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La tenace angoisse linguistique

Robert Dutrisac   26 janvier 2008  Québec
On ne voudrait surtout pas en parler. Mais voilà, la situation linguistique au Québec évolue et pas nécessairement dans le bon sens. Même si le gouvernement Charest tente d'imposer la loi du silence, il n'y échappera pas: la langue, les langues se délieront. Tôt ou tard.

Québec — Même si on voudrait bien la balayer sous le tapis, la question linguistique a toujours tendance à refaire surface pour embêter les gouvernements qui se succèdent à Québec. Le gouvernement Charest souhaiterait qu'on n'en parle pas, mais il faut bien que l'Office québécois de la langue française (OQLF) dépose un jour son rapport quinquennal sur le suivi linguistique, une de ses responsabilités institutionnelles. Il faut bien qu'un jour le même office rende publiques les études qu'il a commandées il y a quatre ans, car elles ne disparaîtront pas comme par enchantement. Et on ne peut empêcher Statistique Canada de diffuser les données de son recensement de 2006, qui contient de mauvaises nouvelles quant à la situation du français à Montréal.

Dans les années 80, la question linguistique a embêté Robert Bourassa tout au long de ses deux mandats. À un congrès libéral tout juste avant son élection en 1985, il s'est vu imposer une résolution, présentée par Reed Scowen, qui demandait au gouvernement de revenir à l'affichage bilingue. Évidemment, Bourassa a gagné du temps et n'en a rien fait. Mais on apprenait par la suite que les dispositions de la loi 101 sur l'affichage n'étaient pas appliquées, un grand magasin comme Zellers se permettant d'afficher en anglais seulement sans être inquiété.

Puis, le chef libéral a reçu en pleine figure le jugement de la Cour suprême qui invalidait tout un pan de la loi 101 imposant l'affichage unilingue en français. Le gouvernement a alors fait adopter la loi 178, qui autorisait l'affichage bilingue à l'intérieur seulement, une loi qui exigeait le recours à la clause nonobstant. Ne pouvant souffrir cette «trahison», un groupe de députés anglophones a démissionné avec fracas et le Parti Égalité a vu le jour. Et on sait tous le tort qu'a causé l'adoption de cette clause dérogatoire au Canada anglais quant il a été question d'approuver l'accord du Lac-Meech. Le tout s'est conclu en 1993 par l'adoption de la loi 86, concoctée par Claude Ryan, qui se conformait à l'exigence du bilinguisme avec une prédominance du français.

Le calvaire de Bouchard

C'est en 1993, sous le règne de Jacques Parizeau, que les péquistes ont adopté une résolution pour revenir aux dispositions de la loi 101 sur l'affichage unilingue. Ce fut une épine dans le pied de son successeur, Lucien Bouchard, qui rejeta cette proposition. Son calvaire avec les purs et durs ne faisait que commencer. Une résolution pour obliger les enfants de la loi 101 à fréquenter le cégep francophone allait aussi lui empoisonner l'existence. En 2000, Lucien Bouchard réussissait à mettre le couvercle sur la marmite linguistique en s'engageant à tenir des états généraux sur la langue, présidés par Gérald Larose.

À la même époque, le Conseil de la langue française (CSL) avait suscité la controverse en publiant un indice de la langue d'usage public farci d'erreurs méthodologiques. Décrié par les experts, cet indice surévaluait la force du français dans la région de Montréal. Certains y ont vu une initiative lénifiante du CLF. En 2002, à la suite d'une recommandation de Gérald Larose, le CLF, que d'aucuns jugeaient inféodé au gouvernement, perdait la responsabilité d'assurer le suivi de la situation linguistique, un mandat confié depuis à l'OQLF. C'est justement ce mandat, impliquant la production d'un rapport quinquennal, qui a entraîné l'organisme en eaux troubles et justifié sa présidente, la libérale France Boucher, d'imposer la loi du silence.

Non seulement l'OQLF a-t-il caché l'étude du démographe Marc Termote mais il n'a pas rendu publique son étude sur les attitudes de la population, y compris les allophones, à l'égard du français. Selon une source, cette étude montrerait que la protection de la langue française n'est plus une préoccupation pour la jeune génération de francophones à Montréal.

Les diplomates

Lors du débat sur le projet de loi 104, certains intervenants s'étaient opposés à ce que la responsabilité de la recherche sur la situation linguistique soit confiée à l'OQLF, dont le principal mandat est de convaincre les entreprises d'adopter le français et non pas de faire des constats parfois brutaux, comme peuvent en faire les chercheurs. Les employés de l'organisme, «ce sont des diplomates», fait observer le sociologue Michel Paillé, qui a oeuvré pendant une vingtaine d'années au CLF et ensuite à l'OQLF.

En outre, on peut douter que l'OQLF ait l'indépendance requise pour assumer sa responsabilité en matière de recherche. Contrairement à ce qu'affirme la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, qui ne semble pas très bien ferrée en matière de structure étatique, l'OQLF n'est pas un organisme indépendant, il dépend directement de la ministre, qui peut lui demander ce que bon lui semble. On doit toutefois souligner qu'on reprochait aussi au CLF, qui assumait ce mandat de recherche, son manque d'indépendance à l'endroit du gouvernement.

Qu'ils soient libéraux ou péquistes, les gouvernements ont tendance à magnifier les progrès que fait le français au Québec et à minimiser ses reculs. Pour leur part, les dirigeants péquistes ont toujours cherché à contenir les ardeurs des activistes de la langue, qui sont nombreux dans leurs rangs. Les libéraux, quant à eux, ne veulent tout simplement pas nuire à l'harmonie linguistique qu'ils perçoivent ou qu'ils souhaitent de tous leurs voeux. Mais surtout, ils savent que, sur le terrain de la défense de la langue française, ils ne peuvent montrer autant de conviction que leurs adversaires péquistes ou adéquistes.

Des inquiétudes

Moins on en parle, donc, mieux c'est. Or, malheureusement, les dernières données du recensement de 2006 sont inquiétantes; on n'y échappe pas. Elles montrent que l'anglais progresse plus rapidement que le français au Québec. Dans un texte qui sera publié prochainement dans la revue L'Action nationale, le mathématicien Charles Castonguay signale que, pour la première fois depuis la Crise d'octobre, la population dont l'anglais est la langue d'usage à la maison a augmenté, malgré la diminution du nombre d'anglophones dits de souche. En fait, depuis 2001, le nombre de personnes qui parlent l'anglais à la maison a augmenté deux fois plus rapidement que celui des locuteurs francophones. Par conséquent, le poids de la population de langue d'usage française dans la région de Montréal a chuté de 70,9 à 69,1 % entre 2001 et 2006 tandis que la population anglophone a légèrement augmenté, passant de 17,3 à 17,4 %.

Ce phénomène est d'autant plus significatif que le Québec affiche une solde migratoire négatif et que ce sont surtout les anglophones, dont les allophones et les francophones anglicisés, qui quittent le Québec pour s'établir dans les autres provinces canadiennes ou aux États-Unis, relève Charles Castonguay.

«L'anglais a un pouvoir d'assimilation démesuré» par rapport au poids démographique des anglophones, juge le chercheur.

«La loi de Newton en démographie, ça ne fonctionne pas», note Michel Paillé. Le poids démographique est une chose, mais la vitalité de la langue en est une autre. «La vitalité du français est toujours plus faible», constate-t-il.

Il semble bien que les immigrants puissent très bien se débrouiller sans connaître le français à Montréal. Parmi les immigrants non francophones qui sont récemment arrivés au Québec à l'âge de 15 ans ou plus, les deux tiers de ceux qui ne parlaient pas français — c'est quelque 45 % des nouveaux arrivants — ne le parlaient toujours pas quatre ans plus tard, a calculé Charles Castonguay, qui se base sur l'enquête longitudinale auprès des immigrants d'avril 2006 de Statistique Canada.

Unilinguisme et bilinguisme

Selon le chercheur, des raisons d'ordre économique et des raisons de prestige aussi expliquent la force d'attraction de l'anglais. Citant une autre étude, celle que l'économiste François Vaillancourt a effectuée l'an dernier pour le compte de l'Institut C. D. Howe, seuls les francophones bilingues gagnent autant que les anglophones bilingues. Un anglophone unilingue gagne plus qu'un francophone unilingue ou même qu'un allophone qui maîtrise l'anglais et le français. En 2000, l'allophone unilingue anglais gagnait un revenu de 30 % supérieur à l'allophone qui ne parle que le français.

«Le fonctionnement actuel de la société québécoise, dans le jeu de francisation et d'anglicisation de ses immigrants, évoque de la sorte la société d'antan, avec les allophones francisés comme nouveaux coupeurs de bois et porteurs d'eau alors que les anglicisés renflouent l'ancienne élite d'origine britannique. On serait en train de reproduire, pour ainsi dire, un sous-prolétariat francophone à même la population allophone», écrit Charles Castonguay, pour qui «le laisser-faire linguistique qui s'est incrusté dans les années 1990 a permis l'émergence graduelle d'une nouvelle injustice».

Le tableau n'est pas entièrement noir: les dispositions de la loi 101 sur la langue d'enseignement ont donné d'excellents résultats en donnant naissance aux «enfants de la loi 101». Mais encore là, il faut noter que près de 40 % de ces enfants de la loi 101 poursuivent leurs études au cégep anglophone, ce qui les disposent à travailler en anglais.

Il faudra attendre le prochain recensement pour voir si la situation du français au Québec continue de se détériorer lentement mais sûrement, si une lente érosion s'avère. Entre-temps, le gouvernement libéral, qui n'a aucune intention de changer quoi que ce soit en matière de protection de la langue, même pas dans les milieux de travail, voudrait bien faire l'économie de tout débat sur la langue. Or il pourrait ainsi inviter les Québécois à se comporter comme la grenouille que l'on plonge dans une casserole d'eau froide pour ensuite la faire bouillir. Comme le changement de température est graduel, la pauvre bête ne s'aperçoit de rien et ne s'enfuit pas. «Mommy, daddy, how come we lost the game?», chantait Pauline Julien. Mais pour de plus en plus de Québécois, le français, c'est un combat d'arrière-garde.






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Vos réactions

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  • Hubert Larocque
    Abonné
    samedi 26 janvier 2008 00h22
    Loi 101, Office de la langue française, PLQ, etc.
    « Rengaine fédéraliste: "Tout va très bien, Madame la Marquise".
    On est fédéraliste, à divers degrés, dans la mesure où l'on a cessé d'être Québécois. La réalité, c'est que la langue française est secondaire, ou plutôt, elle tire son importance de notre identité nationale dont elle est le signe. Qu'un Chinois ou un Haïtien parlent le français n'en font pas pour autant des Québécois. Ce qui fait l'identité québécoise, c'est le rattachement à la fondation française du XVII siècle, que les Fêtes de Québec devraient nous rappeler avec clarté. Le noyau et la substance de cette identité résident dans la population québécoise de souche qui, par consanguinité, par adhésion culturelle et spirituelle, profondément consentie et réinterprétée, définissent l'identité et le caractère spécifique de l'être au monde du Québec. Aucun immigrant ne peut prétendre au nom de Québécois s'il ne comprend pas cela, et s'il n'accepte pas d'éteindre ses origines en s'assimilant aux Québécois de souche. Le rôle d'un véritable Gouvernement du Québec consisterait à s'affranchir de la condition coloniale créée par la Conquête de 1760, qui est passée intégralement dans la Constitution canadienne, et à imposer à une immigration numériquement raisonnable, des politiques visant à réaliser sa fusion à la population originelle.
    Venons-en au fait de la langue. Tout citoyen informé sait que le français est en déclin à Montréal, et que cela annonce le déclin du français sur l'ensemble du territoire québécois. Tous les chiffres, tous les indicateurs le montrent, le confirment. La "tenace angoisse linguistique" correspond donc à la réalité. Ce citoyen sait également que le bilinguisme fédéral est un écran de fumée qui détourne l'attention de l'absence réelle du français au Canada et de l'affaiblissement progressif du français au Québec. De l'anglais partout au Québec, des panneaux bilingues dans les Rocheuses, voilà le condensé de la politique d'Ottawa.
    Comment un bon fédéraliste s'y prend-il pour continuer à rêver bilingue et français? On en trouve une parfaite illustration dans le journal La Presse. D'abord, il refusera toutes les données allant à l'encontre de sa foi fédérale, il scrutera les chiffres, les retournera de façon à fausser l'image de la réalité. Il se moquera de toutes les mises en garde adverses en les traitant d'alarmistes, et enfin il invitera à la vigilance des citoyens, comme seul moyen d'action, pour cacher l'impuissance et l'absence de toute volonté sérieuse de la part du Gouvernement pour freiner le déclin du français. On apprend que la fameuse Loi 101 n'a aucun pouvoir coercitif. La procédure pour dénoncer et obtenir le redressement du mépris du français est longue, complexe et nécessite un effort démesuré pour obtenir une victoire symbolique, une amende insignifiante et aucune sanction réelle et efficace.
    Si le Gouvernement du Québec voulait sérieusement le bien du Québec et sa permanence dans l'être français, il n'admettrait sur son territoire, en nombre modéré, que des immigrants parlant déjà le français, hommes et femmes. En les recevant, il leur donnerait un nom nouveau à consonance française, signe évident pour eux du sens et de l'exigence de leur choix d'un nouveau pays. Il leur dispenserait des cours de culture étoffés, et contrôlerait leur « intégration » avec exactitude et efficacité. Voudrait-il que l'on parle français dans les commerces, il n'accorderait ses permis d'exploitation qu'après s'être assuré que les demandeurs parlent le français. Y-a-t-il preuve que l'anglais ou une autre langue remplace le français, le permis devrait tout simplement être révoqué, et ce, sur simple constat honnête du fait. Le mépris du français prend sa source dans la Constitution canadienne, dans le statut des Anglais du Québec. Il faudrait le courage de les réexaminer, et répudier les limites et les contraintes qu'ils imposent au français sur le territoire québécois. La Loi 101 devrait être reformulée en termes clairs et mesurés, soustraite à la juridiction des tribunaux ordinaires, et dotée d'une force d'application directe. Son passage dans le labyrinthe juridique anglo-saxon lui enlève, à chaque instance, et son sens et sa force, jusqu'à en faire l'hypocrite faire-valoir de la domination de l'anglais.
    On nous dira que de telles mesures sont contraires à la charte des droits, à la Constitution canadienne, aux décisions de tribunaux extérieurs au service d'Ottawa. Un véritable Gouvernement du Québec devrait avoir la conviction et la force de les dénoncer et de passer outre. Bref, c'est par le refus d'une légalité coloniale, clairement identifiée et balisée, que passent le salut de l'identité québécoise et de la langue française qui en est l'expression. La preuve historique en a été faite depuis longtemps. Faute de quoi, le Québec glisse d'année en année vers une ontarification de plus en plus marquée. Le français est pratiquement disparu d'Ottawa, l'Outaouais québécois est envahi par une forte immigration anglaise, fruit de l'odieux article 133 de la Constitution de 1867, et de la non moins néfaste clause Canada de la Constitution de 1982. Le même sort attend le Québec entier.
    Hubert Larocque, Gatineau. »

  • pierre denault
    Inscrit
    samedi 26 janvier 2008 08h56
    Qu'est'ce que vous voulez...
    « Mais qu'est-ce que vous voulez qu'on fasses nous, le petit peuple, quand on voit, très bien, que le gouvernement considère l'OQLF comme une nuisance et que l'office lui-même n'est réellement pas plus qu'un symbole, qui a peur de se rendre sur le terrain et d'appliquer la loi.
    Si on ose élever la voix on se fait taiter de racistes par nos concitoyens anglophones et on risque de se faire critiquer, par nos sembables, pour la pauvre qualité de notre langue. »

  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    samedi 26 janvier 2008 09h17
    "... un combat d'arrière-garde"... devant-scène... ?
    « Salutations d'entraide honorable out le Monde !

    Grands mercis de ce Mot qui, donnant à réflexion, parle sur qq chose ressemblant à de la Tenace Angoisse linguistique au Québec.

    Cette Tenace pro-vient de loin sur les plans de la Culture et des mentalités ayant préludé à la Nouvelle-France.

    En effet, la France a comme "donné-vendu" sa Nouvelle-France à l'Empire britannique qui la harcelait militairement, royalement!

    Ce "donné-vendu" qu'allait éventuellement alarmer tout un "combat d'arrière-garde" maintenant "au-devant" ou "devant-scène"... ?

    Bien que cette "Tenace" se poursuit de nos jours, il demeure serein et pertinent de la "questionner" conformément aux Lois existantes et, surtout, aux "mentalités-cultures" évoluant en "français" notamment, et ce sans son exclusion ni son assimilation !

    En sommes-nous "capables"... ? »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    samedi 26 janvier 2008 10h38
    Une seule solution
    « Si les québecois de souche s'étaient reproduits depuis 1960 au même rythme que celui des années précédentes, le nombre de québecois de souche serait d'au moins 20,000,000 et les immigrants et leurs descendants seraient beaucoup moins nombreux, en plus du fait que notre poids démographique aurait été assez lourd pour les assimiler.Depuis la révolution tranquille, nous savions tous que le français perdait du terrain, et c'est pourquoi le PQ était aussi pressé de faire la souveraineté. Le problème le plus important, c'est que la souveraineté ne changerait rien à cet étât de chose,à moins de créer un état totalitaire où la langue anglaise serait bannie partout, que les journaux, la radio, la télévision et les voyages hors Québec seraient abolis. Tout ceci étant impensable, il nous faut et faudra vivre dans un contexte de plus en plus anglophone.Seul un apprentissage sérieux de la langue française en retardera l'échéance. Je rêve du jour où les anglophones et allophones nous diront que nous sommes chanceux de connaître la langue française, mais ce jour n'arrivera pas aussi longtemps que notre niveau de langage et d'expression écrite seront aussi faibles.
    Paul Lafrance
    Québec »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 26 janvier 2008 11h33
    Ca fait depuis 1760 qu'on en parle
    « Depuis la conquête de 1760 que la résistance du canayen se manifeste. Que penser de la rébelleion armée de 1837-1838 qui a avortée et dont les leaders ontr été emprisonnés, pendus ou déportés ? Que penser du Rapport Durham qui prédisait notre lente minorisation en ces termes : « Les Canadiens-français ne sont que le résidu d'une colonisation ancienne. Ils sont destinés à rester toujours isolés au milieu d'un monde anglo-saxon. Quoi qu'il arrive, quel que soit leur gouvernement futur, britannique ou américain, ils ne peuvent espérer aucunement dans la survie de leur nationalité. »

    Malgré les lois successives (Loi 63, 22 et 101) et après cinquante ans d'une révolution tranquille, nous n'avons que survéçu. Même si nous avons progressé dans certaines autres provinces du Canada par une loi fédérale bilingue (les acadiens des maritimes, les franco-albertains, etc...) notre miorisation lente se poursuit car l'immigration s'assimile plus aux conquérants qu'aux conquis.

    Dans un mode de vie où l'internet nous ouvre le monde entier et nous confronte au multiculturalisme, il est temps de mettre des bémols à notre instinct de rébellion et de jalousie larvés. La tolérance des anglais et l'immigration massive a fait qu'eux aussi, les anglais de souche, sont minorisés. J'ai déjà entendu parler de la courte-pointe canadienne pour souligner l'apport de plusieurs nationalités dont les chinois de l'ile de Formose (Hong-Kong) qui sont venus grossir les rangs de la Colombie Britannique pour constituer 40% de la population de Vancouver actuellement. Pour eux le bilinguisdme signifie l'anglais et le mandarin. Comme quoi hors Québec c'est loin d'être monolythique... »

  • Nadeau Béa
    Inscrite
    samedi 26 janvier 2008 12h27
    Politiser les langues c'est les rendre dépendantes
    « Surtout la nôtre! Qu'offre l'OQLF que n'offrirait l'OQLA (A pour anglaise), en ses outils et dictionnaires pour tous?
    Sa dépendance aux gouvernements fait de notre langue et culture et loisir (regroupés sous un seul ministère) une langue bien pendante. Tourisme et immigration aidant à justifier l'ensemble de ses lois. Et pour les québécois de souche francophone, la consommation des biens et produits se fait sans sons presque muette....du moment qu'ils peuvent viser à l'économie, au rentable, ils laissent leurs jeunes idolâtrer tout ce fast-food anglophone des boutiques et des grandes chaînes; comme si c'était plus cool d'aller voir un film au Star City qu'à Place Odéon. »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    samedi 26 janvier 2008 14h48
    Réseau d'enseignement anglophone au Québec
    « Il est grand temps que le réseau d'enseignement anglophone au Québec ne soit subventionné qu'au prorata de la proportion de véritables anglophones au Québec, et ce à tous les niveaux : primaire, secondaire, et surtout aux niveaux collégial et universitaire. »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 26 janvier 2008 16h03
    C'est la faute des Québécois
    « Monsieur Lafrance nous dit que la langue française au Québec n'offre pas d'attrait aux allophones ou anglophones parce que les Québécois la parlent mal, rejoignant ainsi les Montaya et Bombardier dans l'attitude méprisante d'une certaine élite qui n'a rien à proposer outre ce mépris.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Natalie Chapdelaine
    Inscrite
    samedi 26 janvier 2008 16h16
    Notre force
    « Et si l'on voyait la langue française comme une force? Et si nos enseignantes et enseignants, à tous les niveaux, transmettaient cette valeur à nos enfants? Et si chaque citoyen du Québec s'attachait à transmettre ce message?

    Notre langue française (québécoise) est indéniablement notre force. Plus qu'un langage, une langue est une façon de voir le monde, de le comprendre et d'en parler. Notre façon de voir le monde est quelque part entre la façon nord-américaine et européenne (sous-entendre française). Porte d'entrée des Français en Amérique, porte d'entrée des Américains en Europe, le Québec se DOIT d'être fier de ce privilège que nous avons d'avoir notre identité propre. Jamais nous ne pourrons être le énième état américain, parce que notre histoire, notre langue et notre culture n'ont rien à voir avec celles de notre voisin du Sud. Pensez aux exemples de réussite bien de chez nous qui font rêver partout dans le monde (eh oui, toujours Céline Dion, il faut bien lui remettre ce qui lui revient... et le Cirque du Soleil... et tant d'autres...)

    Il est plus que temps d'arrêter de réagir en victimes, même si la situation est alarmante. Il est temps également d'agir en adultes et de proposer de vraies solutions d'adultes. Obliger les francophones à faire leur cégep en français (parce que c'est un exemple évoqué dans votre article), est absurde, dès lors que la qualité du français acquise jusque là est bonne, ce dont je doute (avec regret et une pointe de colère) aujourd'hui. Les dernières règles de grammaire que j'ai apprises remontent à ma quatrième secondaire. La seule chance que j'avais, moi, enfant de la loi 101, d'apprendre et de pratiquer réellement mon anglais après le secondaire était bien entendu le cégep. Cela ne m'a pas empêché de poursuivre des études universitaires en Français. Ce passage anglophone rend bien des personnes jalouses tant au Québec que dans le reste du Canada: je peux m'exprimer correctement dans les deux langues et OUI, ça me donne une longueur d'avance pour mon avenir professionnel.

    Les langues sont une richesse, la nôtre est sublime. Essayons de transmettre ce message plutôt que de rendre cet attrait en obligation pour nos amis qui ont choisi, en toute connaissance de cause, le Québec comme terre d'accueil... »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 26 janvier 2008 16h44
    Trop tard
    « Il est trop tard. Le prix à payer pour leur survie en tant que peuple de culture et de langue françaises en Amérique du Nord, les Québécois ont refusé de le payer en 1995, lorsqu'un grand nombre d'entre eux ont choisi de priver le Québec de sa souveraineté politique, s'installant ainsi dans leur séculaire situation de quémandeurs. Si j'arrivais d'Europe ou d'ailleurs dans le monde, je n'aurais pas grand respect pour un peuple qui en plus d'avoir été mis à genoux par l'Église, a choisi de continuer son chemin dans cette position humiliante et paralysante. Qui pourrait sérieusement m'en vouloir ?
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    samedi 26 janvier 2008 22h23
    Qualité du français et masochisme
    « La plupart des langues dans le monde se dégradent depuis l'arrivée des nouvelles technologies de communication et de divertissement, et ce aussi bien à l'écrit qu'à l'oral.

    Alors, taper sur la mauvaise qualité du français au Québec pour expliquer l'anglicisation de Montréal relève d'un masochisme primaire.

    Ceci étant dit, étant donné notre situation linguistique fragile, les médias devraient profiter de leur position d'influence sur les masses pour bannir leurs quétaineries avilissantes. »

  • Jean-Renaud Dubois
    Abonné
    dimanche 27 janvier 2008 18h04
    La seule solution: Un Pays! En attendant : des "Cégep" français!
    « NON, M.Lafrance, même avant les années 60 nous n'avons jamais assimilé nos immigrants! Peut-être, après 1976 et jusqu'en 89 en avons-nous intégré une partie ; mais depuis ce temps c'est le recul.

    NON, pas d'assimilation d'immigrants dans les années 60 et avant ; sinon nous n'aurions pas eu besoin de...Bill 22, puis....de loi 101, que le PLQ (ça vous inclut, M.Lafrance) à combattu de toutes ses forces à l'instar de Claude Ryan et de LaPresse --- le plus grand (en nombre, non en combattant!) quotidien français en Amérique. Quelle honte!

    Donc pour les conseils et les leçons, vous repasserez! On peut les comparer depuis toujours « au discours que tient le renard aux poules du poulailler!».

    Relisez-vous: « Seul un apprentissage sérieux de la langue française en retardera l'échéance.» Donc.......

    Bravo, d'avoir pris la plume ( le clavier) pour nous dire que même avec une amélioration du langage parlé et écrit --- qui pourrait retarder notre extinction --- notre mort est annoncée!

    Avec de faux amoureux de la langue française comme vous le Québec n'a pas besoin d'ennemis.

    *****

    Voici les principales raisons de cet échec et de l'impossibilité de les intégrer et encore moins de les assimiler:

    En plus d'être "une petite province", je devrais dire un gros CLSC, l'un des problèmes fondamentaux de la politique linguistique du Québec, c'est que celui-ci ne peut demeurer le maître d'oeuvre de ses législations linguistiques qui, au surplus, sont incompatibles avec celles du gouvernement canadien.
    Le Québec doit composer avec une force politique qui lui est supérieure --- le gouvernement fédéral --- et qui dispose de moyens plus puissants :

    - le recours à la Constitution canadienne ;

    - la Charte des droits canadienne qui a préséance sur la nôtre ;

    - la nomination des juges fédéralistes à la Cour suprême ; la complicité des neuf premiers ministres provinciaux anglophones ;

    - l'appui de l'électorat majoritaire anglo-canadien ; la menace de la «punition économique», etc.

    L'expérience nous montre que le Canada anglais peut même modifier la Constitution canadienne sans l'accord du Québec de façon à ....casser rétroactivement ..........la législation québécoise afin de protéger l'anglais et d'assurer ainsi sa présence dans cette province francophone.

    Eh, misère...


    CONCLUSION
    On est très loin encore de l'objectif de René Lévesque : « rendre le Québec aussi français que l'Ontario est anglais ».

    Même, je le répète, que l'on recule depuis 1989.
    Quand on fait, au mieux, du "sur place" durant 17 ans et que la population augmente : « on recule, non?

    Surtout que ce gouvernement actuel est davantage un défenseur de la langue qu'un combattant de celle-ci(Denise Bombardier). »

  • Jean-Renaud Dubois
    Abonné
    dimanche 27 janvier 2008 18h20
    Les québécois sont supposément les responsables! Comme toujours! m
    « Bien dit M.Berger!

    Voici un texte qui remet les pendules à l'heure, dans cette nouvelle crise banalisée par Gesca:

    « BLAMER LA VICTIME »
    Josée Legault

    Réglons ça tout de suite. Je n'aime pas les discours de victimisation. Mais des victimes, il arrive qu'il y en ait. Et il arrive même qu'on les blâme.
    Prenez les reportages du Journal de Montréal sur la langue de service dans certains commerces de Montréal. Le scoop était en fait un secret de Polichinelle: le français s'y porte mieux qu'il y a 50 ans, mais Montréal s'anglicise lentement à nouveau.

    En se faisant passer pour une anglo unilingue, une journaliste s'est fait embaucher dans 15 magasins du centre-ville, même sur le mythique Plateau Mont-Royal. Imaginez une franco unilingue tentant le même coup dans des boutiques de la rue Yonge à Toronto. IMPOSSIBLE.

    Une constante dominait dans la cacophonie de réactions: c'est aux francophones à se faire respecter, à refuser de se faire servir en anglais, à montrer plus de fierté, etc. Bref, on blâme la victime et on exige qu'elle se fâche pour expier ses péchés. Bonjour l'autoflagellation!

    Pauline Marois dit qu'"on ne se respecte plus" et qu'on est "trop accommodants" - le beau mot que voilà!
    Christine Saint-Pierre, ministre responsable de la loi 101, demande aux consommateurs d'être VIGILANTS et de remercier le ciel de trouver des jeux vidéo en français...

    Bref, 30 ans après la loi 101, on demande aux francophones de retourner à cette espèce de guérilla linguistique que les plus de 40 ans ont menée dans les années 60 et 70 pour le minimum d'avoir un "bonjour" en entrant dans un magasin! J'ai vécu cette époque et je ne prends aucun plaisir à la revisiter aujourd'hui.
    C'était d'ailleurs pour délester les citoyens de cette guéguerre qu'en 1977, le gouvernement Lévesque avait adopté une loi 101 drôlement plus solide..... que dans sa version édulcorée actuelle.

    Ce qui se passe est pourtant moins le résultat du comportement des francophones que de l'inaction sur ce front des gouvernements péquiste et libéral depuis 1996 et de la fusion de la Commission de protection de la langue française dans ce grand magma d'inefficacité gênante qu'est devenu l'Office québécois de la langue française(OLF).

    Il n'est pas question ici de diaboliser la langue anglaise, mais sans un retour à un aménagement linguistique solide et des pénalités conséquentes à son non-respect, les francophones auront beau se plaindre, le résultat sera nul.

    ET L'ARROGANCE, BORDEL?

    Dans ce jeu de "blâmer la victime", on demande aux francophones de se faire "respecter", mais on ne parle pas du mépris et de l'arrogance de ces commerçants qui considèrent le français comme superflu et les francophones osant se plaindre comme des "chialeux".
    Mme Saint-Pierre croit même qu'"on ne peut pas dire qu'un unilingue anglophone n'a pas le droit de travailler au Québec". Il ne faudrait surtout pas traumatiser les pauvres gens qui refusent de parler la langue de la société dans laquelle ils vivent...

    Mais la palme de l'insouciance va à Sébastien Proulx de l'ADQ. Tout jeune, il reprenait sans le savoir le discours d'Alliance Québec en disant qu'"une langue, ça ne s'impose pas". Il serait peut-être temps que certains adéquistes se sortent le nez des champs verdoyants d'Hérouxville et de ses lapidations imaginaires pour s'occuper aussi un peu de ce qui se passe à Montréal et dans l'Outaouais.

    LE FRANÇAIS TOUJOURS MOINS PAYANT

    Le dernier recensement l'a confirmé: le français recule. À Montréal, la difficulté d'être servi en français se vit et se sait. C'est anecdotique, mais en deux semaines, j'ai vu quatre médecins résidents unilingues anglophones, nés ici.

    Dans une soirée de magasinage sur Sainte-Catherine Ouest, chez les clients et les vendeurs, j'ai entendu très peu de français. Dans une boutique connue, vers 20 h 30, une vendeuse, une des rares francophones à y travailler, m'a dit que j'étais la première cliente à qui elle pouvait parler en français. Elle m'a aussi parlé du manque de respect de la maison mère de Toronto, qui leur envoie de plus en plus souvent du matériel publicitaire truffé de fautes de français. J'oubliais: cette histoire, on me l'a racontée aussi dans d'autres commerces.

    Devant la commission Bouchard-Taylor, le mathématicien Charles Castonguay, l'expert numéro un au pays en matière d'assimilation linguistique, amenait un autre indice inquiétant. Citant le C.D. Howe Institute, il rappelait qu'en 2000, un unilingue anglophone au Québec gagnait toujours plus qu'un unilingue francophone (34 097 $ contre 29 665 $).

    Les allophones ne parlant que l'anglais avaient un revenu moyen de 27 216 $ alors que ceux ne connaissant que le français gagnaient seulement 21 233 $. Cet écart est majeur et il s'élargit depuis des années. D'où la conclusion de Charles Castonguay: "Dans le monde du travail, l'anglais est finalement plus payant que le français au Québec." Et d'où sa question dangereusement pertinente: "Sommes-nous en train de former, à même la population allophone, un sous-prolétariat de langue française?"

    Mais ne retenez pas votre souffle. Ni nos gouvernants, ni les commissaires Bouchard et Taylor n'oseraient soulever eux-mêmes une question aussi dérangeante...

    Jean-Renaud Dubois
    Sainte-Adèle »

  • Sylviane Laberge
    Inscrite
    dimanche 27 janvier 2008 18h51
    Nous devons nous battre
    « Je crois que la langue francaise est tres importante et nous devons nous battre pour elle. Je suis presentement a Washington DC pour un an, pour apprendre l'anglais. Je sais ca donne l'impression que je me contredis, mais non. Je crois que c'est un atout de parler les deux langues et depuis que je suis la-bas, je me sens fiere de parler francais. La plupart des gens que je rencontre, me disent qu'ils voudraient tellement parler francais, que c'est une tres belle langue et que je dois me battre pour garder le francais en vie au Quebec (pour ceux qui sont au courant de notre cituation. Le francais c'est notre heritage et notre moyen de communication. Alors, ceux qui decident de venir s'etablir dans notre coin de pays, doivent s'attendre a utiliser la meme langue que nous. Nous devons mettre toutes les chances de notre cote. Pour ca, ca prend un gouvernement qui prend les choses en main et ca prend la population pour le forcer a le faire. Et comme je l'ai appris au secondaire et au CEGEP: le gouvernement c'est nous.

    Lorsque je vais revenir de mon voyage, je serai la pour defendre la langue francaise, pour la promouvoir et la garder en vie.

    sylviane »

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