Le Québec en plusieurs provinces
Qu'est-ce que le Québec réel? Voici une question qui me turlupine depuis plusieurs semaines. [...] Le Québec est grand, apprend-on à l'école. Mais peu de gens réalisent à quel point ce territoire occupe une masse importante du continent nord-américain. À lui seul, le territoire est bordé par quatre États américains, sans compter les provinces canadiennes. Pour conduire une voiture de Montréal à Sept-Îles, cela prend plus de quatorze heures continues. Et il va sans dire que c'est insuffisant pour affirmer que l'on a traversé la province de bord en bord!
À cause de cette taille, il serait de mise, non pas de discuter du Québec tel qu'on le connaît, mais bien «des Québec». Le Québec est subdivisé en régions administratives. Il est souvent amusant de constater à quel point les gens sont différents d'une région à l'autre. La géographie, et le style de vie qu'elle impose, a forgé des personnalités très distinctes. Il est même difficile de concevoir que ces régions soient toutes gérées par les mêmes lois et règlements.
Depuis plus de 30 ans, la province traverse une période d'instabilité politique. Mais lorsqu'on évacue toute partisanerie du débat et que l'on observe le problème réel, qui est souvent cité comme un problème «d'identité», force est de constater qu'il ne s'agit pas obligatoirement d'une comparaison avec le reste des provinces canadiennes, mais plutôt d'une comparaison avec notre propre province!
Comment peut-on demander à une population vivant principalement de pêche de s'identifier avec une population vivant principalement d'exploitation minière ou du secteur
des technologies de l'information?
Les besoins sont aussi différents que les modes de vie; on l'oublie trop souvent et cela crée de nombreuses guerres de clocher.
Si l'on demande à un groupe de Gaspésiens s'ils sont plus fiers d'être gaspésiens ou d'être québécois, ils choisiront la première option; et je suis convaincu que ce même sondage dans toutes les régions donnerait un résultat semblable. De par sa taille même, la province est donc difficile à bien gérer. Les règles d'aménagement du territoire, les besoins de la population, la démographie, la topographie et la géographie varient tellement d'une région à l'autre (voire d'une ville à l'autre) qu'il est impossible de ne pas créer des mécontents en faisant des lois et règlements généraux destinés à être appliqués de façon égale partout. En tentant de satisfaire également tout le monde, on finit par nuire à la majorité. Ceci est d'autant plus vrai dans un contexte de mondialisation.
Force est de constater que les régions éloignées sont les premières à souffrir de ce phénomène: difficulté à attirer une main-d'oeuvre jeune, vieillissement de la population, baisse des valeurs foncières, baisse de revenu pour les municipalités, fermetures d'usines, fatales pour les villes mono-industrielles.
Le réchauffement planétaire a aussi des impacts sur les régions côtières, en particulier sur l'érosion des sols et l'augmentation du niveau des marrées.
Mais les choses pourraient être très différentes...
L'imagination est une belle chose. Elle permet à un peuple de survivre, et même à une population industrialisée de se tailler une place de choix dans les marchés mondiaux. Alors, place à un peu de rêverie et d'utopie. Mon Québec imaginaire n'est pas une seule province mais bien plusieurs provinces. Des régions de tailles plus humaines qui seraient gérées localement selon leurs propres besoins. Des provinces où la population ne serait plus divisée par l'éternelle question souverainiste qui fait fuir tant d'investisseurs. Gouvernées par des Parlements provinciaux dont la gestion et la politique seraient séparées les unes des autres, elles permettraient à tous de se créer un cadre législatif approprié aux besoins et désirs de leur population et de mettre fin aux guerres de clocher qui nuisent tant à la province.
Je rêve de provinces riches et équitables pour tous. L'économie n'a pas à être incompatible avec les impératifs du développement social. Toute province qui réussira à faire ce lien créera une richesse inestimable. Je rêve de belles provinces québécoises qui feraient du développement durable leur priorité. Profiter de tout ce que la généreuse nature peut nous donner tout en en prenant soin comme de la prunelle de nos yeux. Je rêve de provinces où le respect d'autrui serait une des grandes qualités de ses citoyens.
À cause de cette taille, il serait de mise, non pas de discuter du Québec tel qu'on le connaît, mais bien «des Québec». Le Québec est subdivisé en régions administratives. Il est souvent amusant de constater à quel point les gens sont différents d'une région à l'autre. La géographie, et le style de vie qu'elle impose, a forgé des personnalités très distinctes. Il est même difficile de concevoir que ces régions soient toutes gérées par les mêmes lois et règlements.
Depuis plus de 30 ans, la province traverse une période d'instabilité politique. Mais lorsqu'on évacue toute partisanerie du débat et que l'on observe le problème réel, qui est souvent cité comme un problème «d'identité», force est de constater qu'il ne s'agit pas obligatoirement d'une comparaison avec le reste des provinces canadiennes, mais plutôt d'une comparaison avec notre propre province!
Comment peut-on demander à une population vivant principalement de pêche de s'identifier avec une population vivant principalement d'exploitation minière ou du secteur
des technologies de l'information?
Les besoins sont aussi différents que les modes de vie; on l'oublie trop souvent et cela crée de nombreuses guerres de clocher.
Si l'on demande à un groupe de Gaspésiens s'ils sont plus fiers d'être gaspésiens ou d'être québécois, ils choisiront la première option; et je suis convaincu que ce même sondage dans toutes les régions donnerait un résultat semblable. De par sa taille même, la province est donc difficile à bien gérer. Les règles d'aménagement du territoire, les besoins de la population, la démographie, la topographie et la géographie varient tellement d'une région à l'autre (voire d'une ville à l'autre) qu'il est impossible de ne pas créer des mécontents en faisant des lois et règlements généraux destinés à être appliqués de façon égale partout. En tentant de satisfaire également tout le monde, on finit par nuire à la majorité. Ceci est d'autant plus vrai dans un contexte de mondialisation.
Force est de constater que les régions éloignées sont les premières à souffrir de ce phénomène: difficulté à attirer une main-d'oeuvre jeune, vieillissement de la population, baisse des valeurs foncières, baisse de revenu pour les municipalités, fermetures d'usines, fatales pour les villes mono-industrielles.
Le réchauffement planétaire a aussi des impacts sur les régions côtières, en particulier sur l'érosion des sols et l'augmentation du niveau des marrées.
Mais les choses pourraient être très différentes...
L'imagination est une belle chose. Elle permet à un peuple de survivre, et même à une population industrialisée de se tailler une place de choix dans les marchés mondiaux. Alors, place à un peu de rêverie et d'utopie. Mon Québec imaginaire n'est pas une seule province mais bien plusieurs provinces. Des régions de tailles plus humaines qui seraient gérées localement selon leurs propres besoins. Des provinces où la population ne serait plus divisée par l'éternelle question souverainiste qui fait fuir tant d'investisseurs. Gouvernées par des Parlements provinciaux dont la gestion et la politique seraient séparées les unes des autres, elles permettraient à tous de se créer un cadre législatif approprié aux besoins et désirs de leur population et de mettre fin aux guerres de clocher qui nuisent tant à la province.
Je rêve de provinces riches et équitables pour tous. L'économie n'a pas à être incompatible avec les impératifs du développement social. Toute province qui réussira à faire ce lien créera une richesse inestimable. Je rêve de belles provinces québécoises qui feraient du développement durable leur priorité. Profiter de tout ce que la généreuse nature peut nous donner tout en en prenant soin comme de la prunelle de nos yeux. Je rêve de provinces où le respect d'autrui serait une des grandes qualités de ses citoyens.
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