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Loi 101: deux petites pages pour soutenir les prétentions de St-Pierre

Antoine Robitaille   19 janvier 2008  Québec
Québec — L'étude que la ministre Christine St-Pierre a brandie pour soutenir que la loi 101 était respectée dans 90 % des commerces du centre-ville de Montréal tenait en deux pages et n'avait aucune «prétention scientifique», a-t-on appris hier auprès de l'Office québécois de la langue française (OQLF). En fait, les données ont été recueillies en marge d'une «campagne de promotion» de la loi 101, a précisé hier la présidente de l'OQLF, France Boucher, selon les voeux de la ministre précédente, Line Beauchamp. Mercredi, le premier ministre Jean Charest, à l'instar de ses ministres, avait cité cette «étude» menée dans quelque «2500 commerces». Hier, Mme St-Pierre a fait parvenir à tous les médias les données et la méthodologie, un document qui tenait en deux pages. «"Pas scientifique" ne veut pas dire "pas valable"», a soutenu Mme Boucher hier.

Le débat a éclaté après que Le Journal de Montréal eut effectué une enquête sur la facilité pour une personne unilingue anglophone d'être embauchée au centre-ville de Montréal. Mme St-Pierre a soutenu hier au micro de Radio-Canada que ce que le quotidien a révélé était «inacceptable». Mais elle s'était toutefois dite rassurée par l'étude de l'OQLF en 2006.

Personne n'avait vu le document en question, qu'on imaginait touffu. Tout au plus le gouvernement en avait-il révélé les résultats un peu avant le déclenchement des élections, le 30 janvier 2007. Line Beauchamp, alors ministre responsable de la loi 101, avait fait une conférence de presse. À ce moment, elle avait tenu à préciser que «ce n'était pas en soi [...] une recherche» mais «plutôt une visite faite directement dans les commerces». Malgré cela, on pouvait selon elle conclure que «le français [était] dans une situation plutôt favorable au centre-ville de Montréal». Il fallait à ses yeux «lutter contre cette perception [voulant] que l'anglais [y] règne en maître».

Introuvable

Plusieurs personnes avaient été intriguées par cette «étude». Le militant indépendantiste Patrick Bourgeois, du journal Le Québécois, l'a réclamée en vain à plusieurs reprises et en était venu à accuser l'OQLF et le gouvernement de «manquer de transparence» parce que ni l'organisme ni le ministère de la Culture n'acceptaient de lui remettre cette «étude».

Le Parti québécois réclamait encore hier matin que le gouvernement «rende publique dès maintenant la supposée étude» sur laquelle la ministre St-Pierre s'est appuyée pour dire «que la situation n'est pas préoccupante dans le centre-ville de Montréal». «Il doit bien y avoir quelque part une étude plus détaillée», a soutenu le porte-parole péquiste en la matière, Pierre Curzi. Une demande d'accès à l'information, en février dernier, avait abouti à un résultat qui avait laissé le parti «perplexe». L'OQLF n'avait transmis qu'un seul document: le communiqué de presse du 30 janvier 2007. On invitait de plus le PQ à transmettre la demande d'accès au cabinet de la ministre puisque, écrivait l'OQLF, «votre demande porte essentiellement sur des renseignements destinés» à ce cabinet.

Mais en rendant les renseignements publics hier, on a pu conclure qu'il n'y avait rien d'autre que ces deux pages. «Ce n'est pas une enquête comme celle qu'on a l'habitude de faire», a souligné Mme Boucher tout en soutenant que le terme «"étude" n'est pas nécessairement inapproprié» pour la désigner. Peu après la publication d'une autre enquête par Le Journal de Montréal, en juin 2006, des employés de l'OQLF, sans être identifiés, s'étaient rendus comme de simples clients dans les 2471 commerces. Leur conclusion: dans 83 % des cas, l'accueil s'était fait en français. Le service avait été offert en français dans 91 % des commerces et l'affichage était conforme dans 71 % des cas.

Hier, une dizaine de membres des Jeunes Patriotes du Québec entendaient aller porter 101 langues de porc au bureau de circonscription de la ministre St-Pierre pour «dénoncer de façon humoristique [son] laxisme» et celui des libéraux en matière linguistique. En entrevue à Radio-Canada hier matin, la ministre a dit à la blague qu'elle transmettrait le présent à un restaurant spécialisé dans le porc.






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  • Hubert Larocque
    Abonné
    samedi 19 janvier 2008 00h34
    Loi 101: "Tout va très bien, madame la Marquise".
    « Loi 101: "Tout va très bien, Madame la Marquise".
    On est fédéraliste, à divers degrés, dans la mesure où l'on a cessé d'être Québécois. La réalité, c'est que la langue française est secondaire, ou plutôt, elle est le signe le plus significatif de notre identité nationale. Qu'un Chinois ou un Haïtien parlent le français n'en font pas pour autant des Québécois. Ce qui fait l'identité québécoise, c'est le rattachement à la fondation française du XVII siècle, que les Fêtes de Québec devraient nous rappeler avec clarté. Le noyau et la substance de cette identité résident dans la population québécoise de souche qui, par consanguinité, par adhésion culturelle et spirituelle, profondément consentie et réinterprétée, définissent l'identité et le caractère spécifique de l'être au monde du Québec. Aucun immigrant ne peut prétendre au nom de Québécois s'il ne comprend pas cela, et s'il n'accepte pas d'éteindre ses origines en s'assimilant aux Québécois de souche. Le rôle d'un véritable Gouvernement du Québec consisterait à s'affranchir de la condition coloniale créée par la Conquête de 1760, qui est passée intégralement dans la Constitution canadienne, et à imposer à une immigration numériquement raisonnable, des politiques visant à réaliser sa fusion à la population originelle.
    Venons-en au fait de la langue. Tout citoyen informé sait que le français est en déclin à Montréal, et que cela annonce le déclin du français sur l'ensemble du territoire québécois. Tous les chiffres, tous les indicateurs l'indiquent, le confirment. Ce citoyen sait également que le bilinguisme fédéral est un écran de fumée qui détourne l'attention de l'absence réelle du français au Canada et de l'affaiblissement progressif du français au Québec. De l'anglais partout au Québec, des panneaux bilingues dans les Rocheuses, voilà le condensé de la politique d'Ottawa.
    Comment un bon fédéraliste s'y prend-il pour continuer à rêver bilingue et français? On en trouve une parfaite illustration dans le journal La Presse. D'abord, il refusera toutes les données allant à l'encontre de sa foi fédérale, il scrutera les chiffres, les retournera de façon à fausser l'image de la réalité. Il se moquera de toutes les mises en garde adverses en les traitant d'alarmistes, et enfin il invitera à la vigilance des citoyens, comme seul moyen d'action, pour cacher l'impuissance et l'absence de toute volonté sérieuse de la part du Gouvernement pour freiner le déclin du français. On apprend que la fameuse Loi 101 n'a aucun pouvoir coercitif. La procédure pour dénoncer et obtenir le redressement du mépris du français est longue, complexe et nécessite un effort démesuré pour obtenir une victoire symbolique, une amende insignifiante et aucune sanction réelle et efficace.
    Si le Gouvernement du Québec voulait sérieusement le bien du Québec et sa permanence dans l'être français, il n'admettrait sur son territoire en nombre modéré que des immigrants parlant déjà le français, hommes et femmes. Il leur dispenserait des cours de culture étoffés, et contrôlerait leur « intégration » avec exactitude et efficacité. Voudrait-il que l'on parle français dans les commerces, il n'accorderait ses permis d'exploitation qu'après s'être assuré que les demandeurs parlent le français. Y-a-t-il preuve que l'anglais ou une autre langue remplace le français, le permis devrait tout simplement être révoqué, et ce, sur simple constat honnête du fait. Le mépris du français prend sa source dans la Constitution canadienne, dans le statut des Anglais du Québec. Il faudrait le courage de les réexaminer, et répudier les limites et les contraintes qu'ils imposent au français sur le territoire québécois.
    On nous dira que de telles mesures sont contraires à la charte des droits, à la Constitution canadienne, aux décisions de tribunaux extérieurs au service d'Ottawa. Un véritable Gouvernement du Québec devrait avoir la conviction et la force de les dénoncer et de passer outre. Bref, c'est par le refus d'une légalité coloniale, clairement identifiée et balisée, que passent le salut de l'identité québécoise et de la langue française qui en est l'expression. La preuve historique en a été faite depuis longtemps. Faute de quoi, le Québec glisse d'année en année vers une ontarification de plus en plus marquée. Le français est pratiquement disparu d'Ottawa, l'Outaouais québécois est envahi par une forte immigration anglaise, fruit de l'odieux article 133 de la Constitution de 1867, et de la non moins néfaste clause Canada de la Constitution de 1982. Le même sort attend le Québec entier.
    Hubert Larocque, Gatineau. (819)776-2894 »

  • Alain Soucy
    Abonné
    samedi 19 janvier 2008 06h57
    Quelle facilité pour un unilingue francophone ?
    « Pour compléter et mettre en perspective l'enquête sur la facilité de se trouver un emploi au centre-ville pour un unilingue anglophone,

    pourquoi ne pas faire la même enquête mais, qui cette fois, tester la facilité de se trouver un emploi pour un unilingue francophone ? »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    samedi 19 janvier 2008 07h27
    Exigence.
    « C'est du sérieux ce genre d'étude. je trouve que 2 pages, c'est long à écrire et à lire. On comprend. Ils ont beaucoup de responsabilité. On comprend. »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 19 janvier 2008 08h59
    Auréole fissurée
    « Christine St-Pierre a fait un bon bout de chemin avec son auréole radio-canadienne. Sa position sur les risques que court la langue française dans la métropole québécoise l'a fissurée. Madame la ministre ne sera bientôt que Christine St-Pierre nommée ministre de la Culture. Rien de plus.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • william morris
    Abonné
    samedi 19 janvier 2008 09h35
    Ne pas se surprendre...
    « Bonjour,

    Le gouvernement libéral,comme son prédécesseur d'ailleurs, pratique le laisser-faire dans le domaine linguistique. Il n'applique même pas l'obligation de faire remplir des demandes d'emploi en français, ni celle d'afficher en français les postes à remplir, ni les différents avis au personnel.

    Les fonctionnaires ont, dans le passé, fait toutes les enquêtes, scientifiques, celles-là, mais cela ne change rien au laxisme des gouvernements. L'explication, c'est que le Québec a besoin de bras et les employeurs, trop souvent , ne se cassent pas la tête pour soutenir la cause du français. Pour vous en convaincre, il n'y a qu'à lire une feuille, qui se prétend un journal, et qui est livrée hebdomadairement dans les foyers de l'ouest de la Ville tout à fait gratouitement. On y fait l'apologie de la lutte contre la français et pour le droit de parler englais en toute circonstance. Les propriétaires comme les journalistes de cette feuille ne sont d'ailleurs pas des Anglais.

    Il faudrait absolument que nos gouvernement cessent de jouer à l'autruche, sinon nous assisterons bientôt à la louisination du Québec.

    Humblement soumis.

    William Morris
    www.lemont.canalblog.com »

  • Hugues St-Pierre
    Inscrit
    samedi 19 janvier 2008 10h50
    Comme Lénine
    « Ce qu'il faut comprendre, c'est que le gouvernement fédéral n'agit pas autrement que n'importe quel autre pouvoir politique qui est convaincu de sa souveraineté.
    Pour Lénine, la révolution bolchévique ne pourrait être une réussite que lorsque les Ukrainiens, les Tchéchènes et les Mongols parleraient le russe, car c'est par la langue qu'il est possible de rendre une société uniforme en obligeant tous ceux qui la constituent à penser, donc à vivre, selon les mêmes us et coutumes. Dans un premier temps, ça donne le bilinguisme; dans un deuxième temps, cela amène la disparition de l'une ou l'autre langue. Il n'y a pas d'État bilingue parce que tout État tend à l'unicité et, s'il n'y parvient pas, ne peut que sombrer.
    VLB (L'ACTION NATIONALE, numéro spécial 90ième anniversaire.p77) »

  • Véronique Langlois
    Inscrite
    samedi 19 janvier 2008 12h27
    La loi 101 respectée au centre-ville de Montréal ?
    « La situation montréalaise ne permet pas une explication rapide légitimée par une visite dans des commerces ici et là. Travaillant au centre-ville depuis maintenant 4 ans, j'ai constaté que l'anglais est vraiment dominant. Non seulement mes clients sont anglophones à 75% (ceci n'est pas scientifique, mais la scientificité ne semble pas préoccuper la ministre), mais en plus, les commerces avoisinants offrent des services anglophones seulements, dans certains cas. C'est sans compter les multiples annonces demandant des employés rédigés en anglais qui invitent fortement les anglophones à postuler du fait même.

    À la lumière de cette anglicisation importante au centre-ville, il est à se demander la pertinence pour un nouvel arrivant d'apprendre le français. Après tout, il n'aura aucun problème à communiquer ou à se faire servir en anglais.
    Le problème ne doit pas être prit à la légère sous prétexte "d'études" qui démente la prédominance de l'anglais
    à Montréal. »

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    samedi 19 janvier 2008 12h49
    Au delà des mots...
    « Lorsqu'on regarde attentivement les chiffres publiés dans la soi-disant "étude"(malnommée selon certains)de l'OQLF. On se rend compte qu'une équipe d'"inspecteurs" de l'OQLF réussissait à visiter un à deux commerces par jours de travail pour les fins de cette étude. À la lumière de quoi, nous pouvons donc en conclure, qu'ils devaient certainement s'époumonner à essayer de se faire ouïr de ces commerçants, en regard du temps prescrit pour remplir le si scientifique questionnaire de l'étude.

    Le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle est très très révélatrice cette étude...

    Comme dirait l'autre; "Ça se passe de mots"! »

  • Gérard Guay
    Inscrit
    dimanche 20 janvier 2008 00h40
    PEUPP endormi au gaz...
    « Bravo Monsieur Larocque pour votre intervention mais ce bon PEUPP est endormi au gaz. Les politiciens répondent par la pression venue d'en bas. Mais voilà ! il n'y a plus rien.
    C'est vide et creux. Entre les Lavigueur et Loft Story, le Banquier et pipi caca des humoristes de sous-sol, c'est le néant. Nous sommes dans un monde d'imaaagggess et de récréation.


    Québec fête ses 400 ans. En bloc, ce troupeau de moutons a voté NON au dernier référendum. Il s'est tiré dans le gros orteil et Madame Marois tente péniblement de retourner le ...suppositoire de la Souveraineté en bonbon agréable à manger. Voyons donc ! il n'y a plus rien à attendre d'un peuple qui parle la bouche molle et qui n'a aucune fierté.
    J'ai déjà cité notre poète Vigneault précédemment. Il disait qu'un pays ça se mérite. Visiblement, nous ne le méritons pas. De même manière, j'ai relevé le commentaire du pianiste Alain Lefebvre qui parlait des américains. Il disait que ce peuple écoute de la musique de merde, bouffe de la nourriture de merde et regardez comment ils votent. Nous en sommes là.
    Nous bouffons et vivons comme nos voisins et regardez le résultat: nous avons une ministre de la culture qui lors, des dernières élections nous parlait mièvrement de "...la politique de la main tendue de Monsieur Harper". Il faut le faire. C'est la main sur la gueule que nous avons. Et cette ministre nous présente un torchon d'étude pour nous faire avaler que notre langue se porte bien à Montréal. Ici au Saguenay, on en a plein le pompon d'attendre le reste de la province qui adore jouer les masochistes. Alors, chère ville de Québec, continuez de fêter et nous paierons la facture avec plaisir. Nous continuerons de faire 2 rapports d'impôt,nous paierons d'autres commandites pour nous faire avaler la pilule de l'unité nationale, nous paierons pour acheter d'autres sous-marins ...pré coulés, 15 milliards pour l'armée durant que notre industrie forestière se meurt et qu'un nombre inquiétant d'enfants au Canada ne mangent même pas convenablement et nous écouterons les âneries, des Dion, Coderre, Ignatieff, du p'tit Justin et tous les autre jusqu'à la fin des siècles Amen !

    Gérard Guay, la Baie Qc. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    dimanche 20 janvier 2008 10h38
    Après des siècles de luttes !!!
    « Après des siècles de luttes pour faire survivre le francais. Après des années d'un pouvoir péquiste. À la suite d'une kuyrielle de lois contraignantes, le problème est entier.

    Lord Durham constatait dans son rapport en 1839 ceci : «Mon séjour dans la province, je le reconnais, a modifié du tout au tout mes idées sur l'influence relative des causes assignées aux maux présents.»...«Je m'attendais à trouver un conflit entre un gouvernement et un peuple ; je trouvai deux nations en guerre au sein d'un même État : je trouvai une lutte, non de principes, mais de races. Je m'en aperçus : il serait vain de vouloir améliorer les lois et les institutions avant que d'avoir réussi à exterminer la haine mortelle qui maintenant divise les habitants du Bas-Canada en deux groupes hostiles: Français et Anglais. » Il en ait ainsi aujourd'hui où l'on tente de raviver les braises.

    Mais savons-nous ce que nous défendons? Laissons encore parler Lord Durham : « Les institutions de France durant la colonisation du Canada étaient peut-être plus que celles de n'importe quelle autre nation d'Europe propres à étouffer l'intelligence et la liberté du peuple. Ces institutions traversèrent l'Atlantique avec le colon canadien. Le même despotisme centralisateur, incompétent, stationnaire et répressif s'étendit sur lui. Non seulement on ne lui donna aucune voix dans le Gouvernement de la province ou dans le choix de ses dirigeants, mais il ne lui fut même pas permis de s'associer avec ses voisins pour la régie de ses affaires municipales que l'autorité centrale négligeait sous prétexte de les administrer. Il obtenait sa terre dans une tenure singulièrement avantageuse à un bien-être immédiat, mais dans une condition qui l'empêcherait d'améliorer son sort ; il fut placé à l'instant même à la fois dans une vie de travail constant et uniforme, dans une très grande aisance et dans la dépendance seigneuriale.»...« La conquête n'a pas changé grand'chose chez eux. Les classes élevées et les citadins ont adopté quelques-unes des coutumes anglaises. Néanmoins, la négligence continuelle du gouvernement britannique fut cause que la masse du peuple ne put jamais jouir des bienfaits d'institutions qui l'eussent élevée à la liberté et à la civilisation. Ils les a laissés sans l'instruction et sans les organismes du gouvernement responsable d'ici ; cela eût permis d'assimiler leur race et leurs coutumes, très aisément et de la meilleure manière, au profit d'un Empire dont ils faisaient partie. Ils sont restés une société vieillie et retardataire dans un monde neuf et progressif. En tout et partout, ils sont demeurés Français, mais des Français qui ne ressemblent pas du tout à ceux de France. Ils ressemblent plutôt aux Français de l'Ancien régime. » La bigoterie était et est aussi affaire courante. Mme Marois en est un parfait exemple d'une aristocratie latente inspirée des anciennes coutumes de France.

    Continuons la lecture des passages du rapport Durham: « Les deux races, ainsi séparées, se sont trouvées dans une même société et dans des circonstances qui devaient nécessairement produire un choc entre elles. D'abord, le langage les tenait à distance l'une de l'autre. »...« Les Français se plaignaient de l'arrogance et de l'injustice des Anglais ; les Anglais reprochaient aux Français les défauts d'un peuple faible et vaincu, les accusaient de bassesse et de perfidie. L'entière défiance que chacune des deux races a pu concevoir des intentions de l'autre a fait qu'elles ont toujours attribué les plus noirs desseins aux gestes les plus innocents. »...« Ils ont un clergé différent et jamais ils ne se rencontrent dans la même église. Ils n'ont pas eu une instruction commune qui ait tendu à faire disparaître ou à diminuer la disparité de langage et de religion. Les associations de jeunesse, les jeux de l'enfance et les études qui à l'âge mûr modifient le caractère, tout cela est distinct et diffère totalement chez les uns et chez les autres. A Montréal et à Québec, il y a des écoles anglaises et des écoles françaises. Les élèves s'accoutument à combattre nation contre nation, et les batailles de rue parmi les enfants présentent souvent une division, d'un côté les Anglais, de l'autre les Français. Comme ils ont été instruits séparément, ainsi leurs études sont-elles différentes. La littérature familière aux uns et aux autres est celle de leur langue maternelle. Les idées que les hommes puisent dans les livres leur viennent d'autres sources. A cet égard, la diversité du langage produit des effets différents de ceux qu'elle a dans les relations entre les deux races. Ceux qui ont réfléchi sur la force de l'influence de la langue sur la pensée peuvent concevoir comment les hommes qui parlent un langage différent sont portés à penser différemment. »...« Les journaux de l'une ou de l'autre race sont écrits dans un style aussi différent que celui des journalistes de France et d'Angleterre l'est à présent, et les arguments qui forcent la conviction des uns paraissent absolument inintelligibles aux autres. »...«Ainsi vit-on dans un monde d'équivoques où chaque parti est dressé contre l'autre, non seulement par la diversité des sentiments, mais par la crédibilité qu'il accorde à des faits entièrement contraires à la réalité. » Oui, le choc des races et leur méfiance réciproque a créé le problème. Chaque race ne faitr pas confiance à l'autre sinon, le "Conseil de la Fédération" serait très à la mode au lieu d'être boudé par les québécois.

    Et un petit passage pour flatter l'égo des séparatistes : « Les Canadiens-français ne sont que le résidu d'une colonisation ancienne. Ils sont destinés à rester toujours isolés au milieu d'un monde anglo-saxon. Quoi qu'il arrive, quel que soit leur gouvernement futur, britannique ou américain, ils ne peuvent espérer aucunement dans la survie de leur nationalité. Ils ne pourront jamais se séparer de l'Empire britannique, à moins d'attendre que quelque cause de mécontentement ne les en détache, eux et les colonies limitrophes, et les laisse partie d'une confédération anglaise, ou encore, s'ils en sont capables, en effectuant seuls une séparation : se réunir ainsi à l'Union américaine ou maintenir quelques années durant un simulacre misérable de faible indépendance, qui les exposerait plus que jamais à l'intrusion de la population environnante. » Encore, il faut avoir du courage qui s'est émoussé avec le temps. Quand j'entends un groupe d'artiste aller chanter aux athlètes francophones aux jeux d'Australie leur chanson fétiche : «J'ai d'la misère en calvaire...» je me dis que le combat est révolu et qu'ile st temps d'adopter le multiculturalisme. De toute façon l'internet nous l'impose...

    La crise actuelle est un dernier soubresaut de l'esprit d'indépendance qui hante les suppots de Mme Marois, la chatelaine qui espère restaurer l'aristoctratie française autour de son domaine. Nul doute que je soulèverai la controverse mais les faits sont là, évidents...

    Nul gouvernement ne réussira à changer cette lutte des races qui datent de plusieurs siècle et prend racine en 1760 lors de la conquête de anglais. Devons-nous leur reprocher d'avoir été tolérants envers nous ??? Notre lutte est-elle différente de celle des premières nations autochtones ??? Notre lutte est-elle à contresens de la mondialisation et de l'informatisation ???

    Les nations tendent à se former en blocs économiques et l'exemple du succès de l'Euro dollar est frappant. Le succès de la Chine est aussi renversant. Devrons-nous apprendre le mandarin pour survivre dans ce monde toujours plus petit ??? »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    dimanche 20 janvier 2008 13h25
    Tout simplement égales à elle-mêmes.
    « En recherche constante de la flamboyante visibilité médiatique qui lui échappe par toutes les portes, fenêtres, fissures ainsi que par la toiture de sa mansarde libérale en décrépitude, l'ineffable Charest a stocké, en 2007, dans le cabinet de la collection de ses ménestrels, la courriériste-correspondante Christine Saint-Pierre, en faisant mine d'oublier que Radio Canada l'avait tablettée, parce qu'elle avait le don du tricoter du «n'importe quoi, n'importe comment et n'importe quand» et l'habitude acquise de se mettre le pied entier dans la bouche.

    Siphonnée au cabinet de Charest, dans la seule perspective gazeuse d'équilibrer,à tout prix, les masses de la mathématique sexuelle égalitaire, elle et d'autres «gommettes» du PLQ ne peuvent faire guère mieux que de retenir l'affiche libérale, au mur du corridor de sortie dans lequel le clan Charest est définitivement engagé. Il suffit de jeter un coup d'oeil observateur sur les fards et parfums bon marché dont sont astiqués et couverts les dossiers des Sports et de l'ÉDUCATION devenue Loisirs; ceux des AÎNÉS, de leur appauvrissement systématisé et de leur maltraitance institutionnalisée; ceux du DÉVELOPPEMENT DURABLE du Parc Rabaska et de sa méga pollution de l'environnement ainsi que ceux de la dilapidation de notre TRÉSOR, du Sous-Financement des infrastructures et du saupoudrage de notre endettement provincial, celui de toutes nos dépendances, pour ne mentionner que ceux-là.

    Brandissant toutes les menaces de poursuites et d'accusations que financent les sectaires pourfendeurs des fantômes sexistes et des fantasmagoriques misogynes qui titillent leurs cucuteries cauchemardesques, le maître avocassier, jouant au moins doué des équilibristes, croyait placer «ses femmes» à l'abri de toute critique. Qui d'autre pouvait aussi niaisement se coincer dans ces pièges de fumisteries funambulesques qu'il croyait nous avoir tendus?

    Ce sont là quelques OVNI de notre errance électoraliste et qui résultent du fait qu'on a l'historique habitude de votre CONTRE. Contre LANDRY, en 2003, et contre BOISCLAIR, en 2007. Il va donc nous falloir «faire avec», jusqu'aux prochaines (s)élections, alors que l'on votera, j'espère, pour un PROJET SOCIÉTAL et pour ceux et celles qui s'engageront à le mettre en oeuvre.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Jean-Renaud Dubois
    Abonné
    dimanche 20 janvier 2008 19h50
    Pour sedonner du courage aux les dépressifs : les canadiens-français du Québec!!
    « Pour requinquer les dépressifs et les canadiens-français(lire fédéralistes) du Québec, qui veulent s'écraser et passer à l'anglais, voici mon opinion qui pourrait être différente selon d'autres....

    Question : Juge-t-on la langue d'aujourd'hui par rapport à celle d'hier?
    Je réponds Oui, parce que c'est la seule façon de savoir si nous avons progressé.

    Et si l'on compare l'élite (au niveau études) du temps à celle d'aujourd'hui, nous devons que constater que c'est un grand succès!
    Pouquoi?
    Parce que cette élite qui se limitait à 5% environ de la population est maintenant à 40% environ, grâce à l'éducation pour tous. Donc en terme de nombre c'est un gros "plus"!

    Pour le français écrit, l'ancienne élite était probablement plus forte en français écrit tout simplement, parce que la frange(étudiant(e)s du temps - qui se compare à la frange actuelle - était petite, riche, mieux encadrée, ayant moins d'élèves par classe et surtout douée. Sans oublier que le temps consacré au français était beaucoup plus important.

    Quant à la masse (le 60% d'aujourd'hui) elle écrit beaucoup mieux, même avec le léger recul actuel de la qualité du français écrit, que le 95% des personnes d'avant 1964 (rapport Parent) qui terminaient majoritairement leurs études entre la 6ème et 8ème année.
    En résumé, je dirais que 8 à 10 fois plus de personnes écrivent presqu'aussi bien que l'élite d'autrefois, "toute proportion gardée".

    Pour la langue parlée par contre, c'est le jour et la nuit -- même si le vieux français est encore présent et que les mots anglais pullulent!
    Quelques exemples: écoutez le langage des jardiniers maraîchers lors d'entrevues à l'Épicerie ou à la Di Stasio. Écoutez le français des enfants des garderies (3 à 5 ans).
    Je vais chercher mes petits enfants de temps à autre et je le constate sur place. Un des problèmes viendrait plutôt dela Télé avec des émissions comme "Virginie" (à la SRC) où l'éducateur emploie encore en 2007, le vieux français: Moé, Toé et wère au lieu de "voir", etc. Les enfants des garderies, demandent à leur parents ce que veut dire "wère"!!!

    Mais cela ne veut pas dire que nous n'avons pas d'amélioration à faire au niveau du vocabulaire et surtout dans la construction de nos phrases. Ça oui!
    Faut dire par contre, que le contexte(exceptionnel) nord-américain dans lequel on vit nuit considérablement ne serait-ce que par les anglicismes et la construction de nos phrases!
    Lorsque l'on se compare aux francophones d'ailleurs, là on se désole! Mais le changement et l'amélioration doit venir d'en haut...... à commencer par le MEQ ; plus d'exigences envers les productions de télé: et cela autant à la SRC TQS et TVA.

    Sans oublier les profs de nos écoles de qui on doit exiger non pas deux niveaux de langage, mais un seul, le meilleur!

    CONCLUSION
    On est très loin encore de l'objectif de René Lévesque : « rendre le Québec aussi français que l'Ontario est anglais ». Même que l'on rercule depuis 1989. Quand on fait du surplace durant 17 ans et que la population augmente : « on recule, non?

    Surtout que ce gouvernement actuel est davantage un défenseur de la langue qu'un combattant de celle-ci(Denise Bombardier). »

  • Jean-Renaud Dubois
    Abonné
    dimanche 20 janvier 2008 20h06
    Quand une Nation a peur et qu'elle laisse la gérance de sa maison à son voisin!!
    « On vient d'apprendre par le biais du dernier recensement, que les Canadiens-français du Canada(excluant les Québécois) sont dans une pente descendante, que l'assimilation s'accélère et est même irréversible.

    Pourtant la loi sur les langues officielles(bilinguisme) du duo Trudeau-Chrétien devait les sauver de l'assimilation. C'était pourtant leur objectif ultime et la raison principale de leur entrée en politique, non?

    Est-ce le début de la fin pour nous aussi? Au Québec, nous savons que 51 % des immigrants vont vers l'anglais, alors que les anglophones de souche ne représentent que 9% de la population.
    Mais il semble, même si les francos sont passés sous la barre de 80% et que le français langue maternelle française à Montréal est pour la première fois en dessous de 50% ...que nous devions pas s'en alarmer puisque 75% des nouveaux arrivants choisissent le français comme langue d'usage.
    Si c'est vrai! -- et même si c'est en bas(5%) de notre poids linguistique au Québec et que cette donnée(75%) n'est pas due à une sélection surélevée depuis 5 ans de francophones -- il semblerait que se serait rassurant(le verre à moitié vide), du moins en attendant que le prochain recensement vienne le confirmer.

    Je ne sais pourquoi j'ai un petit doute ..... À quant notre propre recensement, notre propre méthodologie .....et non pas celui du fédéral?

    On est loin encore de l'objectif de René Lévesque : « rendre le Québec aussi français que l'Ontario est anglais ».
    CONCLUSION
    l'un des problèmes fondamentaux de la politique linguistique du Québec, c'est que celui-ci ne peut demeurer le maître d'oeuvre de ses législations linguistiques qui, au surplus, sont incompatibles avec celles du gouvernement canadien. Le Québec doit composer avec une force politique qui lui est supérieure - le gouvernement fédéral - et qui dispose de moyens plus puissants: le recours à la Constitution canadienne, la nomination des juges à la Cour suprême, la complicité des neuf premiers ministres provinciaux anglophones, l'appui de l'électorat majoritaire anglo-canadien, la menace de la «punition économique», etc. L'expérience nous montre que le Canada anglais peut même modifier la Constitution canadienne sans l'accord du Québec de façon à casser rétroactivement la législation québécoise afin de protéger l'anglais et d'assurer ainsi sa présence dans cette province francophone.

    Eh, misère... »

  • Hugues St-Pierre
    Inscrit
    dimanche 20 janvier 2008 22h56
    Je dirais même plus...
    « l'ineffable Charest a stocké, en 2007, dans le cabinet de la collection de ses ménestrels, la courriériste-correspondante Christine Saint-Pierre, en faisant mine d'oublier que Radio Canada l'avait tablettée, parce qu'elle avait le don du tricoter du «n'importe quoi, n'importe comment et n'importe quand» et l'habitude acquise de se mettre le pied entier dans la bouche.

    Je viens appuyer ce passage de M. Pagé parce que j'ai personnellement imploré Mme Christine de cesser de se boucher le nez pour la ligne de parti, en servant un chef qui n'a aucune empathie pour nos luttes nationales. Je lui ouvrais cette porte pour qu'elle revienne à la raison et cesse de diffamer ce même patronyme que je porte. N'a pas daigné accuser réception, trop occupée à construire de toutes pièces le rapport fantôme de l'OQLF. »

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