fi de cet article du programme mais, pour ce qui est du consensus en faveur de l'anglais intensif, mon oeil! »

  • Denis Biron
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 13h53
    Immigration francophone ...
    « Au risque de me tromper, j'ai l'impression que les nouveaux venus qui s'installent au Québec - en provenance de la France, pays de nos ancêtres - sont les plus opposés ou insouciants concernant l'application de la Loi 101 et les moins empressés de soutenir les Franco-québécois dans leur lutte pour la suvvie de la langue française et pour la souveraineté politique du Québec. D'ailleurs, combien préfèrent s'installer au Canada, c'est-à-dire en Ontario, dans l'Ouest canadien ... en "British Columbia" principalement.

    Davantage, chez nos cousins français, on refuse toujours d'utiliser le mot "courriel" au lieu de "mail" ou "imail"... évidemment, ça vient du Québec !

    Davantage, l'appui de Sylvain Simard aux récentes déclarations de madame Marois sur le biinguisme et l'enseignement de notre Histoire en anglais ... ce n'est guère plus brillant.

    D.Biron. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 14 février 2008 14h30
    Cachez ce bilinguisme que je ne saurais voir
    « Je ne savais que, pour certain(e)s, le bilinguisme était perçu au Québec comme une trahison, que dire, une abomination, une trahison. On est pas loin de la...persécution et de l'immolation de chef de parti.

    Le persécution du chef est un sport pratiqué avec beaucoup de plaisir au PQ. Ça consiste à blâmer le dernier chef dès qu'il ou elle fait une déclaration "et les autres avant" qui y ont passé de leur temps, y participent aussi, de temps en temps. »

  • Georges Allaire
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 15h22
    Je cherche le bon mot ?
    « Langue mal pendue exprime esprit mal touffu, ou est-ce mal foutu? »

  • Paul-Aimé Landry
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 15h55
    Pôvre Poline
    « Je ne sais pas par qui vous êtes conseillée, vous devrez peut- être aller voir Lisée ou Parizeau mais votre conseiller actuel doit orienter aussi Mario Dumont. J'avais mis beaucoup de confiance en vous mais quelle déception à chaque fois que vous ouvrez la bouche vous devez vous rétracter et quand c'est le temps de parler on vous cherche. J'aimais pas la langue de bois à Boisclair, à part son penchant pour la coke il n'était pas si stupide que çà. Les meilleurs premiers ministres qu'on a eu au Québec c'étaient ceux qui briguaient le poste par conviction et non pas pour les honneurs, cela ne semble pas votre cas. »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    jeudi 14 février 2008 15h56
    L'ouverture
    « J'aime les propos nuancés des sous-signés qui ne confondent pas l'ouverture à d'autre (s) culture (s) sans nécessairement partager la langue de ces autres cultures. Que des Québécois aptes à apprendre d'autres langues apprennent (étudient) ces autres langues (pas nécessairement l'anglais) est dans la normale des choses. Que tous s'échinent à apprendre une autre langue, l'anglais, alors qu'ils sont dans un État français et qu'ils ne connaissent pas leur avenir, là il y a dérapage. Pourquoi un ingénieur en aéronautique, qui veut travailler au Québec, devrait-il parler anglais? TV5, contrairement à Radio-Canada, nous mène partout dans le monde sans qu'il nous soit nécessaire de connaître d'autres langue que le français. L'on sait, cependant, que des patrons colonisés de la métropole demandent la connaissance de l'anglais afin de pourvoir répondre aux anglophones de Montréal sous prétexte d'ouverture... à sens unique! Madame Marois a-t-elle besoin d'apprendre l'anglais alors que sa priorité est l'indépendance?

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 16h14
    @Denis Biron
    « Non vous ne vous trompez pas: il y'a une limite au prix qu'un francophone est prêt à payer pour le 'luxe' de vivre en Français. Au Québec, cette limite est atteinte depuis longtemps, autant pour les immigrants francophones que pour beaucoup de Québécois, et le prix ne cesse de grimper (impots, stagnation économique, dégradation des services, etc.). Ce n'est pas un hasard si 12,000 à 20,000 citoyens du Québec quittent cette province tous les ans, faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages. »

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 17h42
    I don't speak it 'cause i don't worth a fuck that way...
    « À ceux qui en auront compris tout le sens (il y en a trois), vous avez bien compris.

    Pour les autres, ça n'en vaut vraiment pas la peine croyez-moi... »

  • Francis Déry
    Inscrit
    jeudi 14 février 2008 22h03
    @Raymond Saint-Arnaud : Des primes pour le bilinguisme
    « Lorsqu'un employeur exige une connaissance de l'anglais sans réel nécessité, l'exigera-t-il toujours avec l'obligation de verser une prime de bilinguisme? Non. Il cherchera à optimiser sa structure des coûts en minimisant le nombre de postes exigeant le bilinguisme. »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    vendredi 15 février 2008 07h34
    Les propos de madame Marois
    « Toute ces tergiversations en rapport avec la langue française indiquent une profonde insécurité quant à son avenir. Ce n'est plus de l'inquiétude que l'on perçoit chez ses défenseurs, ç'est pûrement de la panique. Avons nous raisons de paniquer? Bien sûr. Si votre voiture est en panne sur une voie ferrée et que vous voyez venir un train à l'horizon, vous avez de bonnes raisons de paniquer. C'est malheureusement la situation dans laquelle se retrouve notre langue. Devons nous abandonner notre voiture pour survivre ou disparaître avec la voiture, voilà la question comme dirait Hamlet.
    Paul Lafrance
    Québec »

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