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Les allophones boudent le français

Le tiers des nouveaux arrivants refusent les cours offerts par Québec

Robert Dutrisac   1 février 2008  Québec
Québec — Entre 30 % et 40 % des immigrants qui n'ont aucune connaissance du français en arrivant au Québec lèvent le nez sur les cours de français qui leur sont offerts. Tout indique que bon nombre de ces immigrants qui évitent les classes de francisation se trouvent rapidement du travail en anglais dans la grande région de Montréal.

Au ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles (MICC), on admet que, bien que des cours de français soient offerts gratuitement, dans les mois qui suivent leur arrivée, à tous les immigrants qui ne connaissent pas le français, jusqu'à 30 % d'entre eux ne se prévalent pas de ce service. Mais, selon Luc Perron, président du Syndicat des professeurs de l'État du Québec (SPEQ), qui représente les 400 professeurs de français du MICC, c'est plutôt 40 % des immigrants incapables de s'exprimer en français qui se passent de cet apprentissage. «Cette information que je juge plus crédible vient de gestionnaires du ministère qui ont pris leur retraite et qui nous parlent un peu plus», a indiqué Luc Perron.

Selon les dernières données du MICC, 42 % des immigrants qui sont arrivés au Québec en 2006 n'avaient aucune connaissance du français, soit quelque 19 000 des 45 000 nouveaux arrivants de l'étranger cette année. Un peu moins de la moitié de ces 19 000 immigrants connaissaient l'anglais.

La plupart de ces immigrants ont droit à des cours de français à temps plein (30 heures par semaine) d'une durée totale de 33 semaines. Ces cours sont répartis en trois blocs de 11 semaines correspondant à autant de niveaux de formation. Bon an, mal an, quelque 10 000 nouveaux arrivants s'y inscrivent, ce qui donne droit à une prime de participation en sus de l'aide sociale, à une carte de transports en commun et à des services de garde.

Le MICC offre également des cours à temps partiel que suivent aussi 10 000 immigrants. Comme les cours à temps plein, ils sont dispensés dans les cégeps et les universités par les professeurs du MICC. Mais les cours à temps partiel sont aussi donnés dans des locaux d'organismes communautaires voués à l'intégration des immigrants, organismes qui s'occupent de leur recrutement.

Non seulement un fort pourcentage des nouveaux immigrants incapables de parler le français échappent à la francisation, mais plus du tiers des étudiants à temps plein abandonnent les cours avant de compléter les trois niveaux de formation, a précisé le porte-parole du MICC, Claude Fradette. La première raison qui explique ces abandons, c'est que l'immigrant a trouvé du travail, a-t-il précisé. Un certain nombre d'entre eux poursuivront leur apprentissage à temps partiel. D'autres retournent aux études au cégep ou à l'université. Enfin, un immigrant qui accepte de parrainer des membres de sa famille est obligé de détenir un emploi: il doit donc quitter les cours de francisation à temps plein.

Selon Marie McAndrew, titulaire de la chaire en relations ethniques à l'Université de Montréal, les immigrants qui ne connaissent ni le français ni l'anglais auraient tendance à s'inscrire aux cours de français, «parce que c'est plus facile, c'est gratuit et il y a des cours partout». C'est l'immigrant qui parle anglais, que ce soit sa langue maternelle ou non, qui choisirait de se passer des cours de français. À Montréal, «ils peuvent survivre dans leur petit ghetto ethnique», a-t-elle souligné.

«C'est une de mes hypothèses: ces immigrants qui ne connaissent pas le français expliqueraient en partie l'impression qu'on a parfois à Montréal d'entendre plus souvent parler anglais», estime Mme McAndrew.

À Québec, où la présence de l'anglais est presque nulle, il est rare qu'un immigrant qui ne connaît pas le français ne saute pas sur l'occasion d'apprendre la langue de la terre d'accueil aux frais de l'État. «Les gens sont impatients de commencer leur cours», a constaté Dominique Lachance, du Centre multiethnique de Québec. Il semble bien que c'est à Montréal, et peut-être aussi dans la région de Gatineau, qu'une proportion importante des immigrants, qui jugent qu'ils peuvent très bien se passer du français, boude les classes de francisation.

Le MICC n'a aucune donnée sûre à ce sujet. Il ne connaît pas le profil des immigrants qui assistent aux cours ni celui des nouveaux arrivants qui s'en passent. «Pour avoir des données du ministère, c'est la croix et la bannière. On est jaloux [de l'information], on est craintifs, on a peur», a fait observer le démographe Michel Paillé, qui fut longtemps au Conseil de la langue française puis à l'Office québécois de la langue française.

Selon Anaite Aleksanian, du Centre pour les immigrants de Bordeaux-Cartierville, s'ils ne parlent qu'anglais, les immigrants ne peuvent pas trouver des emplois à compétence élevée. «Ce n'est pas vrai que les immigrants ne parlent pas français, a-t-elle dit. Mais il faut être bilingue, il ne faut pas le cacher.»

Le chercheur Jean Renaud a souligné pour sa part que la proportion des immigrants qui travaillent en français au Québec s'est inversée depuis 1968: elle est de 60 %, contre 30 % pour l'anglais et 10 % pour les autres langues. C'est une tendance qui pourrait même se renforcer, croit-il.

Les délais d'attente pour l'obtention d'une place à ces cours peuvent aussi contribuer au fait qu'un certain nombre d'immigrants ne les suivent pas. «Il n'y a pas de listes d'attente», a soutenu hier la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James. De fait, il y a déjà eu une liste d'attente qui dépassait les 5000 personnes en 2004-05, quand la ministre de l'époque, Michelle Courchesne, a effectué une coupe de huit millions, en regard d'un budget annuel de 45 millions, dans le budget de la francisation des immigrants. Le nombre de classes ouvertes simultanément fut réduit de 195 à 175, a rappelé Luc Perron. Mais le gouvernement Charest fut forcé de réinjecter des fonds avant même la fin de l'exercice afin de remédier à la situation qu'il avait créée.

Après un délai d'admissibilité d'au plus 20 jours, le délai d'attente est d'au plus 65 jours dans 76 % des cas, peut-on lire dans le rapport de gestion du MICC. Cela fait tout près de trois mois. En sus des 20 jours, le délai d'attente moyen est de 45 jours, ajoute-t-on.

Aujourd'hui, la liste d'attente, que la ministre qualifie d'inexistante, serait de 1000 personnes pour les cours à temps plein, selon le MICC. Ce serait un nombre normal compte tenu que les cours durent 11 semaines et qu'il faut attendre la fin de leur cycle pour pouvoir en profiter. Les immigrants peuvent compter sur un total de 205 classes, un nombre qui sera prochainement porté à 220, a indiqué le porte-parole du MICC. On ne dessert pas plus d'immigrants que par les années passées: toujours ces quelque 10 000 étudiants à temps plein et les 10 000 à temps partiel. Claude Fradette a expliqué qu'on a ouvert davantage de classes réduites — 13 étudiants au lieu de 19 — afin d'accommoder un plus grand nombre d'immigrants moins instruits, souvent analphabètes. Le budget voué à la francisation augmente de 4,5 millions cette année, pour atteindre 51 millions.

C'est en «parquant» les immigrants dans les classes à temps partiel qu'on arrive à réduire la liste d'attente pour les cours à temps plein. «Ils ne tiennent plus de liste d'attente. Ils disent aux gens de rappeler», a fait remarquer Stephan Reichold, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes.
 
 
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  • Charles-O Roy
    Abonné
    vendredi 1 février 2008 01h23
    Parquer les immigrants
    C'est la méthode des listes d'attentes de Couillard qui se propage au MICC. Parquons les sujets à des endroits que l'on ne comptabilisera pas. Tout va bien madamme la marquise.

    Ahh misère...

  • Esseghir Amine
    Inscrit
    vendredi 1 février 2008 04h57
    Le Québec boude les francophones
    Quand on voit les difficultés rencontrées par les candidats francophones à l'immigration au Québec (je parle essentiellement des Algériens et des Marocains). Délais de traîtements des candidatures humainement inacceptables, conditions de qualifications qui ne garantissent pas d'emploi à la mesure des compétences, multiplication des étapes de sélection et des frais on en arrive à se demander si à Montréal on n'est pas un peu masochiste.

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 1 février 2008 07h21
    "un plus grand nombre d'immigrants moins instruits, souvent analphabètes"
    Quoi? On accueille des immigrants analphabètes?
    Alors qu'on nous dit que les immigrants sont triés sur le volet;
    Alors qu'on nous dit que les immigrants viennent enrichir le Québec;
    Alors qu'on nous dit qu'on vit à l'heure de la mondialisation et que c'est l'instruction qui est à la base de l'enrichissement d'un pays, le Québec accueille un "plus grand nombre d'immigrants moins instruits, souvent analphabètes"

    -------
    Hier à TVA on nous montrait la Maison des jeunes à Cote-des-Neiges. Que des enfants noirs dans la maison. Sur le mur principal du salon, un gros drapeau du Canada. En-dessous, une photo de Guevara, le Ben Laden des années 60. Welcome in Canada.

  • Nelson Doucet
    Abonné
    vendredi 1 février 2008 07h22
    La francisation dans les commissions scolaires
    Et pourtant, les commissions scolaires de l'île de Montréal et d'autres régions dont le rôle est méconnu francisent des milliers d'adultes et d'enfants. Des chiffres à ajouter certainement au portrait et qui en étonnerait plusieurs.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 1 février 2008 07h45
    Québec contre Montréal...encore
    Comme le disait M. Johnny Charest, il n'y a pas de problèmes là et on va accélérer l'immigration à 50 000 chanceux par année qui vont bien se débrouiller en français ou, de préférence, en anglais pour mieux trouver du travail, à Montréal mais pas à Québec qui est full-francophone encore. So what ? Est-ce qu'il y a un problème à Québec ? No !

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 1 février 2008 08h22
    Allo...
    Il y a beaucoup de personnes qui me parlent en anglais alors qu'elles sont québécoises dites de "souche". On ne peut savoir si la personne parlant en anglais n'est pas comme moi, un français. Faut-il poser la question à chaque fois ou écouter les accents charmants à travers l'expression de la belle langue anglaise? La dernière fois, un groupe (non une "gang") de personnes parlait tout en anglais alors qu'elles étaient toutes québécoise sauf une (qui s'est exprimé en français à un moment donné). Bizzinesse, money c'est en anglais pas en français à ce qu'il me semble. À côté, un couple parlait en français et avait de la gène à discuter avec la serveuse anglophone qui se débrouillait très bien dans notre langue pourtant. Il est vrai que ce couple était français de France et non du Québec. Les statistiques et les réfléxions qu'on lit ne correspondent pas nécessairement à la réalité.

  • Wabush
    Abonnée
    vendredi 1 février 2008 08h57
    La solution est tellement simple
    La solution est d'une simplicité désarmante : il faut rendre la fréquentation des cours de français obligatoire pour les nouveaux arrivants. La SEULE langue officielle au Québec est le français, une langue en danger de disparition en Amérique (nous somme seulement 3 %). Les immigrants pourront ainsi s'intégrer à la société québécoise, ils seront plus heureux... et nous aussi. Il faut rendre la fréquentation du cégep en français obligatoire aussi pour les nouveaux venus. Il suffit d'avoir la fierté de sa langue et de se tenir debout au Québec.

    Sylvie Brousseau, Île d'Orléans, Québécoise, francophone et extrêmement fière de sa langue, mais bilingue aussi

  • william morris
    Abonné
    vendredi 1 février 2008 09h06
    Laxisme partout !
    Bonjour,

    La francisation des immigrants devrait être une obligation lourde pour les gouvernements du Québec.

    On dit de belles paroles, mais il faudrait trouver un moyen légalement acceptable, de rendre les cours de français obligatoires pour les immigrants ne parlant pas le français.

    Le français a commencé à mourir au Québec. Il faudrait s'attaquer avec la rage de gagner au défi de la francisation. Au lieu, on s'en occupe mollo mollo. Mais comme on va recevoir plus d'immigrants, il faudrait augmenter l'offre de cours de français et les rendre ogligatoires.

    À force de dire <<ce n'est pas très grave, leurs enfants apprendront le français>>, on fait le minimum à ce chapitre.

    Qu'en pensez-vous ?

    William Morris
    www.lemont.canalblog.com

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    vendredi 1 février 2008 09h40
    Pertinent Esseghir Amine
    Comme le déplore monsieur Esseghir Amine, les africains du nord et tant d'autres de l'Afrique, pensons ici au Congo, à feu et à sang, seraient des immigrants déjà francisés à qui l'on pourrait, au lieu des cours d'anglais, compléter une formation exclusivement française pour mieux les intégrer au marché du travail. Pourquoi exclusivement en français? Parce que j'ai parrainé un Zaïrois de l'époque de Mobutu et que celui-ci, après avoir terminé ses HEC, a dû s'expatrier dans l'ouest (avec femme et, maintenant, 4 enfants) car il n'était pas bilingue!!!
    Avec la bénédiction du PQ ! Que fait le Bloc à Ottawa pour défendre les droits FOQ pour enfin les inviter à revenir au Québec bilingues?

    Claude L'Heureux, Québec

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    vendredi 1 février 2008 09h54
    Lire et parler.
    Une prime pour participation aux cours de français en plus de
    l'aide sociale, une carte de transport en commun et un service de garde.

    Leur fournit-on les crêpes au sucre d'érable et leur breuvage préféré ? Non ! Alors, il faut le faire !

    Ils sont bien accueillis par l'État. Pourquoi ne pas recevoir un salaire pour les parrainer ? Prime en sus de votre salaire, carte de transport en commun, et un service de garde pour enfants et les animaux.

    On les amène partout, en région voir du québécois aéré, sur le bord du fleuve de la Côte-Nord , tout le long de nos frontières en saluant nos voisins en français.

    On revient à Montréal, on les lâche " lousses " dans l'ouest de la ville. Ils vont nous franciser cela plus vite que nous. Ils se sentiront bien , ils auront également l'ultime plaisir de créer l'environnement de leur nouveau pays.

    Le rêve québécois ! Des millions de personnes voudraient s'établir ici.


    Des immigrants analphabètes ??? Donne-t-on le même service à nos moins instruits déjà là ?

    Et toujours cet éternel silence de la part des employés de l'État, retraités ou en place. On est craintif, on a peur !!!


    Il n'y a pas grand place pour la liberté de pensée quand la personne a peur de perdre son job ou sa retraite payée.

    La parole est une vibration. Elle libère en créant.
    Ne pourrait-on être payé pour les parrainer eux itou ? Les amener avec les immigrants faire le tour de nos érablières ?

    Difficile de changer d'ère ?

    Valdor Lagacé-Gallant

  • andré michaud
    Inscrit
    vendredi 1 février 2008 09h58
    Pitié pour les immigrants
    Je trouve que l'on est bien sévère envers les immigrants qui ne parlent pas français. Avez-vous pensé à vous mettre dans leur peau quelques minutes?

    Imaginez-vous que pour une raison quelconque vous allez vivre au Portugal.
    Vous prenez des cours de portugais et vous avez relativement de bons résultats. Vous lisez des livres et revue en portuguais que vous comprenez très très bien. Vous allez donc au Portugal et dès vos premières occasions de parler la langue, vous vous appercevez que vous ne comprenez pas LA MOITIÉ des mots que les portuguais utilisent!! Quand vous cherchez dans votre dictionnaire , vous ne trouvez pas les mots que vous entendez!!! Diable!

    Vous finissez par rencontrer un portuguais qui parle comme vous l'avez appris, et celui ci vous explique que en effet la moitié de mots utilisés par les portugais en général ne sont pas dans les dictionnaires....Si la moitié des mots utilisés ne sont pas dans la langue officielle qu'est le portuguais, peut-on encore appeler ça du portuguais? Ou un dialecte dérivé du portuguais qui pour des raisons historiques est devenu la norme, même si on enseigne encore officiellement la langue officielle dans les écoles.?

    Imaginez maintenant un immigrant nous entendant parler. Quand il entend des
    phrases comme « oussé kalé » et qu'il cherche dans tous les dictionnaires pour ne ..rien trouver, il est tout mêlé. Et quand on lui dit que c'est la version québécoise de « ou est-elle », il réalise que les québecois ne parlent pas vraiment le « français » et que aucun
    livre ne peut leur apprendre le québécois!!! L'humoriste « Mbhara » a pris des mois à nous comprendre lorsqu'il est arrivé du Rouanda ou l'on parle le vrai français.

    Pour que les immigrants parlent le québécois, il faudrait leur apprendre le québécois. Leur dire que nous écrivons et lisons en français, mais parlons en québécois.
    Il faudrait leur montrer ET le français, ET la langue parlée québécoise qui est totalement différente et n'est référenciée dans aucun volume!!!

    Quand l'immigrant apprends aussi l'anglais, il réalise que la langue parlée est elle presque pareille à celle écrite. De plus l'anglais est une langue permettant de communiquer avec plus de gens à travers le monde. Alors le choix devient clair entre apprendre l'anglais et apprendre le francais écrit ET le québecois parlé que PERSONNE n'enseigne et qui est sous-titrée dans la francophonie.

    Si on veut que les immigrés apprennent notre langue, il faut en plus de leur enseigner le français (notre langue écrite), leur enseigner le québécois( notre langue parlée.). Car, soyons réalistes, les québécois ne parleront jamais français. et nos films continueront d'être sous-titrés dans la francophonie. Seuls ceux qui ont appris le québécois peuvent nous comprendre. On devrait donc informer les immigrés que si ils veulent s'assimiler aux québécois, ils devront étudier le français à l'école mais aussi apprendre notre langue parlée « le québécois » et que cet apprentissage ne sera appuyé par aucun livre ou théorie.

    Ce fut facile pour nous qui furent élevé en parlant québecois, mais ayons pitié des pauvres immigrants qui ne peuvent toujours deviner notre langue parlée et qui n'ont aucun manuel pour les aider à comprendre tous ces « kessé qui fait », « oussé kalé »....
    qui forment 50% de notre langue parlée.

  • Christian Tallon
    Inscrit
    vendredi 1 février 2008 10h07
    Liberté n'est pas laxisme
    e n'est pas une atteinte aux droits de la personne que d'exiger qu'ils suivent des cours de français si ceux-ci sont gratuits. C'est au contraire une aide à l'intégration dans le pays d'accueil. Trop de liberté est contre la liberté. L'objectif n°1 du pays d'accueil est que le migrant se sente bien dans son nouveau pays. En retour, le migrant ne doit pas déséquilibrer de fragiles équilibres linguistiques. Il doit en être informé et ceci doit être une condition sine qua non. Sinon, l'immigration est une très mauvaise affaire.

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 1 février 2008 10h15
    Quand on veut être respecté...
    À l'heure où le Québec se prépare à écouter le "Superbowl" etr les pubs américaines, le sujet est à contre sens.
    Quand on veut être respecté, on fait pour l'être. Or, force m'est de constater le piètre état de notre langue parlée et écrite même en France.

    Je lisait récemment le scandale financier du u courtier en valeurs mobilières qui avait dilapidé 7 milliards d'euros. Or, dans les journaux français on parlait du "Trader" expression ayant cours à Wall Street. Comment faire respecter notre langue dans ce contexte quand les français se gargarisent de mots américains à la tonne?

    Ici, les nouvelles générations ont été élevées avec un ordinateur entre les mains. Un langue codé est vite apparu et dépasse la frontière des langues actuellement. Aujourd'hui, il y a une caricature dans le Jopurnal de Québec pour commenter la d.écision de la Maison Tanguay de se modernise. Nous ne la visiterons plus seuelement que sur intyernet. Alors regardons le dialogue di père qui ne comprend rien à l'ordinateur et soin fils: Le père demande :« je veux juste voir la Maison Tanguay» et le fils répons: « C,est simople "pa". Faut que tu "upload" les "drivers" et que tu "refresh" ton "browser".

    C'est très français, hein !!! La mondialisation c'est ca, L,internet a adopté l'anglais comme base de travail international et les jeunes qui devienent des crack parlent moitié francais, moitié anglais. Ils ont mêm un language d'abréviations sur le web pour converser. De quoi faire frémir nos linguistes...

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    vendredi 1 février 2008 12h02
    Des cours d'anglais, SVP!
    Dans cette guéguerre linguistique perdue d'avance (à moins de fermer les vannes de l'immigration assimilatrice à l'envers), on oublie les immigrants venus de l'intérieur, du Québec profond, qui arrivent à Montréal unilingues français. Ceux-là auraient un urgent besoin de cours d'intégration linguistique à la vraie réalité anglophone du marché du travail montréalais : le bilinguisme est aussi sinon plus important qu'un diplôme universitaire!

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    vendredi 1 février 2008 14h16
    "Première priorité"= le boulot
    Pour parodier certains politiciens, je dirai que la "première priorité" de l'immigrant est de travailler pour faire vivre sa famille.

    Voilà donc que Mamadou se lèvera à 5h00 du matin pour être à l'usine de 7h00 à 16h00. Il filera ensuite rapidement à son deuxième job (restaurant) qui l'occupera de 17h00 à 23h00. De retour chez lui à minuit, il se lavera et mangera rapidement, embrassera ses enfants -au lit depuis longtemps- avant de dormir un bon quatre heures. Et la roue tournera ainsi encore, jour après jour.

    Vous voulez qu'ils suive ses cours de français la nuit?

    Métro-boulot-dodo ou: la vie rêvée de Mamadou.

    P.S. Mamadou parle 7 langues; il a appris le français sur le tas. Ses enfants vont à l'école française et le parlent à la perfection avec un accent européen en prime.

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    vendredi 1 février 2008 14h35
    La vie rêvée de Mamadou (fin)
    Depuis son arrivée au Québec, Mamadou a toujours travaillé dans des entreprises dirigées par d'autre immigrants: restaurants grecs, paysagistes portugais ou italiens, chefs d'entreprises juifs, entrepôt propriété d'Arabes, poissonnerie asiatique et finalement, le jackpot, il est maintenant dans la construction depuis quatre ans et son patron est Italien.

    Oups... c'est vrai, j'oubliais. Il a travaillé dans une bonne entreprise dont l'employeur était un pure-laine. Congédié sans raison apparente au bout d'une semaine. Probablement qu'un nouère ça fittait pas dans les plans de la compagnie racialement pure-pure-pure.

    Quand les francophones de souche emploieront naturellement des travailleurs issus de l'immigration, vous verrez que ces derniers colleront à notre culture comme la mouche au miel. Après les enfants de la loi 101, on aura les travailleurs 101. Ça vaut bien des cours de français ça, monsieur!

  • Louis Royer
    Abonné
    vendredi 1 février 2008 14h41
    Il manque une loi
    Les cours de français aux immigrants devraient tout simplement être obligatoires... !

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 1 février 2008 14h57
    32,000$ pour les anglos à Québec...
    Le PARI (Programme d'actions régionales en immigration) vient d'accorder une subvention de 32,000$ à Voice of English-speaking Québec pour une "étude sur les facteurs de recrutement et de rétention des immigrants et arrivants anglophones et allophones" à Québec

    ---------

    @ Marie Laurier: Mamadou a toujours travaillé pour des Grecs, des Portugais, des Italiens, des Juifs, des Arabes et des Asiatiques, mais IL N'A JAMAIS ÉTÉ CONGÉDIÉ!!!! Seule, la seule entreprise de Québécois (alias les pure-laine dans votre vocabulaire) pour qui il a travaillé, l'a congédié! Pas chanceux votre Mamadou!

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 1 février 2008 15h03
    Un fau problème
    C'est un fau problème, il est utopique de s'attendre à ce qu'un nouvel arrivant dont la langue maternelle n'est pas le français, arrive à apprendre le français surtout si il a un certain âge. Prenez exemple de la Marois elle qui a vécu toute sa vie ici dans un monde bilingue, qui a eu une carrière publique et qui pardessus tout aspire à devenir la première ministre de tous les Québécois ne parle même pas anglais. Oui si il réussi tant mieux et bravo. Mais s'il parle une des deux langues officielles de son pays d'accueil alors c'est acceptable. Ce qui compte c'est que les enfants issus de ces immigrants parlent le français. Qu'ils en fassent leur première langue cela reste leurs choix, après tout on est ENCORE dans un pays libre.
    L'important ce n'est pas que tous soit des francophones et vivent en français mais que tous un jour puissent parler et comprendre le français.
    Plus on joue aux extrémistes de la langue et qu'on tente de l'imposer plus la résistance sera grande à l'utiliser.
    À moins que l'on accepte juste des immigrants de pays francophone. Alors on pourra dire adieux à notre société. On se retrouvera avec une population composé principalement d'arabe et d'africain. Et on connaît déjà les problèmes d'accommodements que les musulmans nous imposent. Ce ne sera que de notre faute. Ce qu'il nous faut c'est plus d'immigrants européen, de l'est et de l'ouest peu importe leur langue d'origine.

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    vendredi 1 février 2008 15h19
    Bravo madame Lauzier
    Je pense que vous avez remis à leur place les commentaires imbéciles qu'on peut trouver sur ce genre de sujet: la survie de la langue passe par l'intégration des immigrants, et l'intégration des immigrants passe par le travail.

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 1 février 2008 15h34
    Immersion en région dès leur arrivée
    Avant d'accepter les futurs immigrants ne connaissant pas le français, on devrait les informer qu'ils devraient apprendre le français dès leur arrivée au Québec en allant séjourner au moins trois mois dans une région francophone du Québec, i.e. en région, par exemple en Beauce, en Mauricie, au Lac St-Jean, etc., pour y suivre des cours de français et y être en immersion française dans des familles ou des centres communautaires.

    Cette mesure aurait de grands avantages :
    1.- franciser les immigrants
    2.- leur faire connaître la culture québécoise
    3.- revitaliser les régions par l'activité académique et économique résultante
    4.- faciliter l'établissement des immigrants dans des régions qui disent manquer de main d'oeuvre, contrairement à la région métropolitaine où une large part des immigrants sont sans emploi.

  • Henri-Bernard Boivin
    Abonné
    vendredi 1 février 2008 15h39
    Exiger le français à l'arrivée
    Cessons de jouer à l'autruche. Aux grands maux, les grands remèdes. Le français est dans une position d'extrême fragilité en Amérique. À cause de cela, il faut avoir recours à des moyens musclés si l'on veut inverser la tendance, qui est celle que vous connaissez. Il faut exiger des immigrants, comme condition d'installation au Québec, une connaissance minimale du français, telle que vérifiée par un test oral et un examen écrit. Faut-il attendre de devenir un pays indépendant pour cela? Je ne prendrais pas de risques, au cas où, à mon grand regret, cela ne se produirait jamais...

    Henri-B. Boivin

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 1 février 2008 17h17
    Un Québec coincé
    Le Québec est coincé. Ou il impose carrément l'apprentissage du français aux immigrants, en faisant une condition d'accession à la citoyenneté et aux droits qui lui sont associés, ou il laisse les immigrants choisir l'anglais par commodité et se suicide lentement mais sûrement en tant que peuple de culture et de langue française en Amérique du Nord. La porte de sortie : la souveraineté. Mais là, ça prend plus de courage que celui des beaux discours !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Michel Leclaire
    Abonné
    vendredi 1 février 2008 18h24
    @ Yvon Montoya
    Il ne vous reste qu'une échapatoire : retouner d'ou vous venez.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    samedi 2 février 2008 14h15
    @ M. Roland Berger
    M. Roland Berger écrit : «La porte de sortie : la souveraineté. Mais là, ça prend plus de courage que celui des beaux discours !»

    Ce sont les Québécois qui vont déterminer ce qu'il faut faire pour la suite des choses. Ça va prendre un chef charismatique qui va résumer leur désir correctement.

    Les Québécois n'auront pas besoin de courage pour aller là où ça leur tente. Ils vont vouloir protéger leur culture et la langue française en Amérique. Pour ça, ça va prendre des changements constitutionnels qui pourraient être acceptables par au moins 60 % de Québécois "pour éviter le manque de reconnaissance du ROC et la partition du territoire québécois". L'indépendance pure et dure avec monnaie québécoise et les postes frontières avec l'Ontarion et le Québec comme ceux avec les États-Unis, ils n'accepteront pas ça en assez grand nombre. Fait que, vaut mieux ne pas perdre son temps avec ça à moins de ne pas savoir quoi faire de mieux dans la vie.

    Ça prendrait une vraie CONFÉDÉRATION canadienne avec l'État du Québec qui collecterait tous les taxes et impôts sur son territoire. (voir la définition de CONFÉDÉRATION) dans notre dictionnaire. "Pas une fédération centralisatrice qui nous a été faussement passée comme une C0NFÉDÉRATION en 1867".

    Ça va venir, ne nous décourageons pas ! Ça prendra le temps qu'il faudra pour ça.

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    lundi 4 février 2008 00h43
    À Claude Archambault
    Monsieur Archambault,

    Ce n'est pas la première fois que je vous lis, et je me dois de vous dire que ma patience a des limites, que vous êtes fort mal placé pour faire la morale à vos compatriotes.

    Apprenez donc vous-même à écrire un bon français; si vous ne le saviez pas et que vous n'avez pas voulu simplement provoquer, je vous apprendrai peut-être que l'adjectif "fau" est issu de vos ténèbres cérébrales. On écrit un "faux" problème et non un "fau" problème, comme vous le mentionnez.

    Une fois de plus vos propos font ressortir le summum de la sottise chez vous. On ne fera pas un pays avec une cloche comme vous de sitôt. Je vous suggère humblement de vous expatrier au Canada; vous n'êtes pas chez vous au Québec.

    Les immigrants que vous accusez de fondamentalisme vous dépassent amplement. Vous êtes un minus, un boulet à nos pieds. Sacrez votre camp au plus vite.

    Contrairement à vous, je prends l'opportunité qui m'est offerte de réagir dans ce Devoir, au passage suivant de Robert Dutrisac à propos des immigrants qui prennent nos cours de français:

    «quelque 10 000 nouveaux arrivants s'y inscrivent, ce qui donne droit à une prime de participation en sus de l'aide sociale, à une carte de transports en commun et à des services de garde.»

    Et il se trouve encore des grandes gueules comme Gilles Proulx pour répandre leur bile contre nos propres pauvres. Ce qu'on peut être cons! Vos propos vous dénoncent vous-même, Archambault.

    Vous n'êtes pas gêné pour manquer de courtoisie envers la cheftaine du parti québécois que vous appelez maladroitement "la Marois"... Honte sur le faux frère que vous êtes!

    Je souhaite que les vrais se donnent un vrai pays et vous en évincent.

    Vous n'êtes pas intégriste de la langue, mais fondamentaliste fédéraste. C'est pire.

    Et votre racisme contre les peuples arabophones pue à travers vos signaux. On ne veut pas de gens comme vous dans ce pays à venir.

    http://tribunes.forumslog.com

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