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Lettres: Pour sauver la réforme électorale

Marc Brière - Montréal, 15 octobre 2007  22 octobre 2007  Québec
Bien que la nécessité d'une réforme du mode de scrutin soit généralement reconnue, les divers projets proposés au Québec et dans d'autres provinces sont tous en panne. La cause en est, à mon avis, que ces projets sont à la fois trop ambitieux et trop compliqués, et qu'ils heurtent tous ceux qui sont attachés à la démocratie représentative clairement identifiée à la personne de leur député local et qui sont hostiles à une trop grande multiplicité de partis susceptible d'affaiblir le gouvernement et de le rendre trop instable. Je crois que l'on devrait conserver le mode de scrutin actuel, tout en y apportant des correctifs pour atténuer ses défauts (distorsions et ignorance des votes minoritaires), sans pour autant le dénaturer.

Ainsi, aux 125 députés de circonscriptions élus selon le mode actuel on pourrait ajouter 25 élus à la proportionnelle par l'ensemble de la population selon le pourcentage des votes obtenus par chaque parti. Chaque électeur recevrait deux bulletins de vote, le premier servant au choix du député local, le second servant à opter pour le parti que l'on préfère en fonction de son programme, de son chef et des candidats qu'il propose sur sa liste. Par exemple, le parti qui reçoit 40 % du vote proportionnel voit les dix premiers candidats de sa liste élus. Le parti qui n'obtient que 4 % du vote proportionnel ne fait élire que le premier candidat sur sa liste. Si le chef du parti est placé en tête de liste, le premier ministre et les chefs des partis de l'opposition sont donc élus comme députés par l'ensemble des électeurs plutôt que par les électeurs d'une circonscription. Évidemment, leur désignation comme premier ministre ou leur rang comme chefs de l'opposition demeure déterminée par le nombre total de députés élus pour chaque parti dans les deux votes.

Sans être parfaitement compensatoire, ce mode de scrutin mixte favoriserait une meilleure représentation de la diversité idéologique et culturelle. De plus, en imposant l'alternance homme-femme sur la liste de chaque parti, on assurerait une plus grande représentation féminine. Par le choix de ses candidats de liste, chaque parti donnerait une indication significative de ses priorités régionales, sociales, culturelles ou économiques. Et les chefs de parti seraient dégagés des responsabilités d'un député de comté, tandis que le comté retrouverait un député à plein temps.

Ceux qui veulent vraiment une réforme de notre mode de scrutin devraient se rallier à une proposition de régime mixte comportant une proportionnelle modérée. Car, en politique, le mieux est souvent l'ennemi du bien.
 
 
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