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La commission Bouchard-Taylor à Montréal - Mais qu'est-ce qu'une religion?

Les spécialistes du religieux présentent leur point de vue sur la crise identitaire

Stéphane Baillargeon   27 novembre 2007  Québec
Le commissaire Charles Taylor écoute l’une des nombreuses personnes qui se sont présentées devant lui et son collègue Gérard Bouchard hier, à Montréal.
Photo : Jacques Nadeau
Le commissaire Charles Taylor écoute l’une des nombreuses personnes qui se sont présentées devant lui et son collègue Gérard Bouchard hier, à Montréal.
Au fond, qu'est-ce qu'une religion et à quoi ce lien fondamental peut-il bien encore servir? Ces questions ont émergé de plusieurs présentations de mémoires, hier, lors de la première journée montréalaise d'audience de la commission Bouchard-Taylor.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    26 novembre 2007 23 h 36
    Dépoussiérer la Charte
    La religion et la Charte canadienne

    Certaines coutumes qualifiées dans notre pays de
    rétrogrades sont dans certaines régions du monde des
    traditions sociales datant du Moyen-Âge sinon du début

    des temps, et qui subsistent encore dans certains
    pays, et qui ont été récupérées par certaines
    religions. Certains membres de certaines religions
    font de ces coutumes des obligations d'origine divine.


    Ceux et celles qui préconisent ces coutumes dans notre
    pays se référeront peut-être à la Partie I de la
    Charte canadienne des droits et libertés qui débute
    par : « Attendu que le Canada est fondé sur des
    principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu ...
    » .

    Beaucoup de religions font de la suprématie de Dieu la base de leur argumentaire.
    Ainsi, dans l'Islam, le principal message du Coran est l'absolue suprématie de Dieu, qui doit se manifester non seulement dans la vie privée ou individuelle mais aussi dans la vie de la collectivité. Dans la religion juive traditionnelle, il y a cette volonté de sacraliser jusqu'aux actions quotidiennes les plus banales et souligner sans cesse l'absolue suprématie de Dieu. Et dans le christianisme, on se souvient du «
    Dieu le veut ! » des Croisades qui autorisait (et même commandait) tout. Cet argumentaire de la suprématie de Dieu a conduit à beaucoup de dérapages dans l'Histoire.

    En fait, qu'est-ce que cela signifie au juste la
    "suprématie de Dieu"? La "suprématie de Dieu" sur qui
    et sur quoi? L'intégrisme, le dogmatisme et
    l'obscurantisme ne sont pas loin quand on met en
    exergue la suprématie de Dieu, et ce, quelles que
    soient les religions qui s'en réclament. Beaucoup de
    penseurs prônent plutôt la suprématie de l'Homme (et
    de la femme !). Personnellement, je préférerais une
    Charte des droits et libertés qui reconnaîtrait ce
    dernier type de suprématie, juste pour se protéger un
    peu des dérapages possibles. Ou encore on pourrait
    parler de suprématie de la morale; car pour
    paraphraser Voltaire, la morale engendre le bien, le
    dogme engendre le mal.

    À quand une révision de la Charte canadienne pour
    éliminer cet anachronisme de la « suprématie de Dieu
    »?

    Note.
    La "Suprématie de Dieu" est inscrite dans le préambule

    de la Charte canadienne des droits et libertés, qui
    est elle-même dans la Loi constitutionnelle de 1982
    qui commence ainsi :
    "Annexe B Loi constitutionnelle de 1982 (79).
    Partie I Charte canadienne des droits et libertés.

    Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui
    reconnaissent la suprématie de Dieu (sic) et la
    primauté du droit :
    Garantie des droits et libertés
    La Charte canadienne des droits et libertés garantit
    les droits et libertés ... "
    Voir ( http://lois.justice.gc.ca/fr/Const/annex_f.html#I )
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  •  
  • Antoine Beaulé - Abonné
    27 novembre 2007 09 h 49
    Très bien...
    Autre question a quoi servent-elles... manipulation, pouvoir, richesse...
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  •  
  • Jean de Cuir - Abonné
    27 novembre 2007 11 h 35
    Questions.
    Qu'est-ce qu'une religion? Critères objectifs et subjectifs? Suprématie de Dieu dans la constitution? Certains croyants invoquent Dieu et la suprématie de Dieu comme si leur foi était la seule légitime parce que la seule qui serait réelle. Or, depuis le début de l'histoire --depuis que nous avons des témoignages -- il y eut toutes sortes de divinités que chaque peuple proclamait exister. Qui va déterminer qui a raison? Pour prendre le langage utilisé dans le reportage, quel critère objectif est possible ou n'y a-t-il que des critères subjectifs?
    Une personne qui se sert d'un critère dit subjectif qu'est-ce qu'elle fait? Elle raisonne en créant un argumentaire. Le tout est de savoir quelle est la valeur de son argumentation. Soit que cette évaluation se fasse de l'extérieur, soit par la personne elle-même. Celle-ci fera de l'auto examen et de l'auto proclamation en justifiant son raisonnement par des critères soupesés par elle seule. Il n' y a pas d'échange, pas de vérification, pas d'analyse à l' aide de critères soupesés par une raison indépendante. En principe, n'importe quoi peut fonder la proclamation de l'existence de divinités, des interdits, des obligations, de la vision du monde et du destin humain.
    Si on évalue de l'extérieur telle croyance, on peut juger à partir d'une autre croyance ou d'une raison dite objective, c'est-à-dire d'une raison qui ne puisera pas ses critères dans une croyance. Je ne développerai pas ici une conception de la raison, cependant on peut proposer un modèle d' examen. Par la démarche de l'historien, on peut examiner l'histoire des humains et constater qu'il y eut tant et tant de religion, chacune se justifiant d'être l'unique, unique vision du monde, unique morale, unique conception du réel et du destin. Rien ne préjuge d'une conclusion sur la valeur de telle ou telle religion à moins de construire des critères à partir d' une démarche scientifique, soit l'anthropologie, soit la psychologie, la sociologie, etc., ou d'une démarche philosophique. Or, cette construction de critères ne peut se faire que dans l'échange où les personnes sont en état de quête et non de croyance, parce que l'état de quête ne préjuge pas d'emblée de la vérité.
    Il s'avère que dans notre histoire il y a une quête qui a pris la voie de la souveraineté et de la liberté de la personne pour fonder un ordre socio-politique où l'autorité première et ultime réside dans des formes de consensus entre les personnes qui ont choisi de vivre ensemble. Incarner des valeurs en creux de la dynamique socio-politique est le fait des personnes qui sont guidées par la volonté d'un vivre-ensemble. Or, cela suppose une disposition première, celle de l'ouverture à inventer le "monde" dans lequel on souhaite vivre. Or, dans les religions ce "monde" est déjà inventé et situé dans un ou des cerveaux qui seraient transcendants. Dans nos sociétés dites démocratiques, il y a une impasse : soit que la croyance soit essentiellement personnelle ou qu' elle envahisse l'ensemble de la dynamique socio-politique. Ou que la société soit franchement démocratique, c'est-à-dire fondée sur la souveraineté des personnes et que la croyance soit strictement personnelle et donc subjective (encore que cela ne soit pas souhaitable, car quand il y a croyance, il y a vérité ferme et absolue --ce qui préjuge de tout dialogue!!!).
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  •  
  • Maurice Monette - Abonné
    27 novembre 2007 15 h 16
    C'est bien triste
    Avant d'aller plus loin dans ce "NOEUD d'HARTMANN" créé de toutes pièces par certains(es) gens férus(es) de RELIGIONS HUMAINES, commençons par distinguer CROYANCE/FOI et RELIGIONS HUMAINES. Ces dernières ne sont que le PRODUIT de l'imaginaire humain pour se personnifier un dieu quelconque qui motive à OBSERVER les RÈGLES de BASE qui permettent de VIVRE en HARMONIE avec nos PROCHES et moins proches.

    Mais, pas besoin d'une RELIGION particulière pour vivre en ÉTAT d'AMOUR FRATERNEL avec les gens formant la $ociété humaine qui NOUS entoure. Cette RÈGLE de BASE d'AMOUR FRATERNEL de ses PROCHES et moins proches a été trave$tie en RELIGION$ HUMAINE$ qui ont convertis des CLANS humains entiers à diverses façons de manife$ter concrètement ce qui est considéré par ces gens comme la vérité. Ce qui a donné cours a toutes sortes d'interprétations souvent plus abracadabrantes les unes que les autres mais, ce ne sont que des interprétations HUMAINE, selon le DEGRÉ de MATURITÉ acquis au fil des temps, des incarnations TRANSCENDÉES au long des siècles et des millénaires, etc...

    Alors, revenons au FAIT bien réel que les RELIGIONS sont des INVENTIONS HUMAINES pour regrouper les gens d'un même NIVEAU d'ÉVOLUTION, afin de leurs permettre de vivre dans une $ociété Humaine $aine qui partage la même CROYANCE sur l'OBJECTIF qui NOUS est donné de VIVRE en COMMUNAUTÉ $OCIALE HARMONIEU$E.

    En entamant ce NOUVEAU MILLÉNAIRE, pleins de préjugés créés par les humaines et les humains au cours des derniers siècles du millénaire précédent doivent être EXPURGÉS de la PSYCHÉ COLLECTIVE, pour faire place à de NOUVEAUX PARADIGMES qui permettront de former des $ociétés humaines plus homogènes et moins enclines à la division sectaire, par croyances définies par des religions humaines qui n'ont pas le même NIVEAU de CONSCIENTISATION ou, si on préfèrent, d'ÉVOLUTION...

    Que celles et ceux qui comprennent ces motivations, soient prêts(es) à partager leurs CONVICTIONS avec leurs PROCHES et moins proches, dans le BUT ULTIME de former une $ociété Humaine vraiment $aine...!
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