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Français: Québec modifiera le règlement

«Je n'ai pas fait tout cela pour que cela soit juste des voeux», assure la ministre Courchesne

Clairandrée Cauchy   8 février 2008  Québec
La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, entend modifier le régime pédagogique pour s'assurer que les écoles prévoient bel et bien une période de lecture par jour et que les enfants fassent au moins une production écrite par semaine.
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  • Régine Pierre
    Abonnée
    vendredi 8 février 2008 07h08
    Les mythes sont tenaces en didactique du français
    En déposant son rapport sur l'enseignement du français, la Ministre de l'éducation du Québec, admet que la réforme est un échec et qu'il faut revoir l'ensemble du curriculum mais elle ne s'attarde qu'aux aspects les plus évidents pour la population. Qui ne sait pas ce qu'est une dictée? La dictée, c'est comme la madeleine de Proust, elle évoque l'enfance et les bons moments passés à l'école mais...seulement pour les bons élèves.

    Le problème c'est qu'on n'apprend pas à écrire sans faute en faisant des dictées. La dictée n'est pas une méthode d'enseignement mais une méthode d'évaluation. Ce sont là des distinctions de base en didactique que les experts auraient dû établir clairement dans leur rapport.

    Le plus grave c'est que ce rapport laisse des trous béants. L'enseignement de la lecture qui aurait dû être prioritaire est totalement occulté. Pas étonnant, il n'y avait pas de spécialiste de la lecture sur le comité d'experts. Cela confirme la croyance qui domine dans le milieu de l'éducation. Il n'y a pas besoin d'enseigner à lire. Les enfants apprennent par eux-mêmes. Il suffit de leur faire lire des textes. On apprend à lire en lisant. C'est un mythe tenace qui fait fi des recherches scientifiques des 30 dernières années.

    Que vont faire les enfants qui ne savent pas lire pendant l'heure de lecture obligatoire? Sur quelle matière va-t-on prendre cette heure? Sur l'enseignement de la lecture? Autrement dit avec la proposition Courchesne on va consacrer 5 heures de moins par semaine à l'enseignement de la lecture.

    Mme Courchesne, s.v.p. arrêtez de faire des changements à la pièce. Les mesures que vous proposez sont pleines de bonne volonté mais certaines relèvent de l'utopie et d'une vision naïve de l'enseignement du français. Décrétez un moratoire pour que l'on repense l'ensemble de cette réforme. Les enseignants ne seront pas plus confus qu'ils ne le sont présentement et le système ne s'écroulera pas.

    Prenez modèle sur la France qui a compris qu'il fallait commencer par réformer l'enseignement de la lecture au premier cycle du primaire et que cela supposait de rejeter le modèle québécois d'enseignement de la lecture que le Ministère de l'éducation impose depuis 30 ans. Nous sommes un des rares, sinon le seul pays à l'avoir maintenu.

    Votre contre-réforme ne sera qu'un coup d'épée dans l'eau si vous ne vous attaquez pas à l'enseignement de la lecture.

  • Catherine Quirion
    Abonnée
    vendredi 8 février 2008 07h22
    Pour l'autonomie des enseignants
    Je désire simplement féliciter ici l'École secondaire La Frontalière de Coaticook, en Estrie, dont les élèves ont obtenu un haut taux de réussite de l'examen de français de MELS. Cela a été rendu possible par l'engagement et la collaboration des enseignants, qui n'ont pas eu besoin des recommandations d'une ministre pour agir.
    http://www.leprogres.net/article-i180688-93-des-el
    http://www.leprogres.net/article-181368-959-des-el

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