Lettres: Que ça cesse !
Comme le fait M. Lachapelle dans son texte publié le 5 novembre, je souhaite aussi m'exclamer: assez, c'est assez! En effet, j'en ai assez de subir le véritable supplice de la goutte qu'est la couverture médiatique de la commission Bouchard-Taylor.
J'ai le plus grand respect pour les deux présidents et, j'en conviens, il est tout à fait sain pour une démocratie que les citoyens s'expriment sur la place publique. Cependant, ce que j'entends relève moins d'une parole citoyenne que d'une logorrhée qui a déjà considérablement affaibli notre société. Ce n'est pas être antidémocrate que de se rappeler que toute chose n'est pas bonne à dire! La petitesse, parce que vue et entendue à la télé, s'en trouve légitimée, et tous ceux qui, auparavant, se gardaient une petite gêne y vont maintenant de leurs petits commentaires dont on mesure mal à quel point ils peuvent être blessants. La première pierre est lancée, pourquoi s'arrêter? La communauté musulmane reçoit des tirs nourris, mais dans un tel climat de défoulement, chacun peut rapidement devenir l'«autre» sur lequel il fait si bon tirer. Je constate déjà autour de moi nombre de blessures qu'il ne sera pas simple de panser. Le thème dominant de ces tirades qu'on nous ressasse quotidiennement semble être celui-ci: «N'ayons plus honte de notre ignorance! Étendons notre linge sale sur la corde à linge!» À ce rythme, nous n'aurons bientôt plus rien à nous mettre pour couvrir ce qui nous reste de gêne... Qu'y a-t-il donc à espérer d'un tel exercice?
J'ai le plus grand respect pour les deux présidents et, j'en conviens, il est tout à fait sain pour une démocratie que les citoyens s'expriment sur la place publique. Cependant, ce que j'entends relève moins d'une parole citoyenne que d'une logorrhée qui a déjà considérablement affaibli notre société. Ce n'est pas être antidémocrate que de se rappeler que toute chose n'est pas bonne à dire! La petitesse, parce que vue et entendue à la télé, s'en trouve légitimée, et tous ceux qui, auparavant, se gardaient une petite gêne y vont maintenant de leurs petits commentaires dont on mesure mal à quel point ils peuvent être blessants. La première pierre est lancée, pourquoi s'arrêter? La communauté musulmane reçoit des tirs nourris, mais dans un tel climat de défoulement, chacun peut rapidement devenir l'«autre» sur lequel il fait si bon tirer. Je constate déjà autour de moi nombre de blessures qu'il ne sera pas simple de panser. Le thème dominant de ces tirades qu'on nous ressasse quotidiennement semble être celui-ci: «N'ayons plus honte de notre ignorance! Étendons notre linge sale sur la corde à linge!» À ce rythme, nous n'aurons bientôt plus rien à nous mettre pour couvrir ce qui nous reste de gêne... Qu'y a-t-il donc à espérer d'un tel exercice?
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