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Plan québécois des infrastructures - Des milliards attendus et bienvenus

Guillaume Bourgault-Côté   12 octobre 2007  Québec
Il est rare qu'une annonce comprenant de grosses sommes d'argent fasse des mécontents. En toute logique, hier, la plupart des intervenants touchés par le Plan québécois des infrastructures se sont donc dits heureux que Québec confirme des investissements de 30 milliards.

Les mots «bonne nouvelle» étaient sur toutes les lèvres hier, peu après la présentation du premier ministre Jean Charest et de la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget. Si le plan soumis confirme essentiellement les sommes annoncées dans le dernier budget du gouvernement, il officialise aussi la volonté du gouvernement de faire de l'entretien des infrastructures une priorité à long terme. Et ça, c'est apprécié.

«La qualité des infrastructures constitue un facteur crucial de développement économique», a noté le président du Conseil du patronat du Québec, Michel Kelly-Gagnon. «Et si c'est vrai pour les routes, ce l'est également pour les autres infrastructures couvertes par le plan.» Il juge celui-ci «ambitieux mais réaliste» tout en prévenant que son application ne devra pas entraîner d'augmentation de la dette du Québec.

Bénéficiaire directe d'une amélioration de l'état des routes et des ponts, l'Association du camionnage du Québec ne pouvait «que saluer un geste qui apporte de l'argent pour améliorer la situation» tout en observant «que le gouvernement n'avait pas vraiment le choix».

À la Coalition pour le renouvellement des infrastructures du Québec, le président Gilles Vaillancourt, aussi maire de Laval, a parlé d'une annonce à la fois bonne et mauvaise. «Bonne parce qu'elle permettra de rétablir et de maintenir en bon état nos infrastructures, ce qui nous assurera à tous des routes, des bâtiments scolaires, des hôpitaux sécuritaires ainsi que de l'eau d'excellente qualité.»

L'aspect négatif, selon M. Vaillancourt, c'est qu'on soit obligé d'imposer «une loi pour que les institutions publiques accomplissent le mandat qui est le leur». Dans l'ensemble, il salue toutefois le plan.

Jean Perreault, maire de Sherbrooke et président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), trouve aussi «surprenante» l'initiative de cette loi. Mais elle n'est pas nécessairement mauvaise, a-t-il dit, si elle garantit des investissements récurrents.

M. Perreault juge que ce plan «reconnaît les principales revendications» de l'UMQ et permettra de «combler une bonne partie du déficit des infrastructures et de mettre aux normes les réseaux d'égout et d'aqueduc. [...] Il y a encore beaucoup à investir, mais c'est un excellent pas pour le moment».

En marge de la présentation d'hier, M. Perreault a indiqué qu'au niveau municipal, le «roulement des routes» préoccupe beaucoup la population. «Alors, je suis content de voir que le gouvernement prenne le taureau par les cornes et admette: "On n'a pas assez investi, on n'a jamais rénové."» Dans la foulée, il a reconnu les torts du monde municipal. «Les taxes foncières, ce devrait être réservé aux infrastructures, pas aux services à la personne.»

De son côté, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, se disait enthousiaste. Certes, il ne sait pas encore où l'argent sera investi, mais les projets ne manquent pas à Montréal, a-t-il rappelé en évoquant notamment le cas de la rue Notre-Dame.

Éducation et santé

Avec des investissements de près de six milliards d'ici 2015, le milieu de l'éducation se taillera une bonne part du gâteau. Et ce ne sera pas du luxe, selon le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, André Caron. «En raison de l'état des bâtiments scolaires, il devenait urgent que des ressources additionnelles soient consenties pour assurer la pérennité du parc immobilier scolaire» et offrir des conditions d'apprentissage plus favorables, a-t-il indiqué.

À la Fédération des cégeps, le président Gaëtan Boucher a fait valoir qu'il faudra maintenant s'assurer que chaque ordre d'enseignement reçoive sa juste part de l'enveloppe totale. «Nous avons 20 % du parc immobilier, on s'attend à 20 % de l'enveloppe.»

La présidente de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec, Heather Munroe-Blum, s'attend aussi à une répartition «juste et équitable» des sommes. Elle se réjouit néanmoins de cette initiative puisque les «universités réclamaient depuis déjà longtemps des investissements majeurs afin de rattraper le retard notable dans l'entretien de leurs bâtiments».

Du côté du secteur de la santé, la présidente de l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Lise Denis, a parlé d'un «grand coup de barre qui était absolument nécessaire pour permettre d'éliminer la vétusté des établissements». Elle cible entre autres les CHSLD où on trouve encore des chambres pour quatre personnes.

Tout un chacun attend maintenant de connaître la ventilation de ces dépenses avant de poser un diagnostic plus précis sur la valeur du plan.






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  • Gilles Delisle
    Abonné
    vendredi 12 octobre 2007 07h11
    Totalement improvisé!
    « Il y a quelques mois, le gouvernement Charest remettait aux Québécois quelques dollars à chacun, ces millions du fédéral qui aurait dû servir à de tels investissements! Si les infrastructures avaient eté entretenues comme l'ont été les bureaux de direction de nos dirigeants de sociétés publiques, les dirigeants de nos commissions scolaires, le Parlement de Québec, les hôtels de Ville etc., nous n'en serions pas rendus là! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 12 octobre 2007 08h31
    S'endetter pour s'entretenir
    « Où sont ces 30 milliards promis ?

    Notre bon gouvernement très provincial Libéral accumule les déficits à chaque année comme le précédent avec la dette du Québec qui ne cesse d'augmenter à coups de milliards de beaux dollars canadiens qui valent maintenant plus que ceux des américains. »

  • gaston pion
    Inscrit
    vendredi 12 octobre 2007 09h17
    financement des infrastructures
    « Dans notre système monétaire capitaliste actuel il est inconcevable que notre gouvernement parle de dépenser des milliards sans dire ce qu'il en coûters en intérêts aux contribuables dans les années à venir. Il est encore plus incompréhensible qu'on ne parle pas du remboursement du capital emprunté sur une période correspondant éa la durée des infrastructures. Serait-ce que l'administration d'un pays ne peut pas se comparer à l'administration d'un patrimoine privé?... Si c'est le cas il y aurait lieu de changer le système qui oblige les états à s'endetter pour pouvoir donner les services nécessaires à ses citoyens. »

  • Raoul Larocque
    Abonné
    vendredi 12 octobre 2007 13h26
    financement des infrastructures
    « Je suis heureux de lire et d'entendre que le gouvernement décide de faire quelque chose pour les infrastructures. Cependant je vois un côté électoral flagrant dans ces annonces. Le danger que l'argent se retrouve dans les poches des entrepreneurs sans distinction des vrais besoins est présent. finalement, je n'ai pas entendu un seul mot sur l'amélioration de la prestation des services, c.à.d. nombre qualité et capacité d'agir des intervenants sur le terrain, particulièrement en santé et en éducation. Nous devrions nous attendre à avoir une élection dans les prochains six mois, afin que le gouvernement actuel essaie de consolider son état minoritaire en majoritaire.
    Raoul Larocque »

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    vendredi 12 octobre 2007 15h55
    Investissements en infrastructure
    « Je me souviens très bien d'une phrase prononcée par un ministre péquiste en 1976. Il avait déclaré que le PQ cesserait de mettre de l'argent sur l'asphalte (dixit) pour le consacrer à la culture. On a vu ce que celà a donné.La détérioration des infrastructures et le nivellement par le bas des activités culturelles. Pour que cela ne se reproduise plus, j'approuve sans réserve le projet de loi proposé par le gouvernement.
    Paul Lafrance
    Québec »

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