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Les craintes de Monsieur

Jean-Robert Sansfaçon   7 février 2008  Québec
L'ancien premier ministre Jacques Parizeau a raison de s'étonner de l'absence de participation de la Caisse de dépôt et placement au capital de la Banque Nationale. Faut-il pour autant aller beaucoup plus loin au chapitre de l'interventionnisme d'État dans les affaires du Québec inc.?

M. Parizeau n'est pas le seul à se plaindre du fait que l'actuelle direction de la Caisse a convaincu le gouvernement Charest de placer le rendement au sommet de ses objectifs d'investissement: le critique du Parti québécois en matière de finances, François Legault, est aussi de cet avis.

Dans la même veine, M. Parizeau se désole d'apprendre que le Mouvement Desjardins a vendu sa participation dans la Bourse de Montréal pour agir à titre de conseiller de la Bourse de Toronto lors de la récente prise de contrôle. Où s'en va le Québec inc.?

M. Parizeau regrette le temps où le gouvernement du Québec était plus actif et constate que d'autres pays, dont certains États américains, interviennent plus que jamais pour protéger la propriété locale des entreprises. Dans certains cas, on a adopté des règles qui agissent comme une pilule empoisonnée sur l'acheteur potentiel; dans d'autres, on utilise le capital de fonds d'investissement publics comme la Caisse pour influencer les décisions ou prendre carrément le contrôle d'une entreprise.

Il serait très regrettable que la Banque Nationale fasse l'objet d'une acquisition par des intérêts étrangers. La question qui se pose est cependant de savoir si une intervention massive de la Caisse de dépôt pour bloquer une telle transaction serait quant à elle souhaitable.

Peut-être pas, car il est loin d'avoir été démontré qu'une intervention télécommandée par le pouvoir politique a les bénéfices escomptés sur le développement économique. Dans bien des cas, de telles interventions se sont révélées coûteuses pour les déposants, sans apporter quelque avantage que ce soit à long terme. L'achat de Provigo par la Caisse en est un bel exemple.

En Norvège, petit pays de moins de cinq millions d'habitants, l'État a créé un fonds de revenus pétroliers dont la valeur atteint maintenant les 370 milliards de dollars, soit une fois et demie l'actif de notre Caisse de dépôt. Or, afin d'éviter tout effet pervers sur l'économie nationale, il est interdit aux gestionnaires de ce fonds d'investir un sou à l'intérieur du pays...

Le Québec n'est pas la Norvège, deuxième pays au monde en matière de revenus par habitant. Mais compte tenu du vieillissement rapide de notre population, il est impossible d'oublier que les principaux déposants à la Caisse sont les régimes de retraite des Québécois, dont on parle encore d'augmenter les cotisations pour cause de rendements anticipés insuffisants. Pensons-y bien avant d'exiger de la Caisse qu'elle relègue le rendement de ses investissements au second plan afin de répondre en priorité aux exigences dictées par les convictions politiques du gouvernement du moment.






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  • Laurent Viau
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 05h09
    Corriger le tir
    « La question n'est pas de savoir s'il faut intervenir ou non dans l'économie pour appuyer le Québec Inc ou pour favoriser les intérêts québécois, c'est plutôt de savoir comment. Je pense que les propos de monsieur Parizeau ont mal été interprétés récemment. Il ne s'agit pas pour la CDP d'acheter la Banque Nationale ou quelque compagnie que ce soit pour éviter qu'elle ne tombe sous contrôle étranger, mais plutôt de s'assurer une part substantielle dans les entreprises stratégiquement importantes pour le Québec. Cette façon de faire permet à la fois de nommer des administrateurs ayant à coeur les intérêts du Québec à long terme avant ceux du profit immédiat et permet aussi de s'assurer le développement des entreprises québécoises et la création d'emplois chez nous. Il me semble que les actionnaires de la CDP, les québécois seront gagnants s'ils sont plus nombreux à cotiser étant donner qu'ils ont des emplois et des salaires de qualité plutôt que de laisser des industries clefs quitter le Québec et ses régions. »

  • Jean Laporte
    Abonné
    jeudi 7 février 2008 07h09
    Québec n'est pas la Norvège
    « Même avec la non-ingérence la Caisse avec les papiers commerciaux va subir la pire perte de son histoire. Tandis que l'achat de Vidéotron sera bientôt rentable et à conserver une pièce maitresse de notre ddévelopment future. »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 07h10
    La stratégie d'état.
    « De quoi parle t on au juste: De STRATÉGIE D'ÉTAT. M.Parizeau, lui sait ce que cela veut dire. C,est bien lui qui a fait le plan d'affaire de la Révolution tranquille qui nous a donné entre autre Hydro Qc et La Caisse de dépôt (plus de 200 milliards d actif et 300 G sous gestion).M Parizeau nous a démontrer il y a 40 ans un constat géopolitique: Seul l'état agit avec envergure. Ce qui explique le succès de la Norvège avec son fond pétrolier: La stratégie d'état. L État a établi une stratégie d'envergure pour L' exploitation de son pétrole et il tire 70% de prise sur leur pétrole, en comparaison l'Alberta (sans stratégie d'état) tire 50%. Pourquoi les pays d Europe du Nord sont les plus performant au monde en terme de création et distribution de richesse, Chacun de ces pays est un état optimal, alors que le Québec, qui a tous les caractéristiques de ces état, traine la patte. Le Québec est un demi état qui envois la moitié de son argent à un autre état pour qu il vienne envahir ses compétence. Essayer d'imaginer une stratégie d'envergure dans ces circonstances. Ajouter à cela le fait que l'état du Québec est maintenant diriger par une clique de petits provinciaux sans envergure qui ont permit à leur petits amis de squatter l 'état et vous comprendrai les "craintes de Monsieur". Ce qui nous manque le plus maintenant c'est l'envergure. Sur la comparaison entre un demi état et un état optimal: Le Québec vs la Suède(http://www.vigile.net/Oui-mais-a-deux-conditions-l). Et. en foresterie Québec vs la Finlande (http://www.vigile.net/Foresterie-la-Finlande-un-modele)
    Jean Claude Pomerleau »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 7 février 2008 07h58
    Conclusion ? ? ?
    « Très bonne analyse mais, à la fin, on le sait pas plus si notre Caisse de dépôt doit investir ou non dans la Banque Nationale. On va attendre l'avis de Monsieur. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    jeudi 7 février 2008 08h46
    Et les caisses Desjardins ???
    « À ce que je sache, le mouvemnent Desjardins utilise les services de cette banque et que leurs comptes sont là...

    Pourquoi faut-il utiliser la caisse de dépôt exclusivement pour garder cette institution bancaire au Québec ? Le mouvement Desjardins pourrait faire sa part en achetant un bloc d'actions de cette banque surtout que le mouvement Desjardins a des porte-feuilles de placements eux aussi qui sont importants.

    Quand à la théorie de Keynes de l'interventionnisme de l'État dont Monsioeur Parizeau est un fier partisan, dans le contexte actuel de la mondis<alisation, une participoation variée est de mise. La libre économie est meilleure que l'État intervient pour sauver certaines entreprises. Le passé est pavé d'erreurs coûteuses tel : Asbestos, Québec Air, Tricofil et même GM où le gouvernement a donné 800 millions pour les garder au Québec. Que reste t'il ??? »

  • Jean-Michel Carrier
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 09h52
    Une caisse de retraite bon sang!
    « Voici un extrait de la mission de la Caisse :"Les déposants ont un objectif commun : faire fructifier l'argent que leur versent leurs cotisants afin de répondre à des besoins futurs - par exemple payer des rentes de retraite ou des indemnisations en cas d'accident."
    Au nombre des déposants, on remarquera: RRQ, RREGOP, CCQ (voir la liste: http://www.lacaisse.com/Profile/ListeDeposants.aspx).
    Je ne crois pas qu'aucun de ces déposants puissent se permettre de courir le risque de faire fructifier ses avoirs selon des priorités fixées par des politiciens. Cela reviendrait à courir le risque que le rendement sur ses placements ne soit pas convenable, empêchant ainsi aux déposants d'offrir à leurs cotisants les prestations promises, qui généralement sont des prestations prédéterminées... En cas de rendements insuffisants, le déposant doit augmenter les contibutions des cotisants s'il veut pouvoir leur verser la rente promise. Autrement dit: voulez-vous que, dans le contexte actuel du déclin démographique, du sous-financement de l'éducation et du système de santé, l'on prenne le risque d'avoir une masse de retraité qui n'aurait pas autant d'argent que prévu??!
    D'ailleurs, tant qu'à faire de l'investissement socialement responsable, pourquoi investir dans la Banque Nationale qui elle-même prend des risques indus dans les papiers commerciaux et ne désire pas se forcer à admettre des femmes à son conseil d'administration... Bref, on a déjà vu mieux comme citoyen corporatif.
    De plus, je crois qu'il s'agirait là plutôt du mandat de la SGF, dont le site internet nous apprend que: « Notre mission est de réaliser des projets de développement économique, notamment dans le secteur industriel, en collaboration avec des partenaires et à des conditions de rentabilité normales, conformément à la politique de développement économique du gouvernement du Québec. » Mais la SGF a des problèmes à répétition quant aux rendements qu'elle dégage alors Parizeau s'en prend à la Caisse qui, elle, aurait, selon lui, les reins assez solides. Bref, où sont nos priorités? »

  • Michel Chayer
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 10h04
    La nouvelle Norvège
    « Je suis la nouvelle Norvège
    D'où les capitaux s'en sont allés.

    -d'après Nelligan »

  • Gagnon Marc
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 10h11
    Les craintes de M. Jean-Robert SansFaçon
    « J'ai bien aimé les propos de M. Parizeau lorsqu'il exposat la semaine dernière ses critiques à l'égard de la Caisse de Dépôt. Mais après avoir lu votre article, je suis parfaitement d'accord avec ses craintes. Comme M. Parizeau je crois que la Caisse de Dépôt tout comme la Caisse Desjardins et la Banque Nationale devraient prendre une participation dans la nouvelle bourse de Toronto au prorata des populations respectives de l'Ontario et du Québec. »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 7 février 2008 10h14
    Le merveilleux monde du capitalisme
    « L'analyse de Monsieur Sansfaçon est brillante, à condition bien sûr de ne pas remettre en question le capitalisme qui sous-tend les problèmes qu'elle tente d'expliquer. Dans le merveilleux monde du capitalisme, les forces du marché doivent primer en tout et partout. Les États dits souverains n'ont qu'à se mettre à leur service sans trop rechigner. Comme le souligne Laurent Viau, un semblant d'État comme le Québec ne doit même pas y penser. « I don't like it », a dit monsieur Bachand, parlant de l'obligation du gouvernement du Québec d'aller en soumission pour la construction de nouveaux wagons pour le métro de Montréal. Mais c'est le plus loin que cet ex-péquiste peut aller. »

  • Bernard St-Amour
    Abonné
    jeudi 7 février 2008 14h12
    Norvège hydraulique
    « Nous n'avons pas le pétrole de la Norvège mais nous avons un autre pactole, renouvelable celui-là: l'hydroélectricité, qui a dans notre bilan énergétique une importance unique dans le monde industriel. Il n'y a que là que nous pouvons puiser pour nous constituer un fonds patrimonial équivalant à ceux de la Norvège ou de l'Alberta. On a déjà commencé à le faire timidement, mais il faut être sérieux dans cette entreprise, vitale pour notre avenir, et appuyer sur l'accélérateur au plus vite; ce qui suppose de hausser rapidement nos tarifs d'électricité(sauf l'actuel tarif domestique réduit d'Hydro-Québec pour les 30 premiers kwh par jour) au niveau de ceux du marché nord-américain.
    Il serait ainsi en outre aussi rentable chez nous qu'ailleurs d'économiser l'électricité et nos surplus disponibles pour l'exportation en seraient augmentés, doublant le gain pour notre fonds patrimonial et permettant du même coup à nos voisins de diminuer les émissions polluantes de leurs centrales thermiques. Nous éviterions des hausses de cotisations au RRQ à nos seuls travailleurs actuels en répartissant le poids de ce défi collectif sur l'ensemble de la société québécoise, entreprises incluses; nous nous libérerions de notre dette publique comme les Albertains et nous pourrions engranger les surplus comme les Norvégiens, au lieu de continuer à dilapider stupidement notre "pétrole blanc"... comme les Arabes leur "or noir".
    Il est vrai que nos millionnaires ne pourraient plus ainsi chauffer leurs piscines et climatiser leurs résidences à rabais, mais c'est un "sacrifice" que nous devrions être prêts à faire! »

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 14h44
    L'usure mondialisée, oui!
    « À les entendre, il n'y aurait plus de souverain en ce bas monde que les transnationales trop souvent sociopathologiques au royaume planétaire du Capital apatride ! Bravo ! Les nouveaux souverains du monde sont aussi nomades que leurs fonds! »

  • Réjean Grenier
    Abonné
    jeudi 7 février 2008 15h18
    Sauver la Nationale et vite!
    « Que je sache, les profit de la Banque Nationale font l'envie
    des Américains. Alors, si c'est bon pour eux c'est bon pour nous. Alors donc, s'il faut bloquer la main mise sur la Nationale par l'achat de d'actions par la Caisse de Dépôt,
    allons-y gaiement. La Caisse possède des actions dans 50 banques à travers le monde et rien ni personne ne convaincra
    qui ce serait un mauvais risque de sauvegarder la Nationale.
    La seule banque appartenant aux québécois francophone.
    Et, s'il vous plaît, laissez nous tranquille avec vos boiteuses comparaisons inexpliquées avec d'autres pays
    Européens comme la Norvège.
    Réjean Grenier »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 7 février 2008 19h48
    70 millions dans Bre-X
    « On avait demandé à Nadeau (qu'on voit régulièrement à la tivi) pourquoi la Caisse avait investi 70 millions dans une cochonnerie comme Bre-X? "Ben on avait pas le choix, avait dit l'ancien vp, Bre-X faisait partie du TSE300 et on devait suivre l'indice"!!!! »

  • Gilles Néron
    Abonné
    mercredi 13 février 2008 09h01
    Leçon d'histoire économique
    « M. Sansfaçon,
    Merci pour avoir suscité une belle petite leçon d'histoire économique du Québec de la part de notre grand administrateur en finances , soit M. Parizeau. Il est cependant malheureux qui soit dû à votre ignorance et aussi un peu à une tentation d'arrogance.
    Gilles Néron »

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