dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 01h01
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le courage de reculer

«Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément», disait Boileau.

Michel David   23 octobre 2007  Québec
Pauline Marois a fait une remarquable démonstration par l'absurde de cette maxime samedi après-midi, alors qu'elle ne semblait pas très bien connaître les dispositions de son propre projet de loi sur l'identité québécoise, encore moins celles de la loi canadienne sur la citoyenneté et de la Charte canadienne des droits et libertés.

Un Québec souverain serait libre d'imposer les conditions de sa citoyenneté, mais il fait toujours partie du Canada. Dans le projet de Marois, la première condition est même d'être citoyen canadien depuis au moins trois mois.

En toute logique, il ne devrait donc pas avoir pour effet de priver un nouvel arrivant de droits que lui confère déjà sa citoyenneté canadienne. Or, tout citoyen «né au Canada ou non» se voit garanti le droit d'être candidat aux élections fédérales, provinciales et territoriales.

S'il était adopté par l'Assemblée nationale, le projet péquiste risquerait fort d'être déclaré inconstitutionnel. Dans un texte publié aujourd'hui dans nos pages, Jean-François Lisée, qui fait partie des conseillers de la nouvelle chef du PQ, évoque le cas de l'élection du gouvernement de la nation Nisga'a, mais il ne s'agit pas d'une élection provinciale ou territoriale.

Théoriquement, rien n'empêcherait le Canada d'imiter la Finlande ou la France et de modifier la Charte des droits pour consentir une exception en faveur du Québec, mais il serait pour le moins étonnant que le fédéralisme d'ouverture de Stephen Harper aille jusque-là. La Chambre des Communes a reconnu l'existence d'une nation québécoise «au sein du Canada», ce qui implique d'en respecter les lois.

***

Évidemment, si le projet de loi sur l'identité s'inscrit dans la stratégie dite des «gestes de rupture» illégaux que proposait jadis le directeur de l'Action nationale, Robert Laplante, c'est une autre affaire.

Certains autour de Mme Marois sont peut-être de cette école, mais on n'avait pas compris qu'elle-même en faisait partie. Au contraire, elle avait suscité la colère des «purs et durs» au congrès péquiste de juin 2005 en intervenant de façon très active sur le plancher pour empêcher que des éléments de cette stratégie ne se retrouvent dans le programme du parti.

D'ailleurs, dans le projet de constitution québécoise que le PQ a également rendu public la semaine dernière, on a bien pris soin de ne pas inclure les dispositions controversées de la Loi sur les droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l'État du Québec, que le gouvernement Bouchard avait adoptée en réaction à la loi fédérale sur la clarté.

«Je ne peux pas croire que 30 ans après la loi 101, on se questionne encore sur le bien-fondé de protéger la langue française», s'est écriée Mme Marois. Là n'est pas la question. Il n'y a aucun problème à inclure un droit à «l'apprentissage du français» dans la charte québécoise des droits et libertés de la personne. Octroyer un tel droit ne devrait cependant pas signifier d'en enlever d'autres à ceux qui choisiraient de ne pas l'exercer ou qui n'en tireraient pas tout le profit souhaité.

Dans un texte publié hier dans Le Devoir, Mme Marois et Daniel Turp invoquent les tests imposés par les ordres professionnels. S'il faut une connaissance appropriée du français pour travailler dans un hôpital, pourquoi pas pour être maire ou député? La différence est que ces tests sont imposés à tout le monde, alors que seuls les nouveaux arrivants auraient à subir l'examen de citoyenneté. Un anglophone de souche pourra continuer à ignorer le français sans le moindre inconvénient.

***

Mme Marois est la première à dire que l'examen imposé aux nouveaux arrivants serait très sommaire. Autrement dit, cela ne contribuerait que marginalement à leur francisation, alors que les inconvénients politiques pourraient être considérables pour le PQ et pour le projet souverainiste.

C'est à l'école et dans les milieux de travail que l'essentiel se joue. Faire en sorte qu'il ne soit pas possible de gagner convenablement sa vie au Québec sans parler le français convenablement est le plus sûr moyen d'assurer l'intégration des immigrants.

L'entourage de Mme Marois était divisé sur le projet de citoyenneté québécoise. À entendre ses laborieuses explications, on peut se demander si elle-même a pris le temps de bien mesurer ses implications. Dans le contexte du débat sur les accommodements raisonnables et sur l'immigration en général, le moment était particulièrement mal choisi. Ce qui se voulait un moyen de renforcer la cohésion de la société québécoise risque de devenir plutôt un facteur de division.

Il lui arrive parfois de s'avancer prématurément et de devoir battre en retraite précipitamment. Le soir de son élection comme députée de Charlevoix, elle avait annoncé que son éventuel cabinet inclurait un «ministre de la souveraineté». Quatre jours plus tard, elle faisait savoir qu'il n'en était plus question.

Elle sait d'expérience qu'il vaut mieux subir les sarcasmes pendant quelques jours que de s'enfoncer dans une voie sans issue. Quand Lucien Bouchard l'avait chargée de déconfessionnaliser les structures scolaires, ses fonctionnaires avaient d'abord imaginé un échafaudage si compliqué qu'elle avait elle-même eu du mal à l'expliquer. Elle s'était vite rendu compte que cela ne tiendrait pas la route. Quand les moqueries se sont tues, elle est revenue avec une solution beaucoup plus simple qui s'est avérée un succès. Savoir reconnaître une erreur est une précieuse qualité qui n'est pas si fréquente en politique, et il faut parfois plus de courage pour reculer que pour avancer.

Les trois partis représentés à l'Assemblée nationale se disent en faveur de l'adoption d'une constitution québécoise. Si le PQ insiste pour y inclure une citoyenneté aux conditions énoncées dans son projet de loi, il n'y aura tout simplement pas de constitution. Dans les circonstances, Mme Marois devrait faire marche arrière et, forte de cette malheureuse expérience, apprendre à se méfier des amateurs de gadgets politiques.

mdavid@ledevoir.com
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    23 octobre 2007 00 h 24
    Trop de frilosité, M. David
    M. David affiche beaucoup de frilosité vis-à-vis une constitution canadienne que le Québec n'a pas adoptée, constitution qui est à la limite de la légalité et qui est en fait illégitime.
    Que de frilosité pour des mesures de citoyenneté que plusieurs pays et régions appliquent depuis longtemps, dont le ... Canada!.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Bernard Charron - Abonné
    23 octobre 2007 01 h 12
    l'inérêt public !
    Le Parlement québécois n'est-il pas souverain et apte à promulguer du «Droit nouveau » ?

    Croyez-vous que les députés de l'Assemblée nationale ignoraient, avant de la décréter, que la Loi 101 allait être contestée devant les tribunaux ?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Wally Bellemare - Abonné
    23 octobre 2007 03 h 58
    super
    excellent !
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean St-Jacques - Abonné
    23 octobre 2007 07 h 13
    Où est le problème?
    Exiger que l'on parle le français, langue officielle au Québec, est-ce un problème?

    La LO 101 a été modifiée et a perdu de sa vigueur. On le voit bien par l'anglicisation de Montréal. On viole la loi et Charest ne fait rien pour la faire respecter.

    Quand on vient au Québec pour immigrer, on devrait savoir qu'ici on parle le français. Sinon, le demandeur devrait se diriger ailleurs. On vient ici parce que la tolérance est à la mode. Il est temps qu'on affirme notre mode de vie. Montréal est un rendez-vous de toutes les nations et les religions. On voit des seins et des femmes habillées de la tête au pied.

    Madame Marois a soumis une loi intelligente et simple et où est le problème?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean St-Jacques - Abonné
    23 octobre 2007 07 h 16
    Français prioritaire
    Au lieu de demander à Madame Marois de reculer, on devrait demander au peuple de sortir massivement dans les rues et crier fort que le français est la langue prioritaire. On devrait être fier de notre langue et le dire haut et fort.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilles Bousquet - Inscrit
    23 octobre 2007 07 h 43
    J'ai confiance en Jacques-Yvan Morin
    M. Jacques-Yvan Morin, constitutionaliste d'expérience respecté et expérimenté dit le contraire de vous. Il ne m'en faut pas plus pour penser que vous vous énervez un peu trop ce matin pour le PQ.

    Ce projet de loi de Mme Marois et du PQ peut être amélioré sans être retiré mais le parti Libéral très provincial va tout faire pour l'enterrer parce que, je ne crois pas comme vous, que ces Libéraux, très très fédéralistes, désirent aussi adopter une constitution pour le Québec ou protéger la langue française vu qu'ils doivent leur élection, principalement aux anglophones, anciens et nouveaux.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Sylvain Deschênes - Abonné
    23 octobre 2007 08 h 36
    Correction
    L'Action nationale est une revue dont le nom s'écrit L'Action nationale (et non l'Action nationale). Les propositions de "jadis" de Robert Laplante datent de janvier 2004 et le texte qui présente sa proposition est disponible sur le site de L'Action nationale
    http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?
    option=com_content&task=view&id=467&Itemid=36&searchresult=1
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Claude Archambault - Inscrit
    23 octobre 2007 09 h 31
    Bravo
    Il est temps que notre Castafiore national se fasse rappeler que le Qu/bec n'est pas un pays et que par conséquence le statut et conditions de citoyenneté ne lui appartiennent pas. Pauvre Pôline qui ne pouvait même pas donner plus d'explication à son projet improviser. Ce que les souverainistes ne peuvent avoir de façon démocratique, ils tentes de l'avoir de façon dictatorial.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Baptiste1 - Abonné
    23 octobre 2007 09 h 58
    L'intégrisme
    Votre point de vue me semble issu d'un sens commun évident: ce ne sont en effet pas les dispositions constitutionnelles qui font évoluer les mentalités et changer les comportements, c'est plutôt l'inverse. Mme Marois est cependant une bonne péquiste: elle possède comme tous ses accolytes la vérité et se fait un devoir de l'imposer à tous.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Louis Lapointe - Abonné
    23 octobre 2007 10 h 44
    Un mauvais cocktail !
    Bonjour M.David,

    Madame Marois est en train de rééditer toutes les erreurs fatales de tous les chefs qui l'ont précédé. Essentiellement, elles sont au nombre de trois.

    1- Comme en 1973, avec le budget de l'an 1 de Jacques Parizeau, Mme Marois s'est mise sur la défensive en présentant ce projet de constitution assorti d'une nouvelle définition de la citoyenneté, ostracisant les minorités. Un repoussoir pour sa clientèle de gauche. Quelle aubaine pour Québec-Solidaire qui risque maintenant de lui ravir cette clientèle qu'on croyait lui acquise et qui a cruellement fait défaut à André Boisclair lors des dernières élections alors que, grâce à elle, il aurait pu devenir chef de l'opposition officielle et peut-être premier ministre d'un gouvernement minoritaire.
    2- Comme en 1985, Pierre-Marc Johnson avait construit sa campagne électorale sur l'affirmation nationale, une thèse qui se rapprochait tellement de la souveraineté économique et culturelle de Robert Bourassa, que lors du débat des chefs diffusé à la radio, rien ne permettait de distinguer le projet de Pierre-Marc Johnson de celui de Robert Bourassa, c'était blanc bonnet contre bonnet blanc, si bien que les Québécois ont préféré l'original à la copie. En flirtant avec les nationalistes de droite, non seulement Pauline Marois risque de perdre sa clientèle de gauche, mais en plus, parce qu'elle pastiche Mario Dumont, comme en 1985, ces Québécois ne se laisseront pas leurrer et choisiront probablement l'original, Mario Dumont.
    3- Comme en 2003 et 2007, l'actuelle chef du PQ est mal conseillée. En 2003, on l'a vu dans «À hauteur d'homme», les mauvais conseils et la faible connaissance de l'histoire politique du Québec des conseillers de M. Landry avaient conduit le PQ à la défaite. En 2007, c'est le manque de clairvoyance qui les caractérisait. Comment pouvait-on proposer aux Québécois la tenue d'un référendum dans un contexte de gouvernement minoritaire ! Suivant une telle hypothèse, le PQ aurait probablement été défait par les deux autres partis avant même d'avoir pu poser sa question à la population, qui de toute façon ne voulait pas de référendum. Cette fois-ci, c'est la suffisance intellectuelle de ses conseillers qui nuit le plus à Mme Marois. Y a-t-il un pilote dans l'avion pour les faire atterrir ?

    Les bons coups

    En 1976, le PQ avait gagné l'élection en proposant au Québécois un bon gouvernement, alors que les libéraux perdaient le vote des anglophones à la faveur de l'Union Nationale qui avait bâti tout son discours électoral en dénonçant la loi 22 ; une loi qui créait, selon eux, deux catégories de Québécois et proposait le retour au libre choix de la langue d'enseignement. En proposant des investissements massifs dans les infrastructures, c'est cette image que le parti libéral essaie actuellement de se donner, celle d'un bon gouvernement. Le bon gouvernement serait-il l'antidote contre le ressac identitaire des anglophones et des francophones? Il semble que ce soit le pari des libéraux et à cet égard leur meilleur étendard est Monique Jérôme-Forget, l'arme secrète des libéraux. Elle s'est distinguée dans les dossiers de l'UQAM et de la Bourse de Montréal et c'est elle qui a gagné la partie de bras de fer contre les deux autres partis lors de l'adoption du budget au printemps dernier.

    En 1994, le PQ avait repris le pouvoir en proposant la souveraineté en réaction à l'échec des accords du lac Meech. La carte indépendantiste avait fonctionné parce que la souveraineté était la seule réponse possible à la rebuffade de Meech. Cette fois-ci, Mario Dumont propose une alliance stratégique avec les conservateurs d'Ottawa. Bourassa avait gagné ce pari en 1985 parce que le PQ était en porte à faux sur la question du beau risque et de l'affirmation nationale. Nous le savons déjà, le PQ ne peut pas gagner sur ce terrain. Mme Marois doit donc le quitter le plus rapidement possible avant de s'y enliser!


    Les leçons de l'histoire sont éloquentes : le PQ gagne lorsqu'il se distingue des autres formations politiques. Alors qu'il devrait être au centre-gauche, on le voit en train de grappiller dans le champ du centre-droit où sont déjà les libéraux et l'ADQ.

    Travaillez avec vos forces Mme Marois, utilisez votre compassion légendaire. Vous avez l'image d'une bonne mère de famille en qui les Québécois ont confiance, profitez-en. L'ouverture aux femmes, aux travailleurs, aux personnes âgées, aux immigrants et aux jeunes étudiants, travailleurs, ou entrepreneurs vous serait beaucoup plus profitable que la stratégie que vous ont proposée vos actuels conseillers. C'est votre clientèle naturelle que vous devez viser, le centre gauche, pas la droite frileuse ! À vouloir servir trop de maîtres, on les perd tous. On ne peut pas être à gauche et à droite en même temps, à moins d'être au centre et le centre est bien trop étroit et inconfortable lorsque tout le monde s'y entasse.

    Allez au centre-gauche comme Parizeau en 1989, et attendez dans l'opposition officielle que le ballon de l'ADQ et des conservateurs se dégonfle, vous ne le regretterez pas !

    Louis Lapointe
    Brossard
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gerry Pagé - Inscrit
    23 octobre 2007 10 h 55
    Literies et/ou loteries politiques.
    Que Pauline Marois s'inspire de la pensée unique du bilieux Robert Laplante ou des diktats iniques de l'atrabilaire Jean-François Lisée, il demeure qu'au poulailler de la basse-cour séparatiste, paradent et pavanent les plumages des purs et les crêtes des durs. Sont revenus les COQS de la rentabilité qui fixent le prix-commercial des «oeufs-omelettes» que pondent les «poules en liberté» du «séparatisme nouvelle mode» qui se cache sous les voiles du virtuel, de l'intemporel et du non-séquentiel. Ce n'est certainement pas en cette Cour des souverains boucliers de la Châtelaine que l'identité québécoise, la mienne, celles de tous les Québécois de souche, de racines, de tronc, d'écorce, de branches et de bourgeons, va passer au scanner des intégristes et sectaires séparatistes qui, sous les voiles et masques tous azimuts, recommencent à brandir les kirpans apocalyptiques des croyances qui témoignent de leur échec retentissant de 2007 et des 30 dernières années de leur nationale errance. Au surplus, qui souhaite perdre encore son temps et multiplier les risques de l'explosion sociétale québécoise, à attendre que les incommodants et pénibles Pierre Falardeau et Raymond Villeneuve fabricottent le scénario du déclin de l'empire canayen et en confient l'interprétation à l'auguste Elvis national Julien Poulin, sous les applaudissements d'une foute de bigarrés Daniel Turp ?

    Par ailleurs, il n'appartient surtout pas aux avocassiers ménestrels, aux thuriféraires commissionnaires et autres «champignons spontanés» de la culture-élevage du transfuge et minoritaire Jean Charest, de s'arroger le privilège d'étirer tous les élastiques de la complaisance accommodatrice à l'égard d'une massive immigration de suppléance et/ou nécessiteuse, revendicatrice et siphonneuse de toutes les prestations d'aide sociale, non plus que celui de décider, à coups d'ex cathedra nébuleusement commandités, quelle communauté privilégiée ou quels petits ghettos d'une infiltration religionnaire à peine voilée, vont avoir accès aux salons bleus/blancs/rouges du lobby libéral, y festoyant derrière les portes closes et s'adonnant à un échangisme d'accommodements qui, inscrits aux «agendas d'une reconnaissance occulte des plus spéculative», feront en sorte que seuls certains politiques profiteront des largesses.

    Les flots de l'immigration ne doivent-ils pas passer par les écluses du Pays, le Canada, qui devra s'engager officiellement et très clairement, par des écrits crédibles et enchâssés, à respecter les particularités historiques du peuple fondateur et les spécificités distinctives d'un Québec francophone qui reconnaît mieux que quiconque et fait la promotion d'un bilinguisme efficient, cet atout particulier de tous les progrès des Québécois qui osent s'aventurer et briller sur les scènes internationales.

    À son tour, aux seuls regards de ses ambitions légitimes, de ses responsabilités et de son imputabilité et fort de sa «lucidité acquise», ce Québec francophone unique ne doit-ils pas s'engager immédiatement à définir clairement «L'IDENTITE QUEBECOISE», cette pièce maîtresse du casse-tête national qui requiert et doit obtenir l'acquiescement unanime des parlementaires de l'Assemblée nationale.

    Tout en respectant les urgences de la Santé et de l'Éducation, celles de la crise identitaire et du délabrement des infrastructures routières, le Québec, celui qui fait encore vibrer une majorité croissante de Québécois, ne doit-il pas s'engager a soumettre à un consensus référendaire exhaustif et exempt de toute tricherie, de toute commandite et autres politicailleries saligaudes issues de tripots infestés, sa définition TRES TRES CLAIRE de «LA LAÏCITE QUEBECOISE» ? Une laïcité débarrassée de tous les gadgets des ambiguïtés tout aussi religionneuses que politiquement partisanes ou issues d'un laïcisme visiblement montant et qui est, malgré ses camouflages primaires, tout aussi assourdissant qu'aveuglant, tout aussi sectaire qu'intégriste, tout aussi fanatique qu'intolérant.

    Gerry Pagé
    Villes de Québec
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Rolland St-Gelais - Abonné
    23 octobre 2007 12 h 20
    Quel problème ?
    Je suis moi-même un canadiens-français heureux de vivre dans un pays, qui est le Canada, où les libertés de penser, de croire et de conscience existent. De plus, la tolérance et l'ouverture envers les autres cultures ont fait de ce pays un point de mire chez bon nombre de gens vivants dans des pays où les droits de l'Homme sont sans cesse bafoués. Or, élaborer une politique de citoyenneté basée sur uniquement la langue française comme seul créneau est, selon moi, une stupidité digne de la schizophénie péquiste. En effet, les problèmes d'intégration des nouveaux immigrants viennent en majorité de la création de getthos où les nouveaux immigrés préfèrent vivre entre eux, et selon leurs valeurs, que de s'immiscer dans la collectivité qui les accueil. La langue n'y est donc pour rien car dans la majorité des cas, il s'agit de personnes en provenance de pays francophones dont leurs us et coutumes sont fort différents des nôtres. La seule solution ? Interdire par des politiques urbanistes la création de quartiers, d'écoles et même d'espaces publiques qui leur seraient à tort réservés. D'ailleurs, il serait plus logique de leur inculquer nos systèmes de valeurs et nos notions de droit que de leur imposer une langue que nos propres enfants ont de la difficulté à maîtriser. Le français n'est pas le problème.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • roger montreal - Abonné
    23 octobre 2007 15 h 59
    Bravo!
    OUI çà fait discuter beaucoup de gens, les bons conservateurs, qui nous ont reconnus comme nation.
    Nous allons voir quel droits cela nous donne, si au canada pour se se présenter aux élections il faut parler une des deux langues /ANGLAIS OU FRANCAIS/officiel.
    Aux QUÉBEC la langue officiel c est le francais ou est le problème. Il y a t il deux poids deux mesures.
    ROGER MONTREAL
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • emeri - Abonné
    23 octobre 2007 17 h 00
    Mauvaise foie!
    M. David, à vous lire, je sent de la mauvaise foie de votre part. On dirait un fédéraliste pur et dur comme le Charest
    que entendais cet après-midi à la période de question.
    Vous ne pouvez tout de même pas être contre la sauvegarde de la langue française au Québec que je sache.
    Si le projet de Madame Marois nécessite des ajustements,
    il faut les proposer, pas tout détruire bloc.
    Cette façon de faire ne vous ressemble que diable.
    Réjean Grenier
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • David Lépine - Inscrit
    23 octobre 2007 20 h 29
    Projet diviseur
    Incapable de faire accepter l'indépendance par la porte d'en avant, le PQ tente de se doter d'instruments que seul un pays souverain possède. C'est un subterfuge astucieux qui est conçu non pas pour protéger le français au Québec mais plutôt pour protéger les bases électorales du PQ qui s'effritent.

    Projet très diviseur, il risque de lui sauter au visage. Tant pis pour elle.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean-Renaud Dubois - Abonné
    23 octobre 2007 23 h 17
    Le Courage de ne pas Reculer!
    Bonjour M. David,

    Vous avez le droit à votre opinion.

    Mai je préfère celle de Jean-François Lisée, Daniel Turp ou Henri Brun! Voir le lien en bas de page.

    Mme Marois et son parti ont pris la bonne décision. Il était grand temps qu'ils se réveillent, après 12 ans à se gratter le bobo!!

    C'est sûr que cela ne fait pas l'affaire du PLQ, qui a coupé les budgets des "COFI" et qui s'apprêtent à en couper les services ; mais cela n'est pas grave selon Mme James.
    Cela, selon mon avis, contribue vraiment à créer deux classes de citoyens!!

    Regardons cela de plus prêt:

    D'après les dernières données, soit , depuis l'arrivée au pouvoir des libéraux, en 2003, le budget du ministère est passé de 129 millions $ à 111 millions $ en 2007-08, et le montant moyen investi par immigrant par le gouvernement est passé de 3428 $ à 2472 $.
    Pendant ce temps, les transferts fédéraux accordés au Québec pour l'intégration des immigrants ont augmenté et devraient atteindre 224 millions $ en 2007-2008, soit le double du budget total du ministère. Presse canadienne, 22 octobre, par Martin Ouellet et Pierre St-Arnaud


    L'important -- ce n'est pas de savoir s'il y aurait deux catégories de citoyens selon leur date d'arrivée au Québec, puisque cela n'enlève rien aux résidents actuels --- mais d'envoyer un signal fort, envers les futurs arrivants.
    Et, il fallait bien commencer un jour ; et ce jour n'arrivera pas demain matin et vous le savez très bien. À vous écouter, il faudrait attendre d'être un pays!

    Que dit le projet de loi sur l'identité québécoise des futurs nouveaux :

    1- Exiger que les nouveaux arrivants aient une connaissance appropriée de la langue française pour obtenir leur citoyenneté québécoise.
    Réponse: tout à fait normal pour une Nation !

    2- Pour pouvoir se porter candidat à une élection scolaire, municipale ou québécoise, toute personne devra détenir la citoyenneté québécoise.
    Réponse: évident pour une Nation qui se respecte !

    Pour Jean-françois Lisée : « Pour étonnante qu'elle soit, cette proposition n'est pas inédite en Occident. On trouve, en fait, des citoyennetés internes plus contraignantes que la proposition de Mme Marois en Finlande, en France, en Suisse et (roulement de tambour) au Canada. » La Presse.

    Tout ce qui est écrit par les canadiens-français sur ce site, va dans le même sens que ce qui était dénoncé par les fédéralistes en 1977, sur la loi 101. Exactement la même chose, mais en moins pire. Tant mieux!

    Si c'est déjà tant dénoncé surtout par les fédéralistes, c'est parce que le PQ à trouvé, potentiellement, une façon de rogner encore plus le vote libéral. Point.

    Il me semble qu'il y a 30 ans, notre société est arrivée à un consensus quant au fait que, pour assurer la survie de notre langue, les nouveaux arrivants apprennent la langue commune et s'intègrent à la majorité. La situation aurait-elle changé? -Daniel Turp

    Lisée, lien: http://www.cyberpresse.ca/article/20071023/CPOPINI
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Filipe Graça - Inscrit
    24 octobre 2007 01 h 05
    brouillon inconstitutionnel et anti-démocratique
    Aux aveugles: le projet de Pauline est inconstitutionnel. point.

    Pas besoin de débat parce qu'elle est fini. Charest et Dumont ont dit non au brouillon du PQ.

    Aimez ou aimez pas, Charest a raison aujourd'hui sur la légalité et la constitutionnalité de loi anti-démocratique.

    J'ai honte que Daniel Turp soit mon député en passant.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Vallée - Inscrit
    24 octobre 2007 20 h 24
    Pourquoi ce qui est bon pour le Canada ne le serait pas pour le Québec?
    Pourquoi un geste posé par Citoyenneté et Immigration Canada deviendrait-il inconstitutionnel s'il était posé par Immigration-Québec? En effet, Citoyenneté et Immigration Canada fait obligation à un résident permanent qui demande la citoyenneté canadienne de passer un examen devant un fonctionnaire fédéral dans une ou l'autre langue officielle du Canada. Il serait donc normal pour le Québec dont la langue officielle est le français que "Citoyenneté et Immigration Québec" s'assure qu'un résident permanent du Québec puisse s'exprimer suffisamment en français pour obtenir la citoyenneté québécoise. Le droit de vote et d'être candidat est lié à la citoyenneté. Donc si vous ne vous qualifiez pas pour la citoyenneté, qu'elle soit canadienne ou québécoise vous ne pouvez ni voter ni vous présenter comme candidat à quelque élection que ce soit. Cette situation existe déjà au Canada et je pense bien dans tous les pays du monde.

    Puisque M. Harper a daigné reconnaître le Québec comme nation ne devrait-il pas, s'il est le moindrement sincère dans sa démarche, reconnaître à cette nation le pouvoir d'accorder ou pas la nationalité aux résidents permanents qui en font la demande? Ce serait la suite logique au pouvoir déjà reconnu par la constitution canadienne au Québec de sélectionner son immigration.

    Encore une fois, M. David, vous avez peut-être dégainé un peu trop vite.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
18 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
éditoriaux
Idées
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012