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Défense de dire la vérité

Gil Courtemanche   19 octobre 2007 23h17  Québec
Le président de l’Assemblée nationale, Michel Bissonnet, possède, on le sait depuis longtemps, l’assurance tranquille et le sens de l’humour ou de la tolérance du conseil municipal d’Hérouxville. Il ne tolère pas. Il dicte la vérité du haut de son siège, sous son crucifix qui lui confère peut-être l’infaillibilité papale. Donc, le pape de l’Assemblée nationale a décidé, dans une bulle papale dorénavant indiscutable, que Mario Dumont n’est pas une «girouette» et que de le traiter comme telle constitue une injure inacceptable, un crime de lèse-majesté Dumont. La «girouette» Dumont devient donc le 222e mot interdit aux parlementaires. Déjà qu’ils en possèdent peu, je me demande pourquoi il faudrait les priver de ceux qu’ils connaissent.

Que tout le Québec sache que Mario Dumont est la plus magnifique girouette que le Québec ait connue depuis Jean Charest, et avant, Lucien Bouchard, et avant, Robert Bourassa, cela n’a aucune importance aux yeux de Sa Sainteté Bissonnet. Dans le théâtre parlementaire, si pauvre et si ridicule, il ne faut pas dire la vérité. Si député j’étais, et que je commentais la décision du président, je dirais que c’est une «connerie», et si je refusais de retirer mon propos, le pape de la propreté du langage m’expulserait de la l’Assemblée. Si je disais, pour me conformer à son exigence, que c’est «imbécile», je ferais automatiquement l’objet d’une mise en garde. Même si Bissonnet est con et imbécile.

***
Dans le lexique des mots interdits, on retrouve celui de «menteur». On ne peut pas traiter un ministre de menteur même si on sait que, dans la définition de tâche d’un ministre, il est écrit qu’il doit mentir souvent, comme, par exemple, le ministre Couillard sur les performances «améliorées» du système de santé. Le ministre ment à plein temps, mais il est interdit de le lui dire durant les débats parlementaires. Le mot «amélioré», même s’il est parfois menteur, est accepté par Sa Sainteté Bissonnet. Il n’est pas ici question de vérité mais de politesse.

Nul député ne peut être «baveux». Pourtant, nous connaissons tous Sylvain Simard et Monique Jérôme-Forget, à qui l’épithète, quoique vulgaire, s’applique parfaitement. Pour qualifier ces gens, il reste «prétentieux», mais je crois qu’il est aussi interdit.
«Tromper la population» fait aussi partie des propos non parlementaires, tout comme «stratagème». On ne peut pas prêter à quelqu’un l’idée d’un stratagème, ce qui est beaucoup moins con et imbécile que la décision du président de l’Assemblée nationale. Mais on sait fort bien que les gouvernements imaginent plus d’un stratagème pour tromper la population. Interdit parce que non parlementaire.

Il est aussi interdit de dire «effronté». Donc, interdit de dire à Claude Charron ce qu’il fut toujours: un admirable effronté. Interdit dans ce cas de lui faire un compliment.
Il est aussi interdit de dire «en jappant comme un chien enragé», ce qui signifie probablement que tous les députés devraient demeurer silencieux durant l’insupportable période des questions, car
ils se comportent tous comme des «chiens enragés». Le mot «cheap» est aussi interdit, car il ne faut pas dénoncer publiquement le fait que certains députés laissent des pourboires médiocres dans les restaurants.

***
Poursuivons. Si Mme Marois dit que Jean Charest fait des «enfantillages» quand il parle du fédéralisme d’ouverture de Stephen Harper et qu’elle ajoute que «c’est faire accroire aux Québécois» des choses «fallacieuses» et des «faussetés», elle sera sanctionnée quatre fois par Sa Sainteté, car tous ces propos, quoique fondés, sont illégaux dans le lexique de l’Assemblée nationale. Ulcérée par son expulsion annoncée, si elle ne retire pas toutes les vérités qu’elle vient de prononcer, elle traitera peut-être le président de «fou». Ce sera la cinquième faute. Ce mot est aussi interdit même si le président est un peu fou.
Je ne vous parle pas de «la gang de branleux», expression aussi prohibée dans le lexique, ce qui laisse au député imaginatif l’expression «gang de branleurs», qui jusqu’ici ne fait pas l’objet d’une prohibition même si elle jette sur la députation un regard plutôt désopilant.
«Niaiseries» est aussi interdit par ce langage politiquement correct et atrophié. Pourtant, quel joli mot, bien de chez nous, pour dire et décrire 100 annonces de ministres en mal de télévision. Interdit aussi. Un ministre ne prononce jamais de «niaiseries». Permettez-moi, par respect pour le pape, de ne pas vous proposer une liste de «niaiseries».

Nous savons tous que plusieurs députés sont des «petits politiciens de basse-cour et de bas étage». Nous le savons, mais nous n’avons pas le droit de l’entendre dire par un député, car dans le dictionnaire de l’Assemblée nationale, il est interdit de décrire les députés tels qu’ils sont. Certains sont de basse-cour et d’autres d’origines plus sympathiques, encore que les «poules», mot aussi interdit, ne méritent pas notre rejet.

Revenons à notre propos. Mario Dumont fut un jeune libéral progressiste et autonomiste. Un jour, par besoin de lumières et de télé, il devint souverainiste avec Lucien Bouchard et Jacques Parizeau, puis, un autre jour, il devint autonomiste et conservateur, et un autre jour, il deviendra fédéraliste. Je ne connais aucun terme plus exact pour définir ce comportement que «girouette», celui de Jean Charest, interdit par le pape qui préside les «enfantillages» qui rient «du monde» de l’Assemblée nationale à qui il interdit d’appeler un chat, un chat.
Un accommodement raisonnable avec ça, Monsieur le Président?

Collaborateur du Devoir

P.S. Monsieur le Président, je vous jure que Mario Dumont est une girouette, une «girouette nationale».






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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    samedi 20 octobre 2007 02h02
    Comme un coup de vent!
    « Ouf!
    Désopilant et triste à la fois. Quel malheur, d'être empêché d'employer des mots clairs et directs pour faire comprendre son idée.
    Ce lexique des mots bannis devrait être publié et chaque mot devrait être accompagné du pourquoi de son bannissement. Politesse et bon ton ne devraient pas être permis pour justifier une interdiction.

    Lorsque j'écoute la période des questions, je suis toujours étonné de la puérilité qui prévaut pendant ce moment parlementaire. De prendre conscience de tous ces mots interdits est tout aussi hallucinant. Vive l'hypocrisie! Les beaux discours reluisants de vide, de grand vide.

    Merci pour votre texte, M. Courtemanche. Les politiciens, depuis la nuit des temps, prennent dans le vent, c'est bien connu! Certains sont plus sensibles, comme M. Dumont. Ses fréquents changements d'orientation donnent l'impression de suivre le moindre virement de vent.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    samedi 20 octobre 2007 02h13
    WOW! Pas de langue de bois BRAVO!
    « Le ridicule tue a ce que l'on dit. Devront nous fournir un dictionnaire de synonyme aux élus pour entendre la vérité? »

  • Michael Laughrea
    Inscrit
    samedi 20 octobre 2007 05h35
    M. Bissonet a raison
    « Il faut que les mots collent le mieux possible à la réalité. Dire que M. Dumont est une girouette est à la fois simpliste et exagéré. Dire qu'il change parfois d'idées serait par ailleurs convenable parce que cela colle bien à la réalité. De même, dire que les Palestiniens se reproduisent à la vitesse des rats est inacceptable parce que non conforme aux faits. Mais dire qu'ils se reproduisent 2 fois plus vite que les Orangs-Outangs est tout à fait correct parce que cela correspond exactement à la réalité sur le terrain.

    Il y a moyen d'être percutant tout en ne disant que la vérité et rien que la vérité. L'origine étymologique du mot girouette montre bien que ce mot ne décrit pas une personne dont l'opinion évolue, mais une personne dont l'opinion varie d'une minute à l'autre dans la même journée ou d'une journée à l'autre dans la même semaine. Et non une personne dont l'opinion change au cours d'une période qui se compte en mois ou en années.

    Une personne qui, par exemple, serait communiste à 20 ans, socialiste à 30, séparatiste à 40 et libérale à 50 n'est pas une girouette. Pas plus que le chrétien qui devient musulman à 30 ans puis redevient chrétien à 60. »

  • Robert Libersan
    Abonné
    samedi 20 octobre 2007 08h07
    M. Courtemanche...
    « Vous avez du temps à perdre. »

  • Gilles Delisle
    Abonné
    samedi 20 octobre 2007 08h20
    Excellente observation, encore une fois, M.Courtemanche!
    « Pour vous consoler M.Courtemanche, allez voir et entendre ce qui se dit chez le peuple, vous ne serez pas déçu, parce que le vrai peuple ne se trompe jamais quand il s'agît de qualifier ces pauvres petits politiciens de salon! A tel point que depuis quelques décennies, je ne connais pas beaucoup de politiciens qui se soient mêlés au vrai peuple, ils préfèrent tous le comfort de leurs soirées électorales avec invités-partisans triés sur le volet. Le seul vrai politicien qui ne se soit jamais défilé devant son peuple fut René Lévesque et ce, même en période de crise! »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 20 octobre 2007 08h33
    Si Dumont est une girouette
    « Comment qualifier Marc Garneau? »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    samedi 20 octobre 2007 09h29
    Les mauvais mots!
    « Il y a de ces imbéciles qu'on insulte facilement. Souvent pointilleux sur les mots que l'on emploie, mais peu regardant sur ceux qu'ils utilisent. Comme si leur rhétorique visait l'invective suprême.

    Le contrôle des mots est aussi une sorte de contrôle de la pensée. Comment exprimer mieux sa colère ou son désarroi pour un québécois que le bon vieux TABARNAK! ? Un mot banni, celui-là, non pas seulement par le pape de l'Assemblée nationale, mais par l'escouade des bonnes moeurs de la société. Un blasphème! Jadis un blasphème, parce que pour blasphémer dieu, on doit tout de même en être conscient et voyez-vous, aujourd'hui, bien des jeunes ne savent même pas ce que c'est, un tabernacle. Blasphème ou pas, il demeure un mauvais mot et, malgré tout, dans notre société, même chez les immigrants et même chez les immigrants assez récents, ce mot fait son chemin et son utilisation est largement répandue. Chaque culture a ses mauvais mots. Je crois qu'il ne faut pas s'en priver. Il ne faut pas non plus s'y limiter. Rien de plus terrible pour la pensée qu'un vocabulaire limité.
    Censurer les mots, c'est censuré des parcelles d'idées, des parcelles d'émotions. C'est aussi enlever la couleur au langage. Je suis contre toute censure. Seule, l'autocensure est valable. Cette réserve se construit peu à peu, à force de discussions, de débats. Le respect n'est nullement une résultante de la limite des mots. Une réaction sur cet article en témoigne. Avec des mots "permis", on peut atteindre un irrespect de haut niveau.

    J'ai souvent remarqué que ceux qui sont réfractaires aux mauvais mots, cachent souvent des pensées ou des préjugées terriblement plus chafouins.

    Chez nous, mes enfants ont appris, dès leur très jeune âge, toute la panoplie du vocabulaire, du beau mot aux plus vilains. Bizarrement, même avec des presqu'encouragements, le vilain mot n'est pas d'usage, comme si son emploi enfreignait un certain savoir-vivre développé selon une échelle de valeurs bien construite.

    Les gens ont tendance à croire l'inverse, comme si on apprenait la politesse et le respect en restreignant les mots. À mon avis, c'est tout le contraire, seul la liberté et l'émotion du coeur, la sienne et celle que l'on perçoit des autres, peut élaborer un système de valeurs qui nous permet de vivre et s'exprimer en société, de façon polie et respectable envers autrui.

    Un "TABARNAK" bien senti et bien placé, est généralement bien compris, tout comme GIROUETTE. Par contre, "OURANG-OUTANG", bien que ce soit un mot tout à fait permis et de belles moeurs, peut devenir, dans certaines circonstances, d'une vulgarité incroyable et d'un irrespect ubuesque de la dignité humaine.

    Sans être professeur, on peut facilement faire remarquer l'indicible inconvenance de tel propos. Heureusement, celui qui reçoit le pire affront lorsque de tels discours sont tenus, est immanquablement celui qui les émet. Il est encore heureux pour eux, que l'imbécillité et la honte ne tuent pas!

    Vive la liberté des mots, la politesse des pensées et le respect des idées et des autres.

    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Élodie Gagné
    Abonné
    samedi 20 octobre 2007 09h36
    Bravo - que la vérité sorte !
    « Bravo, bravo et bravo pour votre article si au point. J'ai beaucoup ri, mais c'était pour ne pas pleurer ! C'est si pitoyable. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 20 octobre 2007 09h50
    @ Michael Laughrea
    « M. Michael Laughrea écrit : «Mais dire que les Palestiniens se reproduisent 2 fois plus vite que les Orangs-Outangs est tout à fait correct parce que cela correspond exactement à la réalité sur le terrain.»

    M. Laughrea doit être juif pour avoir écrit cette horreur là. S'il a voulu être comique au dépens d'un peuple occupé et parqué dans des camps, il a pas manqué son coup. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 20 octobre 2007 09h55
    Défense d'être impoli serait mieux
    « Le spectacle de notre Assemblée nationale est bien assez navrant sans permettre à nos élus mal-polis de laisser place à leurs bassesses.

    Libre à vous, M. Courtemanche d'aimer les insultes, les insulteurs et les gros mots. ce qui n'est pas mon cas. C'est pourquoi je ne vous écrirez pas que vous êtes un grossier personnage aux idées fixes. »

  • Réjean Beaulieu
    Inscrit
    samedi 20 octobre 2007 10h20
    La pauvreté des contenus
    « Je suis bien d'accord pour appeler les choses par leur nom. Mais l'emphase dans une démocratie fonctionnelle devrait être mise sur les contenus plutôt que les contenants. Les médias semblent préférer vendre leur salade sur la base des contenants et bien sûr les politiciens suivent la commande. »

  • Roger Dion
    Abonné
    samedi 20 octobre 2007 10h38
    Dumont la girouette
    « MARIO ne change pas d idée, en quelque annéés /comme pense MCHAEL/ mais en quelque minutes et dans la même phrase. Çà prouve qu il est une vrai girouette.
    Pour une fois je suis d accor avec CHAREST, qui n est pas et ne sera jamais mon homme en politique.
    ROGER DION »

  • Michael Laughrea
    Inscrit
    samedi 20 octobre 2007 11h40
    M. Bousquet:
    « votre cerveau est plus petit que celui d'un éléphant. Libre à vous de considérer que c'est une horreur. Mais cela ne change pas le fait que c'est la vérité. Quant à la vitesse de reproduction des Orangs-Outangs, il y a un article sur le sujet dans le Nature de l'an dernier. Disponible dans toutes les bonnes bibliothèques universitaires ou hospitalières.

    Il n'est peut-être pas poli, utile, ou constructif de dire que les Palestiniens se reproduisent 2 fois plus vite que les orangs-outangs, mais au moins c'est vrai. Il est vraiment inquiétant que vous ayez la vérité en horreur. Je vous rappelle que le sujet de l'article de M. Courtemanche était la VERITE, et non la politesse.

    PS: je nage moins vite qu'une perchaude et peut retenir mon souffle moins longtemps qu'une baleine. Quelle horreur?! »

  • Simon Breton
    Inscrit
    samedi 20 octobre 2007 11h50
    Pas plus brilliant que le président mon Gil
    « Finie la montée de lait? Êtes-vous encore fâ-fâché là? Je me demande comment Le Devoir, journal sérieux, se permette de publier cet article grossier. D'autant plus que vos chroniques se limitent presque exclusivement à vomir sur tout ce qui est à droite de l'extrême gauche et de la gauche et des gauchistes... Je me demande sur quoi vous allez cracher la semaine prochaine. Ah oui! probablement les conservateurs! »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    samedi 20 octobre 2007 12h41
    Qu'importe les mots, puisqu'on ne les comprend plus ?
    « La société en général devient de plus en plus béotienne. On se scandalise pour des phrases et des mots dont on ne connait même plus l'existence.

    On apprend aux gens à lire les étiquettes sur les produits qu'ils achètent. Tout ce qui peut constituer un semblant d'élévation du discours est suspect et prétentieux.

    Écoutez avec détachement ce que disent certains politiciens et vous chercherez en vain autre chose que du remplissage et du verbiage.

    Je crois comme Denis Arcand que nous allons droit vers la barbarie.

    J'oserai ajouter, puisqu'il est question de l'assemblée nationale et comme le disait Rodrigue Tremblay à Maurice Bellemare, que nous assistons à un naufrage et avons devant nous le spectacle d'une épave. »

  • Michael Laughrea
    Inscrit
    samedi 20 octobre 2007 14h58
    M. Courtemanche et la vérité
    « Si la vérité intéressait vraiment M. Courtemanche, il nommerait Judée-Samarie ce qu'il nomme "Cisjordanie" dans d'autres articles. A moins qu'il n'ait pas encore lu la résolution de 1947 partitionnant la Palestine mandataire. Il n'y a nulle trace de Cisjordanie dans cette résolution, mais bien de Judée et de Samarie.

    In nommerait aussi mont du temple ce qu'il nomme "esplanade des mosquées". Ou encore implantation de ce qu'il nomme "colonie". Le négationnisme a la vie longue parmi les paléomaxistes. »

  • Louis Horvath
    Inscrit
    samedi 20 octobre 2007 16h49
    Ceci n'est pas une pipe
    « Magritte a surement rêvé à notre assemblée nationale - la vérité est si absurde que nous ne devrions jamais la regarder droit devant.

    Il en va de même avec George Orwell, qui dans "1984" croyait - à tort - s'attaquer au communisme. Or voilà qu'aujourd'hui son livre est devenu une sorte de manuel d'instruction, un traité d'obfuscation (rendre du code illisible en informatique) pour les nuls : quand un mot ne cadre pas avec la réalité que l'on désire, on le bannit. Même chose avec les événements historiques - vive les points d'ancrage historiques qui nous confortent et font notre affaire. Mais renvoyons à l'oubli ces événements qui nous rendent coupables ou qui ne profitent pas à notre image. L'histoire, celle qui explique tout et qui compte, ne devient plus que l'ombre d'elle-même, portée par des fous.

    Et les mots, porteurs de sens, sont remplacés par autant de chaudières percées - tant bien on essaierait d'éteindre le feu, on ne peut plus le faire. »

  • Bertrand Lemire
    Abonné
    samedi 20 octobre 2007 17h34
    Vous confondez faits et opinions
    « Le règlement de l'Assemblée nationale vise à garder une certaine hauteur aux débats, non à les censurer. Les locutions anti-parlementaires sont retirées pour éviter de s'enliser dans une guerre d'injures ou d'intimidation.

    Les parlementaires en sont venus à détourner la «période de questions et réponses orales» qui devait servir à la reddition de compte par le gouvernement. Ils en ont fait une joute oratoire sans substance où les propos volent bas et où la diversion oratoire, sans même de rhétorique, est devenue la norme.

    Le parti au pouvoir a l'obligation de rendre des comptes à cette période. Le passé ou la crédibilité de celui qui pose la question n'est pas un facteur à considérer, il s'agit d'un devoir officiel du gouvernement. Or lorsqu'un ministre élude les questions par une stratégie verbale d'intimidation ou de salissage de réputation, il est du devoir du président d'agir.

    L'énumération des changements de positions de Mario Dumont serait un fait. Le traiter à répétition de «girouette» n'est pas un fait, mais au mieux l'expression d'une opinion, et plus vraisemblablement une injure volontairement ravageuse.

    Votre texte, quant à lui, ne laisse aucune place à l'interprétation. Les injures fusent. Ne vous souvenez-vous pas que la base du journalisme est de distinguer les faits des opinions? Vous avez déjà été plus grand, M. Courtemanche! »

  • Pierre Allard
    Inscrit
    dimanche 21 octobre 2007 00h09
    Ah! Duplessis...!
    « Mis en demeure de se rétracter pour avoir dit que la moitié des députés étaient des voleurs, Duplessis, après avoir crée un suspense, l'avait fait en disant que la moitié des députés "n'étaient PAS" des voleurs.. Je l'imagine, aujourd'hui, prononçant un discours où il utiliserait tour-à-tour tous les mots proscrits, les retirant un-à-un, quand ont le sommerait de le faire et remplaçant chacun par un parfait synonyme. Ses 200 interventions transformeraient l'Inquisiteur en Guignol... Serait-ce mieux après ? Pire ? Allez-donc savoir.... Juste une séance emblématique de l'Assemblé et de ses enfantillages... Oops! Pardon, de ses "puérilités"

    Pierre JC Allard »

  • Michel Coron
    Abonné
    dimanche 21 octobre 2007 00h12
    Comme disait Voltaire...
    « Oui, Mario est une girouette agile et fringante...parce qu'il est jeune. Mais parce que Jean Charest a pris de l'âge il est devenu comme ces girouettes qui "se fixent quand elles se rouillent". »

  • Jasette
    Abonné
    dimanche 21 octobre 2007 03h52
    Ultra-médiatisée, la politique devient parfois comme un théâtre de marionnettes.
    « En ce qui me concerne, bien que j'y croie c'est tout de même un pendant discutable de notre démocratie, je pense que la plupart des politiciens sont des girouettes par définition. Monsieur Charest ne m'a rien appris en qualifiant monsieur Dumont de girouette. Quant à monsieur Bissonnet, peut-être que la politique l'embourgeoise dans le mauvais sens du terme. De surcroît, j'ai un peu la même impression quand je lis les commentaires de certains des intervenants dans cette tribune.

    Ce n'est pas ce genre de propos, autant ceux de monsieur Courtemanche que de nos politiciens, qui fait que le monde de la politique m'intéresse. Dans sa réalité ultra-médiatisée, la politique est parfois comme un théâtre de marionnettes dont monsieur Bissonnet, le Président de l'assemblée nationale, semble vouloir apparemment se distancer. On dirait qu'il ne réalise pas qu'il fait lui aussi parti du spectacle. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    dimanche 21 octobre 2007 12h52
    Reculer à la place de tourner, voilà la solution !
    « M. Charest n'est pas une girouette nationale du Québec. À la place de se retourner, il ne fait que reculer, bip, bip, bip, attention en arrière, je crois que je vais reculer une autre fois mais sans me tourner. »

  • Gaston Deschênes
    Abonné
    mercredi 24 octobre 2007 10h28
    Étonnement et résignation
    « Ma première réaction à cet article a été de dire que monsieur Courtemanche ne comprennait rien (ou feignait de n'y rien comprendre) au fonctionnement du Parlement dans un pays civilisé et au rôle délicat de son président.
    En second lieu, je me suis rappelé que les "chroniques d'humeur" (qui ne sont jamais loin de chroniques humoristiques) se sont répandues à une vitesse folle dans les médias et que "Le Devoir" était maintenant atteint. »

  • Claude Guay
    Abonné
    mercredi 12 décembre 2007 12h05
    Diable!
    « Son adversaire lui avait dit, en pleine réunion, d'aller chez le Diable.
    Il proteste auprès du président qui, l'air ennuyé, déclare:
    "Écoutez, je viens de consulter le règlement et je constate que rien ne vous oblige à y aller!"

    Blague à part, je m'étonne de ces interdits à l'assemblée nationale. Il se peut que certains membres de cette assemblée s'expriment bien mal et qu'on doive les rabrouer à l'occasion, mais de là à interdire l'utilisation de certains mots!

    Claude Guay »

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