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Commission Bouchard-Taylor - La charte canadienne, un «outil pour détruire notre pays»

Les militants de Hérouxville témoignent

Stéphane Baillargeon   25 octobre 2007  Québec
On attendait d'eux une nouvelle charge contre les accommodements raisonnables pour motifs religieux, mais c'est finalement un plaidoyer pour l'indépendance du Québec qu'ont livré hier les célèbres militants de Hérouxville devant la commission Bouchard-Taylor.

«Nous demandons que la pratique d'accorder des accommodements pour des motifs religieux cesse immédiatement», a résumé après coup André Drouin, accompagné de son complice Bernard Thompson. «Nous proposons aussi des solutions. La première passerait par un amendement de la Charte canadienne. C'est presque impossible d'y arriver. La deuxième solution serait de se séparer.»

Tout ça pour ça, donc. La célèbre paire avait déclenché une polémique nationale et influencé la décision du gouvernement Charest de former la commission itinérante en faisant adopter le fameux «code de vie» par cette petite municipalité mauricienne en janvier dernier.

La première version du document, adoucie par la suite, interdisait l'excision et la lapidation, entre autres pratiques, sur le territoire d'Hérouxville. La Mauricie, pays de naissance de Maurice Duplessis et peut-être de la poutine, compte environ 1600 personnes considérées comme immigrantes, soit environ 1 % de sa population.

«Pour moi, la commission Bouchard-Taylor favorise les échanges, permet au peuple de s'exprimer, mais je ne vois pas ce qui va en sortir», a tranché M. Drouin après son audience.

«La question des accommodements raisonnables n'est que le symptôme d'un problème beaucoup plus profond», a renchéri M. Thompson. «La Charte canadienne des droits est un outil pour détruire notre pays.»

Pour eux, le Canada est dirigé par des avocats, et la «crise identitaire» actuelle découle, dans l'ordre, de la Charte canadienne et du multiculturalisme, des politiques d'immigration et de la Charte québécoise et, finalement, de la «mollesse» des dirigeants.

Le refus de la lapidation

Les coprésidents n'ont pas appuyé sur cette large perspective constitutionnelle et politique. Interrogé par l'historien Gérard Bouchard, le conseiller André Drouin a nié avoir déjà affirmé qu'il y avait des cas de lapidation au Québec, ce qu'il aurait toutefois déclaré selon certains médias régionaux. M. Drouin a toutefois soutenu qu'il valait mieux agir «en prévention» en interdisant clairement la lapidation.

«Si on ne fait rien, dans quelques années, on risque d'en avoir, a dit M. Drouin. Il faut se poser la question: y a-t-il de la lapidation actuellement dans le monde? La réponse est oui. Est-il possible que certaines personnes de ces pays [où on pratique la lapidation] cherchent à immigrer au Canada? La réponse est oui. Il y a eu des demandes d'instaurer la charia au Canada. Nous voulons que les gens à l'extérieur du pays sachent qui nous sommes, quelles sont les valeurs de notre démocratie.»

Cela étant, le mémoire des Hérouxvillois ne s'oppose pas à des compromis pour des motifs religieux sur la base de codes d'éthique, par exemple. Il n'en a que contre la judiciarisation des demandes d'exception. Charles Taylor a alors demandé si le fait qu'un musulman demande d'avoir des repas sans porc à l'hôpital lui semblait acceptable. «Nous avons une vision très différente, a répondu M. Drouin. Quand les catholiques devaient travailler le dimanche, ils demandaient au curé de les accommoder, pas aux tribunaux.»

C'est donc non, a tranché le philosophe. «Ce n'est pas au système de droit de régler ce genre de problème. Il faut bannir les demandes d'accommodement des tribunaux», a précisé M. Drouin, qui a reconnu que cette position débouchait sur un nécessaire amendement des deux chartes.

M. Bouchard a finalement jugé le mémoire hérouxvillois bipolaire: d'un côté, le document semble ouvert à l'immigration; de l'autre, il caricature les immigrants en faisant référence à la lapidation, par exemple.

Tolérance et laïcité ouverte

Une représentante du groupe Présence musulmane a ensuite minimisé l'importance de tels propos, malgré la meute des médias, par l'odeur de soufre alléchée. «Il y a une certaine islamophobie au Québec», a reconnu Asmaa Ibnouzahir, une jeune Montréalaise, voilée, dans la vingtaine. «Mais je ne pense pas que les positions d'Hérouxville soient représentatives. J'ai beaucoup d'amis, et ils ne pensent pas ainsi.»

Une bonne part des autres mémoires défendus hier semblent lui donner raison. Le citoyen François Champoux a comparé «ce qui s'est fait à Hérouxville» au craquement d'une allumette près d'un baril de poudre. Se décrivant comme un «autodidacte», il a livré un plaidoyer en faveur d'une pédagogie organisée autour des principes d'ouverture et de tolérance.

La Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie a défendu le principe d'une société québécoise laïque et tolérante, un leitmotiv des propositions depuis le début des travaux de la commission, en septembre. Tout en dénonçant la «judiciarisation des pratiques d'harmonisation», le mémoire du groupe recommande d'entrée de jeu de réaffirmer «le fait que notre démocratie garantit la liberté d'expression religieuse dans l'espace public».

L'évêque Martin Violette, témoignant en son nom personnel, en a rajouté en prêchant pour une «laïcité ouverte». M. Bouchard a cité un extrait jugé «admirable» du mémoire où l'évêque affirme: «Je ne suis pas nostalgique de la société ecclésiale d'avant 1960. Je ne veux surtout pas la rétablir.»

Êtes-vous pour ou contre la prière au conseil municipal?, a finalement demandé le coprésident Bouchard. «Je ne mourrais pas martyr pour ça», a répondu Mgr Violette, rappelant aussi l'exception des demandes d'accommodements raisonnables présentées devant la Commission des droits de la personne. «À force de souffler dessus, on a gonflé le ballon.»
 
 
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  • Kim Huynh
    Abonné
    jeudi 25 octobre 2007 09h42
    J'ai un reve...
    M. Drouin et le reste de territoire d' Herouxville peuvent fermer ses portes aus etrangers et reculer au passe pour lealiser ses reves: Une vie isolee.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    jeudi 25 octobre 2007 09h50
    De la honte à l'évêque
    Pus capable d'entendre des Québécois qui disent qu'ils ont honte d'être Québécois. Je me demande bien pourquoi ils n'en profitent pas pour déménager en Ontario ou au Nouveau-Brunswick.

    Il est écrit plus haut : «M. Bouchard a finalement jugé le mémoire d'Hérouxville, bipolaire: d'un côté, le document semble ouvert à l'immigration; de l'autre, il caricature les immigrants en faisant référence à la lapidation, par exemple.»

    M. Bouchard est dans l'erreur ici. Ce n'est pas bipolaire d'être ouvert à l'immigration et de faire référence à la lapidation. Ç n'a pas rapport.

    Bravo à M. Drouin d'Hérouxville qui n'a pas peur d'émettre ce genre des commentaires contreversés !

    L'évêque Martin Violette a écrit : «Je ne suis pas nostalgique de la société ecclésiale d'avant 1960. Je ne veux surtout pas la rétablir.»

    Ma réponse à cet évêque : Même si vous vouliez la rétablir, vous en seriez bien incapable en 2007.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    jeudi 25 octobre 2007 11h46
    @ M. Bousquet: Les vrais Québecois ont raison d'avoir honte d'être Québécois
    On ne peu plus critiquer la direction xénophobe et discriminatoire où se dirige le Québec d'aujourd'hui sans être injurié, ridiculisé ou invité à quitter notre terre natale. Voila la tolérance au Québec : crois à la nation ou meure. Moi je dis, vi et laisse vivre. Adapte toi au changement et apprend de nouvelle façon de vivre. Accepte les autres et ils t'accepteront. À chacun sa couleur et on aura un arc en ciel, la vie en monochrome est plate. Oui j'ai honte de Hérouxville, oui La Marois me fait honte et par sa position me fait peur pour le future.

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 25 octobre 2007 12h11
    Pas d'excision au Québec?
    Nos intellos du Plateau du Devoir regardent de très haut les gens d 'Hérouxville: Interdire l'excision! Mais ca se peux-tu? C'est déjà défendu dans le code criminel.

    On n'a pas de ça à Montréal évidemment... Dans La Presse du 1 octobre 1994, Eric Clément nous apprenait que "plusieurs communautés canadiennes viennent de pays où l'on pratique l'excision, notamment l'Egypte (qui a promis de l'éradiquer prochainement), la Somalie (98 pour cent des femmes), l'Ethiopie (90 pour cent des femmes), mais aussi le Mali (75 pour cent)."
    "Le docteur Claude Fortin, de Châteauguay, a confirmé hier qu'entre 10 et 15 opérations de défibulation (réouverture de sexes fermés après un excision) ont été pratiquées à l'hôpital La Salle et que l'excision existe au Québec mais qu'elle n'est pas pratiquée par des médecins "ou bien cela se fait anonymement."

    En 2003 (Louise Leduc 6 décembre) La Presse soutenait qu'un médecin montréalais voyait " environ une femme excisée par mois, et j'en ai probablement désinfibulé entre 50 et 75 jusqu'ici, explique-t-il en marge du forum sur les mutilations génitales féminines. Il s'agit en majorité de Somaliennes, mais aussi ,très souvent, de Nigériennes ou Sénégalaises."

  • Ken Ko
    Inscrit
    jeudi 25 octobre 2007 12h45
    Des croyances vraiment stupides
    Quelle stupidité! Il y a eu tant des gens qui avaient immigrés à ce continent au cours des siècles pour échapper l'intolérance dans leurs pays natales, pour enfin enchâsser la liberté de réligion dans les chartes de libertés d'aujourd'hui. Mais non! Voilà le bon peuple d'Hérouxville qui arrivent à sauver le petit coin du Québec au gré de leur volonté à cause des peurs des peurs imaginaires... Que nous vivions avec telles nombrilisme dans ce nouvel ère est vraiment incroyable. J'ai une idée; pourqoui pas éxpulser tout le village dans une ile qui appraitra bientot dans le mer à cause des changements climatique pourqu'ils puissent mènent leurs vies à leur sort? Dans cette façon ils peuvent préserver leur culture stérile (soyons honnête - cette culture n'est pas ancienne comme les autres) jusqu'a leur extinction? Au lieu d'apporter des changements franchement idiotiques à notre charte de libertés durement gagnés par les mêmes ancestres de ce petit peuple? Je suis tanné d'entendre des tels commentaires des gens élus indigne de leur postes officielles.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    jeudi 25 octobre 2007 15h58
    @Claude Archambault
    M. Claude Archambault écrit : « Oui j'ai honte de Hérouxville, oui La Marois me fait honte et par sa position me fait peur pour le future.»

    Je répond à M. Archambault : Arrêtez d'avoir honte et peur et croyez en l'intelligence collective de vos concitoyens québécois.

    Si vous persistez à avoir peur et honte au Québec et si vous voulez être heureux dans la vie et que vous ne voulez pas déménager en Ontario ou au Nouveau-Brunswick "où vous devez penser que les gens sont mieux qu'au Québec", faudra vous trouver une solution autre ou finir vos jours stressé au Québec.

    En passant, Mme. Marois n'est pas la Marois s.v.p. Un peu de politesse ne nuit jamais.

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 25 octobre 2007 16h21
    Honte de Bousquet
    Moi j'ai honte de Bousquet qui s'obstine à appeler Madame Marois la Marois. Le Bousquet pourrait être respectueux même envers ceux et celles qu'il déteste.
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Mathieu Roy
    Inscrit
    jeudi 25 octobre 2007 17h26
    La honte
    Bien qu'il n'en déplaise à M. Bousquet et aux autres. Nous sommes une grande masse de gens à avoir honte de ces xénophobes qui occupent maintenant tout l'espace public et détruisent notre réputation. Que ceux qui ne font pas notre affaire déménagent. Essayons aussi de faire déménager auilleurs la majorité qui a voté non au référendum en 95. Ce sont probablement ça les 'valeurs démocratiques' dont parle Drouin qu'il faut inculquer aux immigrants qui ne savent pas vivre...

    Quelle honte vraiment...

  • Claude Archambault
    Inscrit
    jeudi 25 octobre 2007 20h46
    je persite et signe
    La Marois, est très respectueux, considérant comment l'on traite certain très honorable premier ministre, car cela est , leur titre, le très Honorable M. Chrétien, Le très Honorable M. Harper, le très honorable M. Trudeau juste pour en nommer quelques un. Dans les commentaire passés, j'ai vue ces Honnorable premier ministre être bien plus maltraité que la Marois, notre Marquise national, La Castafior du parlement. Quand elle gagnera mon respect je lui donnerai, en attendant elle restera la Marois. Au moins je fait leffort de mettre un M majuscule.

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    vendredi 26 octobre 2007 00h41
    @Roland Berger
    Excusez M. Berger mais je n'ai jamais appelé Mme Marois, la Marois et je suis loin de la détester. Je crois que vous vous trompez de personne. C'est M. Claude Archambault qui l'appelle comme ça, ce que je lui reprochait justement dans ma réponse plus bas.

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