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Lettres: Le sermon de Mathieu Bock-Côté

Claude Poulin - Québec (Sillery), le 26 octobre 2007  27 octobre 2007  Québec
Dans son plus récent article publié dans votre journal («Quand les péquistes reviennent au bon sens», jeudi, 25 octobre 2007, page A 9, Idées), Mathieu Bock-Côté se réjouit du projet de loi sur l'identité québécoise du PQ et applaudit à la proposition d'établir un «régime pédagogique qui doit contribuer à l'apprentissage et à la compréhension de l'histoire nationale du Québec». Cette position de M. Bock-Côté n'est pas surprenante si on connaît un tant soit peu la thèse qu'il défend dans son essai La Dénationalisation tranquille.

En effet, dans cet ouvrage, M. Bock-Côté sermonne les adeptes du révisionnisme historique et les élites nationalistes en les accusant d'avoir sacrifié tout un pan de notre mémoire nationale pour fonder le projet souverainiste sur les seules bases de la nation civique. «La légitimité démocratique, écrit-il, est insuffisante en elle-même et doit d'abord exister en tant que légitimité nationale.» L'auteur nous propose donc rien de moins que le recours à la vision la plus sombre et la plus pessimiste de notre historiographie, celle du professeur Maurice Séguin. «Il me semble, écrit-il, que la pensée robuste de Séguin peut servir à se tremper le caractère et à reprendre le nationalisme dans toute sa force vitale.»

Rappelons ici que Séguin avait développé au début des années 60 cette théorie qui devait devenir la doctrine des premiers porte-étendards de l'option séparatiste. En effet, selon cette théorie historique, le peuple canadien-français, essentiellement à cause de sa situation coloniale, était en voie de dépérissement politique et culturel. Pour assurer sa survie, deux seules solutions étaient possibles: l'assimilation ou la séparation. Dans le projet de loi proposé, cette pensée radicale, subversive, serait-elle la perspective retenue dans les cours d'histoire proposés aux nouveaux arrivants? C'est la question qu'il faut poser à ces gens, historiens, sociologues, philosophes, que sermonne M. Bock-Côté. En attendant leur réponse, on comprendra qu'il y a de fortes raisons de s'inquiéter.
 
 
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