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«Coup de barre» pour le français

Antoine Robitaille   7 février 2008  Québec
Québec — Un «coup de barre très fort»: voilà comment la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a présenté un audacieux «plan d'action» pour l'amélioration de l'enseignement du français au Québec hier. Un plan qui a reçu un accueil plutôt favorable.

Mme Courchesne souhaite faire en sorte que le français — qu'elle a présenté comme «l'âme de la nation québécoise» — «devienne une priorité à l'école», et pas uniquement dans les cours de français, grâce à 22 mesures qu'elle estime «intégrées». Celles-ci découlent du rapport Mieux soutenir le développement de la compétence à écrire, présidé par Conrad Ouellon et rendu public hier. La plupart des mesures entreront en vigueur en septembre et représenteront un effort financier de 39 millions de dollars annuellement, selon ce que le cabinet de la ministre a précisé hier soir.

Le gouvernement devait agir, car «les résultats ne s'amélioraient pas», a affirmé Mme Courchesne. Ces mesures, qu'elle a qualifiées d'«exigeantes», veulent éviter que l'on traverse «une crise» d'angoisse à l'égard de l'enseignement du français «tous les 10 ans». Et pour ce faire, elle ratisse large.

Classées en cinq «axes», ces mesures visent la valorisation du français de l'école primaire à l'université et remettent en question plusieurs éléments de la réforme de l'éducation, sans «jeter le bébé avec l'eau du bain», a soutenu la ministre. Cette dernière reverra donc tous les contenus des programmes de français «pour que l'enseignement soit orienté vers l'acquisition, la maîtrise des connaissances», a-t-elle insisté. Le «renouveau pédagogique» mettait l'accent, lui, sur les compétences. Pour cette raison, les programmes ne comportent actuellement pas de «cibles» précises à atteindre à chaque niveau en ce qui a trait aux connaissances, surtout que l'enseignement se fait sur un cycle de deux ans. Mme Courchesne soutient qu'en révisant les contenus, elle aura à l'esprit les demandes des enseignants: «être beaucoup plus précis dans la hiérarchisation de ce que l'enfant doit savoir à chaque trimestre». La pédagogie par «projets» devra aussi faire place à certains moments à d'autres méthodes plus traditionnelles: «On ne peut pas uniquement apprendre le français à travers des projets pédagogiques. Il y a une période où l'acquisition de connaissances est importante et les enseignants doivent s'en assurer», a déclaré Mme Courchesne.

Classées en cinq «axes», ces mesures visent la valorisation du français de l'école primaire à l'université et remettent en question plusieurs éléments de la réforme de l'éducation, sans «jeter le bébé avec l'eau du bain», a soutenu la ministre. Cette dernière reverra donc tous les contenus des programmes de français «pour que l'enseignement soit orienté vers l'acquisition, la maîtrise des connaissances», a-t-elle insisté. Le «renouveau pédagogique» mettait l'accent, lui, sur les compétences. Pour cette raison, les programmes ne comportent actuellement pas de «cibles» précises à atteindre à chaque niveau en ce qui a trait aux connaissances, surtout que l'enseignement se fait sur un cycle de deux ans. Mme Courchesne soutient qu'en révisant les contenus, elle aura à l'esprit les demandes des enseignants: «être beaucoup plus précis dans la hiérarchisation de ce que l'enfant doit savoir à chaque trimestre». La pédagogie par «projets» devra aussi faire place à certains moments à d'autres méthodes plus traditionnelles: «On ne peut pas uniquement apprendre le français à travers des projets pédagogiques. Il y a une période où l'acquisition de connaissances est importante et les enseignants doivent s'en assurer», a déclaré Mme Courchesne.

Deux autres examens

Pour avoir une meilleure connaissance de la progression des élèves en français, le ministère ajoute aussi deux autres examens d'écriture qui seront corrigés par le ministère. L'un en quatrième année du primaire et l'autre au terme de la deuxième secondaire. L'épreuve sera uniforme. L'échec n'empêchera toutefois pas l'élève de monter au niveau supérieur. Les épreuves existantes, qualifiées par des experts de «passoires», seront rehaussées, «notamment en orthographe».

Québec reconnaît que le soutien aux enseignants est déficient depuis les années 2000. Ainsi, il compte doubler le nombre de conseillers pédagogiques en français. «En moyenne, trois de plus par commission scolaire se consacreront exclusivement au français.» On investira pour embaucher quelques bibliothécaires supplémentaires, comme l'avait prévu un plan d'action précédent, sous Jean-Marc Fournier. Actuellement, sur tout le territoire québécois, il n'y en a que 30 pour environ 3000 écoles; une vingtaine devraient s'ajouter.

La plan d'action vise aussi à améliorer la formation des futurs professeurs. Les universités devront revoir le contenu linguistique de leurs «programmes de formation initiale». De plus, les diplômés en littérature et en linguistique, qui devaient, depuis 1994, faire trois années supplémentaires en pédagogie pour obtenir le droit d'enseigner, auront désormais accès à des «passerelles» pour pouvoir plus facilement devenir professeurs. Quant aux autres futurs enseignants, ils devront désormais, non pas être «très bons» en français, mais bien «excellents».

Les commissions scolaires, que l'opposition officielle veut abolir, sont étroitement associées à ce plan d'action. Elles devront non seulement adopter des cibles de performance des élèves en français, mais aussi une politique linguistique afin que les communications avec les parents soient exemptes de fautes. «Il me semble que c'est un minimum», a commenté la ministre. Enfin, cette dernière a souligné que le MELS déploiera des équipes dans l'ensemble du Québec pour faire en sorte «que tout cela [soit] suivi et coordonné», a-t-elle dit en spécifiant que ce n'était pas là une «police».

Accueil favorable

Le plan d'action a été accueilli de manière plutôt favorable par les syndicats et les groupes d'opposition. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) y a vu un «pas dans la bonne direction» et une série «d'intentions louables» et «méritoires». La ministre «veut plus que des mots, elle veut agir», s'est réjoui Réjean Parent, président de la CSQ. Il a souligné toutefois que les «nouveaux arrivants» ont été oubliés dans ce plan d'action. Johanne Fortier, de la FSE, a pour sa part dit qu'elle «recevait favorablement» le plan d'action, saluant précisément le révision des contenus disciplinaires de français. Elle s'est toutefois dite préoccupée par l'obligation de faire une dictée régulièrement, y voyant une menace à l'autonomie des enseignants, une critique que la Fédération autonome de l'enseignement a aussi formulée. Cette dernière, très critique envers la réforme, déplore que le plan comporte «très peu de précisions en ce qui a trait à l'évaluation des connaissances et du poids réel qu'elles représenteront dans la note finale».

Le Parti québécois a vu dans le plan Courchesne un retour «aux principes mêmes de la réforme de l'éducation», mais il estime que le gouvernement y a mis bien peu de moyens.

La conférence de presse a été retardée quelque 15 minutes parce que les journalistes présents ont fait savoir à la ministre qu'ils refusaient de travailler en présence d'une employée de Canoë dont le texte aurait pu être repris anonymement dans Le Journal de Québec, en lock-out depuis avril 2007. Devant le refus, d'une part, des journalistes de couvrir la conférence et, d'autre part, de l'employée de Canoë de quitter les lieux, la ministre a suspendu la conférence de presse. Finalement, l'employée en question ayant décidé de partir, la conférence de presse a pu avoir lieu.






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Vos réactions

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  • Sylvain Larouche
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 06h50
    Opportunisme éhonté
    « Elle est bonne celle-là... Mme la ministre souhaite donc faire en sorte que le français «devienne une priorité à l'école», et pas uniquement dans les cours de français, grâce à 22 mesures qu'elle estime «intégrées». Hum! ce n'est pas ce que prévoyait la réforme au départ ? C'est pitoyable ! Ce « Renouveau pédagogique » est devenu un enjeu politique que les politiciens utilisent sans vergogne. Il n'y a pas d'autre mot que pitoyable.

    Sylvain Larouche »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 07h04
    Et la grammaire?
    « Dans tout ce texte rempli de voeux pieux, aucun mot sur la nécessité pour les enseignants de maîtriser les règles de grammaire.Sans une conaissance appprofondie de ces règles, il est impossible d'écrire sans fautes, et impossible d'enseigner efficacement aux élèves. Beaucoup d'enseignants sont très faibles en français. Je ne les blâme pas, ils sont les victimes du laxisme dans l'enseignement de la langue qui a prévalu pendant des décennies et dont ils font maintenant les frais.

    Paul Lafrnce
    Québec »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    jeudi 7 février 2008 07h59
    L'univers dans un coin.
    « Allons-nous entendre un meilleur français dans les médias et dans l'encadrement scolaire? Est-ce que l'Office de la langue utilisera des outils pour créer un environnement français au Québec afin que nous ne puissions plus lire des fautes d'«otografs » démontrant que dans cette Province on écrit le français comme on le parle? Ça me fait penser à la médecine occidentale préférant soigner les effets plutôt que les causes. Ce ne sont qu'attitude électorale puisque pour arriver à ce défi monstre de transformer le Québec en un pays absolument « francophoniquement correct » il faudrait tout d'abord évaluer les dispensateurs et les responsables de la pédagogie de cette langue. Il faut créer un environnement stimulant et solide pour que les individus s'y retrouvent dans une langue commune et comprise par tous et toutes. Là je suis très pessimiste. Je connais beaucoup d'enseignant de la langue française et je sais que ce n'est pas avec eux que je désirerai apprendre cette langue qui n'est pas uniquement celle de Molière mais aussi la mienne et peut-être la vôtre. Puis cette belle habitude de lire que n'ont pas les enseignants à cause du fait que la langue, pour eux, c'est un calvaire, est quasiment aussi rare que de chercher de l'or ou une aiguille dans une botte de foin. Souvenons de M. De Pontchâteau à Port Royal qui écrivait au sujet de la langue qu'il n'avait rien vu de plus vaste dans l'univers et qui lui fut plus contemporain qu'un coin avec un livre. En latin, car n'oublions pas son ascétisme qui le fit mourir, ça s'écrit : « In angulo cum libro. » Un angle du réel. C'est voir aussi en coin. Les élèves vont-ils continuer à lire des romans polissons ou policiers parce qu'ils ne furent pour ainsi dire jamais mis en contact avec le coin du monde, cet angle particulier qui nous offre le monde dans la langue qui reste un univers à part entière dans un livre. On aime si peu la culture dans nos parages. Comment voulez-vous mieux parler si vous n'avez pas connaissance du parler et des subtilités dans toutes les formes possibles. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    jeudi 7 février 2008 08h21
    À lire de toute urgence.
    « Voilà ce que nous savons de la qualité professorale et des directives géniales du ministère de l'é-ducat-ion (les ducats, monnaye à l'effigie d'un Duc). C'est dans la rubrique Opinion d'aujourd'hui: "Moi, Jeanne, élève en troisième secondaire." Une élève de 15 ans qui s'aperçoit du crime car c'est un crime de pas savoir éduquer. »

  • Raphaella Robitaille
    Inscrite
    jeudi 7 février 2008 08h31
    Un retour aux sources
    « Madame la Ministre,
    J'ai pris connaissance de votre plan d'action pour l'amélioration du francais en lisant l'article d'Antoine Robitaille dans le Devoir. Au début de ma carriêre d'enseignante en 1967, le français était une priorité à l'école dans toutes les matières, même en Mathématique, je soulignais les fautes dans les travaux écrits. Je me souviens lorsque l'accent a été mis sur le français oral et que le programme cadre est arrivé, les priorités ont changé. Il fallait que l'élève apprenne à s'exprimer devant la classe et soit capable de donner son opinion, ce qui était une bonne chose en soi.Les exigences en français écrit ont commencé à diminuer.Il fallait mettre l'accent sur les idées.. , on laissait passer les fautes et l'évaluation est devenue plus globale. Les nombreux changements de méthode et l'abandon de l'enseignement systématique de la grammaire et de la syntaxe ont mené à la détéroraton que l'on connaît maintenant. Il a fallu la baisse marquée dans les concours internationaux pour que le ministère se réveille.Plusieurs intervenants en éducaton y compris les enseignants eux-mêmes n'ont pas été écoutés.On leur a imposé la réforme et on n'a pas tenu compte de leurs observations et de leur demandes. Quand les tenors politiques anciens ou pas parlent, on les écoute...mais les premiers concernés, ceux qui sont sur le terrain ne sont pas entendus.On a souvent jeté le bébé avec l'eau du bain dans le passé et on voit les résultas que cela donne.
    Je suis d'accord avec vous sur le fait qu'il faut revenir sur tous les contenus des programmes et axer l'enseignement sur les connaissances. L'évaluation devra se faire dans le même sens.Apprendre demande un effort et l'étude systématique de la grammaire devra revenir à la mode. Les enseignants doivent en effet savoir de façon précise ce que l'enfant doit maîtriser à chaque étape de son apprentissage.Les examens communs obligatoires devront être pris au sérieux. Si la promotion automatique à un niveau supérieur continue, à quoi servira les efforts soutenus ? Il faudra accepter l'échec et le redoublement.
    Le soutien aux enseignants est important mais les changements proposés devront être bien reçus par ceux-ci et on devra leur donner le droit et la possibilité d'émettre leur avis à ce sujet.
    La formation des maîtres devra être revue et corrigée.Les critères de sélection devront être rehaussés.
    En terminant Madame la Ministre, je souhaite que le retour aux sources soit bien accueilli et que les tenors du ministère de l'Educaton se souviennent que les spécialistes sont dans les écoles.Les experts ne sont pas tous dans les bureaux...
    Le français, l'âme de la nation québécoise comme vous le dites doit reprendre sa place d'honneur à l'école.
    Il est temps de répondre aux demandes des enseignants et de leur faire confiance.
    une enseignante retraitée
    Raphaëlla Robitaille »

  • andré michaud
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 08h38
    Enfin...bonne chance!
    « Je salue la volonté de la ministre de renforcer l'apprentissage du français. Il n'y a pas de méthode magique sans effort pour apprendre une langue. La lecture, la dictée et la rédaction de textes sont essentiels à mon point de vue. Il est illogique que l'on a oublié ces évidences.

    Mais les profs voudront-ils mener ce combat contre la facilité, tout en sachant garder le dynamisme nécessaire à tout pédagogue? Et la ministre reculera t'elle si le taux de diplômation baisse? »

  • Mario Tremblay
    Abonné
    jeudi 7 février 2008 08h55
    Ne pas s'inquiéter ...
    « Cette réforme-là va être implantée par les mêmes fonctionnaires et les mêmes conseillers qui ont pondu la dernière réforme. Dans 4 ans, vous lirez le document final et... vous n'y comprendrez rien! »

  • Jean-G. Lengelle
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 08h59
    Il suffisait de presque rien....
    « Que voilà donc enfin une bonne nouvelle que cette volonté du sommet de la pyramide d'imposer un minimum de rigueur pour la langue!
    Il suffisait de presque rien en effet pour corriger les effets pervers de la mise en place des programmes en éducation de 1980 par les fonctionnaires du Ministre J-Y Morin (1976-1980) et de ses successeurs.
    Car succombant au mythe généralisé de cette frénésie à vouloir faire de la communication la panacée universelle, chacun de ces programmes comportait comme objectif de réussite : Que l'élève le dise dans ses mots. Et curieusement on retrouve cette même absurdité dans les programmes actuels du secondaire (mouture 1995).
    Donc peu importe qu'il jargonne, baragouine ou gesticule, si l'élève de la maternelle à la fin du secondaire émettait quelque son ou quelque signe de compréhension on pouvait considérer qu'il rencontrait les normes du succès.
    Pas étonnant que la gangrène se soit répandue dans tout le système où sous couvert de normes de réussite du plus grand nombre la rigueur avait quitté l'école.
    La cerise sur le gâteau revient sans conteste au Ministre de l'édukation François Legault qui "communiquait" il y a quelques années en entrevue au Midi 15 de Jean Dussault:" Quand que j'chu t'arrivé au ministère....". Alors comme l'exemple vient d'en haut....
    Comment veut-on que dans ces conditions les enseignants qui entraient dans le métier n'aient pas perdu pas leurs illusions?
    Il faut reconnaître cependant que l'expression "dans tes mots" a, Dieu soit loué disparu des programmes de la "réforme"au moins pour le primaire.
    Peut-être pourrait-on profiter du besoin en conseillers pédagogiques pour s'assurer que ces personnes soient formées correctement et aient un minimum d'expérience de plusieurs années. En effet, autre aberration du système, les programmes en ortho-pédagogie pour ne citer que ceux-là sont offerts à des jeunes à la sortie du CEGEP. Ils auront pour tâche de corriger ce qu'ils ne peuvent connaître parce qu'ils ne l'auront jamais enseigné eux-mêmes. Ajouter par exemple comme condition d'admission 10 ans d'expérience en enseignement ne serait pas un luxe et leur conférerait un véritable statut de spécialiste.
    Il y a dans l'intervention de la Ministre une autre lueur d'espoir. Ce sont les "passerelles" pour les diplômés en lettres et linguistique. Souhaitons que le concept s'étende rapidement et que l'on augmente l'importance du contenu pour diminuer celle de la pédagogie jusques et y compris dans les programmes de formation des maîtres en prenant pour exemple ce qui se fait ailleurs, soit un bacc disciplinaire de 3 ans et une seule année de pédagogie par la suite pour les futurs profs du secondaire.
    Donc beaucoup de bons points à distribuer, et un en particulier pour le camarade Réjean Parent qui outre son appui à l'action fait preuve d'un remarquable sens de l'humour envers les remarques de la Ministre Jérôme-Forget à son endroit. »

  • Gilles Labelle
    Abonné
    jeudi 7 février 2008 09h16
    Bravo, Jeanne Pilote
    « Qu'une élève de 15 ans réussisse en aussi peu de mots et de manière aussi percutante (page des idées du 7 février) à faire comprendre la niaiserie que représente au Québec l'enseignement de l'histoire (entre autres) me réconforte quant à la capacité d'une partie de la jeunesse à résister au désastre que nos tartuffes pédagogues s'acharnent à provoquer depuis des années. Je vous félicite Mademoiselle, continuez, continuez à revendiquer un enseignement de qualité auprès de vos professeurs, des directions d'école, du Ministère et de toute la société. Vous redonnez espoir à ceux qui croient, comme moi, qu'il n'est pas trop tard, que le tort causé jusqu'à maintenant par les folies pédagogiques n'est pas irréparable.
    Gilles Labelle
    Professeur
    École d'Études politiques
    Université d'Ottawa »

  • Max Roujeon
    Abonné
    jeudi 7 février 2008 10h00
    Et moi qui croyais que ça ne pouvait être pire!
    « Quel exhibitionnisme de la bêtise!
    L'approche «Problème-Solution» au Québec défie toute logique! Il est vrai que nous sommes ... une société distincte, entre nous, ne nous en gaussons pas, ce n'est pas nécessairement un compliment.
    Rappelons-nous :
    Il y a quelques années, il y eut une enquête à propos de regrettables accidents causés par des autobus scolaires qui roulaient sur les enfants «qu'ils» venaient de déposer.
    Après des mois d'enquête le Coroner a tranché : si un chauffeur au volant d'un autobus roule sur un enfant qui vient d'en sortir, le responsable est... (Roulement de tambour) L'AUTOBUS!!! Donc, il faut modifier les autobus! Bingo!
    Remarquez, nulle part il n'est question que l'enfant doit attendre et regarder avant de traverser et que le chauffeur doit faire attention avant de démarrer.
    Un autre exemple : Un enfant se noie dans une petite piscine pendant que la grand'mère s'est assoupie...Tout le Québec est à l'envers!
    Que faire? Une loi pour obliger d'encercler la piscine! C'est la faute à la piscine! Re bingo! Il n'est pas question là non plus d'enseigner la prudence et la conscientisation!
    Et maintenant, il faut enseigner le français à ceux qui enseignent le français!
    Que nenni! On les dégomme s'ils n'ont pas les compétences, un point c'est tout!
    Je cite : ...«L'épreuve sera uniforme. L'échec n'empêchera toutefois pas l'élève de monter au niveau supérieur.»
    Là encore, c'est la faute à personne, on flambe 39 millions en faisant en sorte qu'ils ne changent rien ! On joue la comédie pour la galerie ! Au Québec, siège de la loi 101, il faut prioriser l'enseignement du français, hier il fallait devenir bilingue ((dixit P. Marois). Tudieu, passez-moi l'expression, mais quel merdier!
    Bref, si on identifiait la cause d'un problème, on en trouverait facilement la solution. Oui mais, on lui tourne le dos.
    Au fait, si ce plan d'action...visait plus à planter l'opposition qu'à régler quoi que ce soit, je n'en serais pas surpris outre mesure, je cite à nouveau :
    «Les commissions scolaires, que l'opposition officielle veut abolir, sont étroitement associées à ce plan d'action.»
    Bref, ne viserait-on pas plutôt à rendre encore plus difficile le «démantibulement» de ce dinosaure coûteux que sont les commissions en lui ajoutant des responsabilités insignifiantes mais populaires (ils doivent communiquer en français sans faire de fautes, c'est reconnaître leur nullité que de faire telle requête)? C'est assez grotesque que de nous prendre avec si peu de ménagements pour des andouilles, mais il y en a qui applaudissent alors...À la prochaine et bonne journée...Hum, devrais-je me relire, si jamais mon texte était truffé de fautes.... »

  • Pierre Nonnon
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 10h08
    Améliorer le français bravo, mais il faut aussi amliorer les mathématiques et les sciences
    « Nous voyons que cette décision va dans la bonne direction, seulement, pour les sciences et la technologie le problème est plus complexe et reste entier, il faut donner aux élèves un environnement d'apprentissage beaucoup plus performant que ce qui a été prévu par le MELS pour développer le raisonnement scientifique. Un environnement réel et concret qui mène vers l'abstraction et permet aux élèves de s'approprier les savoirs et savoirs faire nécessaires pour accéder à une structure de pensée formelle. Cet environnement d'expérimentation assisté par ordinateur (ExAO) est utilisé avec succès par tous nos étudiants en formation des maîtres à l'Université de Montréal depuis 15 ans, il coûte deux fois moins cher qu'un laboratoires traditionnel. Malheureusement, à leur sortie de l'Université, ces étudiants devront pratiquer dans l'environnement proposé par MÉLS qui, selon nous, est désuet et ressemble plus à une manufacture du 19ieme siècle qu'à un laboratoire de sciences et technologie. La ministre n'est pas obligée d'imposer cette solution à tous ces frileux qui ont peur de ces environnements informatisés, par contre elle devrait donner le choix aux autres, ceux qui sont formés et ceux qui voudraient se former. En éducation on semble vouloir tout uniformiser, c'est probablement une des causes du marasme actuel, on devrait favoriser les bonnes initiatives qui permettent l'émulation. Les psychopédagogues et autres gourous dogmatiques qui ont concocté cette réforme, devant les piètres résultats obtenus, devraient faire preuve de plus de modestie et laisser entrer les idées qui seraient avantageuses pour les jeunes Québécois. D'autant plus que ces idées innovantes et québécoises sont répandues partout dans le monde. En Angleterre, en Espagne, en Allemagne, en France et même chez Kadhafi en Libye, on utilise l'ExAO



    Pierre Nonnon PhD
    Professeur titulaire
    Laboratoire de robotique pédagogique
    Département de didactique
    Université de Montréal
    Tél : 514 343 72 57
    Courriel : pierre.nonnon@umontreal.ca »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 7 février 2008 11h25
    Langue maternelle et mathématiques
    « Au niveau primaire, l'essentiel est l'enseignement correct de la langue maternelle et des mathématiques. À cela se greffent des cours de culture générale comme l'histoire, la géographie.

    L'enseignement de l'anglais n'a pas sa place au primaire pour les francophones. Il est plus important à ce niveau de bien maîtriser sa langue maternelle et d'avoir une structure de pensée bien formée.

    C'est au secondaire que l'enseignement de l'anglais doit être fait, pas d'une façon homéopathique ou sur le même pied que le français, mais d'une façon sérieuse avec des cours d'anglais et non pas avec des cours en anglais, et avec des périodes d'immersion. »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    jeudi 7 février 2008 11h38
    La ministre redécouvre l'importance de la dictée !
    « La ministre de l'Éducation a annoncé hier différences mesures pour améliorer l'enseignement du français dans les écoles, notamment l'obligation pour les élèves de faire au moins une dictée par semaine.

    Mais, bon sang, sur quelle planète vivent donc les fonctionnaires du ministère de l'Éducation ? Comme si on ne savait pas déjà que cela est nécessaire à l'apprentissage de notre langue !

    On dit souvent que les jeunes ne savent pas écrire correctement, mais à qui la faute ? Voilà ce qui arrive quand on se sert d'eux comme cobayes pour essayer de nouvelles méthodes d'enseignement comme cela s'est fait, par exemple, dans les années '70.

    Il n'y a pas mille et une façons d'apprendre à écrire le français, langue qui comme l'anglais n'est pas phonéthique : il faut souvent faire des dictées pour bien connaitre l'orthographe des mots, mémoriser les règles grammaire, faire de l'analyse grammaticale et des compositions.
    C'est ainsi que je l'ai appris.

    Quand j'étais à la petite école, nous avions au moins 3 dictées par semaine ! »

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 12h02
    Un projet créatif personnel fait toute la différence...
    « Chaque élève doit apprendre à s'approprier la langue à travers la poursuite de projets créatifs très personnels et intimes. Les normes coercitives sont traumatisantes. C'est ainsi que j'ai manifesté de la résilience au secondaire. Grâce à un professeur particulièrement allumé qui, en me redonnant confiance en moi-même, a su m'insuffler une passion si durable pour la littérature qu'elle m'a sauvé la vie intellectuelle entre-temps. La clé de toute espèce de réforme, c'est donc avant tout l'assurance qu'on engage des professeurs doués tout autant d'une très grande compétence émotionnelle avec les ados problématiques que d'une compétence académique à toute épreuve.

    D'ailleurs, à ce propos-là, attention aux cordonniers mal chaussés. Les dictées sont nécessaires, surtout si elles en deviennent ludiques et non pas punitives. La marge est très mince. Épouiller quelqu'un par affection n'est pas le flageller en public. Vous serez surpris d'apprendre que le baveux qui le premier a attiré l'attention des responsables de l'émission "Tout le monde en parle" sur le corrigé fautif de la dictée de madame Courchesne, c'est probablement moi qui a réagit au quart de tout! Il manquait un bête petit S quelque part. Comment je l'ai déniché? Eh bien, en corrigeant le corrigé au moyen d'Antidote RX dont j'ai fourni le résultat aux responsables de "Tout le monde en parle". »

  • Alain Racicot
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 12h02
    Lorsque l'on enseigne en anglais dans les écoles francophones
    « Bien que toute action favorisant l'enrichissement de la langue française au Québec me semble être plus qu'une simple bonne idée, je demeure tout de même perplexe devant l'efficacité des mesures proposées. En effet, je suis présentement étudiant au collégial et certaines notes de cours incontournables, distribuées par mes professeurs dans le cadre de ma formation technique, m'ont été proposées qu'en anglais! Oui! Vous avez bien lu! Du même élan, combien d'entre nous avons entendu parler de l'anglicisation du programme d'aéronautique au Collège Édouard-Montpetit?

    Entre nous, dans une formation technique francophone, lorsque les notes de cours sont écrites en anglais, ne faut-il pas crier haut et fort au scandale? Par conséquent, n'en déplaise à la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, j'ai la forte impression qu'avant de simplement vouloir penser à améliorer la qualité de langue dans nos écoles francophones, il faut tout d'abord être en mesure d'enseigner en français! »

  • Charles Songne
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 12h21
    La grammaire surtout
    « Sans savoir des règles de grammaire, on ne peut pas bien écrire ni bien parler en français. Car la grammaire française est l'ensemble des règles de base qu'on doit savoir pour bien exprimer en français. »

  • Charles Songne
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 12h43
    La grammaire surtout
    « Sans savoir les règles de grammaire, on ne peut pas bien écrire ni bien parler en français. Car la grammaire française est l'ensemble des règles de base qu'on doit savoir pour bien exprimer en français. »

  • Régine Pierre
    Abonnée
    jeudi 7 février 2008 14h25
    Un trou béant dans le rapport Courchesne
    « En déposant ce rapport la Ministre Courchesne admet que la réforme est un échec et qu'il faut revoir l'ensemble du curriculum mais elle ne s'attarde qu'aux aspects les plus évidents pour la population. Qui ne sait pas ce qu'est une dictée? Mais qui sait ce que signifie savoir lire?

    Le problème c'est qu'elle laisse des trous béants. L'enseignement de la lecture qui aurait dû être prioritaire est totalement occulté. Pas étonnant, il n'y avait pas de spécialiste de la lecture sur le comité d'experts.

    Que vont faire les enfants qui ne savent pas lire pendant l'heure de lecture obligatoire? Sur quelle matière va-t-on prendre cette heure? Sur l'enseignement de la lecture? Autrement dit avec la proposition Courchesne on va consacrer 5 heures de moins par semaine à l'enseignement de la lecture. Mme Courchesne, s.v.p. arrêtez de faire des changements à la pièce. Les mesures que vous proposez sont pleines de bonne volonté mais certaines relèvent de l'utopie et d'une vision naïve de l'enseignement du français. Décrétez un moratoire pour que l'on repense l'ensemble de cette réforme. Les enseignants ne seront pas plus confus qu'ils ne le sont présentement et le système ne s'écroulera pas.

    Prenez modèle sur la France qui a compris qu'il fallait commencer par réformer l'enseignement de la lecture au premier cycle du primaire et que cela supposait de rejeter le modèle québécois d'enseignement de la lecture que le Ministère de l'éducation impose depuis 30 ans. Nous sommes un des rares, sinon le seul pays à l'avoir maintenu.

    Votre contre-réforme ne sera qu'un coup d'épée dans l'eau si vous ne vous attaquez pas à l'enseignement de la lecture. »

  • Christian (JA) Béliveau
    Inscrit
    vendredi 8 février 2008 17h30
    Un individu intégré dans son milieu d'abord, une ou plusieurs langues....apres Madame la Ministre.
    « Réforme scolaire ?

    Lire tous les jours, écrire une fois par semaine ca va. Notre langue c'est tres important et ce sont des moyens simples pour s'améliorer tout en etant créatif en composant des textes. Mais ce n'est pas si simple dans le milieu scolaire de tous les jours. Vous savez Mme la Ministre que l'activité physique permet de combattre le stress psychique et qu'elle a de nombreuses autres effets bénéfiques sur le santé de nos enfants. Bien dans l'école de mes enfants , ceux qui ont des difficulté d'apprentissage ou des retards de travaux doivent demeurer en classe durant les périodes de détente et de jeux des enfants pour reprendre le travail en retard. Pour un enfant etre privé d'activité physique, de récréassions et du temps libre a l'heure du diner c'est tres nuisible a la cohésion sociale a l"école de l'enfant et a sa santé. Souvent ces enfants sont volontairement peu soutenu par l'enseignant car il a peu de résultats avec le temps dont il dispose pour encadrer l'éleve en difficulté. Il y a un certain isolement de ces enfants et ca c'est inacceptable Madame. Doit-on réglementer ce type de pratique immédiatement dans nos écoles ? Doit-on etre d'avantage plus positif a l'école ? Nos plans d'action face a la langue et le rythme d'apprentissage des éléves ne doivent-ils pas aller plus loin qu'assurer la simple amélioration de la langue et viser une pleine intégratiuon et cohésion sociales de nos éleve dans lors milieux sans égards a leurs revenus et niveaux socio-économique. Le respect de l'etre humain passe avant l'apprentissage d'une ou plusieurs langues.Pourrait-on faire d'une pierre deux coups? »

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