Projet Marois: les Québécois hésitent
Pauline Marois a beau persister à promouvoir son projet de loi sur l'identité québécoise, rien n'y fait. Moins d'un Québécois sur quatre estime que la chef du Parti québécois devrait maintenir son projet tel quel, selon un sondage Léger Marketing-Le Devoir.
La pièce maîtresse de l'action politique du Parti québécois, cet automne, ne suscite guère l'enthousiasme. Si 23 % de la population estime que Pauline Marois devrait garder le cap, 39 % des personnes interrogées estiment que le projet de loi devrait être modifié afin qu'il soit conforme aux chartes des droits, tandis que 27 % voudraient qu'il soit tout simplement retiré. Seulement 11 % des Québécois ne se prononcent pas.
Cette enquête menée par Léger Marketing pour le compte du Devoir, entre le 31 octobre et le 4 novembre auprès de 1000 répondants, a une marge d'erreur de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20. Elle a été effectuée alors que, depuis plus de deux semaines, les débats et les critiques autour des intentions péquistes de priver les nouveaux arrivants qui ne parlent pas français du droit de briguer les suffrages municipaux et provinciaux fusent de toutes parts.
Le Parti québécois a présenté son projet de loi comme une façon de donner «une assise pour que la nation québécoise s'affirme et s'épanouisse». Qualifié de «réponse au malaise qui habite les Québécois», ce projet est respectueux des minorités, affirmait le PQ lors de son dépôt à l'Assemblée nationale.
Chez les francophones, on constate une certaine résistance: seulement 24 % des répondants prônent le maintien du projet de loi dans son état actuel, contre 43 % qui disent qu'il faudrait l'amender et 23 % qui souhaitent son retrait. Chez les anglophones, c'est 47 % de la communauté qui rejettent l'idée de Mme Marois. Dans toutes les régions du Québec, l'appui au projet péquiste ne dépasse jamais le quart de la population.
Le sondeur Jean-Marc Léger constate que les Québécois ne prennent toutefois pas de position radicale à l'égard du projet de loi. «Les gens estiment que le projet est légitime mais vraiment imparfait», croit-il, faisant même valoir que la chef péquiste a marqué des points. «Ne serait-ce que parce que cela a permis de dynamiser le tiers des électeurs qui est sa base militante, Mme Marois y gagne. Elle a parlé à sa clientèle», estime Jean-Marc Léger.
Ce dernier souligne d'ailleurs que les Québécois considèrent Pauline Marois comme la personnalité politique qui ferait le meilleur premier ministre. La chef péquiste recueille 36 % d'appui, devançant ainsi Mario Dumont qui obtient 28 %, et Jean Charest, 24%. Françoise David de Québec solidaire (3 %) et Scott McKay du Parti vert (1 %) ferment la marche. Comparativement au sondage Léger marketing de septembre dernier, l'appui à Mme Marois est en hausse de trois points.
Au chapitre des intentions de vote, la lutte à trois se poursuit. Le Parti québécois et le Parti libéral du Québec sont au coude à coude. Après répartition des indécis, tous deux auraient obtenu 31 % des appuis de la population si des élections avaient eu lieu à la fin de la semaine dernière. L'Action démocratique du Québec se serait retrouvée en troisième place avec 27 % des voix. Québec solidaire et le Parti vert auraient récolté chacun 5 % d'appui, et 1% des répondants auraient choisi d'autres partis politiques.
«Les jeux ne sont pas faits. Chaque parti peut espérer la victoire, y compris les libéraux, analyse Jean-Marc Léger. Le parti politique qui va réussir dans les prochains mois à aller chercher 35 % des voix, va gagner l'élection de façon minoritaire. Pour former un gouvernement majoritaire, cela prend 38 % d'appui.»
Chez les francophones, le PQ mène avec 36 % contre 30 % pour l'ADQ et 25 % pour le PLQ. Les libéraux connaissent une remontée par rapport à septembre dernier. De la même façon, la satisfaction à l'égard du gouvernement de Jean Charest a littéralement bondi de huit points depuis deux mois, atteignant maintenant 40 % (6% de très satisfaits et 34 % qui se considèrent assez satisfaits). «Pour la première fois depuis longtemps, les libéraux voient un potentiel de vote compte tenu de la différence entre la satisfaction face au gouvernement et les intentions de vote qui sont à 31 %», explique M. Léger.
Pour l'ADQ, ce sondage ne contient aucune bonne nouvelle. Son glissement derrière les libéraux et les péquistes devrait être une sonnette d'alarme et inciter la formation de Mario Dumont à revoir sa stratégie des derniers mois. Le pire ennemi de l'ADQ, selon Jean-Marc Léger, c'est son assurance de gagner lors des prochaines élections générales, comme si cela allait de soi compte de tenu de sa performance de mars dernier. «L'élection de l'ADQ n'est pas inévitable. Ça se mérite de gouverner le Québec. Jusqu'à présent, la démonstration de la capacité de l'ADQ n'a pas été faite. Quand on se cantonne dans une critique du gouvernement, ça peut être dangereux. Les gens se demandent quelle est l'offre de l'ADQ», fait valoir M. Léger qui rappelle que l'ADQ n'a pas encore réussi à transformer le vote adéquiste «d'opposition et impertinent» en un véritable appui fidèle.
Pour ce qui est de la question nationale, elle semble bien loin des préoccupations des Québécois. Si un référendum sur la souveraineté du Québec avait lieu, 37 % des Québécois voteraient oui. «Ce n'est pas à l'ordre du jour», constate Jean-Marc Léger.
La pièce maîtresse de l'action politique du Parti québécois, cet automne, ne suscite guère l'enthousiasme. Si 23 % de la population estime que Pauline Marois devrait garder le cap, 39 % des personnes interrogées estiment que le projet de loi devrait être modifié afin qu'il soit conforme aux chartes des droits, tandis que 27 % voudraient qu'il soit tout simplement retiré. Seulement 11 % des Québécois ne se prononcent pas.
Cette enquête menée par Léger Marketing pour le compte du Devoir, entre le 31 octobre et le 4 novembre auprès de 1000 répondants, a une marge d'erreur de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20. Elle a été effectuée alors que, depuis plus de deux semaines, les débats et les critiques autour des intentions péquistes de priver les nouveaux arrivants qui ne parlent pas français du droit de briguer les suffrages municipaux et provinciaux fusent de toutes parts.
Le Parti québécois a présenté son projet de loi comme une façon de donner «une assise pour que la nation québécoise s'affirme et s'épanouisse». Qualifié de «réponse au malaise qui habite les Québécois», ce projet est respectueux des minorités, affirmait le PQ lors de son dépôt à l'Assemblée nationale.
Chez les francophones, on constate une certaine résistance: seulement 24 % des répondants prônent le maintien du projet de loi dans son état actuel, contre 43 % qui disent qu'il faudrait l'amender et 23 % qui souhaitent son retrait. Chez les anglophones, c'est 47 % de la communauté qui rejettent l'idée de Mme Marois. Dans toutes les régions du Québec, l'appui au projet péquiste ne dépasse jamais le quart de la population.
Le sondeur Jean-Marc Léger constate que les Québécois ne prennent toutefois pas de position radicale à l'égard du projet de loi. «Les gens estiment que le projet est légitime mais vraiment imparfait», croit-il, faisant même valoir que la chef péquiste a marqué des points. «Ne serait-ce que parce que cela a permis de dynamiser le tiers des électeurs qui est sa base militante, Mme Marois y gagne. Elle a parlé à sa clientèle», estime Jean-Marc Léger.
Ce dernier souligne d'ailleurs que les Québécois considèrent Pauline Marois comme la personnalité politique qui ferait le meilleur premier ministre. La chef péquiste recueille 36 % d'appui, devançant ainsi Mario Dumont qui obtient 28 %, et Jean Charest, 24%. Françoise David de Québec solidaire (3 %) et Scott McKay du Parti vert (1 %) ferment la marche. Comparativement au sondage Léger marketing de septembre dernier, l'appui à Mme Marois est en hausse de trois points.
Au chapitre des intentions de vote, la lutte à trois se poursuit. Le Parti québécois et le Parti libéral du Québec sont au coude à coude. Après répartition des indécis, tous deux auraient obtenu 31 % des appuis de la population si des élections avaient eu lieu à la fin de la semaine dernière. L'Action démocratique du Québec se serait retrouvée en troisième place avec 27 % des voix. Québec solidaire et le Parti vert auraient récolté chacun 5 % d'appui, et 1% des répondants auraient choisi d'autres partis politiques.
«Les jeux ne sont pas faits. Chaque parti peut espérer la victoire, y compris les libéraux, analyse Jean-Marc Léger. Le parti politique qui va réussir dans les prochains mois à aller chercher 35 % des voix, va gagner l'élection de façon minoritaire. Pour former un gouvernement majoritaire, cela prend 38 % d'appui.»
Chez les francophones, le PQ mène avec 36 % contre 30 % pour l'ADQ et 25 % pour le PLQ. Les libéraux connaissent une remontée par rapport à septembre dernier. De la même façon, la satisfaction à l'égard du gouvernement de Jean Charest a littéralement bondi de huit points depuis deux mois, atteignant maintenant 40 % (6% de très satisfaits et 34 % qui se considèrent assez satisfaits). «Pour la première fois depuis longtemps, les libéraux voient un potentiel de vote compte tenu de la différence entre la satisfaction face au gouvernement et les intentions de vote qui sont à 31 %», explique M. Léger.
Pour l'ADQ, ce sondage ne contient aucune bonne nouvelle. Son glissement derrière les libéraux et les péquistes devrait être une sonnette d'alarme et inciter la formation de Mario Dumont à revoir sa stratégie des derniers mois. Le pire ennemi de l'ADQ, selon Jean-Marc Léger, c'est son assurance de gagner lors des prochaines élections générales, comme si cela allait de soi compte de tenu de sa performance de mars dernier. «L'élection de l'ADQ n'est pas inévitable. Ça se mérite de gouverner le Québec. Jusqu'à présent, la démonstration de la capacité de l'ADQ n'a pas été faite. Quand on se cantonne dans une critique du gouvernement, ça peut être dangereux. Les gens se demandent quelle est l'offre de l'ADQ», fait valoir M. Léger qui rappelle que l'ADQ n'a pas encore réussi à transformer le vote adéquiste «d'opposition et impertinent» en un véritable appui fidèle.
Pour ce qui est de la question nationale, elle semble bien loin des préoccupations des Québécois. Si un référendum sur la souveraineté du Québec avait lieu, 37 % des Québécois voteraient oui. «Ce n'est pas à l'ordre du jour», constate Jean-Marc Léger.
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