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Rabaska: une étude démolit l'argument écologique

Louis-Gilles Francoeur   24 octobre 2007  Québec
La substitution du mazout par le gaz naturel ne fonctionne tout simplement pas dans un marché libre comme celui du Québec, sauf momentanément et marginalement avec l'appui d'un programme de subventions, indique une étude inédite sur la question.

Cette étude, qui met en pièces la justification publique avancée par le gouvernement Charest pour préparer le terrain à l'autorisation du projet Rabaska, vient d'être remise par son auteur, Patrick Déry, un consultant en énergie du Saguenay, aux deux organismes qui l'ont commandée pour voir clair dans le dossier du gaz naturel, soit le Conseil régional de l'environnement de la région ainsi que le Groupe de recherches écologiques de La Baie (GREB).

Le programme de substitution annoncé récemment par le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, a été notamment applaudi par deux groupes environnementaux, soit Équiterre et Greenpeace, parce qu'il pourrait aider le Québec à atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les promoteurs de Rabaska disent la même chose depuis un an et le BAPE a abondé dans leur sens.

Or, affirme le chercheur, qui a analysé l'évolution historique de l'usage des combustibles fossiles à l'échelle planétaire, aux États-Unis, en Allemagne et au Québec, «les programmes de substitution dans des marchés libres et non réglementés par l'État ont provoqué partout des hausses de la consommation globale de mazout et de gaz et non pas le remplacement du mazout par le gaz. En somme, les deux combustibles stimulent par leur abondance le marché et la demande, qui absorbe tout ce qui est disponible avec le résultat qu'on augmente tout simplement les émissions globales de GES».

Son étude emploie à peu près les mêmes termes: «Les prétentions, y lit-on, concernant la diminution véritable des émissions de CO2 des promoteurs de sources d'énergie émettant moins de gaz à effet de serre ne concordent pas avec la réalité. Dans le contexte actuel du libre marché, la production de ces sources nouvelles s'additionne à la production existante et ne la remplace pas. Laisser faire le marché n'amène d'aucune façon une substitution réelle à moyen et long terme, le marché étant trop gourmand de toute forme d'énergie, quelle qu'elle soit.»

L'Allemagne, ajoute Patrick Déry, est le seul pays qui a réussi à provoquer une véritable substitution du mazout par d'autres formes d'énergie moins riches en carbone. «Mais c'est parce que pendant des années, explique-t-il au Devoir, l'Allemagne a eu une politique musclée qui obligeait carrément les distributeurs d'énergie à acheter toutes les énergies vertes disponibles sur le marché au prix fixé par l'État.»

Les distributeurs étaient ainsi forcés de limiter leurs achats d'autres formes classiques d'énergie pour ne pas se retrouver avec de coûteux excédents. Par la suite, indique Patrick Déry, l'Allemagne a imposé un plafond à ses émissions de GES dans le cadre de Kyoto, ce qui empêche toute augmentation des émissions en termes absolus et force, dans les faits, les acteurs économiques, producteurs et consommateurs, à délaisser les énergies fossiles riches en carbone pour d'autres combustibles, comme le gaz, ou des énergies plus vertes, comme l'éolien, ou même le nucléaire.

Un combustible de transition

Le gaz naturel, dit-il, demeure un combustible intéressant dans une phase de transition si on plafonne les émissions ou l'utilisation d'autres combustibles, ce qui n'est pas le cas au Québec, précise l'étude, intitulée Substitution énergétique, mythe ou réalité?.

Mais sans ce contrôle réglementaire, l'objectif de substitution n'est jamais atteint là où on a tenté de le faire. D'autres facteurs plus déterminants et aussi contraignants qu'un contrôle étatique ont historiquement imposé aux producteurs et aux usagers des substitutions réelles. Cela a été le cas de pénuries temporaires régionales ou de crises énergétiques comme celles des années 70.

Un programme de subventions comme celui mis en avant par le gouvernement Charest récemment, ajoute Patrick Déry, incitera certes quelques entreprises à procéder à des substitutions, mais l'effet sera marginal car les vendeurs de mazout vont réagir en abaissant leurs prix, ce qui influencera ceux du gaz, et la demande sera par le fait même stimulée à la hausse.

On a vu dans le passé, explique-t-il, des «substitutions relatives», mais pas en chiffres absolus. À ne pas confondre, dit-il.

Une substitution relative se décrit comme une réduction de la part de marché d'une filière par rapport à ses concurrentes. Mais cette réduction en pourcentage peut cacher une augmentation des ventes en chiffres absolus si la taille de la «tarte globale» augmente. Le mazout, par exemple, peut voir son pourcentage d'utilisation diminuer dans un pays en raison de la concurrence d'autres filières alors qu'en chiffres absolus ses ventes continuent d'augmenter, ce qui s'est souvent produit dans les cas étudiés par le chercheur.

Un autre décret

D'autre part, Québec devra se résoudre à adopter un autre décret pour contourner la loi qui interdit l'acquisition des terres agricoles par des non-résidants s'il veut finalement autoriser le projet Rabaska, soutient Me Guylaine Caron, la procureure des agriculteurs opposés au projet, dans une lettre envoyée dimanche au président de l'Union des producteurs agricoles, Laurent Pellerin.

«Considérant que Rabaska inc. est un consortium formé de Gaz de France, Gaz Métro et Enbridge, dont plus de 50 % des actions sont détenues par des personnes qui ne résident pas au Québec», l'entente proposée par le syndicat local de l'UPA — celui qui a conclu une entente avec les promoteurs sur les conditions de vente — serait ainsi «contraire à la loi».

Les intérêts étrangers que mentionne Me Caron ont aussi de puissants appuis ici, au sein du gouvernement québécois et notamment chez Power Corporation, qui détient des actions d'Enbridge, un des membres du consortium Rabaska, qui réunit aussi Gaz de France et Gaz Métropolitain. On imagine facilement que les intérêts de la société d'État française sont surveillés par l'Élysée, tout comme ceux de la Caisse de dépôt et placements ou du Fonds de solidarité de la FTQ, des actionnaires de Gaz Métro, ne sont pas ignorés par Québec. D'autre part, on se rappellera que le chef de cabinet du premier ministre Jean Charest jusqu'à tout récemment, Stéphane Bertrand, a été pendant des années vice-président de Gaz Métropolitain.






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  • Louis-Gérard Frégeaiu
    Inscrit
    mercredi 24 octobre 2007 07h52
    Rabaska un projet innovateur malgré tout
    « Je ne doute pas de l'étude de Déry. Cependant, comme tout économiste, il tente de prédire l'avenir en regardant le passé. S'il y a augmentation de la comsommation d'énergie c'est qu'il y a augmentation d'activités de consommation. Il a déjà été dit que malgré que les voitures soient moins gourmandes, on consomme plus d'essence aujourd'hui qu'il y a 10 ans environ. Est-ce que la solution pour réduire la polution causé par l'automobile est de réduire le nombre de station service? C'est ce que j'en conclu à la lecture de l'article. Que ferons les industriels de la région avec le gaz disponible et oui un gros point d'intérogation. Devons nous condamner la région de Québec à l'immobilisme? Des villes stables, ça n'existe pas. Rabaska est innovateur parce que pour une rare fois on pense à intégrer un équipement industriel dans un environnement agréable pour les gens qui auront à cotoyer ces installations. Il serait peut-être plus agréable qu'il n'existe pas ou qu'il soit ailleur. je l'admet. Cependant, un terminal méthanier sert, en premier lieu, les villes. Il ne serait pas convenable qu'il soit en campagne, à mon point de vue. Or Lévis est de moins en moins une banlieu. Oui les Lévisiens, et j'en suis un, auront à innover dans l'organisation de leur ville. Et fort heureusement pour nous, il reste beaucoup, beaucoup d'espaces pour accueillir des industries et des résidences dans la ville sans penser à développer les terres agricoles qui entourerons Rabaska. Et n'oublier pas, le maire Jean Garon avait réaliser un coup fumant, en achatant des terres à quelques pas des installations de Rabaska pour la création d'un parc régionnal. Manquons nous tellement d'imagination qu'on ne puisse concevoir Lévis développer d'une manière non conventionnel? Le discours contre Rabaska est véritablement très décourageant. Mais, c'est le poids du jeu de la démocratie. »

  • Michel Thibault
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 09h33
    La ruse, stratégie politique
    « Le chat vient de sortir du sac, des promoteurs du projet Rabaska. Les arguments écologiques sont récupérés pour arriver coûte que coûte à ses buts. Comme pour la science au service des intérêts dominants le pauvre peuple ne doit plus savoir en qui croire. »

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 09h55
    L'exemple de l'Allemagne
    « Écoutez quelques instants Claude Béchard vanter les mérites de Rabaska et vous aurez compris que l'exemple d'une Allemagne qui a fortement réglementé la substitution du gaz au mazout ne sera pas suivi au Québec. Et le PLQ sera évidemment appuyé par l'ADQ, un parti qui fait d'emblée confiance à l'entreprise privée, dirigée par des gens qui n'ont d'autres intérêts que le bien-commun des Québécois et la santé de la planète. Madame Marois pourrait mettre sur la glace son projet de citoyenneté et s'occuper de cette question cruciale.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 10h26
    Qunad on veut, on peut.
    « Qu'ont en commun ce genre de projets ? Quand on parle de la méfiance et du cynisme des gens envers les politiciens, professionnels ou amateurs, on en a là un bel exemple.

    Ce peuple, empêcheur de tourner en ronds bien sonnants la salive des «développeurs», il n'est pas si con. Pour lui, sans faire enquête, sans études, ça saute aux yeux qu'on veut réaliser à tout prix ce projet. C'est évident depuis le tout début qu'on ira chercher les arguments qu'il faut.

    Cher peuple, brimeras-tu encore une fois tous ces bons apôtres de la prospérité ? Prolongeras-tu encore cette catalepsie économique, cette absence de projets qu'ont dénoncé avec force nos guides spirituels comme le Grand Lucien ?

    Nos dirigeants »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 10h28
    Quand on veut, on peut.
    « Qu'ont en commun ce genre de projets ? Quand on parle de la méfiance et du cynisme des gens envers les politiciens, professionnels ou amateurs, on en a là un bel exemple.

    Ce peuple, empêcheur de tourner en ronds bien sonnants la salive des «développeurs», il n'est pas si con. Pour lui, sans faire enquête, sans études, ça saute aux yeux qu'on veut réaliser à tout prix ce projet. C'est évident depuis le tout début qu'on ira chercher les arguments qu'il faut.

    Cher peuple, brimeras-tu encore une fois tous ces bons apôtres de la prospérité ? Prolongeras-tu encore cette catalepsie économique, cette absence de projets qu'ont dénoncé avec force nos guides spirituels comme le Grand Lucien ?


    Nos dirigeants »

  • Denis Michaud
    Inscrit
    mercredi 24 octobre 2007 11h03
    Rabaska ou terminaux méthaniers?
    « Merci pour cet article, précieux et éclairant. Mais pourquoi ne pas l'avoir titré :
    Terminaux méthaniers : une étude démolit l'argument écologique? Cacouna, Lévis, Grande-Anse; ces projets devraient être remis en question de façon globale. Merci d'aider les lecteurs de vos articles à garder ça en tête. Les enjeux sont aussi graves et inquiétants à Cacouna qu'à Lévis.

    Danielle Pitre »

  • Josiane Klassen
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 11h37
    Quelqu'un va bruler ce mazout ici ou ailleurs
    « L'Allemagne a réussi à réduire ses émissions de GES sur son territoire en imposant "un plafond à ses émissions de GES dans le cadre de Kyoto" mais les raffineurs ont probablement exporté leurs mazouts lourds dans des territoires qui n'imposaient aucun plafond. Les meilleures solutions pour réduire les GES à moyen terme sont : a) autoriser nos raffineries à se moderniser pour convertir leurs coke et mazout lourd ; b) acheter des véhicules économes ; c) imposer des taxe et plafond sur le carbone. Car le mazout lourd n'est pas un produit comme les autres produits de la raffinerie ; le mazout lourd est un sous-produit des autres produits de la raffinerie. Une raffinerie produit deux familles de produits commerciaux à partir du pétrole : les produits vendus à des prix supérieurs à celui de la matière première - l'essence, le diésel, le carburant d'avion ... - et les sous-produits qui sont toujours vendus à des prix inférieurs à celui de la matière première : le mazout lourd, le coke ... (le mazout léger sert au chauffage domestique ; ce n'est pas un sous-produit). Si un raffineur ne peut pas vendre son mazout lourd sur son marché habituel, il le vend ailleurs. Il ne peut pas faire autrement : chaque litre d'essence, de diésel ... entraine la production automatique d'une proportion fixe de mazout lourd ; c'est un "sous-produit" inévitable et non un produit. On ne construit pas et n'opère pas une raffinerie pour vendre du mazout lourd, mais pour vendre les produits qui justifient de raffiner du pétrole. Il existe deux façons de réduire la production des sous-produits riches en carbone. 1- Les gouvernements peuvent imposer un plafond sur les émissions de GES (comme le font les gouvernements européens) ou imposer une taxe sur le carbone (comme le font les gouvernements québécois et européens) qui poussent (par les lois du marché) à réduire leur consommation de combustibles et carburants fossiles. Si l'Allemagne était seule en Europe à imposer ces contraintes, le reste du marché européen aurait acheté le mazout lourd que les raffineurs allemands n'auraient pas écoulé auprès de ses clients allemands. Comme les membres de la Communauté Européenne sont solidaires à imposer ces contraintes sur les GES, les raffineurs européens exportent leur mazout lourd à l'étranger (facile à transporter par bateau), qui produit les GES à la place des Européens, à court terme. Car, à court terme, quelqu'un va bruler ce mazout : les clients actuels ou de nouveaux clients. Le programme de subventions du ministre Béchard n'y changera rien à l'échelle globale ; il va seulement augmenter la compétitivité de nos entreprises face à ses concurrents (permis par l'ALÉNA). À moyen terme, cependant, nos raffineurs trouveront plus rentable de modifier leurs raffineries pour transformer leurs sous-produits en produits vendus à prix plus élevés, parce que les contraintes gouvernementales sur les GES ou le prix du pétrole le justifient. C'est ce qu'Ultramar a fait avec son mazout il y a quelques années, et ce que Pétro-Canada veut maintenant faire avec son coke à sa raffinerie de Montréal ... contre l'avis de certains. 2- Si les gouvernements ne poussent pas, directement ou indirectement, les acheteurs de mazout à remplacer leur consommation par d'autres combustibles, il reste aux automobilistes et camionneurs à réduire leur consommation de carburants en achetant des véhicules moins énergivores, qui inciteront les raffineurs à réduire la production de mazout en modifiant les raffineries. (À long terme, c'est une autre histoire, qui prend plus de place à raconter que le lecteur n'en a à sa disposition ici.) À court terme, le phénomène des contraintes sur les GES peut sembler se résumer à "pas dans ma cours" ; mais à moyen et long terme, les gestes et contraintes que les citoyens et gouvernements s'imposent incitent les étrangers à suivre. Courage, patience et intelligence remplacent alors le "pas dans ma cours". René Pigeon 613.943-8840 »

  • Alain Vézina
    Inscrit
    mercredi 24 octobre 2007 13h23
    Vers une construction démocratique de l'offre
    « Je suis tenté de prolonger l'argumentation de M. Patrick Déry avec mon regard de sociologue.

    On se trompe si l'on croit que l'irruption de l'écologie dans notre horizon de préoccupations est temporaire. À moins de cataclysmes mettant à bas la civilisation planétaire en constitution, ce champ d'action et de réflexion se fera un empire dans nos esprits, à n'en pas douter. Nous serons 2,5 milliards de consommateurs humains de plus au cours de ce siècle. Le GIEC (prix Nobel de la paix - 2007), dont les estimations sont probablement trop optimistes, considère que le monde doit rapidement, pour 2050, divisé par 2 sa production de gaz à effet de serre en rapport à 1990. La part du nord-américain moyen dans cette réduction signifie qu'il divise sa production de gaz à effet de serre PAR 30 sur la même période. Ce qui est amusant, c'est que nous ne pouvons rien espérer de la moitié la plus pauvre du monde, qui en produit peu. Cet effort devra effectivement être fait par les plus riches, par ceux qui effet les produisent. Pas moyen d'esquiver.

    L'écologie c'est la nécessité d'intégrer le long terme voire l'infini temporel. Dans l'action cela signifie de prolonger le regard sur les conséquences de nos actes, de nos choix, sur les deux axes temporels. Qu'avons-nous fait...que faisons-nous...qu'elles en seront les conséquences ultimes avec tout un lot d'incertitudes. Cela vaut au niveau collectif comme au niveau individuel, mais c'est le collectif qui doit s'organiser pour permettre de développer la responsabilité individuelle et que cela ne soit pas un fardeau intenable pour les individus.

    S'organiser pour une telle prolongation du regard sur nos actions c'est que j'appelle avec d'autre la construction de l'INTELLIGENCE COLLECTIVE. Hors, dans une société de marché, on veut faire vite et on renonce à cette construction. Dans le cas qui nous occupe, la preuve en est l'arrivée tardive de l'argumentation de M. Déry.

    Un projet comme Rabaska arrive devant le BAPE et le public, tout fignolé avec ses études d'impacts. L'offre qui nous est faite est déjà constituée. En gros, il ne reste plus à ses promoteurs qu'à déconstruire les objections de ses adversaires, au prix de quelques compromis éventuellement.

    Y a-t-il besoin de DÉVELOPPER UN PROJET de port méthanier au Québec ? Voilà la première question qui aurait à être débattue et être soumise au BAPE. Si oui, à quelles conditions ce projet peut-il être acceptable ? De là, avec des arguments comme ceux de M. Déry et d'autres objections, on construit collectivement ce qui sera l'offre finale dans laquelle est intégrée la gestion des risques. Ainsi, si l'on juge que les contraintes allemandes faites au marché sont essentielles afin de rendre l'offre acceptable, on s'organise en l'intégrant dans l'offre. Ici, dans le cas des allemands, ce sont des politiques publiques très explicites et préalablement établies qui ont intégrées à l'offre.

    Retour périodique au BAPE, comme lieu où s'approuve (ou se réprouve) la construction de l'offre en son état d'avancement, ou s'agrège les objections et se prolonge la construction de l'offre jusqu'à une acceptabilité finale. Bien sûr le refus de donner suite reste une possibilité tout au long du processus.

    La construction de l'INTELLIGENCE COLLECTIVE tout comme la responsabilité sociale ou l'environnement ne sont pas indifférents à la façon dont nous construisons nos projets et les amenons dans l'espace public. Mettons moins en marché, mettons plus en CITÉ. Le BAPE dans le cadre de son mandat actuel tient encore trop de la mise en marché. »

  • Jean-Philippe Baillargeon
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 13h27
    Créer de la richesse en maintenant une croissance de l'emploi...
    « ... Ce n'est pas ce que je vois dans le développement de Rabaska.

    Selon un autre article paru aujourd'hui: «L'économiste de la FCCQ, Jean Laneville, a souligné que plusieurs emplois du secteur de la fabrication avaient été remplacés, ces dernières années, par des postes mal rémunérés du secteur des services, plus particulièrement dans le commerce de détail.»

    Durant la période de construction du port méthanier, il ne faut pas se leurrer en croyant que la manne ne retombera uniquement que sur les entreprises régionales. On aura besoin de gens déjà spécialisés: des constructeurs, ingénieurs et travailleurs arriveront d'ailleurs, d'autres régions, d'autres provinces, d'autres pays aussi...

    Ils s'installeront ici et gonfleront artificiellement la demande de services ainsi que la demande immobilière et locative, faisant du coup augmenter le coût des logements. Les évaluations foncières augmenteront probablement aussi, ce qui aura incidemment un effet sur le compte de taxes. À plus petite échelle on aura un boom économique semblable à celui de l'Alberta, «rich and famous province of Canada» qu'on idéalise beaucoup dans la région de Québec.

    Mais qu'adviendra-t-il après ce fulgurant développement du 3 ans de construction? Après l'installation de ces gens de l'extérieur? Après la fin du contrat de travail de ces gens de l'extérieur? Après l'embauche de plusieurs nouveaux commis et caissières d'épicerie? Après l'expension, le développement de nouveaux quartiers ou l'exode d'ancien quartiers abordables? Serait-ce bien souhaitable pour le tissus social local?

    D'autres, à Fribourg, en Allemagne, ont profité d'une première crise de l'énergie et du débat autour du nucléaire pour construire une ville d'économie et de développement durable. Ils ont développé la géothermie, le solaire et ont utilisé les forces de toutes la communauté: les plombiers, les conseillers municipaux et les gens de la finances pour arriver à une ville moderne avec une économie plus stable et plus autonome...

    Ne devrions-nous pas profiter de la stratégie de développement durable du gouvernement québécois pour réaliser un projet intégrateur au lieu de risquer de mettre à mal l'économie publique locale?

    Jean-Philippe Baillargeon
    Québec »

  • Alain Vézina
    Inscrit
    mercredi 24 octobre 2007 14h32
    Les projets - Vers une gestion démocratique de l'offre
    « Je suis tenté de prolonger l'argumentation de M. Patrick Déry avec mon regard de sociologue.

    On se trompe si l'on croit que l'irruption de l'écologie dans notre horizon de préoccupations est temporaire. À moins de cataclysmes mettant à bas la civilisation planétaire en constitution, ce champ d'action et de réflexion se fera un empire dans nos esprits, à n'en pas douter. Nous serons 2,5 milliards de consommateurs humains de plus au cours de ce siècle. Le GIEC (prix Nobel de la paix - 2007), dont les estimations sont probablement trop optimistes, considère que le monde doit rapidement, pour 2050, divisé par 2 sa production de gaz à effet de serre en rapport à 1990. La part du nord-américain moyen dans cette réduction signifie qu'il divise sa production de gaz à effet de serre PAR 30 sur la même période. Ce qui est amusant, c'est que nous ne pouvons rien espérer de la moitié la plus pauvre du monde, qui en produit peu. Cet effort devra effectivement être fait par les plus riches, par ceux qui effet les produisent. Pas moyen d'esquiver.

    L'écologie c'est la nécessité d'intégrer le long terme voire l'infini temporel. Dans l'action cela signifie de prolonger le regard sur les conséquences de nos actes, de nos choix, sur les deux axes temporels. Qu'avons-nous fait...que faisons-nous...qu'elles en seront les conséquences ultimes avec tout un lot d'incertitudes. Cela vaut au niveau collectif comme au niveau individuel, mais c'est le collectif qui doit s'organiser pour permettre de développer la responsabilité individuelle et que cela ne soit pas un fardeau intenable pour les individus.

    S'organiser pour une telle prolongation du regard sur nos actions c'est que j'appelle avec d'autre la construction de l'INTELLIGENCE COLLECTIVE. Hors, dans une société de marché, on veut faire vite et on renonce à cette construction. Dans le cas qui nous occupe, la preuve en est l'arrivée tardive de l'argumentation de M. Déry.

    Un projet comme Rabaska arrive devant le BAPE et le public, tout fignolé avec ses études d'impacts. L'offre qui nous est faite est déjà constituée. En gros, il ne reste plus à ses promoteurs qu'à déconstruire les objections de ses adversaires, au prix de quelques compromis éventuellement.

    Y a-t-il besoin de DÉVELOPPER UN PROJET de port méthanier au Québec ? Voilà la première question qui aurait à être débattue et être soumise au BAPE. Si oui, à quelles conditions ce projet peut-il être acceptable ? De là, avec des arguments comme ceux de M. Déry et d'autres objections, on construit collectivement ce qui sera l'offre finale dans laquelle est intégrée la gestion des risques. Ainsi, si l'on juge que les contraintes allemandes faites au marché sont essentielles afin de rendre l'offre acceptable, on s'organise en l'intégrant dans l'offre. Ici, dans le cas des allemands, ce sont des politiques publiques très explicites et préalablement établies qui ont intégrées à l'offre.

    Retour périodique au BAPE, comme lieu où s'approuve (ou se réprouve) la construction de l'offre en son état d'avancement, ou s'agrège les objections et se prolonge la construction de l'offre jusqu'à une acceptabilité finale. Bien sûr le refus de donner suite reste une possibilité tout au long du processus.

    La construction de l'INTELLIGENCE COLLECTIVE tout comme la responsabilité sociale ou l'environnement ne sont pas indifférents à la façon dont nous construisons nos projets et les amenons dans l'espace public. Mettons moins en marché, mettons plus en CITÉ. Le BAPE dans le cadre de son mandat actuel tient encore trop de la mise en marché. »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    mercredi 24 octobre 2007 17h03
    gaz naturel, mazout, Rabaska, Énergie, Québec (région)
    « Simple commentaire

    Les ordinateurs et les moteurs ne fonctionnent pas à autre chose que l'électricité.

    Par contre le chauffage peut être alimenté au gaz naturel.

    C'est de l'économie de la répartition des ressources.

    Moins de pollution venant des centrales thermique à l'ouest de notre territoire. C'est une bonne transition. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 20h46
    Rabaska = réduction des GES
    « Le projet va permettre à l'est du pays d'être moins dépendant du gaz de l'Alberta. C'est une bonne nouvelle car l'Alberta fait son électricité avec des centrales au charbon qui pourront être transformées pour fonctionner au gaz naturel tout comme celle qui se construit au Maroc financée par les bourses du carbone européennes...

    Un gaz de tranformation du bunker au gaz naturel peut inciter les industries québécoises à passer au gaz naturel. Mais les usines actuellement branchées ainsi que les cuisines des grands restaurants dont les ôêles fonctionnent au gaz et qui sontsur le réseau trans-canadien seront alimentées par le Québec au lieu de l'Alberta, Un pas pour une indépendance énergétique... »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mercredi 24 octobre 2007 22h48
    Renaissance de la conscription.
    « Les classeurs-verts de l'ingérence péri-politique ne regorgent-ils pas d'ÉTUDES dont les faramineux coûts n'ont que gonflé les coffrets de leurs auteurs et «zamis» des moucharabiehs et kremlins politiques. Les tablettes de l'inertie para-politique ne débordent-elles pas d'ÉTUDES dont les poussières de l'oubli orchestré camouflent les insignifiances ?

    Voilà que, en ce mémorable 24 OCTOBRE 2007, c'est chose faite. Les magnats et puissants pachas gérants de la mondialisation des casinos et des roulettes de l'enrichissement personnel qui mènent le monde à ses vertiges ainsi qu'aux vestiges de ses éblouissements et aux décombres de ses déséquilibres, POWER CORPORATION, coiffant d'autres loggias gazeuses et officines sulfureuses des univers patronal et syndical qui commanditent et se substituent à l'affaibli, le démuni, le minoritaire et dernier des grabataires mandataires 2003, le PLQ, ont eu gain de cause et carte blanche, auprès de la girouette nationale, l'actuel statufié P.M.. Les estafettes Beauchamp et Béchard en ont claironné l'annonce et trompeté le manifeste, ce mercredi 24 octobre 2007.

    Pour l'occasion, il est surprenant que le ténor des maladies, des boîtes inhospitalières, des listes d'attente, de la normalisation de la souffrance, de la corridorisation de la désespérance, des délais tiers-mondistes et mortels, de la C Difficile et des Centres de la maltraitance des bâtisseurs du Québec, les vulnérables personnes âgées, n'ait pas réussi à se cramponner à un micro !

    Adieu, veaux, vaches, cochons, couvées ! Au diable la démocratie et que siège l'aristocratie des bourgeois technocrates et richards autocrates! Bénit et vénéré soit l'accommodant BAPE et la frime de ses audiences paquetées. Au diable les consciencieux spécialistes de la Santé dont, entre autres, le directeur des Services de Santé de Chaudière-Appalaches, que personne n'a pu corrompe et dont personne n'a pu faire taire l'incommensurable conscience, le professionnalisme rigoureux et la droiture exemplaire ! Renvoyée aux calendres grecques et jetée aux orties soit la Commission de la protection du territoire agricole du Québec, la CPTAQ, que les libéraux de Jean Charest, à leur guise et au hasard de leurs complaisantes courbettes et déférents agenouillements devant les puissances occultes, tassent, rabrouent, déboutent et prennent en otage, suivant les diktats des capiteux et glorieux lobbies que ce chien de garde de la démocratie, la CPTAQ, dérange jusqu'à l'effarouchement.

    Il y a eu l'OCTOBRE NOIR 1917, l'OCTOBRE NOIR 1970 et il y a maintenant l'OCTOBRE NOIR 2007. L'alternance cyclique de la bêtise humaine n'épargne aucun des paliers des gouvernements. Ses cycles rapprochés des dernières décennies commencent à peser très lourd dans l'évolution remarquablement ralentie et dans la manifestation incontestable de certains signes de stagnation dont souffrent le Québec des surtaxés, le Québec de l'exode des cerveaux et des capitaux, le Québec du repliement et de la morosité.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Francis Déry
    Inscrit
    mercredi 24 octobre 2007 23h49
    Pour l'émancipation énergétique du Québec
    « Les ports méthaniers étaient sensés nous préserver d'une pénurie prochaine du gaz de l'Ouest Canadien. Mais il semble que les réserves de l'Ouest puissent durer un-demi siècle au moins, alors que les réserves mondiales pourraient connaître une pénurie par une demande mondiale accrue dans le cadre des plans de réduction des GES. Nous ne savons pas encore qui sera en mesure de nous fournir, mais qu'à cela ne tienne, nous aurons brisé le monopole de l'Ouest et les ports méthaniers seront le couteau dans le cou de l'Alberta pour négocier de meilleurs prix.

    Coudonc, Charest est-il viré souverainiste ?

    Le principal argument contre la séparation du Québec fut sa dépendance envers les hydrocarbures de l'Ouest. Jean Charest veut nous assurer une indépendance énergétique, qui se répercutera au niveau politique avec un meilleur rapport de forces.

    Le mot indépendance est peut être trop fort. Nous dépendrons toujours d'ailleurs pour les hydrocarbures tant que nous ne développerons aucun programme similaire à celui de la Suède qui vise une économie sans pétrole. Je préfère parler d'émancipation énergétique.

    Jean Charest est un émancipationniste !!! »

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