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Charest ajoute cinq millions pour le recrutement de travailleurs étrangers

Kathleen Lévesque   9 février 2008  Québec
Le premier ministre Jean Charest a annoncé la création d’un fonds visant à soutenir la mobilité de la main-d’oeuvre.
Photo : Jacques Nadeau
Le premier ministre Jean Charest a annoncé la création d’un fonds visant à soutenir la mobilité de la main-d’oeuvre.
Préoccupé par la pénurie de travailleurs dans plusieurs secteurs d'activités au Québec, le premier ministre Jean Charest a annoncé hier la création d'un fonds de cinq millions de dollars afin de soutenir la stratégie de mobilité de la main-d'oeuvre, tant avec le reste du Canada qu'outre-frontière.

«Nous devons travailler ensemble pour apporter des solutions au défi majeur que représente la nécessité d'attirer des travailleurs au Québec. Notre capacité à relever le défi aura un impact direct sur la qualité de vie de tous les Québécois au cours des prochaines années», a déclaré M. Charest, qui prenait la parole devant les membres du Conseil interprofessionnel du Québec, qui regroupe les 45 ordres professionnels.

Le fonds de cinq millions disponible jusqu'en avril 2009 doit permettre notamment aux 45 ordres professionnels de mettre en place des outils de référence pour faciliter la reconnaissance des compétences des travailleurs formés à l'extérieur du Québec. Les sommes seront administrées par l'Office des professions du Québec.

Ce fonds s'ajoute aux crédits de quatre millions dont bénéficie le ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC) pour la reconnaissance des diplômes et des compétences acquis à l'étranger. Des quatre millions inscrits au budget 2006-07, seulement 760 000 $ ont effectivement permis de soutenir des projets mis en avant par des ordres professionnels. Les sommes restantes ont été dépensées par le MICC dans ses activités d'intégration.

Peu de résultats

Jusqu'à maintenant, les mesures adoptées ont vraisemblablement peu d'applications concrètes compte tenu de l'objectif de permettre aux immigrants d'accéder au marché du travail. Par exemple, le Barreau du Québec a offert une journée de formation sur les fondements du droit au Québec à des nouveaux arrivants. Le Collège des médecins a conçu un document d'information disponible sur son site Internet sur les étapes à franchir pour obtenir un permis d'exercice.

«Cela donne comme résultat que nous avons signé 22 ententes avec des ordres professionnels. Le gouvernement est proactif dans ce dossier», a fait valoir en conférence de presse Yolande James, la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles.

Le budget du MICC prévoit également cette année un fonds de quatre millions pour les activités et les projets des ordres qui s'ouvriraient aux nouveaux arrivants. De cette somme, 622 000 $ ont été octroyés à l'Ordre des ingénieurs dans le cadre d'une entente signée hier.

Par cette entente, l'Ordre des ingénieurs mettra à la disposition des candidats à l'étranger un outil d'évaluation de leur propre dossier. Chacun saura quelles sont les démarches qu'il devra entreprendre pour obtenir un permis d'exercice: connaissance du cadre réglementaire, préparation à l'examen professionnel.

Le nombre de spécialités en ingénierie complexifie le travail. Actuellement, le traitement d'une demande de permis dure de huit à dix mois. Le président de l'Ordre des ingénieurs, Zaki Ghavitian, souhaite réduire les délais à quatre mois grâce au soutien financier obtenu. Depuis dix ans, le nombre de demandes de permis provenant de travailleurs étrangers est passé de 176 en 1996 à plus de 900 en 2006. Quelque 10 % des membres de l'Ordre des ingénieurs sont issus de l'immigration.

Ces mouvements sur le front de l'immigration ne sont pas étrangers à la vision développée par le Parti libéral du Québec (PLQ) au cours des dernières années. En septembre dernier, lors d'un conseil général de son parti, Jean Charest avait associé l'immigration à la prospérité économique du Québec. Il s'était engagé à lever les obstacles à la reconnaissance des diplômes et des compétences de la main-d'oeuvre étrangère.

Aussi, en début de semaine, l'un des trois groupes de travail mis sur pied par le PLQ sur l'économie a soumis l'idée de créer un bureau d'un commissaire, responsable notamment de recevoir les plaintes contre les ordres professionnels «relativement à la reconnaissance des qualifications professionnelles des immigrants reçus».






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  • Yvon Montoya
    Abonné
    samedi 9 février 2008 07h23
    C'est pas si loin le marché Jean-Talon. Pourtant?
    « Ben voyons...On a besoin de l'argent de l'immigrant sans lui offrir des jobs, que des jobines. Des travailleurs qualifiés, il y en a plein au Marché Jean-Talon qui vendent du poison ou des légumes. J'ai un mai marocain qui a un MBA et il nettoye des tables chez Première Moison mais pas à Jean-talon, ailleurs. »

  • Michel Simard
    Abonné
    samedi 9 février 2008 08h00
    Tout cela est bien beau...
    « mais peut-être Jean Charest devrait inciter les présidents de certains ordres corporaristes comme le Còllège des médecins à tenir des propos plus appropriés. Celui-là a détruit en une minute beaucoup d'années d'efforts. »

  • Daniel Beaudry
    Abonné
    samedi 9 février 2008 09h07
    Triste cécité d'un gouvernement
    « Facilitez la formation post-secondaire en donnant une allocation aux étudiants pour étudier comme dans les pays du nord de l'Europe et vous n'aurez pas de pénurie et vous réglerez en même temps des problèmes de pauvreté et les coùts sociaux et médicaux afférents à la pauvreté.
    Daniel Beaudry »

  • Med Berrada
    Inscrit
    samedi 9 février 2008 10h26
    Charest ajoute cinq millions pour le recrutement de travailleurs étrangers
    « on sent l'approche des éléctions ,avec les promesses mirages qu'on ne réalisera jamais.Le problème est loin d'être seulement financier .Par exemple un pharmacien non reconnu gagne dans une pharmacie autour de 10$/H ,un pharmacien reconnu à partir de 48$/H ,ce qui représente un gain mensuel pour le pharmacien propriétaire de 6000$.Une aubaine d'exploitation humaine que les ordres professionnels des medecins, pharmaciens ,architectes,...ne seront pas prêts à abandonner .Il est temps que ces professionnels soient au service du citoyen et non l'inverse .Donc il faut des lois et des lois pour régler un problème qui touchent tous les Québecois et non seulement les immigrants. »

  • Franklin Assoumou N.
    Inscrit
    samedi 9 février 2008 12h01
    Charest a vision claire sur la place des immigrants au Québec!
    « Depuis que Jean Charest est au pouvoir à Québec, il a toujours démontré son engagement à faire plus de place aux Québécois nés à l'extérieur qui sont venus enrichir cette société. La personne qui nie se réalité ne fait que jouer sur la partisanerie politique. De plus, les ordres professionnels et autres fonctionnaires n'arrêtent pas mettre les bâtons dans les roues du gouvernement actuel! Ils sont lents à s'ouvrir et continuent à persister avec des raisonnements farfelus qui ne tiennent pas la route sur le fait que des immigrants qualifiés continuent à faire des jobbines alors qu'on parle de pénurie de la main-d'oeuvre presque partout! La fonction publique québécoise est encore source de frustrations et continue de bloquer l'intégration des immigrants au Québec!

    Il faut qu'on arrête de distribuer l'argent aux ordres professionnels pour faire de la procédurite! Il faut agir et mettre les gens au travail pour le développement du Québec dont est tous fiers. »

  • Jocelyne Beaudoin
    Abonnée
    dimanche 10 février 2008 09h22
    Comment ça se fait....?
    « Comment ça se fait que des immigrants aussi formé que des ingénieurs,des médecins ou autres professionnels peuvent être réduit à des jobines icï? S'ils savaient au départ le sort qu'on leur réserve ici,ils ne viendraient pas.Que leur dit-on pour l'amour du Ciel dans les ambassades? »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    dimanche 10 février 2008 11h17
    De la poudre aux yeux
    « D'abord, cinq millions c'est des pinottes. Ensuite, faut se demander pourquoi cet argent est employé à faciliter le recrutement d'ingénieurs formés à l'étranger, plutôt que de médecins ou de pharmaciens.

    La raison est simple, il y'a de moins en moins de Québécois interessé à étudier le génie: c'est long, c'est difficile, c'est de la job, et en sortant de là si vous êtes vraiment bon vous avez le droit de vous faire exploiter pour dix ans, de payer la moitié de votre salaire en impôt sur le revenu (en tant que salarié), et après ça merci-beubaille, vous nous coutez trop cher.

    La profession d'ingénieur s'est 'tiers-mondisé', et donc aujourd'hui on commence à tasser l'OIQ dans le coin pour aller recruter à l'étranger les professionnels qu'on arrive plus à embaucher ici à des salaires de misère. Présenter ça comme une révolution, une vraie farce.

    Essayez un peu de faire avalez ce genre de mesure au bon docteur Lamontagne et à son copain le ministre Couillard qui ont mis sur pied un plan impeccable pour livrer le Québec en coupe réglée aux intérêts de la médecine privée, et ils vont bien rire.

    Et pourtant, c'est là qu'il y aurait des économies à faire: les médecins Québécois coutent beaucoup trop cher pour le modèle de médecine que le Québec prétend promouvoir. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Quand Charest aura réussi à faire passer de 200 à un millier le nombre de permis de pratique décernés annuellement à des médecins formés à l'étranger, on commencera peut-être à prendre son bla-bla au sérieux. »

  • Gérard GARNIER
    Inscrit
    lundi 18 février 2008 12h44
    Soyons réalistes
    « Immigré mais arrivé comme retraité, le problème de la reconnaissance des diplômes ne me concerne pas directement. Ceci ne veut pas dire que le sujet ne m'intéresse pas mais il ne peut pas m'être reproché d'être directement partie prenante.

    Les réactions corporatistes des différents "collèges" ou "ordres" ne sont pas propres au Québec. Elles sont humaines, bien qu'injustifiables : quel que que soit le pays, il n'est pas acceptable qu'un travailleur fasse, dans le cadre d'un contrat, exactement le même travail qu'un diplômé reconnu mais avec un revenu de la moitié quand ce n'est pas moins. Si les femmmes exigent avec raison l'application du principe "à travail égal, salaire égal", les entreprises et organismes étatiques québécois se devraient, ne serait-ce que pour être respectés, de l'appliquer. Cela semble être trop rarement le cas.

    Il est indiscutable que le Gouvernement actuel du Québec fait de réels efforts et démarches pour que le dossier évolue et il faut le souligner. Il est normal qu'il en informe les corporations. Mais attendre de celles-ci un déblocage est inutile : derrière de grandes envolées lyriques sur l'honneur du métier ou la nécessité de défendre le peuple et la culture québécois, elles mettront au point des astuces de procédure décourageant les meilleures volontés et ayant surtout pour objectifs de diminuer la concurrence.

    Entre parenthèses, je suis étonné que de nouvelles subventions soient apportées à des organismes qui n'ont déjà pas utilisé les précédentes.

    L'arrivée d'un travailleur immigrant est une richesse pour un pays : élever un enfant et lui apporter une éducation a couté de 500 000 à 1 million de dollars à la collectivité d'origine, surtout si il a fait des études supérieures. Le pays d'accueil en profite immédiatement. Quand, en plus, il est compétent dans un domaine manquant de travailleurs, il crée aussitôt de la richesse. Protéger les égoïsmes locaux n'est pas une bonne opération économique. Et, au delà, n'oublions pas le bonheur que cela peut apporter.

    Québecois, vous êtes hospitaliers. N'acceptez plus que certains donnent une image négative de votre société. »

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