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Si l'on pouvait refaire l'histoire

27 octobre 2007 | André Goyette - Montréal | Québec
Le Québec réel? L'abandon par la France et la Conquête qui s'ensuivit fut un dur coup pour le peuple fondateur du Canada. La vie à deux avec les Anglais se fit ensuite sur une base inégale, les vainqueurs ayant tous les droits (ou se les donnant).

Il y eut bien sûr 1837 et quelques autres sursauts, mais le peuple canadien-français (québécois) fut toujours remis à sa place par les dominants et par ceux des siens au service des dominants.

Ceci est vrai de la Conquête jusqu'au rapatriement de la Constitution et aux deux référendums. Le peuple s'en est toujours trouvé timoré, avec quelques velléités de résistance et de renaissance, mais vite étouffées. Il y a bien eu au cours de ces 230 ans d'occupation des succès financiers de certains individus qui ont inspiré le peuple, mais sans plus. Le conquérant anglais a pris les moyens pour neutraliser l'ancien occupant des lieux: par les lois d'abord, en utilisant ensuite l'immigration pour contrer «la revanche des berceaux», et surtout en contrôlant les finances et la politique. Ce qui fait du Québec d'aujourd'hui un peuple encore et toujours timoré, frileux, qui a peur de s'affirmer et est prêt à voter pour ceux qui lui permettront d'éviter de s'assumer.

Le Québec imaginaire (ou rêvé)

Imaginons qu'en 1995 on ait pu bloquer les manigances du ROC et de ses mercenaires québécois et qu'on n'ait pas réussi à nous voler le référendum. Que, à la suite d'une victoire du OUI, le Québec soit devenu une république indépendante ou en passe de le devenir.

Tous ces chantiers politiques, économiques et sociaux auraient créé une dynamique et un essor enthousiasmant pour le Québec.

Plus de lutte stérile avec Ottawa: on s'entendrait, on partagerait et on ne se ferait plus suer l'un l'autre. Le Québec serait français, et bilingue bien sûr. Et le Canada serait anglais, sans qu'on l'ennuie. Ce qui ne nous empêcherait pas de vivre côte à côte.

Notre peuple serait maintenant libre et pourrait parler en son nom à l'ONU, et aux autres pays, et en français. Et s'occuper de ses accommodements sans se les faire imposer sous prétexte de multiculturalisme.

Nos essais de social-démocratie se poursuivraient, s'affineraient et nous nous approcherions des systèmes économiques comme ceux de l'Europe du Nord: Norvège, Suède. Nos élus et nos dirigeants ne seraient pas à la solde de l'establishment anglais, mais bien de chez nous et travailleraient avec et pour nous. Notre sort serait entre nos mains, pas entre celles du voisin. L'avenir est avenant et... imaginaire!
 
 
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