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Hippodromes: Québec continue de payer

Kathleen Lévesque   17 janvier 2008  Québec
La privatisation des quatre hippodromes génère des coûts imprévus pour le gouvernement du Québec. Les difficultés éprouvées par le nouveau propriétaire pour relocaliser l'hippodrome de Montréal au nord de l'île obligent Québec à maintenir une structure publique de gestion qui lui coûte 5,9 millions supplémentaires jusqu'en septembre 2009.

Le conseil des ministres a adopté en décembre dernier un décret par lequel le ministère des Finances verse 10,9 millions à la Société nationale du cheval de course (SONACC) plutôt que la somme de cinq millions prévue et qui venait à échéance en juillet dernier. L'aide financière prend l'allure d'un prêt remboursable à la SONACC.

L'argent permettra de couvrir les frais financiers liés aux dettes de l'organisme public, explique-t-on au ministère des Finances. «Cela permettra à la SONACC de respecter ses obligations», a précisé le porte-parole du ministère, Jacques Delorme.

En décembre 2006, le Vérificateur général avait relevé de nombreuses irrégularités de gestion au sein de la SONACC. Ce rapport accablant démontrait, entre autres choses, des augmentations salariales sans justification pouvant atteindre 30 %, des primes s'élevant jusqu'à 30 000 $, des dépenses de 1,1 million pour des repas gratuits et des allocations automobiles jamais signalées au fisc.

Devant tant de laxisme, le ministre des Finances d'alors, Michel Audet, avait transmis le dossier à la Sûreté du Québec. L'enquête se poursuit toujours, assure la SQ.

Certains cadres supérieurs de la SONACC ont été embauchés par le nouveau propriétaire privé des hippodromes, Attractions hippiques, une entreprise appartenant au sénateur libéral Paul J. Massicotte. Ce dernier est un ami de l'ancien premier ministre Jean Chrétien et un collecteur de fonds pour le Parti libéral du Canada.

Le sénateur Massicotte est également une connaissance de Simon Brodeur, vice-président de Loto-Québec et responsable de la nouvelle filiale de Loto-Québec qui s'occupe des salons de jeu. M. Brodeur faisait partie du comité de sélection qui a choisi, au nom du gouvernement, Attractions hippiques comme propriétaire des quatre hippodromes. Le Vérificateur général a souligné qu'il ne s'était pas retiré du processus.

Les salons de jeu de Loto-Québec où sont concentrées des centaines d'appareils de loterie vidéo (ALV), et qui relèvent de M. Brodeur, sont combinés aux hippodromes de M. Massicotte. Une portion des revenus générés par ces machines (22 %) est directement versée à Attractions hippiques sans que cette entreprise en assume l'entretien et la gestion.

Avec la privatisation des hippodromes en faveur de l'entreprise Attractions hippiques, la SONACC devait disparaître. Or Attractions hippiques peine à trouver un site pour déménager l'hippodrome de Montréal dans la couronne nord. À l'origine, le projet devait être annoncé à l'automne 2006 et se concrétiser au printemps prochain.

Le sénateur Massicotte semblait privilégier Laval, mais la ministre responsable de la région, Michelle Courchesne, a été sensible à la résistance des citoyens exprimée dans sa circonscription. Attractions hippiques a fait une offre pour un terrain de quatre millions de pieds carrés à Saint-Eustache. La municipalité se montre enthousiaste mais il y a un hic. Le site visé est à cheval entre Saint-Eustache et Boisbriand.

Or la Ville de Boisbriand, qui avait déjà adopté une résolution au conseil municipal pour s'opposer au projet, a réitéré son geste mardi dernier. «Un projet d'hippodrome avec casino ne correspond pas à la vision d'une communauté solidaire favorisant la qualité de vie des familles et des aînés, laquelle caractérise la population de Boisbriand», peut-on lire dans la nouvelle résolution.

Des approches ont également été faites du côté de Mirabel, où l'on se montre prêt à accueillir Attractions hippiques et son projet, qualifié de «récréotouristique» à cause de l'intégration d'une salle de spectacles et d'un complexe hôtelier. Un problème de zonage agricole se pose toutefois à Mirabel.

«On cherche toujours. Il y a des négociations en cours», s'est borné à dire le représentant d'Attractions hippiques, Jean-Paul Lejeune.

Pendant ce temps, Attractions hippiques présente des courses de chevaux à l'hippodrome de Montréal, dont les terrains appartiennent à la SONACC. «La SONACC attend que l'hippodrome de Montréal soit déménagé pour se saborder», a indiqué M. Delorme, du ministère des Finances.

«La SONACC, ce n'est pas notre problème!», a laissé tomber pour sa part M. Lejeune.

Le gouvernement péquiste de Bernard Landry avait forcé la vente de l'hippodrome à la SONACC pour 35 millions afin de donner un coup de pouce à une industrie en déclin. Le terrain est actuellement évalué à 32 millions. Lorsque l'hippodrome sera relocalisé, la vente devrait permettre à la SONACC de payer ses dettes et de rembourser les 5,9 millions prêtés par le ministère des Finances.

À son arrivée au pouvoir, le gouvernement libéral a voulu mettre un terme au soutien financier annuel à l'industrie hippique et s'est tourné vers la privatisation. Attractions hippiques bénéficie de gains liés aux ALV équivalant à 36,1 millions par année. De plus, l'entreprise empochera le produit de la taxe sur le pari mutuel pour une période de cinq ans.






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  • Gilles Baillargeon
    Inscrit
    jeudi 17 janvier 2008 07h07
    Privatisation
    « Lorsque nos gouvernements parlent de privatisation, il me semble que plus souvent qu'autrement, ça finit par couter aussi cher aux contribuables et ça fait un beau cadeau à des amis du parti. »

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    jeudi 17 janvier 2008 08h59
    Du crotin dispendieux !
    « Quel fumier que cette histoire !

    A-t-on founi des psychologues-vétérinaires à ces pauvres coureurs dopés en attente de stalle ?

    Pourquoi se gêner de leur faire manger à même notre avoine ?

    Et dire que nos sans-abris bipèdes n'ont pas de lieux pour aller déposer leurs pisses et leurs étrons.

    Valdor »

  • Richard Lavigne
    Inscrit
    jeudi 17 janvier 2008 10h31
    oû est le contrat passé entre le promoteur et le gouvernement?
    « Depuis 40 ans que je suis sur le sujet de l'industrie de l'élevage et des courses et je vois avec la mort des vieux amateurs, la fin des courses.

    En visitant le site de la Ontario horse racing industry(www.ohria.com , page d'accueil, vous verrez que l'Ontario a 60,000 emplois dans cette indusrie dont 80% du monde agricole)on constate encore une fois que le Québec est en phase terminale.

    Lorsqu'en 1985, j'ai présenté le dossier du Grand Hippodrome du Québec à Montréal avec plans , maquettes. c'était à la demande express du Ministre Martel et pour faire suite à la demande de Monsieur Jean Drapeau qui en 1980 m'avait affirmé " Une grande ville a un grand stade, un grand théâtre et un Grand Hippodrome.Tokyo en a 10 avec capacité chaque de 150,000 amateurs, et n'opérant que 40 jours annuel par hippodrome et Paris, en a huit hippodromes.

    Pour expliquer ce succès, la France a la même loi depuis 1891 qu'aucun promoteur ne peut opérer un hippodrome et le pari-mutuel sur le territoire français. La France a 300 hippodromes et une politique agricole et que des sociétés à but non-lucratif
    Mais au Québec on peut se permettre n'importe scandale, le québécois est sourd, muet et aveugle car il sait que les politiciens sont maîtres du Trésor.

    Donc, le coup fûmant du gouvernement Charest de donner au Sénateur libéral notre patrimoine national à un bailleur de fonds doit être dénoncé.

    Commençons par exiger le contrat intervenu entre le gouvernement et le Sénateur Massicotte.

    J'aimerais le lire avant de foncer dans ce scandale.

    Richard Lavigne
    Laval,
    auteur du dossier principal"LE GRAND HIPPODROME DU QUÉBEC À MONTRÉAL".
    Fondateur avec le Dr. Yves Lachapelle de l'Association des éleveurs de chevaux standardbred du Québec ( 1975)
    SEUL propriétaire canadien à être vainqueur sur l'hippodrome internationale de Vincennes à Paris, 1975.
    EX-éleveur, entraîneur, propriétaire »

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