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Projet de loi sur l'identité québécoise - Le B'naï Brith accuse le PQ de xénophobie

Guillaume Bourgault-Côté   26 octobre 2007  Québec
Xénophobe, digne de l'extrême droite européenne, honteux et répressif: le projet de loi 195 de Pauline Marois portant sur l'identité québécoise a été accueilli hier avec une matraque par le B'naï Brith, qui souhaite qu'on le passe le plus tôt possible à la déchiqueteuse.

L'organisme de défense de la communauté juive n'a pas l'habitude de mâcher ses mots pour exprimer son avis. La journée d'hier n'a pas fait exception: le projet du Parti québécois a reçu une véritable volée de bois vert, lancée par le conseiller juridique national du B'naï Brith, Steven Slimovitch, et le directeur général du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), Fo Niemi, tout aussi cinglant envers le projet de loi 195.

«Le fait que quelqu'un ait même osé déposer ce projet de loi est incroyable», a indiqué M. Slimovitch en entretien après une conférence de presse. «Ce document n'aurait jamais dû sortir d'une imprimante. Il dénote un tel degré de xénophobie, il retire des droits fondamentaux — comme celui de déposer une pétition — qui sont protégés depuis 1215 [année de la rédaction de la Grande Charte, ou Magna Carta]. Ça n'a aucun sens dans une démocratie moderne.»

La liste des récriminations de MM. Niemi et Slimovitch est longue. Ils affirment ainsi que le projet de loi 195 est inconstitutionnel, qu'il comporte une «orientation répressive des immigrants», qu'il créerait un système de «citoyenneté à deux niveaux dans un même pays», qu'il cherche «à contourner la loi fédérale» et à «exacerber les tensions existantes», etc.

Les deux hommes estiment donc que le projet de loi sur l'identité ainsi que celui portant sur l'établissement d'une constitution québécoise «font penser aux mesures préconisées par les partis d'extrême droite en Europe. Ils sont dangereux, car ils institutionnalisent les sentiments de xénophobie et d'intolérance», écrit M. Niemi dans un communiqué.

Pour le conseiller juridique du B'naï Brith, les aspects liés à la maîtrise de la langue française ne constituent pas le noeud du problème. C'est plutôt la connaissance nécessaire de la culture québécoise pour obtenir la citoyenneté qui l'inquiète fortement.

«On reconnaît des droits fondamentaux à tout le monde, mais ils doivent être interprétés en fonction de la culture québécoise, déplore-t-il. Et cette culture-là, elle inclut qui ou quoi? Ça m'étonnerait que, dans un test imposé pour obtenir la citoyenneté, on pose beaucoup de questions sur les communautés juive, noire ou grecque.» Il pense plutôt que le projet de Mme Marois réfère à une «culture blanche, francophone et catholique».

Propos «exagérés»

À Québec, le porte-parole péquiste en matière d'affaires intergouvernementales s'est montré surpris de la vigueur de la réponse du B'naï Brith. «J'ai de la misère à me l'expliquer», a avoué Alexandre Cloutier en point de presse. «[...] C'est un projet de loi qui reprend les conditions des autres grands pays démocratiques. Très humblement, j'ai un peu de difficulté à m'expliquer des propos qui m'apparaissent exagérés.»

M. Cloutier a lancé qu'au contraire de ce qu'affirme le B'naï Brith, le projet de loi 195 est «un projet d'inclusion, un projet de partenariat. Pour nous, c'est très raisonnable, c'est un projet de loi qui a été travaillé [pendant] plusieurs mois avec de grands experts».

Le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, a quant à lui qualifié de «très, très vive» la réaction du B'naï Brith. «Mais beaucoup de gens sont effectivement heurtés par le projet de loi de Mme Marois, a-t-il ajouté. Il y a beaucoup de gens qui considèrent qu'avec ce projet de loi, s'il devait être adopté, ils seraient des citoyens de seconde classe à l'intérieur du Québec. C'est loin d'être un projet de loi rassembleur.»

Plus tôt en journée, le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, avait indiqué que Mme Marois empruntait un «sentier sinueux en matière d'identité» alors que son rôle devrait davantage être celui d'un «rempart contre [ses] militants radicaux», comme l'ont été Lucien Bouchard et René Lévesque en leur temps.

Par ailleurs, cinq constitutionnalistes — dont Daniel Turp et l'ancien ministre Jacques-Yvan Morin — se portent aujourd'hui à la défense du projet de Mme Marois. Ils le jugent conforme aux divers articles des chartes québécoise et canadienne des droits et des libertés.

***

Avec la collaboration de Robert Dutrisac
 
 
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  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    vendredi 26 octobre 2007 00h51
    Que de mauvaise foi...
    Le B'nai Brith use et abuse de sa liberté par rapport à la vérité et finit par croire ce à quoi il pense se faire croire i.e., mensonge à soi. Je ne sais pas ce qui les motive ni pourquoi tant de mauvaise foi. À les entendre, il n'y a pas pire antisémites que les Québécois.

    Les deux ou trois phrases contre les Juifs du chanoine Groulx ou les stupidités maladives d'Adrien Arcand (qui, soit dit en passant, était un ardent fédéraliste, ses publications étaient financés par Ottawa et qui plus est, Arcand était un ancien étudiant de McGill où l'on pratiquait le «numerus clausus» afin de restreindre le nombre d'étudiants d'origine juive dans certaines facultés) meublent encore et toujours leur inconscient, comme si les Québécois de feuilles et de racines n'étaient que d'indécrassables antisémites.

    Ils n'ont que faire et dire des William Lyon Mackenzie King, le plus antisémite des Premiers Ministres du Canada, de Goldwin Smith son professeur à l'Université de Toronto, autre antisémite de première importance au Canada anglais. Et que dire des «Swastika Clubs» qui pullulaient dans la ville reine et de la «Swastika Association of Canada» «coast to coast my friend !»

    L'affaire du parc «Christie Pits» où dit-on, près de 9 000 personnes se prirent aux cheveux pour ne pas avoir de Juifs dans leur organisation. Simple méprise dira le juge: «on the ground that the provocation of Jews was intended as a joke!»

    Que dire encore des centres de villégiature ontariens où «No Jews or dogs allowed», des Sir Arthur Currie (une salle de gymnase de McGill ne porte-t-il pas encore son nom!!!), des Herman Neufrel, William Whittaker, Howard Simpkin et son mouvement «Canadian Union of Fascists», etc, etc, etc...

    Mais pour critiquer ce projet de loi sur l'identité québécoise... alors là, les charges vont bon train : «xénophobe, digne de l'extrême droite européenne, honteux et répressif» les mots se bousculent à la sortie! Bizarre, cette fixation...

  • Kim Huynh
    Abonné
    vendredi 26 octobre 2007 08h22
    Une mesure desesperee
    Mme Marois veut provoquer les sentiments mauvais pupliques pour gagner sa position politique. En bref, c'est toute qu'une mesure desesperee. Pendant ce temps la`, la PQ reste la troisieme parmi les parties politiques quebecoises.

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 26 octobre 2007 08h49
    Par exemple...
    Dans le quotidien, là où nous sommes sensés nous exprimer dans la langue française, j'ai des difficultés et vous le savez aussi bien que moi, à être compris par les québécois de souche. Lorsque des gens me parlent en anglais, je ne me gêne pas de répondre en français. Il va de soi qu'au Québec nous nous devons de parler en français avant toute chose et ensuite en anglais puisque la constitution canadienne a 2 langues officielles.
    Le plus étrange est que, sorti de Montréal, là on y perd son latin tellement les québécois lambda ne comprennent pas le français tel que Marois voudrait que le peuple sache. Mes amis étrangers comprennent le français de France mais on du mal absolument à comprendre le québécois de souche, pardon du Québec. Cette critique n,'est pas mesquine puisque les commentateurs du journal Le devoir parlent et écrivent merveilleusement bien en français tant du point de vue syntaxique, grammatical et vocabulaire. Le plus drôle est que les étudiants québécois de souche se doivent de passer un examen de français afin de valider leurs examens. O a remarqué sans difficultés que beaucoup d'immigrants issus d'Afrique du Nord ou Sub-saharienne, parlent un français compréhensible avec une utilisation subtile de concepts que la connaissance de cette langue permet. C'est rarement le cas pour les québécois de souche, toutes proportions gardées. On se demande si madame Marois fera aussi passer des examens aux québécois de souche pourquoi pas pour la citoyenneté québécoise puisque cela se fait déjà pour l'université? On entend encore très souvent des politiques, des responsables communautaires ou autres acteurs de la cité ou de la Province ou à la télé ou à la radio, parler un français pauvre et souvent gênant surtout lorsqu'on est fier d'une Province ou il fait bon vivre. Il n'y a pas de maîtrise de la langue ici. Beaucoup de spécialiste de la langue française m'ont fait remarqué cette indigence chronique et profonde, voire ontologique, de la pauvreté linguistique au Québec quant à la connaissance de la langue française. Faudra-t-il aussi définir ce que c'est que le québécois par rapport au Québec?
    Un simple exemple agréable vous donnera une idée de mon propos. Quant je vaux aller me promener parce que le temps est radieux et que les oiseaux chantent, je dis à mon épouse : « on va se promener? »; Le québécois dit : « on va prendre une marche? (We take a walk?). Bien entendu, on me promenant je « ne prends aucun risque et je ne traverse pas l'autoroute Acadie en dansant »; le québécois lui dit : « je ne prends pas de chance ». Nous ne pouvons pas nous comprendre d'un point de vue syntaxique pas au niveau des mots simples comme ceux-ci. C'est comme si on me parlait syntaxiquement en anglais avec de mots français. Difficile pour els immigrants qui apprendraient le vrai français avec une syntaxe française alors que la majorité de souche ne le parle qu'avec une syntaxe anglaise. Un dernier exemple, c'est la difficulté majeure de voir un québécois décrire une automobile avec des mots français inscrits dans le dictionnaire. Essayez vous verrez avec les essuies glaces par exemple.

  • André Chevalier
    Abonné
    vendredi 26 octobre 2007 09h55
    L'histoire de la paille et de la poutre
    Les interventions du B'naï Brith me font rire.

    Leurs réactions intempestives de vierges offensées sont dégoulinantes d'hypocrisie à la lumière de ce qu'ils défendent comme religion fondée sur la supériorité de leur race (le peuple élu) et d'un état, Israël, qui est fondé sur l'institutionnalisation de deux classes de citoyens, les juifs et les autres,légitimant le vol des terres des natifs du territoire qui ont le tort de ne pas être juifs.

    Qu'en est-il des accomodements en Israël ?

    André Chevalier

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 26 octobre 2007 10h00
    Ils vont obtenir l'effet contraire à celui recherché
    Une fois de trop, le Bnai Brith se met les pieds dans les plats. Son porte-parole dit avoir honte de vivre au Québec "rien que ça" Nos juifs devraient dénoncer cette sortie insultante pour les Québécois.

    Après ça, ils vont se demander, comme le fait M. Stéphane "Don Quichotte" Dion : Comment ça se fait qu'on n'est pas plus aimé que ça ?

    Le Canada anglophone assimilateur et centralisateur, presque au grand complet, déchire sa chemise dans les médias. Le ROC doit bien regretter de nous avoir déclaré son amour au référendum de 1995.

    Qui sème la vent ne récolte pas souvent ce qu'il pensait.

  • Brigitte Joly
    Abonné
    vendredi 26 octobre 2007 10h51
    antisemite Mr.Stimovitch???
    Je suis quebecoise de souche, née de parents quebecois de langue française- J'ai évolué dans le milieu hôtellier du Centre-ville de Montréal depuis les 20 dernières années- Quel a été la langue de travail avec laquelle j'ai due me soumettre pendant toutes ces années? la langue anglaise! pendant 20 ans j'ai usé de tolérance, c'était moi la minorité confondue! Pendant toutes ces années, mes racines ont occuppées mon quotidien à concurrence de quelques heures par jour! Alors venez me dire mon cher Monsieur du Bnai Brith, ce qui est juste dans une société qui se veut normative?
    J'aimerais bien que vous decriviez votre quotidien et nous dire à nous québecois dans quelle langue vous professez votre si beau savoir ???
    Je suis totallement en accord avec le projet 195 le Madame Marois, et pour tous ceux qui s'inquiètent des envers de cet enjeu politique, et bien commencez par aller faire un saut du côté du centre-ville de Montréal, et quand on vous aura reçu en langue anglaise dans 90% des établissements commerciaux, vous vous poserez la question de fond qui s'impose dans une nation telle que le Québec- Sommes nous fiers d'être québecois? si oui, et bien que ceux qui ne veulent pas se soumettre aux règles qui nous distinguent allent se rassoir!
    Brigitte Joly - Saint-Bruno

  • Martin Blanchard
    Abonné
    vendredi 26 octobre 2007 11h03
    Il ne s'agit pas d'voir peur de soi ou non...
    La question n'est pas de se demander si les québécois ont peur de s'affirmer, si les anglo-canadiens sont plus xénophobes ou non. La question posée par le B'nai Brith est simple: le projet de loi est-il conforme aux idéaux humanistes de participation inclusive de tous les individus au projet politique d'une communauté? La réponse est non. Le projet de loi de Marois est honteux, car il expulse les immigrants non seulement du droit de se représenter, mais aussi de financer un parti politique et de soumettre une pétition à l'Assemblée nationale (Lisée voulait même leur retirer le droit de vote, il est fou!).

    Même la commission des droits de la personne du Québec désavoue ce projet.

    La seule réplique que font les ténors du PQ à ce projet est de dire que d'autres pays le font, pourquoi pas le Québec... et aussi qu'il a été rédigé par des experts. Ce sont là des sophismes digne d'un étudiant de Cégep.

    Sur le fond, ce projet est indéfendable dans l'esprit des valeurs démocratiques. Je n'ai qu'une envie, c'est de m'acheter une carte de membre du PQ pour la déchirer...

  • Bernard Gervais
    Abonné
    vendredi 26 octobre 2007 14h08
    Plus personne n'écoute ces organismes !
    À force d'utiliser toujours les pires accusations (racisme, facisme et autres) pour dénoncer la moindre petite chose qui leur déplaît, ces deux organismes, qui aiment bien jouer les martyrs, n'ont désormais plus aucune crédibilité. Personne ne les prend au sérieux. À ce sujet, rappelons-nous la campagne électorale de mars, quand Boisclair avait été accusé par Fo Niemi de propos racistes parce qu'il avait osé utiliser l'expression « les yeux bridés » pour parler de ses camarades asiatiques à Havard. Niemi s'était alors couvert de ridicule !

  • Michel Leclaire
    Abonné
    vendredi 26 octobre 2007 16h21
    Le bien et le mal
    Il y a de bonnes et de mauvaises personnes dans toutes les nations et les races du monde. Ce qui pose problème c'est l'exploitation de l'homme par l'homme, que ce soit par le capitalisme où la notion d'être « le peuple élu » ou « la race supérieure » et au nom de ses préceptes, vouloir s'imposer même par la force et surtout aux dépens de la dignité humaine.
    Le Il y a de bonnes et de mauvaises personnes dans toutes les nations et les races du monde. Ce qui pose problème c'est l'exploitation de l'homme par l'homme, que ce soit par le capitalisme où la notion d'être « le peuple élu » ou « la race supérieure » et au nom de ses préceptes, vouloir s'imposer même par la force et surtout aux dépens de la dignité humaine.
    LeIl y a de bonnes et de mauvaises personnes dans toutes les nations et les races du monde. Ce qui pose problème c'est l'exploitation de l'homme par l'homme, que ce soit par le capitalisme où la notion d'être « le peuple élu » ou « la race supérieure » et au nom de ses préceptes, vouloir s'imposer même par la force et surtout aux dépens de la dignité humaine.
    Le B'naï Brith est d'entre les mains du mal.

  • martin grenier
    Inscrit
    dimanche 28 octobre 2007 07h55
    Nos droits
    si vous porter un chapeau comme ou une espesse de callote ou un turban vous passer partout ou des boudins c'est parfait mais ne parler pas francait c'est une langue pour les animaux pauline je suis cent pour cent pour toi au prochaine elections mon vote est pour pq svp
    grenier.martin@videotron.ca

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