Le Québec à l'UNESCO: un recul historique
25 octobre 2007
Québec
Si le premier ministre du Québec et sa ministre des Relations internationales considèrent comme «historique» et voient une «évolution du fédéralisme canadien» dans l'entente administrative portant sur la présence du Québec à l'UNESCO, c'est leur privilège.
Cependant, il est hors de question, pour le Bloc québécois, de cautionner de tels propos. Pour ma part et de mon point de vue, je suis obligé de constater que cette entente administrative marque un recul.
Par le passé, le Québec a obtenu un statut d'État participant au sein de la Francophonie, ce qui lui permet de s'exprimer de sa propre voix. Et si d'aventure il y avait une sérieuse divergence d'opinion dans un domaine de sa compétence, le gouvernement du Québec aurait tout le loisir d'exprimer son désaccord.
Dans le cas de l'UNESCO, en cas de désaccord, le Québec doit se taire, et la seule obligation d'Ottawa consiste à envoyer une note explicative à Québec.
Stephen Harper et ses ministres qualifient eux aussi l'entente Québec-Canada sur l'UNESCO d'«historique». Pourtant, une offre semblable, invitant le Québec à faire partie de la délégation canadienne, avait déjà été faite par le gouvernement Trudeau en avril 1968 pour la Francophonie et l'UNESCO. Cette offre avait été refusée par le premier ministre Daniel Johnson.
Lors de la dernière campagne électorale fédérale, Stephen Harper s'est pourtant engagé à offrir au Québec une place au sein de l'UNESCO selon le modèle de la Francophonie. Or, on le voit, le statut du Québec à l'UNESCO est très loin de correspondre à cet engagement.
Dans une lettre, la ministre Gagnon-Tremblay souligne qu'il faut «sortir de l'horizon québéco-canadien quand on est sur la scène internationale». Pour ma part, je dois dire qu'au cours des 17 dernières années, lors de mes innombrables rencontres bilatérales ou multilatérales avec les ambassadeurs et les chefs d'État étrangers en visite à Ottawa, jamais je n'ai oublié que ma première allégeance allait à la nation québécoise. C'est d'ailleurs la règle sur la scène internationale pour les diplomates ou les chefs d'État de défendre avant tout l'intérêt national.
La ministre ajoute que le ton à l'UNESCO privilégie le dialogue et la négociation et qu'il diffère en cela de celui qu'on retrouve dans nos parlements. Elle sera heureuse d'apprendre que je suis entièrement de son avis et qu'il en va ainsi dans la plupart des forums internationaux.
Mais ce ton cordial et empreint de civilité qui est la norme en diplomatie n'empêche nullement d'exprimer, s'il y a lieu, les désaccords de façon vigoureuse et ferme. Encore faut-il être en mesure de faire entendre sa voix.
En terminant, je prends note du grand enthousiasme de Mme Gagnon-Tremblay devant l'ouverture prétendue de M. Harper envers le Québec. Pour ma part, moi qui suis en contact constant avec le gouvernement conservateur et avec M. Harper lui-même, je serais plutôt de l'avis de son collègue ministre, Claude Béchard.
Faisant référence au refus du gouvernement fédéral d'accorder un droit de parole au Québec à Nairobi à l'occasion de la douzième conférence de l'ONU sur les changements climatiques, il a affirmé, le 9 novembre 2006, que le comportement du gouvernement du Canada n'était pas un exemple de fédéralisme d'ouverture. Dois-je rappeler qu'à cette occasion, le représentant du Québec s'était vu dans l'obligation de pratiquer une «diplomatie de corridor»?
Il en va de même de sa collègue aux Finances, Monique Jérôme-Forget, qui souligne que sur la question des valeurs mobilières, le premier ministre Harper remet en question le fédéralisme d'ouverture qu'il prône. Même le premier ministre du Québec, Jean Charest, bute sur la fermeture du gouvernement conservateur en ce qui a trait au maintien du Registre des armes à feu ou à la réforme du Sénat.
Mais peut-être la ministre québécoise des Relations internationales se satisfera-t-elle d'une note explicative du gouvernement fédéral sur tous ces sujets?
Cependant, il est hors de question, pour le Bloc québécois, de cautionner de tels propos. Pour ma part et de mon point de vue, je suis obligé de constater que cette entente administrative marque un recul.
Par le passé, le Québec a obtenu un statut d'État participant au sein de la Francophonie, ce qui lui permet de s'exprimer de sa propre voix. Et si d'aventure il y avait une sérieuse divergence d'opinion dans un domaine de sa compétence, le gouvernement du Québec aurait tout le loisir d'exprimer son désaccord.
Dans le cas de l'UNESCO, en cas de désaccord, le Québec doit se taire, et la seule obligation d'Ottawa consiste à envoyer une note explicative à Québec.
Stephen Harper et ses ministres qualifient eux aussi l'entente Québec-Canada sur l'UNESCO d'«historique». Pourtant, une offre semblable, invitant le Québec à faire partie de la délégation canadienne, avait déjà été faite par le gouvernement Trudeau en avril 1968 pour la Francophonie et l'UNESCO. Cette offre avait été refusée par le premier ministre Daniel Johnson.
Lors de la dernière campagne électorale fédérale, Stephen Harper s'est pourtant engagé à offrir au Québec une place au sein de l'UNESCO selon le modèle de la Francophonie. Or, on le voit, le statut du Québec à l'UNESCO est très loin de correspondre à cet engagement.
Dans une lettre, la ministre Gagnon-Tremblay souligne qu'il faut «sortir de l'horizon québéco-canadien quand on est sur la scène internationale». Pour ma part, je dois dire qu'au cours des 17 dernières années, lors de mes innombrables rencontres bilatérales ou multilatérales avec les ambassadeurs et les chefs d'État étrangers en visite à Ottawa, jamais je n'ai oublié que ma première allégeance allait à la nation québécoise. C'est d'ailleurs la règle sur la scène internationale pour les diplomates ou les chefs d'État de défendre avant tout l'intérêt national.
La ministre ajoute que le ton à l'UNESCO privilégie le dialogue et la négociation et qu'il diffère en cela de celui qu'on retrouve dans nos parlements. Elle sera heureuse d'apprendre que je suis entièrement de son avis et qu'il en va ainsi dans la plupart des forums internationaux.
Mais ce ton cordial et empreint de civilité qui est la norme en diplomatie n'empêche nullement d'exprimer, s'il y a lieu, les désaccords de façon vigoureuse et ferme. Encore faut-il être en mesure de faire entendre sa voix.
En terminant, je prends note du grand enthousiasme de Mme Gagnon-Tremblay devant l'ouverture prétendue de M. Harper envers le Québec. Pour ma part, moi qui suis en contact constant avec le gouvernement conservateur et avec M. Harper lui-même, je serais plutôt de l'avis de son collègue ministre, Claude Béchard.
Faisant référence au refus du gouvernement fédéral d'accorder un droit de parole au Québec à Nairobi à l'occasion de la douzième conférence de l'ONU sur les changements climatiques, il a affirmé, le 9 novembre 2006, que le comportement du gouvernement du Canada n'était pas un exemple de fédéralisme d'ouverture. Dois-je rappeler qu'à cette occasion, le représentant du Québec s'était vu dans l'obligation de pratiquer une «diplomatie de corridor»?
Il en va de même de sa collègue aux Finances, Monique Jérôme-Forget, qui souligne que sur la question des valeurs mobilières, le premier ministre Harper remet en question le fédéralisme d'ouverture qu'il prône. Même le premier ministre du Québec, Jean Charest, bute sur la fermeture du gouvernement conservateur en ce qui a trait au maintien du Registre des armes à feu ou à la réforme du Sénat.
Mais peut-être la ministre québécoise des Relations internationales se satisfera-t-elle d'une note explicative du gouvernement fédéral sur tous ces sujets?
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