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Christine St-Pierre, émule de Mario Dumont?

17 janvier 2008  Québec
On se souviendra que Mario Dumont, à la clôture même du colloque tenu par son parti sur l'environnement, avait fait entendre un bémol bien senti pour faire comprendre à tout le monde que l'économie aurait préséance sur la protection de l'environnement. Enterrement de première classe d'une approche environnementale qui n'aura duré que quelques heures.

Voilà maintenant que Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, dame le pion à Mario Dumont dans l'art d'annoncer quelque chose et de s'en dissocier. Le livre vert écrit par ses fonctionnaires en vue de consulter la population sur la question du patrimoine culturel n'était pas aussitôt disponible sur le site Internet de son ministère que la ministre s'en écartait.

Interrogée le 10 janvier dernier par Pierre Maisonneuve sur les ondes de Radio-Canada à savoir si un Conseil du patrimoine culturel du Québec (dont la création est proposée dans le livre vert) aurait pu recommander de ne pas autoriser Rabaska, la ministre s'est empêtrée. Elle a d'abord répondu que l'île d'Orléans est déjà désignée comme bien patrimonial protégé. Elle a ensuite ajouté qu'elle ne commenterait pas de situation hypothétique et a refusé de répondre clairement à la question posée. Elle a esquivé, mais tout le monde aura compris qu'elle ne voulait pas se compromettre.

L'île d'Orléans touchée

On comprend mieux les réponses de la ministre St-Pierre lorsqu'on y associe les propos qu'elle a tenus sur le même sujet lors de sa conférence de presse. Interrogée à savoir si les résidants de l'île d'Orléans auraient pu bloquer le projet Rabaska parce qu'il minera la vue sur le fleuve Saint-Laurent, la ministre a répondu: «L'île d'Orléans n'est pas touchée par Rabaska.»

Cela augure bien mal. Prétendre que l'île n'est pas touchée alors que le site dont on parle est situé juste en face, c'est ou bien jouer sur les mots, ou bien ignorer ce qu'est un paysage. Il faut être aveugle pour ne pas voir le paysage naturel d'en face. Mme St-Pierre a ensuite ajouté à sa défense que «la notion de paysage patrimonial est très subjective. Votre notion n'est pas nécessairement celle de votre voisin». On ne le savait pas...

Dans le fond, la position de la ministre se résume à cette autre affirmation qu'elle avait faite alors qu'elle commentait le rôle du Conseil du patrimoine: «L'objectif n'est pas de bloquer des projets mais plutôt d'enrichir le débat... Il n'est pas question de bloquer le progrès.» Autrement dit: causez toujours, on n'arrête pas le progrès (que la ministre ne définit pas, évidemment; cela est sans doute aussi très subjectif).

Cela fait dire à Brigitte Breton, du Soleil (le 15 janvier 2008), que «Mme St-Pierre a fourni des réponses qui laissent songeur sur la portée qu'elle veut donner à la loi réformée». C'est le moins que l'on puisse dire, en effet!

Il eût été si simple pour la ministre de confirmer que le statut des paysages naturels au Québec est encore mal défini, que nos paysages naturels sont mal protégés, que le Conseil du patrimoine aurait toute la latitude pour faire ses recommandations quant à la protection des paysages concernés et que, oui, cela pourrait donner un outil supplémentaire à la population pour protéger son environnement. C'est simple si c'est cela qu'on vise et si on y croit, évidemment.






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