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La commission Bouchard-Taylor à Sherbrooke - Formation de professionnels en médiation interculturelle

La Presse canadienne   24 novembre 2007  Québec
Sherbrooke — Cinq facultés de l'Université de Sherbrooke développent actuellement un programme de maîtrise en médiation interculturelle.

Ce programme, que l'université aimerait implanter en septembre prochain, viserait à former des gestionnaires qui ont à intervenir en matière de relations interculturelles, donc qui sont susceptibles de recevoir des demandes d'accommodement raisonnable, a expliqué hier Marc Dumas, du département d'études religieuses de l'Université de Sherbrooke, à la commission Bouchard-Taylor.

Ce programme est encore en préparation; il est présentement à l'étude au ministère de l'Éducation, a fait savoir M. Dumas, qui est également doyen de la faculté de théologie, éthique et philosophie.

«On croit que la médiation interculturelle est une voie extrêmement probante pour l'avenir», a déclaré M. Dumas.

En plus de ce futur programme de maîtrise, l'Université de Sherbrooke vient d'instaurer, en septembre 2007, un doctorat sur le religieux contemporain.

Ce doctorat, auquel neuf étudiants sont inscrits, permet de former des gens qui seront habilités à analyser les mutations du religieux dans la société. «On se rend bien compte que le religieux n'a plus la place qu'il avait, mais il prend d'autres places, d'autres espaces dans la société. Les gens sont en quête de sens, en quête de spiritualité, fréquentent des groupes alternatifs, construisent leur propre spiritualité. Nous, ce qu'on veut développer, ce sont des personnes qui vont avoir des outils pour lire ces déplacements-là et être capables de les analyser, de jeter un regard critique là-dessus», a expliqué M. Dumas.

Métis

Les Métis de l'Estrie et de la Gaspésie, de leur côté, ont fait entendre leur ressentiment devant la façon dont ils ont été traités au fil des ans.

«Avant d'accommoder les arrivants, il y a une vieille dette morale dont il faut s'acquitter avant de prétendre à l'exercice du respect des cultures venant hors du pays», a lancé Danielle Robineau, de la Communauté métisse de l'Estrie.

«Nous avons été négligés par l'histoire. On n'est pas reconnus. On se voit disparaître», s'est plaint de son côté Raymond Cyr, de la Communauté métisse de la Gaspésie.

De son côté, le groupe AIDE (Actions interculturelles de développement et d'éducation) s'est félicité de l'intégration sociale des immigrants dans sa région, mais il a déploré les problèmes d'intégration professionnelle qui persistent. «Il y a l'intégration professionnelle qui fait défaut», a déploré le porte-parole Mohamed Soulami, citant entre autres le manque de reconnaissance des diplômes reçus à l'étranger.

M. Soulami a cité des statistiques selon lesquelles le taux de chômage des immigrants arrivés au pays depuis moins de cinq ans atteint 17,8 %, alors qu'il est de 6 % pour les gens natifs d'ici.

Le groupe a, à son tour, revendiqué une campagne d'information sur les avantages de l'immigration, une constance devant cette commission.

M. Soulami a également demandé que le programme scolaire inclue l'histoire de l'immigration. Il a également demandé que la fonction publique, les commissions scolaires et les municipalités donnent l'exemple en employant davantage d'immigrants.






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