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Dumont nie toute alliance avec Harper

Antoine Robitaille   8 décembre 2007  Québec
Stephen Harper et Mario Dumont devant la Chambre de commerce de Rivière-du-Loup.
Photo : Agence Reuters
Stephen Harper et Mario Dumont devant la Chambre de commerce de Rivière-du-Loup.
Rivière-du-Loup — Malgré les images fortes, les photos du duo Harper-Dumont tenant un même chandail de hockey, le chef adéquiste a certifié hier qu'il n'y aurait pas d'alliance entre son parti et celui de Stephen Harper. «Il n'y en a pas, il n'y en aura pas, il n'y en a pas eu [...] on n'a pas l'intention de s'associer avec un parti fédéral», a insisté Mario Dumont en point de presse, hier, tout en admettant que, dans les circonscriptions, «les gens peuvent avoir des affinités, les organisations peuvent travailler ensemble».

N'empêche, le premier ministre fédéral, lors d'une visite très suivie dans le fief de Mario Dumont, a fait plusieurs gestes symboliques d'appui à la formation adéquiste et a eu un entretien privé de 45 minutes avec le chef adéquiste.

Devant 533 membres et invités de la Chambre de commerce de Rivière-du-Loup, Stephen Harper a livré un discours exempt de nouveaux engagements — pourtant attendus — sur les crises forestière et manufacturière. «En fait, il y avait l'annonce d'une annonce. Lorsque la vraie annonce arrivera, on pourra la juger», a décrypté Mario Dumont. En effet, le premier ministre a évoqué dans son discours une annonce sur le sujet «en début d'année», mais sans préciser si celle-ci se ferait au moment du budget ou avant. Dans une entrevue au Devoir en début de semaine, M. Dumont avait dit pouvoir attendre jusqu'au budget, ce qui lui avait attiré les foudres du premier ministre Charest.

Nationaliste

Dans son allocution, Stephen Harper a surtout martelé les thèmes clés de sa rhétorique à l'endroit du Québec, au premier chef celui du fédéralisme d'ouverture.

Après avoir rappelé que la Chambre des communes avait reconnu les Québécois comme nation dans un Canada uni, l'an dernier, il a semblé résumer le credo adéquiste: «Quand on fait partie d'une nation, il est tout à fait normal d'être nationaliste. Il est tout à fait normal de vouloir préserver et développer sa langue, sa culture et ses institutions. Cependant, nationalisme ne veut pas dire séparatisme. On peut [...] aimer le Québec sans vouloir briser la fédération canadienne. Les vrais nationalistes ne veulent rien démolir. Ils veulent construire. Les nationalistes ne veulent pas bloquer l'avenir de notre jeunesse, ils veulent ouvrir les portes plus grand. Les vrais nationalistes ne craignent pas la réalité, ils veulent l'améliorer.» En point de presse après le discours, M. Dumont a d'ailleurs fait un rapprochement entre ces affirmations et le titre d'une plateforme adéquiste, «S'affirmer sans se séparer». Dans son discours, du reste, M. Harper a déclenché une salve d'applaudissements lorsqu'il a paraphrasé l'humoriste Yvon Deschamps: «Les Québécois veulent un Québec fort au sein d'un Canada uni.»

En anglais, M. Harper a souligné qu'au moment où l'on a reconnu les Québécois comme nation, «certains ont cru de manière très légitime que cela minerait l'unité du pays». Mais le résultat, s'est félicité M. Harper, a été «tout à fait contraire». «Cette reconnaissance a clairement renforcé l'unité du Canada et la place du Québec dans ce pays.»

Outre le ministre Jean-Pierre Blackburn, quatre députés conservateurs québécois avaient été conscrits dans l'opération charme dans cette région francophone de l'est du Québec: Steven Blaney (Lévis-Bellechasse), Jacques Gourde (Lotbinière-Chutes-de-la-Chaudière), Daniel Petit (Charlesbourg-Haute-Saint-Charles), Denis Lebel, le nouveau député de Roberval, ancien maire de la ville du même nom et désigné comme nationaliste par M. Harper.

M. Harper a aussi évoqué l'affaire Schreiber, qui tourmente actuellement la colline parlementaire à Ottawa. Selon lui, aujourd'hui, lorsque l'opposition veut parler d'un scandale, elle est contrainte de parler de ce qui s'est «peut-être produit il y a 15 ou 20 ans». Selon lui, cela prouve que «ce genre de controverse [où] l'argent est mêlé à la politique est terminé maintenant». Les dons faits par «les grosses entreprises, les puissants syndicats et les généreux donateurs ont été éliminés de la politique fédérale» par la loi conservatrice sur la responsabilité.

Colère à Québec

Au sein du gouvernement Charest, la rencontre Dumont-Harper a fait des mécontents. Le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, a fait une colère noire parce qu'il n'avait pas été invité à s'asseoir à la table d'honneur. Le directeur général de la Chambre de commerce de Rivière-du-Loup, Pierre Lévesque, un ancien candidat adéquiste en 2003, a dit que le ministre aurait très bien pu «s'acheter un billet» et participer à l'événement. En Chambre hier matin, M. Béchard a dit qu'il aurait aimé être à Rivière-du-Loup pour «défendre les intérêts du Québec» mais qu'il n'y était pas allé puisque «la condition» était «de ne pas faire de trouble, puis de ne parler» ni de la forêt ni de la Bourse du carbone. «Quand [Mario Dumont] va ressortir [de la rencontre privée avec M. Harper], a-t-il ajouté [...] j'espère qu'il [n'aura] pas mis son veston neuf, parce que tout ce qu'on va voir sur son veston, c'est des traces de pas [des fédéraux qui] se sont essuyés sur lui, pour le laisser entrer. Ce n'est pas ça, défendre les intérêts du Québec», a-t-il pesté.

Du reste, dans son discours de remerciement, Mario Dumont, hier, a demandé un effort «plus ferme» de la part du fédéral pour venir en aide aux secteurs de la forêt et de l'industrie manufacturière au Québec. Dans un point de presse où il a tenté de prendre ses distances d'avec M. Harper, il a évoqué les divergences de vue sur l'environnement: «Pour l'immédiat comme pour l'après-Kyoto, on attend plus du gouvernement fédéral», a dit M. Dumont. Ce dernier a aussi soutenu que le dossier du déséquilibre fiscal n'était pas «réglé», contrairement à ce que M. Harper avait déclaré. «M. Charest a baissé les bras et a fermé le dossier du déséquilibre fiscal; c'est vrai qu'il y a eu des progrès importants de faits dans le déséquilibre fiscal au dernier budget, mais sur la question, entre autres, du financement des études postsecondaires, il reste un enjeu où le Québec doit continuer à discuter», a déclaré M. Dumont.

Stephen Harper était à Rimouski en soirée pour participer à une rencontre avec des gens d'affaires.






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Vos réactions

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  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 9 décembre 2007 09h32
    L'élève réussi
    « Ayant eu Robert Bourassa comme modèle, Mario Dumont est enfin devenu un politicien accompli : il ment avec conviction, un sourire faisant glisser le message.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    dimanche 9 décembre 2007 09h39
    Faudrait que ça change pour que ça dure
    « Si les Conservateurs s'approchent de Kyoto, s'éloignent de la guerre en Afghanistan et permettent une plus grande autonomie du Québec par le PQ et/ou l'ADQ, on aura ainsi une vraie confédération canadienne à la place d'une fédération contralisée, Ça placerait une croix sur l'indépendance pure du Québec pour longtemps mais, la coupe est loin des lèvres ici. »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    dimanche 9 décembre 2007 15h46
    Libérons-nous des libéraux!
    « Je ne comprends pas qu'une simple rencontre qui tient de la stratégie diplomatique, de la civilité et de la courtoisie, réunissant Messieurs Stephen Harper et Mario Dumont, deux politiciens d'un haut niveau de distinction, soulève tant de grognasse chez les fielleux libéraux de la populace politicailleuse des Charest, Fournier, Béchard et autres gazeux cracheurs de feux du cirque libéral qui ne fait même plus les frais de sa propre décote ni ceux des dommages collatéraux qu'occasionne leur débandade irréversible.

    Pourquoi faudrait-il que le Chef de l'ADQ et Chef de l'actuelle Opposition officielle, cet homme que certains médias «commandités et soudoyés par de petits capiteux libéraux» s'acharnent à traîner au fond du baril des boues dans lesquelles certains de leurs amis-sondeurs pataugent et s'accomplissent, pourquoi cet homme qui dérange, par sa lucidité, sa sagacité, sa véracité, sa solidité et sa popularité, devrait-il s'excuser d'accueillir, chez-lui, le Chef de l'État canadien? Pourquoi faut-il qu'il fasse l'objet des cribles guerroyeurs du «tireux de roches» de Kamouraska-Témiscouata et de ses semblables minoritaires, solitaires et grabataires qui graissent à coups de millions de nos taxes, des thuriféraires commissionnaires caudataires qui font semblant de faire le job à leur place?

    En tout premier lieu et en parlant d'excuses, par ailleurs tout à fait inutiles, au seul regard de la nature même des écarts qui sont d'une gravité inexcusable, Jean Charest ne doit-il pas expliquer à l'électorat du Québec, pour le moins et sans arrangements verbeux, les intrants et les aboutissants reliés aux incontestables faits qu'il ait pataugé et qu'il se soit baigné jusqu'au cou, dans les salines de canailleries qu'aménageait et dirigeait le vieux crapaud Schreiber, ce tripoteur péri-politique des Bleus de l'Époque Mulroney? POURQUOI Jean Charest ne s'explique-t-il pas OBLIGATOIREMENT? À défaut de savoir POURQUOI Jean Charest a accepté les milliers de piastres que distribuait la machine Schreiber, ne nous faudra-t-il pas alors déduire POURQUOI PAS? ET, POURQUOI PAS LES 300 000$ D'AIRBUS ET, POURQUOI PAR PAS LES MILLIONS DES COMMANDITES?

    Les excès de langage et les volées de bois pourri que le ministre Jean-Marc Fournier, s'est autorisé, au cours de la première semaine de décembre 2007, ne marquent-elles pas le début de la fin d'un gang de ruelles qui est à la veille de damer le pion aux gangs de rues? Pourquoi le Président de l'Assemblée nationale ne bâillonne-t-il pas ce cracheur de feux, cet incendiaire enragé et propagateur de violence verbale sans pareil? N'est-ce pas là le plus vicieux des effets pervers de l'immunité et de l'impunité dont jouissent ces statufiés sans stature ni allure, sans envergure ni carrure?

    En regard de ce cassage de gueules, porté au compte des frustrations des rouges libéraux du bleu Charest, les propos qu'ont tenus Béchard et Fournier, sont minables, pitoyables et irrecevables. Pour tout le Québec et notamment Celui des jeunes de la relève, c'est une honte nationale. C'est dans le genre des bassesses pour lesquelles aucune excuse n'existe...

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

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