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Bloguer est un gaspillage de temps, dit Dumont (Exclusif à notre site Internet)

Antoine Robitaille   4 octobre 2007  Québec
Québec—Mario Dumont n'aime pas tellement les blogues. Le chef adéquiste y voit «une façon idéale pour quelqu'un d'aller gaspiller beaucoup de son temps» et croit qu'il est préférable de travailler sur le terrain que dans le cyberespace.

Peu porté sur la «stratégie blogue», le chef de l'opposition ne croit pas que c'est par ces outils qu'un parti «gagne des élections», a-t-il soutenu lors d'un point de presse hier. Évoquant les récents articles du Devoir sur une mystérieuse blogueuse adéquiste, Élodie Gagnon-Martin qui, selon plusieurs, était en fait Pierre Morin, le chef de cabinet du 3e vice-président de l'Assemblée nationale, l'adéquiste Marc Picard, il a eu ces mots : «Les journalistes qui s'intéressent aux blogues ont une utilité, c'est de s'assurer que chacun des militants adéquistes mette son énergie sur des choses bien productives.»

Avant d'être réembauché par l'ADQ, Pierre Morin, qui avait blogué pendant les élections sous le pseudonyme de Mister P, réclamait que son parti préféré investisse ce champ à fond. Dans un billet publié le 26 mars et dont le Devoir a obtenu copie (puisqu'il n'est plus disponible sur le web), M. Morin avait dit regretter «l'absence de stratégie web» et son «indifférence totale face à la blogosphère» à l'ADQ. Il citait un expert selon lequel le web pouvait devenir «le 126e candidat adéquiste». Pour Morin, «les blogueurs d'allégeance adéquiste ont joué un rôle important de diffusion, mais surtout de réplique [pendant la campagne], c'était un véritable war rom [sic] informel et virtuel», écrivait-il. Des blogueurs comme David Chrétien, Vincent Geloso et lui, durant les semaines de campagne, avaient à son sens été des «précurseurs», des «missionnaires» : «tel Christophe Colomb débarquant au Nouveau monde, les blogueurs ont fait en sorte que plus aucune campagne électorale ne pourra se faire sans que le web ne soit un maillon d'une stratégie électorale».

Mario Dumont n'y croit pas, mais d'autres partis politiques aux États-Unis et au Canada ont fait ce pari. Dans son dernier livre intitulé «Harper's Team, Behind the Scenes in the Conservative Rise to Power» (McGill-Queen's) sur les dessous de la stratégie conservatrice, le politologue et stratège Tom Flanagan a expliqué qu'en 2006, les blogues ont été très importants pour les Tories. Le parti s'est employé à nourrir et appuyer les sites Internet faisant apparemment partie du réseau des «Blogging Tories».

Questionné à ce sujet, M. Dumont a déclaré hier : «Moi, je suis plus stratégie terrain.» Il en est venu à cette conclusion, a-t-il expliqué, en se fondant sur son expérience de la politique concrète : «pour avoir gagné et perdu des élections partielles, pour avoir vu comment ça se passe sur le terrain, le contact avec les gens, de passer son message...»

Notons que le blogueur et militant adéquiste David Chrétien («Un blogue... de centre-droit») n'a d'ailleurs pas réussi à se faire élire à la vice-présidence de la formation politique, en fin de semaine dernière à Victoriaville.






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Triez : afficher les commentaires 
  • Réjean Beaulieu
    Inscrit
    jeudi 4 octobre 2007 10h55
    Les médias une perte de temps aussi?
    « L'ADQ ne tient-il pas pour action DEMOCRATIQUE du Québec? Les blogues semblent pourtant capables de revigorer nos démocraties malades et réengager le citoyen. Je ne crois pas que Dumont se fera des amis parmi les blogueurs avec une telle attitude... »

  • Roger Dion
    Abonné
    jeudi 4 octobre 2007 14h15
    Son vrai visage
    « MARIO a dit une chose et son contraire comme toujours, les adéquistes avaient remplient les bloques partout, dans les journaux durant la campagne électoral et MARIO ne le savait pas. Les organisateurs adéquistes ont fait ça tout seul, demi vérité comme toujours de MARIO ,il dit noir et il fait blanc comme le proverbe.
    BRAVO MARIO TU NOUS AIDE A TE CONNAITRE
    ROGER MONTRAL »

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    jeudi 4 octobre 2007 23h22
    Bloguer ou parler à une ligne ouverte quelle différence
    « Des membres de l'ADQ partout sur les lignes ouvertes aussi. Je ne vois pas la différence entre les deux. L'endroit pour désinformer ou informer. J'avoue que c'est nécessaire nous sommes tellement bien servi par les médias....WOUF! »

  • Renart L'éveillé
    Abonné
    vendredi 5 octobre 2007 15h13
    Mario Dumont contre la blogosphère
    « (Ce qui va suivre est un billet en réaction à cette nouvelle qui a été publié aujourd'hui sur le blogue politique « Un homme en colère » : http://uhec.net. Alors si vous voulez y réagir, vous pouvez vous y rendre, le débat est ouvert.)

    D'après Antoine Robitaille du journal Le Devoir, Mario Dumont « n'aime pas tellement les blogues. Le chef adéquiste y voit "une façon idéale pour quelqu'un d'aller gaspiller beaucoup de son temps" et croit qu'il est préférable de travailler sur le terrain que dans le cyberespace. »

    Quelle belle assertion! Bien qu'elle soit possiblement maquillée car cet homme, lors des dernières élections, d'une manière directe ou non, a assurément fait avancer ses pions dans l'échiquier de la blogosphère. Je ne sais pas pour vous, mais il me semble chaque petite victoire est importante. Par contre, c'est clair qu'aux yeux des médias, il doit avoir l'air de l'homme qui veut sentir les vraies gens, se farcir de phéromones, toucher le rugueux, tout ce qui est (facilement) manipulable, et tout le tralala! Selles de boeuf...

    Mais, pour sortir de l'hypothèse, j'aimerais analyser la politique sur le terrain versus la politique sur le web, dans l'optique où Mario Dumont pense vraiment ce qu'il dit. Et, tant qu'il n'y a pas de certitude sur la question, je vais être sérieux et analyser ses propos comme étant de l'argent sonnant!

    Comme premier élément, je crois qu'il faut voir que la communication sur le terrain passe plus par le langage corporel et la rapidité des interventions, comme dans une séance de « speed dating », ce qui ne permet pas l'élaboration d'un dialogue d'égal à égal, étant donné qu'il ne s'agit pas justement de la poursuite d'une relation amoureuse. C'est essentiellement une entreprise de charme qui repose sur la déstabilisation du citoyen par la poignée de main, le sourire racoleur, et bien sûr les « pick up lines » issu du « brainstorming » psychosociologique...

    Et quand il y a discours d'un politicien-vedette, je me pose la question à savoir si dans l'assistance il y a des gens qui sont là expressément pour se faire une opinion. J'ai un gros doute. Donc ici, sur ce quoi on mise, c'est sur le royaume de la partisanerie, de la manipulation et du vedettariat à la limite du cliché : ça ne peut plus voler bien haut, étant donné que la population en général ne sort plus de chez elle pour la politique; à peine pour voter aux élections.

    Par contre, sur le web, il y a un effort des deux côtés puisque l'écriture et la lecture sont libres dans le temps, alors la réflexion est de mise : elle encourage l'analyse, donc l'intelligence du citoyen. S'il y a manipulation de l'information, tous les outils et même de l'aide sont disponibles pour le faire ressortir. Si le propos est illogique, les internautes et les blogueurs pourront le démontrer. Il y a un net désir de responsabilisation citoyenne et nous en sommes seulement qu'aux premiers balbutiements.

    En résumé, il y a plus de possibilités de brassage d'idée sur le web, de plus en plus participatif, même si je crois que la place de la politique dans le cyberespace est encore trop concentrée dans les médias corporatifs, d'où le mépris de Mario Dumont envers la blogosphère libre, à tendance politique (et il faut se rappeler sa réponse positive et très rapide à l'invitation à souper du très médiatisé blogueur Patrick Lagacé pour s'en convaincre). Mais, il changera bien son fusil d'épaule quand les habitudes des gens changeront, ce qui devrait se faire assez rapidement à mon avis.

    En fin de compte, la supposée nouvelle façon adéquiste de faire de la politique est plutôt archaïque, comme je le disais dans mon dernier texte sur la bévue de Simon-Pierre Diamond. Pour utiliser un terme en contradiction avec la transparence, l'opacité des tactiques adéquistes relève de l'anti-démocratie. Le fait de privilégier la forme au dépend du fond est assez démonstratif d'une démarche qui vise à faire ressortir le côté réactionnaire des gens, tant dans la réaction à un contact de proximité (sur le terrain), qu'à une réaction envers des positions lacunaires, qui encouragent la paresse intellectuelle et donc la sympathie envers leur cause. La haine des intellectuels, ainsi que des politiciens qui s'assument en tant que tels, est un bon filon pour eux.

    La blogosphère politique propose une prise en charge de sa propre opinion, et fait la promotion de la liberté de penser de chacun. Qu'un politicien comme Mario Dumont le dénigre est très représentatif du peu d'estime qu'il semble avoir pour la liberté de ses concitoyens, en dehors de la complaisance partisane. Je me demande bien comment les blogueurs adéquistes ont pris le coup... »

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