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Quand le « nous » fait peur

Antoine Robitaille   29 septembre 2007  Québec
Jean Lesage (à droite) en compagnie de René Lévesque.
Jean Lesage (à droite) en compagnie de René Lévesque.
Le grand retour du «nous» chez la chef péquiste Pauline Marois a fait grand bruit et a été accueilli avec un soupir de soulagement chez bien des nationalistes. Mais tous n'en sont pas heureux. Le politologue Louis Balthazar et l'anthropologue Claude Bariteau s'inquiètent chacun à leur façon. Un libéral, Jean-Claude Rivest, rappelle que le «nous» n'a pas toujours été péquiste. Pensons au «Maîtres chez nous» de Lesage. Mais un libéral pourrait-il aujourd'hui retrouver ce «nous»?
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  • Louis Lapointe
    Abonné
    samedi 29 septembre 2007 17h49
    Le nationalisme ethnique: une vision stérile de l'histoire
    « Bonjour M.Robitaille,

    Comment ne pas faire le lien entre l'article «La commission Bouchard-Taylor - Entre critique et malaise» publié dans ces pages et le présent article. Pour plusieurs observateurs avertis, on le voit bien, le principal sujet de préoccupation n'est plus les accommodements raisonnables, mais bien la réaction démesurée de nombreux Québécois.

    Lors de la campagne électorale de 2003, Jacques Parizeau avait porté à notre attention des chiffres encourageants nous indiquant que, dès la deuxième génération, 40 % des enfants des immigrants adoptaient les mêmes codes de conduite que les enfants des Québécois de souche et était favorable dans une même proportion que les autres Québécois à l'indépendance du Québec. Dans un tel contexte, l'accession à la souveraineté ne devenait plus qu'une question de temps, de quoi inquiéter les fédéralistes les plus nerveux. À côté de cette tendance lourde et très préoccupante pour le camp fédéraliste, le phénomène des accommodements raisonnables aurait dû être considéré par le camp indépendantiste comme marginal et non significatif, pas comme une grave menace. Un troisième camp, nationaliste celui-là, est alors venu mêler les cartes sans rien proposer de nouveau.

    Il est clair, dans l'esprit de plusieurs indépendantistes, que le vote de ces nouvelles générations pourrait encore faire la différence lors d'une éventuelle consultation sur l'accession à la souveraineté. Dans ces circonstances, pourquoi ce retour du «Nous» ethnique à ce moment précis de notre histoire, alors que la souveraineté est possible grâce à la participation des enfants des immigrants, alors que le vote favorable des descendants des nouveaux arrivants pourrait faire la différence entre un pays pour tous ou pas de pays du tout.

    Comment ne pas accréditer la thèse que le nationalisme s'oppose à l'indépendantisme. Qu'il ne s'agit pas de deux visions parentes qui s'accordent ou s'adossent comme les deux côtés d'une même pièce de monnaie, mais bien de deux visions diamétralement opposées qui s'affrontent. Pour les nationalistes l'égalité ou l'indépendance se jouent à pile ou face, alors que pour les indépendantistes, la souveraineté n'est pas le fruit du hasard ou de l'émotion du moment, mais bien le résultat d'un dessein planifié, un objectif à atteindre.

    Dans les faits, tout oppose nationalisme et indépendantisme. Nous sommes rendus à cette étape de notre aventure collective ou nous devons faire le choix de l'histoire que nous souhaiterons raconter un jour à nos petits-enfants. Celle d'une minorité nationale qui s'est éteinte à petit feu parce qu'elle s'est repliée sur elle-même ou une autre, plus heureuse, racontant la naissance d'un nouveau pays où nos enfants sont devenus les principaux acteurs.

    Le nationalisme ethnique n'est pas une option viable parce qu'il est stérile et n'autorise aucun accommodement possible avec l'autre pour faire de la souveraineté un vrai projet de société. Une conception où le chacun chez soi et le chacun-pour-soi priment, où il n'y a aucune concession à faire parce qu'elles doivent toutes venir de l'autre. Comment ne pas y voir le même intégrisme qui est tant dénoncé chez certains groupes, aveuglé qu'il est par les pires préjugés? Ce «nous» primaire, si attaché à la nation ethnique et qui manque cruellement d'imagination, fait peur puisqu'il risque de nous faire perdre le pays qui nous libèrerait à la fois de l'oppresseur et de plusieurs de nos vieux démons nationaux. Il fait peur parce qu'il annonce le même repli national où les Canadiens français ont été plongés après la défaite de 1838 jusqu'en 1960. Une noirceur d'autant plus grande, cette fois-ci, qu'elle n'apportera pas la descendance nécessaire à notre survie.

    Louis Lapointe
    Brossard »

  • André-Jean Bordeleau
    Abonné
    samedi 29 septembre 2007 21h23
    Nous...c'est la démocratie, la majorité qui oriente et gère.
    « Tergiversations. Nous péquiste, libéral, nationaliste, spontané, non complexé, etc.
    Dans la réalité, le nous c'est la majorité. Lorsque tu as la majorité, tu gagnes, tu mènes.
    Le Québec est une province dans le Canada qui est en majorité anglais et qui considère le Québec comme un minortité et qui depuis toujours impose son orientation de majoritaire.
    La province de Québec est majoritaire française, elle devrait pouvoir assurer sa majorité. Elle ne peut pas parce qu'elle n'est qu'une province minoritaire dans le pays Canada.
    Si le Québec veut être majoritaire...il lui faut devenir un pays qui agira en majoritaire et qui orientera et fera la gérance à sa façon indépendante.
    Nous,c'est l'expression d'une majorité. »

  • Nadine Martin
    Abonnée
    samedi 29 septembre 2007 22h20
    M. Lapointe : il ne s'agit pas d'un nationalisme «ethnique».
    « Quel dommage de voir ainsi la «fixation sur la politique» prendre constamment le dessus... »

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