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La sentinelle

Marie-Andrée Chouinard   8 février 2008  Québec
Le «coup de barre» de la ministre de l'Éducation pour sauver l'apprentissage du français de la déroute n'a de véritable envergure que lorsqu'on le mesure à l'étendue de la déconfiture laissée derrière. Au redressement promis manque toutefois l'essentiel: une sentinelle qui veillera à ce que les promesses se réalisent.

Dans l'univers tourmenté de l'éducation, rarement un plan d'action aura-t-il suscité une telle unanimité. Il faut en effet saluer les mesures dévoilées mercredi par la ministre Michelle Courchesne, qui visent à corriger les errements en français des élèves du primaire et du secondaire.

Interpellée par la dégringolade des résultats en français écrit, Mme Courchesne avait promis dès son arrivée en poste un examen réfléchi pour ce dossier délicat alliant langue et école. Habile et diligente, elle dévoile coup sur coup l'analyse et son verdict politique.

Celui-ci est satisfaisant. Les mesures annoncées ratissent large; surtout, elles saisissent le problème dans son ensemble au lieu d'opter pour des solutions temporaires, appliquées à un seul aspect des difficultés. De la révision des programmes à l'obligation d'excellence en français dans tout le réseau, la ministre vise les défaillances de la formation des maîtres, le manque crucial de ressources professionnelles, la formation continue des enseignants, les pratiques en classe, l'évaluation des élèves et leur cheminement.

Se faisant rassurante, elle insiste sur l'importance d'écrire un texte par semaine et d'inscrire la dictée aux pratiques régulières; certains n'auront pas manqué d'y voir — encore! — le retour d'une dictée pourtant jamais disparue, une des contrevérités les plus persistantes dans le féroce débat qui entoure la réforme de l'éducation.

Qu'on ne s'y trompe pas: certaines des volontés exprimées, dont, assurément, celles qui font symbole — la dictée, la rédaction d'un texte par semaine —, sont percutantes car elles émanent de nulle autre que la ministre de l'Éducation. Mais ce message, si musclé soit-il, n'a pas force de loi. Rien dans la Loi sur l'instruction publique ni dans les règlements régissant la pratique ne peut transformer ces bons voeux en obligations. Espérons qu'ils soient entendus.

Toutefois, on peut vraiment apprécier la hauteur de ce geste politique en s'attardant au constat qui l'a forcé. Le plan d'action de la ministre Courchesne a beau avoir retenu toute l'attention des dernières heures, c'est bel et bien l'examen du groupe d'experts présidé par le linguiste Conrad Ouellon qui est le plus troublant.

Comment en arriver là?, se demande-t-on à la lecture du document. S'il est vrai que l'inquiétude pour la qualité de la langue ne date pas d'hier, certains égarements consternent.

Ainsi, le fait que les programmes doivent être (à nouveau) récrits pour gagner en précision. Que dans lesdits programmes, personne n'ait songé à graduer les éléments de connaissance à transmettre aux élèves, du plus important au moins capital, ne serait-ce que pour guider la pratique enseignante et assurer un socle commun aux enfants. Qu'on n'ait pas prédit la pénurie de professeurs de français. Qu'un examen uniforme pour les futurs enseignants ne soit toujours pas disponible. Qu'on n'ait pas vu les effets pervers de la mise à pied des conseillers pédagogiques, aujourd'hui appelés à revenir en renfort.

Voilà pourquoi on se désole que Michelle Courchesne n'ait pas jugé bon de retenir cette recommandation phare du rapport Ouellon qui appelle à la création d'un organisme indépendant chargé de l'application à long terme des mesures décidées en haut lieu, bien plus, en somme, qu'un éphémère comité de suivi.

Un bref retour en arrière atteste que les politiques ministérielles destinées à rehausser la maîtrise du français ont été nombreuses. La dernière en date: un «plan d'action pour la valorisation du français, langue d'enseignement», piloté en 2001 par l'ancien ministre François Legault. Plusieurs des mesures-chocs proposées cette semaine s'y retrouvent en toutes lettres. On les a pourtant perdues dans la joute politique.

Sans l'installation courageuse d'une vigie épiant le moindre risque de rechute, les plus beaux coups d'envoi peuvent rester vains. La qualité du français à l'école doit avoir son ange gardien.

***

machouinard@ledevoir.com






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  • FAÏZA SKANDRANI
    Inscrite
    vendredi 8 février 2008 06h21
    La qualité du français passe par la revalorisation de l'écrit !
    « Ces dernières années, la pratique des langues a fortement favorisé la valorisation de l'oral au détriment de l'écrit. Ce choix était dicté par la survalorisation de l'écrit autrefois mais aujourd'hui avec un trop grand laxisme vis-à-vis de l'orthographe , de l'apprentissage des règles , et de la mise en pratique systématique par l'exercice de la dictée quasi-quotidien, les élèves écrivent ce qu'ils entendent ainsi pour dire "je suis un étudiant à l'IHEC" , il dit je suis étudiant à la chaussée !!!!
    Le tchat et les sms n'ont pas arrangé les choses ...Aujourd'hui il faudrait reprendre les bonnes vieilles pratiques de l'enseignement de la langue française tel qu'il était il y a cinquante ans partout dans le monde ...Aider les élèves à s'exprimer est important mais former de futurs étudiants et de futurs cadres nuls en orthographe et en expression écrite est catastrophique pour la société du savoir !!!!!
    FAÏZA SKANDRANI*
    * 32 ans d'enseignement de la langue française en Tunisie, co-auteur de livres pour la fin du cycle du primaire, 10 ans dans le secondaire et 18 ans dans l'enseignement supérieur »

  • Claude Tremblay
    Abonné
    vendredi 8 février 2008 06h33
    Un beau plan - pas de suivi
    « La qualité du français à l'école doit avoir son ange gardien. Et cela doit commencer à la maison. Une campagne publicitaire visant à inculquer aux gens le goût d'une langue correcte, appuyée par une connaissance avancée du français chez les enseignants, et renforcée par des instruments de vérification tout le long du parcours de l'apprentissage de la langue, voilà qui pourrait relever le niveau et la qualité du français chez les Québécois.

    Autrement, ce ne seront que voeux pieux et coups d'épée dans l'eau. »

  • Eric Barnabé
    Inscrit
    vendredi 8 février 2008 07h49
    Bonne chance Mme la ministre de l'éducation
    « J'utilise le titre et non le nom de Mme Couechesne car je suis convaincu que elle et ses successeurs, tous partis confondus, devront se battre contre ses fonctionnaires. C'est ce ministère qui a reçu l'ordre du ministre de remettre les bulletins chiffrés en force. Les fonctionnaires du ministère ont réfondu "Yes, sir" et se sont retournés vers les commissions scolaires et leurs ont dit: "Faites des bulletins chiffrés". Ces commissions scolaires attendent toujours les critères pour établir une note chiffré.

    Bonne chance aux futurs ministres de l'éducation qui devront faire une job de bras dans la direction du ministère, comme dans presque tous les ministères du gouvernement du Québec. Ça va prendre des ministres prêt à faire autre chose que des conférences de presses pour annoncer les décisions du ministère.

    Eric Barnabé »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    vendredi 8 février 2008 07h54
    La qualitédu français passe par la grammaire
    « On ne peut écrire correctement le français sans connaître les règles grammaticales.Quand on procède par modules et qu'on apprend une règle une fois sans jamais y revenir parce que cette règle était étudiée dans un module des années précédentes, comment voulez vous qu'un élève s'en rappelle.Ces règles doivent être étudiées et répétées constamment. Il en va de mêmepour l'orthographe et pour le genre des mots.

    Paul Lafrance
    Québec »

  • Mario Tremblay
    Abonné
    vendredi 8 février 2008 08h36
    Est-ce vraiment important?
    « J'ai plus de 50 ans, je m'intéresse à la politique depuis l'âge de 15-16 ans. J'ai l'impression de toujours entendre les mêmes débats, on parle toujours des mêmes problèmes, jamais résolus, et on voit toujours les mêmes « faces ».
    Il n'est pas très important de résoudre les problèmes, il est important de montrer qu'on s'en occupe. Après, on passe à la nouvelle saveur du mois.
    Ça marche. Et les gens sont prêts à déchirer leur chemise pour prouver que leur candidat est le meilleur.
    Ce ne sont pas les politiciens qui sont retors, insignifiants et insipides, ce sont les électeurs qui sont abrutis. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 8 février 2008 08h37
    Écrire et dire.
    « C'est du vent tout ça. Du remplissage de rien par du rien. Tout le monde partout se met à parler de langue plutôt qu'à la parler correctement. Partout la tristesse du verbe se mêle de verbiage. Pourtant pour une société à l'héritage chrétien comme le dit Madame Bombardier a oublié les parole de l'évangile de Jean: "au commencement était le verbe..." La langue est un outil hautement politique dont on ne veut pas que les québécois maitrisent. Il ya en faisant la promotion de la culture folkolorique québécoise une promotion de l'oralité au détriment de la parole solide comme des pierres, celles permettant de fonder un pays, un monde, une culture. On a que ce qu'on mérite et je suis d'accord avec les propos de Faïza Skandrani. Il y a des siècles de travail au Québec à reprendre mais cette fois-ci sans les curés. »

  • Nicole Poirier
    Abonné
    vendredi 8 février 2008 08h38
    Un texte écrit par semaine
    « Madame Courchesne devrait côtoyer un enseignant en français pendant un mois avant de suggérer un texte écrit par semaine. Je partage, néanmoins, son opinion en ce qui a trait à l'importance d'écrire. Toutefois, ce texte, il faut le corriger. En quoi consiste la correction? Ayant été enseignante de français pendant de nombreuses années et étant maintenant à la retraite, j'aimerais lui présenter les caractéristiques d'une bonne correction. Quand j'écris bonne, je veux signifier une correction efficace. Premièrement, il faut souligner les erreurs et indiquer dans la marge le type d'erreur, à savoir errreur de grammaire, d'orthographe, de ponctuation, de syntaxe et de vocabulaire. Deuxièment, concernant la syntaxe, il faut parfois spécifier l'erreur, comme l'usage indéquat du pronom relatif ou d'un temps de verbe inapproprié et j'en passe. Troisièment, pour ce qui est du vocabulaire, il faut suggérer à l'élève le mot le plus approprié. De cette façon, on améliore et on élargit son vocabulaire. Alors, je demande à Madame Couchesne, comment faire ce genre de correction une fois par semaine? Comment faire ce genre de corrections, de préparer ou de revoir des leçons et vivre le quotidien (dormir, manger, faire de l'exercice, maintenir les liens familiaux, éduquer les enfants, etc)?
    En outre, il faut éveiller les jeunes aux activités culturelles ayant un lien avec la création littéraire. À ce moment-là, il faut assister à des pièces de théâtre ou des récitals de poésie (malheureusement plutôt rares) afin de faire un choix judicieux. Il nous faut aussi voir des films qui sont souvent des adaptations de roman. Je pense ici à SOIE, AGAGUK, LE HUSSARD SUR LE TOIT, LE SURVENANT, etc. Quand j'étais enseignante, en début de semaine, j'inscrivais toujours le point culture ou actualité dans mon plan de cours écrit au tableau. Ici, je tiens à spécifier qu'assister à des spectacles culturelles étaient source de plaisir et de renouvellement.
    Je reviens à ce que j'ai écrit au début du texte. Il faudrait que Madame Couchesne côtoie un enseignant en français afin qu'elle constate de visou la tâche colossale qu'il a à abattre. En début de carrière, j'ai enseigné deux autres matières et jamais, au grand jamais, je n'ai autant de corrections. Il faudrait donc que Madame la Ministre de l'Éducation se penche également sur la tâche de l'enseignant de français au même titre que le contenu du programme ou des cours donnés en classe.
    Malgré ces bémols apportés, j'ai aimé enseigner le français, car c'est une matière qui en ratisse large quant à la variété de textes lus et écrits. Cependant, quand la nostalgie de l'enseignement me saisit, je pense aux nombreux textes que je corrigeais et elle s'évanouit complètement, cette nostalgie.
    N.B. J'ai fait un calcul approximatif du nombre de textes d'importance pour les élèves de cinquième secondaire (500 mots et plus) que j'avais à corriger dans une année incluant le formatif (un exercice) et le sommatif (un examen)et j'arrive à 1500. Bien sûr, il faut ajouter à cela, les poèmes, les critiques, etc. À chaque fois, environ 120 textes. Si je prends en compte la suggestion de Madame la Ministre, les enseignants en français auraient environ 4000 textes à corriger dans une année. Le nombre 180 (jours de classe) qu'il faut diviser par 5 (une semaine de classe)donne 36 semaines. Ce nombre, 36, multiplié par 120 (4 groupes de 30 élèves)donne 4320 textes à corriger.
    Et les enseignants en français pourront vivre normalement? »

  • william morris
    Abonné
    vendredi 8 février 2008 09h33
    Quelle tristesse...
    « Bonjour,
    J'ai fait toutes mes études en français et surtout au Québec, à l'époque du collège classique.
    Depuis 1960, on a laissé les apprentis sorciers détruire le cours classique et on l'a remplacé par des écoles secondaires pauvres en français et par des cégeps où les élèves ignorent toujours le bon français, parlé et écrit.

    C'est pire qu'une déroute, c'est une débacle totale.
    Ce que l'on a réussi à détruire, on peut réussir à le reconstruire. Il faudra des programmes sérieux et la préparation adéquate des mâitres, qui devraient tous maîtriser la grammaire et l'épellation, par le truchement d'examens uniformes oraux et écrits.
    C'est possible, à condition que la compétence et la volonté soient au rendez-vous, tant au niveau des programmes que du personnel enseignant.
    Cela urge! Il se parle au Québec, de plus en plus, un sabir incompréhensible ailleurs qu'ici.
    Le septuagénaire que je suis ne peut qu'espérer.

    Qu'en pensez-vous ?
    William Morris
    www.lemont.canalblog.com . »

  • Svetozar Vesic
    Abonné
    vendredi 8 février 2008 09h57
    qualité du français
    « Mme Poirier, qui fut pourtant enseignante en français, et plusieurs autres s'exprimant suite à des articles, envoient des textes truffés de fautes, écorchant même au passage le nom de la ministre... »

  • Pierre Nonnon
    Inscrit
    vendredi 8 février 2008 10h13
    Et les sciences, les maths et la technologie ?
    « Pour ce qui est du français, nous voyons que cette décision va dans la bonne direction, seulement, pour les sciences et la technologie le problème est plus complexe et reste entier, il faut donner aux élèves un environnement d'apprentissage beaucoup plus performant que ce qui a été prévu par le MELS pour développer le raisonnement scientifique. Un environnement réel et concret qui mène vers l'abstraction et permet aux élèves de s'approprier les savoirs et savoirs faire nécessaires pour accéder à une structure de pensée formelle. Cet environnement d'expérimentation assisté par ordinateur (ExAO) est utilisé avec succès par tous nos étudiants en formation des maîtres à l'Université de Montréal depuis 15 ans, il coûte deux fois moins cher qu'un laboratoires traditionnel. Malheureusement, à leur sortie de l'Université, ils devront pratiquer dans l'environnement proposé par MÉLS qui, selon nous, est désuet et ressemble plus à une manufacture du 19ieme siècle qu'à un laboratoire de sciences et technologie. La ministre n'est pas obligée d'imposer cette solution à tous ces frileux qui ont peur de ces environnements informatisés, par contre elle devrait donner le choix aux autres, ceux qui sont formés et ceux qui voudraient se former. En éducation on semble vouloir tout uniformiser, c'est probablement une des causes du marasme actuel, on devrait favoriser les bonnes initiatives qui permettent l'émulation. Les psychopédagogues et autres gourous dogmatiques qui ont concocté cette réforme en catimini, devant les piètres résultats obtenus, devraient faire preuve de plus de modestie et laisser entrer les idées qui seraient avantageuses pour les jeunes Québécois. D'autant plus que ces idées innovantes et québécoises sont répandues partout dans le monde. En Angleterre, en Espagne, en Allemagne, en France et même chez Kadhafi en Libye, on utilise l'ExAO



    Pierre Nonnon PhD
    Professeur titulaire
    Laboratoire de robotique pédagogique
    Département de didactique
    Université de Montréal
    Tél : 514 343 72 57
    Courriel : pierre.nonnon @umontreal.ca »

  • Jean-Marie Bergman
    Inscrit
    vendredi 8 février 2008 10h33
    Ecrire, encore et toujours
    « Les langues officielles du Canada souffrent toutes les deux de ce que les moyens de communications sont tellement peu onéreux que la précision n'a plus de valeur.Il n'y a pas de reméde évident sinon qu'une très grande vigilance quant à la compétence des prfesseurs de langues, qui sont malheureusement très peu motivés à exceller dans l'enseignement public. (Salaires dérisoires, absence de contôles positifs etc). »

  • Gilles de Ladurantaye
    Inscrit
    vendredi 8 février 2008 12h58
    Et la lecture alors ?
    « Le problème essentiel est celui de la lecture : comment faire, non pas lire, mais apprécier la lecture ? Un enfant que aime lire n'aura jamais de problèmes sérieux avec la grammaire, la syntaxe, le vocabulaire etc.. »

  • Benoît Fortin
    Inscrit
    vendredi 8 février 2008 15h00
    Encore du pareil !
    « Bonjour Madame Marie-Andrée,

    Je viens de prendre connaissance de ton article paru à propos du « Coup de barre...» de la Ministre.

    C'est encore du pareil au même: des directives sans moyens de les réaliser.

    - On gaspillera encore 39 M$ chaque année pour « du pareil » au lieu de changer notre méthode d'apprensage du français écrit par une méthode, genre de cours privés, gratuits, à domicile et durables qui ne coûterait pas un sou au gouvernement et améliorerait de beaucoup le français écrit.

    -Madame Courchesne crie « des dictées ! des dictées ! régulièrement » sans réaliser le travail possible de corriger 3 groupes de 30 élèves "régulièrement".(du pareil)

    -De faire subir des examens de conntrôle quand on n'a pas bien fait comprendre les accords grammaticaux. (du pareil )

    - De doubler le nombre de conseillers pédagogiques avec la même méthode d'apprentissage du français qui dure depuis plus de deux siècles et qui est la cause des échecs scolaires.

    - Quand on veut améliorer les connaissances grammaticales en éliminant la grammaire et «de corriger à l'occasion» les fautes de français des élèves.
    - etc.

    Pourrais-tu demander au DEVOIR de publier cet article sous le titre de OPINION DU LECTEUR ?

    Merci et continue d'informer les lecteurs des causes de failesse de nos jeunes aujourd'hui.

    Benoit Fortin

    -

    -
    - »

  • France Lafontaine
    Abonné
    samedi 9 février 2008 00h30
    Il est temps !
    « Il est temps de revenir aux fondements de l'apprentissage en français ! Cependant , au primaire, on ne doit pas exiger une composition par semaine. Il faut que les élèves connaissent bien les règles et avoir un minimum de vocabulaire avant de composer. Il faudrait commencer progressivement au 2ième et 3ième cycle. Les dictées hebdomadaires et la valorisation de la lecture reliée au plaisir de lire feront leur chemin.
    Mais , de grâce. ne laissez pas aux fonctionnaires du MELS, si "experts " soient-ils, s'occuper des programmes!
    Il faut avoir des bases solides pour développer des "compétences ".

    France Lafontaine »

  • Régine Pierre
    Abonnée
    jeudi 14 février 2008 06h57
    Un virage à 360 degrés
    « Le rapport Courchesne n'était pas encore disponible que les médias parlaient déjà de changement de cap et de consensus. Sur le site français du Café pédagogique, un article titrait : «Le Québec retourne aux méthodes traditionnelles». Le mot dicté a fait croire que la Ministre changeait de cap. Or, à la lecture du document, on est vite déçu et on n'est pas étonné. C'est toujours le groupe des concepteurs de la réforme qui est derrière ce rapport. La preuve en est qu'une seule recherche est mentionnée et elle a été menée par le seul groupe de recherche nommé qui est dirigé par celui qui s'est lui-même présenté comme le père de la réforme. Tous les concepteurs de la réforme y compris l'ex président du Conseil supérieur de l'éducation (qui devrait être un organisme indépendant) et l'ex sous-ministre de l'éducation qui a piloté cette réforme, sont rattachés à ce laboratoire. Dans la liste des références on ne retrouve pas de références scientifiques pertinentes et récentes mais les documents du Ministère sur la réforme et une référence à celui qui a introduit l'idée du paradigme de l'apprentissage sur lequel le rapport Courchesne est toujours fondé : «Comment aider l'élève à mieux écrire? Pour ce faire, il faut l'accompagner et l'aider à construire ses connaissances...Toute la réflexion menée par le Comité est orientée par une préoccupation maîtresse: comment soutenir l'élève dans le développement de sa compétence à écrire? Quels sont les gestes à accomplir pour mieux accompagner l'élève dans son apprentissage de l'écriture, p.14 ». Les enseignants ne doivent pas enseigner l'orthographe. Leur rôle se limite toujours à accompagner les enfants qui vont apprendre par eux-mêmes à écrire sans faute. Il suffit de leur faire produire un texte pas semaine et de leur faire faire des dictées. Le rôle des enseignants se limite à corriger leurs productions et à leur expliquer leurs fautes. Ils auront le temps, ils n'auront plus à enseigner la lecture, la compréhension, le vocabulaire, la littérature, la culture : ça n'apparaît plus au programme.
    On nage toujours en plein constructivisme. Pourtant en 1976, Monique Lefebvre-Pinard, ex-vice rectrice à l'UQAM, avait écrit dans un article publié dans la Revue canadienne de psychologie : «Après un demi-siècle de recherches, Piaget, le père du constructivisme, et son équipe n'ont jamais réussi à démontrer qu'on pouvait provoquer l'apprentissage de connaissances en utilisant une approche constructiviste.» Par contre, il existe des milliers de recherches, dont celles que nous avons menées depuis plus de trente ans, qui ont démontré l'inefficacité de l'approche d'enseignement de la lecture que le Ministère de l'éducation impose depuis la réforme de 1979. C'est sur ces recherches que le Ministre français de l'éducation, Gilles de Robien s'est appuyé pour abandonner la réforme que la France avait adoptée en 2002 sur un modèle similaire à la réforme québécoise, suisse et belge. Le premier geste qu'il a posé a été de réformer l'enseignement de la lecture au premier cycle du primaire en éliminant de la liste des méthodes approuvées, les méthodes globales, incluant l'approche Whole-Language qui avait été introduite en France par Foucambert, un sociopédagogue. »

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