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Québec tait des données alarmantes

Conférence de presse de l'Office de la langue française annulée sans raison

Robert Dutrisac   24 janvier 2008  Québec
Québec — En plein coeur de la controverse autour de l'usage du français dans les commerces de Montréal, la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, devait participer à une conférence de presse pour dévoiler des études commandées par l'Office québécois de la langue française (OQLF) sur la situation linguistique au Québec. Prévue le 18 janvier dernier, cette activité a toutefois été annulée à la dernière minute.

Quand, à la mi-janvier, la ministre St-Pierre a brandi une pseudo-étude rassurante sur les services en français dans 2500 commerces de Montréal, elle venait tout juste de prendre connaissance d'une série d'études rigoureuses que l'OQLF avait commandées auprès de chercheurs reconnus. Ces études, dont au moins une envoyait un signal d'alarme quant à la situation du français sur l'île de Montréal, devaient être rendues publiques le 18 janvier.

Le 9 janvier dernier, neuf mois après sa nomination, Christine St-Pierre s'est intéressée à la question de la langue en participant à un briefing technique portant sur quatre études commandées il y a belle lurette par l'OQLF mais qui n'avaient jamais été rendues publiques. Les auteurs de ces études étaient présents pour répondre aux questions de la ministre, a précisé le porte-parole de l'OQLF, Gérald Paquette.

Le lendemain, l'OQLF a demandé au démographe Marc Termote, auteur d'une étude sur les perspectives démo-linguistiques du Québec, de préparer une présentation de type PowerPoint en vue de la tenue d'une conférence de presse à l'Institut de l'hôtellerie, à Montréal, la semaine suivante, le vendredi 18 janvier. À la veille de cette conférence, on l'a avisé qu'elle n'aurait pas lieu, a relaté M. Termote. On ne lui a pas donné de raisons.

L'étude de M. Termote, dont la version finale a été remise à l'OQLF en août 2006, concluait que vers 2021, ceux qui parlent le français à la maison seront devenus minoritaires sur l'île de Montréal. Ce phénomène pourrait même survenir un peu plus tôt en raison du nouveau seuil annuel d'accueil des nouveaux arrivants. Relevé l'an dernier par le gouvernement Charest, ce seuil fait passer de 45 000 à 55 000 le nombre d'immigrants reçus chaque année.

C'est à la ministre de décider quand les études commandées par l'OQLF sont rendues publiques. Mais au cabinet de Mme St-Pierre, on indique que la ministre n'a rien à voir avec cette annulation, qu'aucune date ne lui a été soumise pour la conférence de presse et que c'est l'OQLF qui a pris cette décision. M. Paquette a indiqué hier que l'OQLF avait décidé de reporter à la fin de mars la diffusion des études parce que certaines d'entre elles ne seraient pas achevées et qu'on préférait les dévoiler en bloc. Elles seront rendues publiques en même temps que le rapport quinquennal sur le suivi de la situation linguistique au Québec, un document auquel l'organisme apporte une derrière main.

Tant au cabinet de Mme St-Pierre qu'à l'OQLF, on nie que le caractère délicat sur le plan politique de certains résultats contenus dans ces études ait pu justifier le report de leur dévoilement.

Depuis 2002, l'organisme a commandé une douzaine d'études, dont moins de la moitié ont été rendues publiques, afin d'assumer sa responsabilité du suivi de la situation linguistique au Québec et de produire son rapport quinquennal. C'est sous un gouvernement péquiste que la Loi sur la Charte de la langue française a été modifiée et que l'OQLF s'est fait confier ce mandat de suivi, en 2002.

Toutes ces études ont été évaluées et validées par le comité de suivi de la situation linguistique, présidé par le sociologue Simon Langlois. «Les études s'accumulent et ne sortent pas, ou elles sortent au compte-gouttes», a souligné le démographe Charles Castonguay, un des membres indépendants du comité de suivi de l'OQLF. Le chercheur déplore cette situation. «Il y a des auteurs qui ont travaillé très fort. Et je peux vous dire que le comité de suivi a pris son travail très au sérieux.»

Parmi les études dont le dévoilement est retardé depuis longtemps figure celle de Marc Termote sur les perspectives démo-linguistiques du Québec et de la région de Montréal, dont l'horizon s'étend jusqu'en 2051. Le chercheur a remis à l'OQLF une première version de son étude au tout début de 2006. Le comité de suivi a ensuite procédé à son évaluation et a transmis ses commentaires à M. Termote, qui a fourni la version finale de son étude six mois plus tard. Soulignons que l'auteur assume l'entière responsabilité du contenu de son étude.

Normalement, cette étude aurait dû être remise à la ministre de l'époque, Line Beauchamp. Le porte-parole de l'OQLF n'a pas pu préciser quand cette étude avait été transmise à la ministre, ni si c'était au cabinet de Mme Beauchamp ou à celui de Mme St-Pierre qu'elle avait été remise.

«L'OQLF est entre le fer et l'enclume», juge Marc Termote, qui estime que l'organisme n'est pas responsable de cette situation. Il croit que l'OQLF «ne demandait pas mieux que de publier les études le plus tôt possible». Le chercheur croit qu'il aurait été «élémentaire» de sortir son étude avant.

L'OQLF lui a demandé de faire des prévisions sur la langue parlée à la maison au Québec à partir du recensement de 2001. Mais on aura attendu que les données du recensement de 2006 sortent pour dévoiler ses prévisions.

Quoi qu'il en soit, les prévisions de l'étude sont «tombées pile» sur celles du recensement de 2006, a soutenu M. Termote. Les données du dernier recensement montrent qu'un peu moins de 54 % de la population de l'île de Montréal parle français à la maison.

En outre, le chercheur avait déjà réalisé la même étude en 1999, basée sur le recensement de 1996. Il a évalué différents scénarios plus ou moins pessimistes quant à l'usage du français sur l'île de Montréal. Or c'est son scénario de 1999, le plus pessimiste, qui devient son scénario de référence dans sa dernière étude, a-t-il confié au Devoir. Ainsi, vers 2021, ceux qui parlent français à la maison seront en minorité sur l'île de Montréal, autour de 48 %.

«Il ne faut même pas être démographe pour comprendre ce qui se passe. Tous les facteurs démographiques jouent contre le groupe francophone, particulièrement sur l'île. La fécondité des francophones est la plus basse, plus basse encore que celle des anglophones et, bien sûr, des allophones. L'exode vers la banlieue joue plus fortement pour les francophones tandis que l'immigration joue contre le groupe majoritaire», affirme M. Termote.

Le gouvernement Charest se réjouit toutefois de voir qu'une proportion de plus en plus élevée de transferts linguistiques, soit 75 %, se font en faveur du français au détriment de l'anglais. Mais la mobilité linguistique est un facteur marginal, réplique Marc Termote. Très peu d'immigrants cessent d'utiliser leur langue maternelle à la maison. Et ce n'est qu'après une ou deux générations que les transferts linguistiques s'effectuent. «On se fait des idées sur la mobilité linguistique», fait-il observer. «Ça prend du temps. Et pendant ce temps, il y a tous ces phénomènes démographiques qui jouent à plein.»
 
 
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  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 04h40
    Un autre motton caché dans le gruau Libéral très provincial
    Woups, un autre motton linguistique dans le gruau Libéral très provincial. C'est un peu gênant quand on veut augmenter tant, le nombre d'immigrants.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 05h55
    Les études sur la langue
    On dit que ce n'est qu'après deux générations que les transferts linguistiques s'effectuent.Or, c'est dans un contexte où les allophones adaoptent la langue de la majorité.Dans le cas qui nous préoccupe, la langue de la majorité se dirige vers la langue anglaise, ce qui implique que les chances que les allophones adoptent le français s'amenuisent d'années en années.C'est une bataille perdue d'avance.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 07h07
    Les données alarmantes
    Ce n'est pas la souveraineté qui changera grand chose. Vous dites que les transferts linguistiques se font en faveur de la langue dominante après deux générations, or, la langue dominante sera la langue anglaise d'ici une quinzaine d'années alors comment voulez vous que les allophones adoptent la langue française qui ne sera plus la langue dominante. Les pressions seront si fortes que le gouvernement québecois n'aura pas d'autre choix que d'abolir la loi 101. Paniquez autant que vous voudrez, vous ne changerez pas la loi de la gravité.
    Paul Lafrance
    Québec

  • Yvon Montoya
    Abonné
    jeudi 24 janvier 2008 07h27
    Ma langue au chat
    Bien oui, les politiques prouvent par les études qu'ils sont bien loin de la réalité. À priori, ces politiques sont au courant des réalités des citoyens dont ils reçoivent la responsabilité par le vote. Je dois bien maîtriser l'anglais et d'autres langues à un point tel que je ne m'aperçois pas que ce n'est pas du français. En tant que français, je ne sais plus à quelle langue me vouer même si c'est du québécois. Le charme de Montréal, malgré l'exode des francophones vers les banlieues (c'est plus francophone à Laval ou Brossard et d'ailleurs on ne dit jamais que le français a progressé dans ces zones), c'est son côté UNESCO où se retrouve le patrimoine linguistique de l'humanité. Ça nous permet de comprendre que l'humanité est une et bien solidaire. Avec tout ça, on finira à mettre beaucoup de langues dans les distributeurs automatiques de billets de banque comme le chinois actuellement. Avez-vous essayé de faire une transaction avec le mandarin plutôt qu'avec les autres langues? On ne parle jamais de la « chinasition » des distributeurs bancaires. L'anglais dérange mais pas le chinois. Pourtant il reste que les chinois risquent de nous envahir linguistiquement et que notre guerre contre l'anglicisation de la culture québécoise restera vaine face à ce vaste problème à venir.

  • Robert De Blois
    Abonné
    jeudi 24 janvier 2008 07h35
    La survie du français au Québec
    Évidemment il fallait s'y attendre. Avec un taux de natalité très bas, une immigration montante et difficile à intégrer, une pression mondiale pour s'internationaliser à l'anglaise, et disons le un certain manque de conviction à vouloir survivre au delà de l'épiphénomène de l'implantation française en amérique, le Québec s'approche de plus en plus du précipice de l'assimilation qui grangrène la plupart des minorités francophone du Canada.

    La question qui se pose maintenant serait plutôt quel genre de Québec nos enfants et nos petits enfants voudront avoir pour les années futures. Quant à moi, deux de mes enfants travaillent presque continuellement en anglais, dont l'un à Montréal et l'autre à Québec, alors que le troisième, travaillant pour une entreprise entièrement québécoise, peut heureusement utiliser sa langue maternelle la plupart du temps.

    Le Québec de l'avenir ne pourra être le Québec d'hier. A partir de l'abandon de notre histoire, de nos valeurs traditionnelles, et d'une ouverture plutôt imprudente sur tout ce qui semble moderne et à la mode, il fallait bien s'attendre à ce qu'un jour ou l'autre à la situation finisse par évoluer dans un sens ou dans un autre. Et voilà les sombres pronostics de notre grand mère Lise Payette qui semblent vouloir s'implanter...

    Je suis un vieux québécois de 70 ans, qui a passé par toutes les phase de notre évolution, à partir de l'achaisme de Duplessis, de l'Eglise très catholique et des usines à curés, puis au travers de la révolution pas trop tranquille, de l'implantation d'une grosse bureaucratie gouvernementale provinciale, et des passions nationalistes de Lévesque et des interpellations de De Gaulle, pour assister aujourd'hui à un questionnement sur notre devenir qui semble bien incertain. Je me réjouis quant même de ce qui a été acquis, et quand j'écoute mon garçon qui exige le respect de sa langue maternelle en plein Montréal dans son propre bureau,dans une entreprise de l'ouest canadien, je crois que nous avons malgré tout fait un peu de progrès. Le reste sera assujetti à leur volonté de vouloir aller encore plus loin, avec conviction et certitude que la langue et la culture française ont encore leur place en amérique du nord.

    Robert De Blois
    Québec

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 08h04
    Où est Pierre Curzi?
    Quelqu'un a vu Pierre Curzi?

    On fond sur l'ile et on fond au Québec. On est tombé sous les 50% sur l'ile et sous les 80% au Québec. Dénatalité? Non immigration massive.

    En 2003, les Américains ont reçu 703,000 immigrants, soit un pour 412 hab. A 55,000 immigrants bientôt, c'est presque 1 immigrant pour quelque 100 Québécois, alias les Francophones. C'est fou raide. C'est la mort de notre peuple.

    Cette immigration massive devrait susciter un débat de société, surtout de la part des nationalistes. Pourquoi accueillir autant d'immigrants surtout que la nouvelle immigration appauvrit le Québec (l'immigrant met maintenant 20 ans à gagner autant que le Québécois)

    Mais c'est le silence total. On cherche Pierre Curzi?

  • Etienne Merven
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 09h12
    Le Québec sur la bonne voie?
    Que de tapage, de sparages, de chicanes, etc. sur la perte de terrain du français au Québec. Au lieu de préconiser des mesures coercitives comme le fait le PQ et d'enfoncer le français dans la gorge des immigrants lorsqu'ils arrivent ici, pourquoi ne pas faire un vrai examen de conscience et aller voir ce que d'autres pays font pour que le français survive et prenne même de la vigueur.

    Je m'explique : L'autre soir, je suis allé voir un film-conférence sur l'île Maurice dans le cadre de la série des Grands reportages. Quelle ne fut pas ma surprise d'entendre le conférencier dire que « l'île Maurice est le seul pays au monde où le français gagne du terrain sur l'anglais ».

    Petit rappel : Cette île de l'Océan indien a été française de 1722 à 1815 (93 ans), par la suite une colonie anglaise jusqu'en 1968 (153 ans), année où elle est devenue indépendante. Elle est au milieu de l'Océan indien et entourée de l'Australie, du sous-continent indien, de Madagascar et de l'Afrique de l'Est (environ 99 % de ces pays sont anglophones). La langue officielle de l'île Maurice est l'anglais, les lois sont rédigées en anglais, le gouvernement fonctionne entièrement en anglais, les panneaux de signalisation sont en anglais, le nom de la compagnie aérienne nationale est en anglais, l'écrasante majorité des écoles sont anglaises, les examens sanctionnant les études secondaires sont même corrigés en Angleterre! Cependant, au Parlement, les députés peuvent s'exprimer en anglais, en français et en créole, comme bon leur semble, et les avocats plaident en français et en anglais aux tribunaux. Les commerces affichent dans la langue de leur choix. Et il n'y a pas de loi 101, pas de charte de la langue française, pas d'office de la langue française, rien de tout ça.

    Or donc, que fait cette minuscule île pour que le français y gagne du terrain? C'est la question qu'il convient de se poser! Je suggère que tous les grands manitous du Québec aillent y faire un petit tour pour constater de visu ce qui s'y passe. Ensuite, ils pourront mettre en pratique ici ce qui donne de bons résultats là-bas. Et peut-être la province pourra-t-elle éviter toutes sortes de chicanes.

    À bon entendeur, salut!

  • Alain D'Eer
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 09h35
    L'autruche est organique
    Caché des informations, dilué les faits, se complaire dans un rêve d'un beau et grand pays "coast to coast, peur de réveiller le dossier linguistique... autant de raison pour contrôler l'information, caché la réalité. Le PLQ, le PLC, La Presse, Air-Canada, les Forces armés Canadienne, Radio-Canada et maintenant le boute du boute; l'office de la protection de la langue française, etc. autant de véhicule du grand rêve inachevé de Lord Durham.
    Au rythme actuel et sans changement dans le paradigme politique à court terme, Montréal sera devenu dans 50 ans la Nouvelle-Orléans du Nord, le coeur de la "nation" Québécoise aura cessé de battre. Dans 100 ans, le français sera devenu une langue folklorique au Québec et les enfants de mes enfants seront devenu des franco-québécois.
    Pendant ce temps les québécois se demande encore; "À quoi ça peut bien servir un pays..."
    Il est parfois bien triste ce "peuple" sans c...

  • Louis Lapointe
    Abonné
    jeudi 24 janvier 2008 09h43
    La loi du silence
    Bonjour M.Dutrisac,

    Il ne faut pas s'étonner de la décision du gouvernement du Québec de garder secrète une étude qui l'obligerait à agir et à se rendre impopulaire auprès de sa clientèle de prédilection, les anglophones et les allophones de l'île de Montréal. Toutefois, ne s'agit-il pas là de l'arbre qui nous cache la forêt, le vrai débat portant plus fondamentalement sur le silence de nos élus au sujet de décisions inexpliquées ou inexplicables lorsque des questions d'intérêt public sont en jeu?

    Comment doit-on qualifier ces silences? Attentisme, omission, opportunisme, finasserie, restrictions mentales, hypocrisie, fourberie? Le silence ne serait-il pas devenu la voie en or de l'excuse pour ne pas commettre un pire crime : le mensonge!

    «Nous n'avons pas menti cette fois-ci, nous avons juste ajourné, attendant le moment propice pour en parler!» Ce comportement enfantin du « pas vu, pas pris » est impardonnable de la part d'une ancienne journaliste. À la limite, on peut comprendre qu'un premier ministre « avocat » privilégie le silence, habitué qu'il est à garder secret les confidences de ses clients, ayant, de ce fait, succombé à une vilaine déformation professionnelle. Mais dans le cas de Christine St-Pierre, une ancienne journaliste, nous nous serions attendues à ce qu'elle fasse preuve du plus haut niveau d'éthique lorsqu'il est question de sujet d'intérêt public. Qu'elle nous dise la vérité!

    Nous avons tous compris que toute vérité n'est pas bonne à dire pour les politiciens, fussent-ils d'anciens journalistes, avocats, syndicalistes, médecins ou leaders étudiants. Les seules règles qui comptent, une fois en politique, sont la ligne de parti et la solidarité ministérielle. À ce titre, toutes les excuses sont devenues bonnes pour nous cacher la vérité et justifier les pires mensonges ; la stabilité, la sécurité et la paix publique étant tout à coup devenues, pour ces anciens modèles de vertu, des priorités ayant préséance sur toutes les valeurs démocratiques qui les ont animés au moment d'entrer en politique active.

    Louis Lapointe
    Brossard

  • François Lalonde
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 09h43
    La ministre Saint-Pierre serait-elle de mauvaise foi ?
    Rappelez-vous de ce document que la ministre Saint-Pierre a utilisé il y a quelques jours à peine...

    Le français dans les commerces: un sondage en guise d'enquête
    La Presse, 19 janvier 2008

    «Le terme "étude" n'est pas approprié, on parle d'un sondage terrain», affirme France Boucher, présidente de l'Office québécois de la langue française (OQLF).

  • Fernand Trudel
    Abonné
    jeudi 24 janvier 2008 09h48
    On utilise une corde sensible des québécois
    Pour mousser des options que la majorité rejette, on utilise des subterfuges. Une des cordes sensibles des québécois est la survie de sa langue. Un débat éternele et insoulubre.

    La résistance de la langue française existe depuis la conquête de 1760. Elle a ressurgit dans la rébellion de 1837-1838. Malgré tout, en 1865, face à une protestation orchestrée par le clergé (pétition de 100,000 noms), l'assemblée législative du Québec adoptait une résolution pour s'unir aux autres provinces pour devenir la Confédération Canadienne signée en 1867 à Charlottetown. Nous sommes devenus minoritaires à ce moment. Relisons un extrait du rapport Durham pour comprendre : « Si l'on estime exactement la population du Haut-Canada à 400.000 âmes, les Anglais du Bas-Canada à 150.000 et les Français à 450.000, l'union des deux provinces ne donnerait pas seulement une majorité nettement anglaise, mais une majorité accrue annuellement par une immigration anglaise ; et je ne doute guère que les Français, une fois placés en minorité par suite du cours naturel des événements abandonneraient leurs vaines espérances de nationalité. »

    Dans la révolution tranquille des années 60-70, le fait français a ressurgit et les troubles de St-Léonard recréèrent un climat de tension qui fut à l'origine de la loi 63 de Jean-Jacques Bertrand. Celà ne suffit pas à éteindre les revendications, alors Robert Bourassa adopta la loi 22. Encore là, le PQ la remplaça par la loi 101 en 1984. Après tant de luttes qui ont traversées les siècles, le constat fut que la minorisation des québécois de souche continue irréversiblement. Dans les années 70, le Québec formait 30% de la population canadienne et en 2001, nous formions que 24% de la population canadienne.

    Ce fait troublant a été prédit dans le rapport Durham : « Les Canadiens-français ne sont que le résidu d'une colonisation ancienne. Ils sont destinés à rester toujours isolés au milieu d'un monde anglo-saxon. Quoi qu'il arrive, quel que soit leur gouvernement futur, britannique ou américain, ils ne peuvent espérer aucunement dans la survie de leur nationalité. »

  • Jacques Boulanger
    Abonné
    jeudi 24 janvier 2008 11h04
    Assimilation des francophones
    Autre facteur qui accélère le processus d'anglicisation sur l'île de Montréal et bientôt ailleurs dans la province, c'est le taux d'assimilation des francophones «de souche». Allez sur le site du Directeur des élections et comparez pour les comtés de la grande région métropolitaine, la statistique entre «la langue parlée à la maison» et «la langue maternelle» pour les francophones. C'est hallucinant.

    Je me demande encore pourquoi aucun démographe ou sociologue ne se penche sur ce phénomène qui pourtant est vécu au quotidien dans nos familles et dans notre entourage. Qui n'a pas dans sa famille un neveu, une nièce complètement assimilés et pour lesquels les enfants sont à toute fin pratique anglophones?

    Et pourtant, les sbires de Gesca, le gouvernement très libéral avec Christine St-Pierre en tête vous diront : pas de problème, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ce n'est plus de l'aveuglement ou de l'ineptie, mais de la pure trahison!

  • Etienne Merven
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 11h17
    Re : Où est Pierre Curzi?
    Pierre Curzi doit être en train de panser ses plaies par suite de la claque que lui a assainée La Marois l'autre jour en le désavouant.
    Il devrait savoir qu'au PQ (comme dans d'autres partis, d'ailleurs), on ne prend pas d'initiatives. On rentre dans le rang, on annonne la ligne du parti et on demande l'aval du chef avant de dire quoi que soit...

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 11h24
    L'avenir du français
    On n'a pas besoin de génocide au Québec.Les Québecois francophones de souche s'éteignent tout naturellement. En plus du fait qu'ils ne se reproduisent pas, beaucoup s'expatrient dans l'Ouest canadien ou même aux États Unis. Quelques uns retournent même à la mère patrie (Claude Charron entre autres.)Et ça, ce n'est pas la faute du Fédéral et des m...anglais.

  • David Sanschagrin
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 11h26
    Le loi que l'on peut contrevenir.
    Ce qui est plutôt étrange au Québec, c'est que nos politiciens, même péquistes (rappellons-nous Lucien Bouchard), ne font rien pour appliquer la loi 101; on ne parle même pas de la renforcer, juste de l'appliquer dans l'esprit et dans la lettre. Il m'apparaît que depuis qu'elle fut votée, cette loi n'a fait que péricliter et je ne comprends pas pourquoi. Avons-nous perdu toute velléité de défendre notre langue? Est-ce notre chrétienne résignation? Est-ce que la langue a cessé d'être importante pour nous ou seulement nos politiciens?

  • Nicole Ouellette
    Abonnée
    jeudi 24 janvier 2008 12h06
    C'est à qui à parler?
    Quel que soit le parti, le politicien trouve de bonnes raisons de ne pas parler, pas le moment, pas en mesure d'agir,pas dans les priorités,etc. Le journaliste a sa liste et le fonctionnaire qui a su avant tout le monde quelquefois a son devoir de réserve. Vous pouvez être sûr que sur un sujet pareil l'alarme avait été sonné bien avant qu'on se réveille avec une minorité de francophones sur l'Ile. Je dirais dix ans au moins dans un ministère qui a à se coltiner avec le phénomène tous les jours. Mais ... Peut-être que le devoir de réserve devrait faire place à un devoir de « sonnette » (whistle blower).

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 24 janvier 2008 12h11
    Le français à l'Ile Maurice et au Québec
    Le français se porte bien à l'Ile Maurice parce qu'il est dans ce pays la langue de l'aristocratie et des gens riches et instruits.

    Appliquons cela au Québec : respect de notre langue, mise au pas des radio-poubelles, meilleur niveau d'instruction pour nos enfants, valorisation de l'enseignement technique, amélioration de notre productivité pour créer de la richesse. Tout le contraire d'une immigration massive qu'on ne réussit pas à intégrer, car la richesse d'un pays ne se mesure pas par le nombre de ses habitants, mais par le produit intérieur brut (PIB) par habitant.

  • Yves Babin
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 12h33
    C'est assez!
    Je n'ai qu'un seul mot à dire aux québécois et il vient du message de Claude Péloquin: "Vous n'êtes pas tannés de mourir, bande de caves? C'est assez!"

    Alors on se décide oui ou non ?

  • Etienne Merven
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 12h43
    Petit oubli
    J'ai oublié d'indiquer que la population de l'île Maurice est la suivante (données approximatives) :
    Indiens et musulmans de l'Inde : 68 %
    Noirs d'Afrique et descendants : 27 %
    Chinois : 3%
    Européens (appelés Blancs) : 2 %

    Or donc, la tenue du français dans ce pays devrait donner à réfléchir aux décideurs québécois...

  • Zach Gebello
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 13h06
    Le français sur l'Ile Maurice
    C'est exactement ce que j'affirme sur l'absence d'un réseau d'économie ethnique propre aux Québécois de souche.

    Toutes les communautés ethniques de l'île Maurice ont non-seulement une identité forte mais leurs réseaux d'économies branchés sur les réseaux internationaux de leurs pays d'origine; Europe (France), Inde, Chine. Avec 32% de franco-Mauriciens et Créoles, branchés sur le réseau européen, le français gagne du terrain chez les Indo-Mauriciens qui sont surtout négociants. Une saine concurrence interne.

    Les Québécois de souche avec leur attitude de "nous sommes tous des Québécois de souche au Québec" pour ne pas "déplaire" aux autres communautés ethniques du Québec qui ont pourtant leur propres réseaux bien identifiés exclusivement, et actifs, se refusent leur propre réseau d'économie et se retrouvent sans organisation aucune ni loyauté culturelle.

    Simply bad business.

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 24 janvier 2008 15h54
    Que les traîtres se lèvent
    En 1865, sous la pression de l'Église, l'Assemblée législative du Québec votait à l'unanimité d'intégrer les Québécois dans la future confédération, les plaçant ainsi en situation minoritaire. Cette situation permettra au clergé cathholique de garder l'emprise que lui avait consentie le pouvoir britannique après la Conquête. Au lieu de réclamer le retour d'une école confessionnelle catholique, Marc Ouellet devrait monter aux barricades de la bataille pour la survie du français dans l'espoir de réparer cette trahison, pour laquelle son institution ne s'est jamais excusée.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Jean Dujardin
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 17h33
    Réveillez vous!
    Il n'y a pas dix solutions aux problèmes identitaires du Québec, mais une seule : l'indépendance!
    Après tout beaucoup de nations européennes, souvent plus petites que le Québec sont indépendantes. Elles font respecter leur identité et leur culture. Le comble c'est qu'elles sont souvent parmi les plus performantes sur le plan économique! Irlande, Danemark, Suède, Portugal...et même les Flamands qui veulent se protéger de l'hégémonie de la langue française.
    Le Quebec est une nation, il ne faut plus hésiter!

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 24 janvier 2008 18h15
    Devoir de sonnette
    Nicole Ouellette a raison, la loyauté d'un fonctionnaire est d'abord au peuple qui paie son salaire et sa pension. Mais il faut être brave pour risquer son emploi et sa retraite payée.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • André Champagne
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 19h08
    Le silence parle français au Québec
    Nos politiciens au pouvoir préfèrent taire la situation du français à Montréal dans l'espoir d'éviter des réactions vives et qui forceraient une intervention délicate. Le calcul électoraliste de nos politiciens prime sur l'évolution positive de la langue française. En effet, les libéraux croient qu'éviter une intervention dans ce dossier leur donne plus de chance de demeurer au pouvoir.
    C'est l'art de ne rien faire en espérant sauver les meubles. Le gouvernement de monsieur Charest est l'exemple parfait de ce type de "décideur". Il faut se débarrasser de ces profiteurs peureux.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 19h49
    À Jean Dujardin
    Cessez de rêver en couleurs.L'indépendance ne changera rien au fait que les québecois de souche ne se reproduisent pas, pas assez de naissances et trop d'avortements. Pendant ce temps, les allophones qui n'en ont rien à foutre du français dans une Amérique anglophone, font des enfants en quantité. Aussi paradoxal que celà puisse paraître, le français est mieux protégé à l'intérieur de la fédération canadienne qu'à l'intérieur d'une province dont la population de souche s'éteint graduellement.
    Paul Lafrance
    Québec

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    jeudi 24 janvier 2008 21h20
    @ Roland Berger
    M. Roland Berger écrit, avec raison, que l'église catholique devrait s'excuser parce que : «En 1865, sous la pression de l'Église, l'Assemblée législative du Québec votait à l'unanimité d'intégrer les Québécois dans la future confédération, les plaçant ainsi en situation minoritaire.»

    M. Berger, ce qui nous a été présenté comme une confédération en 1865 n'était qu'une fédération qui est devenue centralisatrice "ce qui est très différent d'une confédération" qui est une association d'États souverains, pas de provinces soumises au fédéral.

    Les Québécois n'ont qu'à négocier le retrait de la fédération actuelle pour la remplacer par une vraie confédération dans laquelle nous aurions toute la latitude voulue pour assurer la pérennité de notre culture et notre langue en Amérique.

    En plus de s'excuser pour cette erreur de l'église catholique, on devrait en profiter pour demander à monseigneur Ouellet si l'enfer existe toujours pour les Catholique qui meurent sans regretter un péché mortel et s'ils ont réussi à y installer l'air climatisé pour éviter les brûlures au troisième degré à ses pensionnaires impies qui y sont logés gratuitement pour l'éternité et un peu plus. Est-ce qu'un 25 ans ferme pourrait y être substitué à l'éternité pour la destination enfer si elle existe encore vu que le présent pape a "scrappé" les limbes au mois de mai dernier ?

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 25 janvier 2008 10h45
    @ Paul Lafrance
    M.Paul Lafrance écrit : «le français est mieux protégé à l'intérieur de la fédération canadienne qu'à l'intérieur d'une province dont la population de souche s'éteint graduellement.»

    Est-ce que vous pouvez expliquer ça concrètement ?¸

    En passant, est-ce difficile pour un fédéraliste de s'appeler Lafrance.

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