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Dur moment pour Mario Dumont

Isabelle Porter   14 novembre 2007  Québec
Québec — Le Parlement n'a fait qu'une bouchée de la motion de censure de l'ADQ sur les commissions scolaires hier soir, au terme d'un débat où Mario Dumont et ses députés ont vu leur crédibilité continuellement mise en doute.

La saga de la motion de censure adéquiste s'est conclue vers 18h sur un vote prévisible de 39 pour, 72 contre, sans abstention. Seuls les députés adéquistes ont voté en faveur de cette motion qui menaçait de faire tomber le gouvernement.

Confiants et assurés de l'issue du vote, des libéraux ont passé la journée à faire la leçon à Mario Dumont. «Ce n'est pas un vote de confiance envers le gouvernement qui sera l'objet de ce vote, c'est plutôt un vote sur le sens des responsabilités du chef de l'opposition officielle», a déclaré le premier ministre devant l'Assemblée nationale en matinée.

Moins arrogante que M. Charest, Pauline Marois a, elle aussi, tourné en ridicule la manoeuvre de l'ADQ. «Nous ne ferons pas tomber le gouvernement sur un coup de tête du chef de l'ADQ, qui se réveille la nuit parce qu'il ne sait plus comment attirer l'attention sur sa formation politique. Je crois que l'éducation a besoin de plus de sérieux.»

Défendant son initiative jusqu'au bout, Mario Dumont a dénoncé «l'immobilisme» des libéraux, leur reprochant de s'opposer à l'abolition des commissions scolaires par «peur du changement». Le même reproche valait pour le groupe d'opposition péquiste. «Le portrait est clair: la deuxième opposition n'a pas de conviction puis pas de courage», a lancé le porte-parole adéquiste en matière de finances, Gilles Taillon.

L'opposition adéquiste avait menacé de faire tomber le gouvernement à la suite de la tenue des élections scolaires, dont le taux de participation était très faible encore cette année. Critiquée de toutes parts, elle a cherché hier à tourner la situation à son avantage en moquant le consensus des deux autres partis sur la motion. «Le portrait est clair, a poursuivi M. Taillon. On a vu que la relation entre ces deux partis a commencé par un petit baiser; la semaine dernière, ils ont "sérénadé", ils ont dansé ensemble au son du même refrain; puis, aujourd'hui, ils vont être dans le même lit. Ce que le premier ministre a à offrir aux fédéralistes québécois, M. le président, c'est une romance avec la deuxième chef de l'opposition officielle. Ce que la deuxième chef de l'opposition officielle a à proposer aux souverainistes, c'est une petite aventure avec le premier ministre puis le Parti libéral.»

Quelles économies, quelles solutions de rechange?

Les libéraux ont martelé que l'argumentaire adéquiste était faible quand venait le temps de proposer des solutions de remplacement aux commissions scolaires et de mesurer les économies découlant de leur abolition.

Ils ne se sont pas non plus privés de moquer le député Taillon, un ancien directeur général de la Fédération des commissions scolaires auparavant opposé à l'abolition de cette structure.

«Puis l'alternative, c'est quoi?», de lancer un Jean Charest calme mais cinglant. «Non seulement il n'a pas donné un seul chiffre sur ce qui sera économisé, mais, en plus de ça, celui qui est député aujourd'hui du comté de Chauveau, qui était directeur des commissions scolaires en 1997, prend la peine d'écrire un papier détaillé pour défendre les commissions scolaires.»

Sur la défensive, M. Taillon a indiqué qu'il s'agissait d'écrits passés et qu'il avait changé d'idée dans ce dossier en 2005. Il a par ailleurs souligné qu'à son avis, l'abolition des commissions scolaires pourrait générer environ 125 millions de dollars d'économies.

L'ADQ estime que les responsabilités assumées par les commissions scolaires devraient être transférées vers les écoles et les municipalités. «On enlève les commissions scolaires, on envoie les ressources et tout ce qui va avec, donc l'argent, ressources humaines, vers les écoles. Et, ce faisant, on envoie environ 95 % des effectifs sous la responsabilité des écoles. Ce qui reste, c'est la gestion physique des bâtiments et le transport scolaire, qui représentent moins de 5 % des effectifs, qui s'en iraient dans une structure intermédiaire.»

Fort satisfaite du vote, la Fédération des commissions scolaires a déclaré hier que «les commissions scolaires ont toujours été prêtes à apporter des ajustements à leur fonctionnement» et que le geste de l'ADQ «était exagéré, disproportionné» et qu'il «visait exclusivement à servir ses intérêts politiques».






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 14 novembre 2007 07h05
    Place à l'amélioration, maintenant.
    « C'est pas mal spécial, la Fédération des commissions scolaires est contre sa propre disparution. Le contraire aurait été surprenant. Elle est prête, à la place, à apporter des ajustements à son fonctionnement ? Parfait, allez-y !. »

  • Fabienne Desbiens
    Abonnée
    mercredi 14 novembre 2007 10h07
    C'est surtout à l' ADQ ...
    « ... qu'il y a ÉNORMÉMENT de place à l'amélioration :) »

  • loiselet
    Abonné
    mercredi 14 novembre 2007 12h31
    @Gilles Bousquet
    « C'est le bouquet, cher M.Bousquet!
    Heureusement qu'on a l'instinct de l'ADQ pour corriger les positions politiques gouvernementales. Il nous propose quatre trente sous pour une piastre avec le coût d'une élection en prime. Beau calcul de politicien opportuniste et carriériste. Je donnerais ma langue à mon chat que M.Dumont est un diplomé en sciences démagogiques des grandes universités américaines...C'est quelque chose, quand même! »

  • Luc Bernier
    Abonné
    mercredi 14 novembre 2007 17h53
    Trop de structures...
    « Mario Dumont a raison. J'ai été membre du Conseil d'établissement d'une école secondaire et je n'ai pas vu l'utilité d'une commission scolaire. Le directeur de l'école, il est la pour quoi? Son rôle se limite-t-il à demander la permission à la commission scolaire pour réparer une toilette! Et le rôle du Conseil d'établissement? C'est une reforme inachevé. Le PQ a recule dans sa reforme scolaire pour ne pas déplaire a sa clientèle. Il existe des solutions quand on se donne la peine de regarder et de réfléchir un peu.

    Les commissions scolaires ne sont que la pointe de l'iceberg, de cette bureaucratie qui nous étouffe. En tant que citoyen d'une ville prés de Québec, j'ai plusieurs administrateurs (ou structure administratives) qui voient a mon bien-être : un conseiller municipal, une mairesse, un députe provincial, un députe fédéral, un sénateur, une commission scolaire, une Régie régionale de la sante, une MRC, et ... Qui paient pour toutes ces structures? Le citoyen. »

  • Jacques Mercier
    Inscrit
    mercredi 14 novembre 2007 22h11
    @André Loiseau
    « Mario Dumont détient un baccalauréat en économie de l'université Concordia à Montréal, comme en fait foi son curriculum vitae sur le site de l'Assemblée Nationale à l'adresse suivante:
    http://www.assnat.qc.ca/fra/membres/notices/d/dumm1.shtml
    Il est d'ailleurs un des rare député à n'avoir aucune expérience professionnelle à signaler. Ce qui en fait un politicien à l'état pur... »

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