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Ras le bol !

Marie-Andrée Chouinard   1 février 2008  Québec
La «réforme» de l'éducation doit stopper sa course avant de diriger les élèves du Québec droit dans un mur. À peu de chose près, voilà le refrain entonné cette semaine par un quatuor de poids lié au Parti québécois. Ce babil incessant courra bientôt dans toute la sphère politique au moment où — ô paradoxe! — la ministre de l'Éducation dirige un grand chantier de correction de la réforme...
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  • Jean Laporte - Abonné
    1 février 2008 02 h 01
    Bis
    Et pourquoi pas un retour pur et simple au cours classique, qui a fait beaucoup de bien en un temps qui n'est plus. Je sens beaucoup de démagogie et de nostalgie dans cette récente sortie. Il faudra, au PQ, arrêter de parler des belles-mères, et plutôt commencer à parler des beaux-pères. La tradition semble s'installer.

    Jean Laporte, Québec
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  • Yvon Montoya - Abonné
    1 février 2008 08 h 26
    Murmure.
    IL n'y a plus de mur. Il est cassé, fracassé depuis fort longtemps. Faire des réformes ne sert plus à rien, il nous faut des maçons italiens,ce sont le meilleurs.
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  • Jocelyne Boileau - Abonné
    1 février 2008 08 h 44
    Parler pour parler
    Face à la "franchise déconcertante" du ministre Courchesne, nous devrions nous croiser les bras et attendre alors que la situation est urgente...dites-moi pourquoi je devrais croire avant preuves en cette franchise verbale d'un ministre libéral? Je me foute du motif profond des contestataires en autant que le but visé est légitime. De grâce, arrêtons de jouer aux vierges offensées et de parler pour parler.(André Boileau)
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  • Guy Archambault - Abonné
    1 février 2008 10 h 25
    Une fleur à la modération
    J'aime bien le contenu et le ton de cet éditorial.

    Ce qui me dépasse dans les commentaires des hommes politiques et des chroniqueurs
    c'est la facilité avec laquelle ils arrivent à des conclusions absolues et sans nuance dans un domaine où souvent ils n'ont aucune expertise quotidienne ni connaissance scientifique approfondie et reconnue.

    J'ai rarement vu des hommes politiques et des chroniqueurs écrire avec aurtant d'imprudence et d'impudence dans les moments où des réformes ont eu lieu en gestion, en médecine, en ingénierie, en pharmacologie, en psychiatrie, en droit, en écologie, etc.

    Un pont s'écroule ; tout de suite on s'affaire à créer une commission d'enquête pour en chercher les causes et nos hommes politiques attendent patiemment les recommandations de la commission avant de s'aventurer dans leurs commentaires.

    Des problèmes se posent en éducation avec les clientèles à risque : pas besoin de commission d'enquête, nos hommes et chroniqueurs politiques savent immédiatement la cause exacte de ces difficultés.

    Je crois que l'absence d'une association professionnelle reconnue en éducation, comme l'est le Barreau et la Chambre des notaires en droit, le Collège des médecins en santé et les autres ordres professionnels ou techniques dans leur domaine respectif (psychologie, soins infirmiers, thanatologie, plombiers, électriciens, etc.) permet ce dérapage régulier et constant chez nos hommes et nos chroniqueurs politiques

    Cette absence permet à tout un chacun, dès qu'il est père ou grand-père, de s'approprier le droit de parler ou d'écrire doctement comme un professionnel patenté de l'éducation. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais peu de femmes politiques ou chroniqueures se permettent cette outrecuidance mâle. Je me demande si le fait d'être mère ou grand-mère ne confère pas automatiquement un peu plus de modération et de nuances à ces dernières compte tenu qu'elles se sont naturellement impliquées depuis la naissance de leurs enfants et petits-enfants, tout le long de leur vie, dans le practicum de leur éducation.

    Il ne serait peut-être pas inutile de créer une commission parlementaire pour examiner pourquoi la réforme en éducation pose tant de problèmes lorsqu'il arrive le moment de l'appliquer au secondaire. Et que cette commission d'enquête soit composée uniquement de femmesm mères ou grand-mères, ayant de l'expérience en éducation ainsi que des connaissances scientifiques approfondies et reconnues en la matière.

    Si la réforme a relativement bien été acceptée au primaire, ne serait-ce pas parce que, à ce niveau, le personnel professionnel est très majoritairement composé de femmes ? Et si la réforme est relativement crainte au secondaire, ne serait-ce pas parce que, à ce niveau, le personnel professionnel est majoritairement composé d'hommes qui valorisent d'abord et avant tout la discipline, l'ordre, l'autorité, la transmission magistrale de connaissances,
    alors qu'au primaire on sent que le développement des enfants dépend prioritairement de bien d'autres choses que la capacité de singer ses maîtres pour perpétuer un charabia disciplinaire ?

    J'aimerais bien voir une commission d'enquête venir infirmer cette hypothèses avec des statistiques significatives tant sur le plan quantitatif que qualitatif,
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  • Michel Labelle - Abonné
    1 février 2008 13 h 32
    Bravo !
    Très bel article, madame Choinard, derrière lequel on perçoit l'analyse et la distance réflexive. Bravo !
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  • Marcel Ross - Abonné
    1 février 2008 15 h 42
    Ras le bol !
    Et comment ? Et jusqu'à quelle hauteur ?
    Comment supporter une intervention aussi «bégaillleuse» et inopportune, aussi platement vide de contenu ancien et nouveau, ausssi gauchement et «platement politicailleuse»?
    Comment écouter, à la télé., un «ex-pr.» qui a appuyé «de bonne foi» (... avec quel contenu de connaissance ?) une réforme qu'il pleure, sans kleenex, sur le tard et le très-tard, de la voir détournée de sa finalité ?
    Comment entendre le même ex devant le même public affirmer ne pas comprendre le sens de l'adjectif «transversal» alors qu'il radote des bouts de phrases latines et qu'il veut faire croire que sa démarche «transcende» les partis politiques (transcendant est-il vocable plus facile à définir que transversal ??)?
    Ras le bol ! Et comment ? Et pour combien de temps ?
    S'il doit y avoir un moratoire pour qui que ce soit, c'est à l'égard de tous ces «spécialistes» de l'éducation (???)que je souhaiterais voir repasser quelques jours à l'intérieur d'une école.
    Et lorsque je pense que je suis en faveur du P.Q., je me demande s'il faut en pleurer ou en rire. Je n'ai pas le coeur à le dire.

    Marcel Ross, Ph.D.
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  • Roland Berger - Abonné
    1 février 2008 17 h 03
    La réforme : visée, ingénierie et contrôle
    D'abord rappeler qu'au Québec, la volonté gouvernementale de réformer l'enseignement et ses contenus remonte aux années 1960, c'est-à-dire à la création du ministère de l'Éducation. Il s'agissait fondamentalement de remplacer un enseignement fondé sur la transmission magistrale de connaissances plutôt disparates par un mode d'acquisition de ces connaissances axée sur l'esprit des disciplines scolaire, notamment en français et en mathématique. En clair, pour les élèves, être meilleurs en rédaction qu'en dictée, être meilleurs en résolution de problèmes qu'en calcul.

    Découlant des recommandations du rapport Parent, la visée était des plus louable. Son ingénierie par les hauts fonctionnaires a fait échouer sa réalisation. Ces derniers, certains de leurs vérités (empruntées à l'Europe et aux États-Unis), ont considéré le Québec comme un vaste terrain d'expérimentation, négligeant de les mettre à l'épreuve dans des milieux restreints et de se donner toutes les garanties requises pour ne pas sacrifier les élèves des échantillons retenus.
    La tentative actuelle de réforme, petite-fille de la première, n'a pas échappé à cette approche technocratique et aristocratique. Au-delà d'une expérimentation dans quelques écoles, c'est toutes les écoles qui ont été mises à la réforme alors que les résultats de ces essais n'avaient été analysés sous tous ces angles. Comme lors des tentatives antérieures, les hauts fonctionnaires étaient pressés, empressement alimenté par des politiciens qui veulent des résultats palpables au cours de leur bref mandat.

    L'autre difficulté majeure vient de ce que ces politiciens nommés ministres de l'Éducation n'ont aucune emprise réelle sur la bureaucratie gouvernementale. Sauf de rares exceptions, ils sont mutés à d'autres fonctions, alors qu'ils commencent à peine à comprendre le système qu'ils ont à administrer, et ce, quel que soit le parti politique au pouvoir.
    En clair, l'ingénierie qu'en ont fait les hauts fonctionnaires du Ministère a fait échouer une réforme par ailleurs hautement souhaitable. Résultat, nous assisterons bientôt à un retour en arrière qui se fera au détriment des enfants dont les parents n'ont pas la capacité ou le temps de faire acquérir à leurs enfants ce que nous appelons aujourd'hui « les compétences transversales », c'est-à-dire de la majorité des enfants. En français, seule une minorité d'élèves sera en mesure de rédiger un texte qui se tienne, alors que la majorité d'entre eux auront des notes acceptables en dictée. Que deviendront ces derniers au secondaire ? Décrocheront-ils dès le premier cycle ?

    Ce n'est pas tant les écoles qu'il faut réformer que l'appareil gouvernemental pratiquement indépendant qu'est devenu le ministère de l'Éducation lui-même. Mais ce n'est pas demain la veille qu'un parti au pouvoir s'attaquera à cette tâche périlleuse, une tâche qui ne pourra pas être accomplie en un ou deux mandats. Le Québec doit pourtant prendre le contrôle de son système d'éducation. Et ce contrôle nécessite une approche non partisane. Reste à espérer qu'il y ait suffisamment d'hommes et de femmes de bonne volonté et de bonne foi dans les trois partis pour se lancer dans cette entreprise vitale pour l'avenir du Québec.

    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario
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  • Diane Plourde - Abonné
    3 février 2008 20 h 42
    Pourquoi toujours frapper sur le même clou?
    La réforme ne se limite pas à la pédagogie par projet. Je suis de celle qui croit que la réforme a besoin d'un sérieux coup de barre mais tout n'est pas mauvais. Il ne faudrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain et retourner à un enseignement 100% traditionnel. Ceux qui n'ont pas mis les pieds dans une classe depuis 20 ans devraient savoir que le niveau de concentration des élèves n'est plus ce qu'il était.Cependant, il faut tenir compte de l'environnement auquel sont confrontés les jeunes, environnement ultra médiatisé, informatisé et tellement hétoroclite qu'il faudra, en bout de ligne, non pas réformer l'école mais la repenser.
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  • Régine Pierre - Abonnée
    13 février 2008 08 h 50
    Les soit disant experts de la réforme ne sont pas du côté que vous pensez
    Sur quels critères vous basez-vous, les journalistes, pour départager les vrais des faux experts quand il s'agit d'éducation? Avez-vous déjà pris la peine de rencontrer ceux que vous appelez les faux experts pour vérifier vos allégations? Savez-vous que parmi les supposés experts de la réforme qui prônent le constructivisme et le socioconstructivisme, à peine cinq peuvent prétendre à une certaine expertise? Que vont enseigner les centaines d'autres qui forment les enseignants dans les différentes facultés des sciences de l'éducation? J'ai fait ma maîtrise sur le constructivisme que j'ai étudié pendant 4 ans avec le plus grand spécialiste de l'époque : Adrien Pinard; j'ai rencontré Piaget et son équipe à Genève; j'ai travaillé avec certains de ses collaborateurs. C'était les belles heures du constructivisme. C'était il y a 40 ans. Dès que je me suis intéressée à l'enseignement de la lecture, j'ai réalisé que le constructivisme n'avait aucune pertinence. Piaget ne s'est jamais intéressé à l'apprentissage de la langue. Chomsky, le célèbre linguiste dont vous ne contesterez certainement pas l'expertise, a renié toutes applications possibles du constructivisme à la compréhension de la langue. C'était dans les années soixante-dix lors d'un débat fameux qui a marqué la naissance de la psycholinguistique puis de la psychologie cognitive. Vous pouvez encore aujourd'hui retrouver le livre qui en est sorti. Mais vous ne trouverez pas la référence dans les textes produits par les experts de la réforme. Ils ignorent tout cela. Après 5 années à travailler à la CSDM où j'avais conçu le premier programme de développement psycholinguistique qui jetait les bases de la réforme oubliée de 1979, j'ai fait mon doctorat en psychologie cognitive qui portait sur le modèle de lecture imposé par le Ministère de l'éducation avec la réforme de 1979 : l'approche Whole-Language. C'était la première thèse de doctorat sur le sujet. Il existait alors à peine une dizaine de références pertinentes. Les conclusions de ma thèse démontraient déjà la non validité des postulats sur lesquels reposait cette approche. Des milliers de recherches ont appuyé ces conclusions depuis lors mais vous ne trouverez aucune de ces références dans les documents produits par les experts de la réforme. Aujourd'hui, on n'enseigne plus le constructivisme dans les programmes de psychologie, y compris à Genève où Piaget a fait carrière. Dès 1976, ma collègue d'alors, Monique Lefebvre-Pinard, ex vice rectrice à l'UQAM, avait écrit dans la Revue canadienne de psychologie: «Après un demi-siècle de recherches, Piaget, le père du constructivisme génétique, et ses collaborateurs, n'ont jamais réussi à démontrer que l'on pouvait provoquer l'apprentissage de connaissances avec une approche constructiviste.» Vous ne trouvez pas non plus cette référence dans les documents produits par les experts.

    Pourquoi, lorsqu'il s'agit d'éducation, certains journalistes pensent que leur opinion et leur expérience personnelle comptent plus que l'expertise de ceux qui ont consacré leur vie à l'éducation et qui sont des experts reconnus dans leur domaine à l'échelle internationale.
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