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Marois nie tout trafic d'influence

Kathleen Lévesque   28 septembre 2007  Québec
Pour la conférence de presse d’hier, un cordon rouge avait été tendu à une trentaine de mètres de la rue, séparant la portion du terrain appartenant au couple Marois de la propriété du gouvernement du Québec. Environ 200 mètres plus loin, une
Photo : Jacques Nadeau
Pour la conférence de presse d’hier, un cordon rouge avait été tendu à une trentaine de mètres de la rue, séparant la portion du terrain appartenant au couple Marois de la propriété du gouvernement du Québec. Environ 200 mètres plus loin, une
Après cinq jours de controverse au sujet de sa résidence cossue de l'île Bizard, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a levé le ton hier, affirmant qu'il n'y a eu aucun trafic d'influence de la part de son époux ou d'elle-même pour acquérir cet immense domaine situé dans une zone agricole. C'est sur le chemin menant à sa propriété évaluée à près de trois millions de dollars, sur cette portion appartenant au gouvernement du Québec et pour laquelle le couple Marois-Blanchet détient un droit de passage, que Mme Marois avait convoqué les journalistes.

La chef péquiste voulait faire une mise au point, répliquant ainsi à l'enquête menée par The Gazette et publiée samedi dernier, deux jours avant son élection dans Charlevoix.

«Cet article met en cause notre intégrité, notre honnêteté, et porte atteinte à notre réputation», a d'abord affirmé Pauline Marois. À une question d'un journaliste, elle a soutenu quelques minutes plus tard que cela causait même «un tort irréparable» à sa carrière politique.

Documents à l'appui, Mme Marois s'est donc appliquée à démontrer que The Gazette avait fait de fausses allégations. Ainsi, elle s'est défendue de s'être approprié des terres publiques. «Voyez-vous une maison?», a-t-elle lancé aux journalistes en pointant le terrain autour d'elle.

Un cordon rouge avait été tendu à une trentaine de mètres de la rue, délimitant la portion du terrain appartenant au gouvernement du Québec. Environ 200 mètres plus loin, une autre bande de terre gouvernementale traverse sur toute sa largeur la propriété de Mme Marois et de son époux. Le couple y détient un droit de passage en vertu d'une entente signée avec le ministère des Transports, qui avait exproprié ces terres en 1976 pour la construction éventuelle d'une autoroute.

À la lecture du long article de The Gazette, rien n'indique que la résidence ait été construite sur les terres du gouvernement. Le titre fait plutôt état de la constitution du domaine des Marois-Blanchet sur un territoire public et une terre agricole.

Concrètement, le couple a érigé tout autour de son domaine, y compris sur les terres appartenant à tous les Québécois, une haie de cèdres et deux murets qui soutiennent la grille d'entrée. Mme Marois a toutefois fait valoir que rien n'empêche le passage de qui que ce soit. Elle a ajouté que le ministère des Transports estime qu'elle et Claude Blanchet ont un «comportement exemplaire» en regard des terres publiques. Et si la pelouse est entretenue, c'est pour des «raisons esthétiques», a-t-elle expliqué.

L'autre élément qui a soulevé l'indignation de Mme Marois porte sur des «suppositions odieuses» du quotidien selon lesquelles son époux aurait versé de l'argent pour obtenir une fausse déclaration et ainsi faciliter l'érection de leur maison. The Gazette écrit qu'une somme de 1600 $ a été remise à Marcel Turcotte, l'ancien locataire du petit chalet érigé sur ce territoire agricole, pour une déclaration sous serment. C'est ce document juridique qui a établi qu'une résidence était déjà habitée sur place en 1978, année de promulgation de la Loi sur le territoire agricole. Du coup, ce droit acquis permettait aux Marois-Blanchet de construire en toute légalité leur luxueuse résidence sur le bord de la rivière des Prairies.

«Faux et archifaux», a clamé Mme Marois.

Selon une nouvelle déclaration, signée mercredi dernier par le même M. Turcotte et remise par Mme Marois aux journalistes, Claude Blanchet n'a jamais offert d'argent ou quoi que ce soit d'autre et M. Turcotte n'a rien demandé pour signer la déclaration sous serment qui remonte à 1991.

Pauline Marois a toutefois reconnu que son époux a fait un «cadeau» de 500 $ à M. Turcotte quatre mois après que le dossier eut été réglé, c'est-à-dire à Noël. La chef péquiste a justifié ce geste en soulignant «le dérangement» de M. Turcotte, qui avait pris la peine de fouiller dans sa mémoire et dans ses boîtes de photos. «C'était un cadeau pour le remercier de son dévouement. Ça existe, dans la vie, la générosité», a-t-elle dit.

La première déclaration sous serment a été sollicitée par M. Blanchet auprès de M. Turcotte bien que le terrain, à l'époque, eut appartenu à Henry Walsh et non pas aux Marois-Blanchet. Mme Marois a expliqué hier que M. Walsh, un ami, avait agi à titre d'intermédiaire auprès de la Commission de protection du territoire agricole. «Nous ne voulions pas que notre notoriété soit invoquée pour dire: "ils ont des faveurs"», a souligné Mme Marois avant de s'enflammer devant l'évocation de la possibilité que ce procédé puisse relever du trafic d'influence. «Oh! non, non, non! Là, ça suffit! Ce n'est pas du trafic d'influence. Au contraire, c'est pour éviter que ça en ait l'air. C'est Henry Walsh qui a acheté le terrain. C'est Henry Walsh qui a fait les démarches [auprès de la Commission de protection du territoire agricole] parce que Pauline Marois et Claude Blanchet, ça pouvait avoir l'air de quelqu'un qui voulait profiter de ses privilèges pour obtenir une dérogation», a affirmé Mme Marois, indignée, en tapant sur la table.

En octobre 1990, MM. Walsh et Blanchet avaient signé une convention devant notaire certifiant que M. Walsh acceptait «de servir de prête-nom à Claude Blanchet pour l'achat des terrains et pour entreprendre auprès de la CPTA les démarches requises pour les dézoner».

En effet, avant que la déclaration sous serment de M. Turcotte ne confirme l'existence de droits acquis dans ce dossier, Henry Walsh avait tenté de faire dézoner ces terres agricoles. Selon The Gazette, c'était pour y aménager une fermette avec des chevaux, des canards et des oies. La Commission de protection du territoire agricole avait rejeté cette demande.

Pauline Marois a affirmé avoir fait preuve de transparence et ne rien avoir à se reprocher. «Il y a des limites à tenter de faire croire aux gens que parce qu'on fait de la politique ou bien qu'on occupe des fonctions de direction, on est automatiquement sous suspicion», a-t-elle déclaré.

Elle a ensuite ajouté: «Oui, j'ai épousé un homme d'affaires qui réussit, qui réussit honnêtement, comme bien d'autres hommes et femmes d'affaires d'ailleurs. Est-ce un défaut? Doivent-ils pour autant devenir suspects?»

Dès la parution de l'article de The Gazette, Mme Marois et M. Blanchet avaient exigé une rétraction du quotidien. The Gazette s'y est refusée. Une poursuite sera intentée, a tranché Mme Marois. Le directeur de l'information, Raymond Brassard, a affirmé hier sur les ondes de LCN qu'il «n'y a pas d'erreurs de faits». Mme Marois, qui n'a fait aucun commentaire en anglais, a dit estimer que «les chefs du Parti québécois ont eu la vie dure avec ce journal».

Puis, alors que la conférence de presse se terminait, Mme Marois a été invitée à dire si cette situation pouvait être liée au fait qu'elle est une femme en politique. «On n'a pas traité les hommes comme ça», a-t-elle laissé tomber avant de partir.






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  • Dominique Boivin
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 07h18
    Merci The Gazette !
    « Enfin l'on peut voir le Chateau de Moulinsart! mêmme que l'on veut en voir davantage... et pourquoi pas ? Madame Marois aurait tout au contraire avantage a nous faire visiter son chateau et sa famille. Les Québécois ont envie de voir ce qu'est RÉUSSIR. Il est temps d'exorciser l'image du québécois né pour un petit pain, parce que c'est la seule façon d'arriver un jour a la souvereinneté. Lorsque le québécois dit ordinaire aura sufisemment confiance en lui et donc son rapport avec l'argent transformé qu'il verra dans la souvereinneté un moyen de s'exprimer.Je dis alors merci a The Gazette »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 07h43
    Qui dit vrai, qui dit faux?
    « Elle est mal barrée, la Marois. À peine a-t-elle fait main basse sur la « chefferie » du PQ, elle joue au poisson qui se débat dans un filet.
    Il est très probable que nous ne sachions jamais la vérité entière et exacte sur cette histoire, mais il est permis de douter (faites-vous des cadeaux en espèces à vos voisins, vous?). D'autant que nous avons affaire à une femme assoiffée de pouvoir qui, après avoir quitté la politique, y est revenue uniquement parce qu'elle était sûre d'être chef du PQ. Seul ce poste l'intéressait, chef ou rien. Le pouvoir, toujours le pouvoir...
    Donc, affaire à suivre. »

  • Robert Faubert
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 09h00
    Pont d'or a M.Blanchet
    « Et vlan,un jour ou l'autre tu risque de te faire pogné !!! Pauvre Mme Marois qui semble tenté de sauvé son mari tout en perdant tranquilement sa crédibilité comme chef du PQ.
    C'est malheureusement l'histoire du PQ,,,,des problemes.
    Merci, »

  • David Grégoire
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 09h18
    Un tord irréparable?
    « Mais que peut-elle y gagner à poursuivre the Gazette? (voir http://www.cheznouscestpaspauline.com/
    editoriaux-sur-pauline-marois/mais-que-peut-gagner-pauline-a-poursuivre-
    the-gazette.html )
    Je crois qu'elle veut surtout que les journalistes cessent de parler de ce scandale! »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 09h27
    la voila parti
    « Tout cela semble très louche, après les toillettes en OR, un jeu de passe passe immomiblier.

    La Marois sera toujours la même.......... et OUI il est vrai que je ne voterai pas pour elle, elle dira qu'elle a perdu parce qu'elle est une femme.... si cela lui plait comme excuse mais la réalité est qu'elle est une incompétante, une hautaine et une femme qui ne sait accepter l'adversité


    À l'exemple de la Royal, elle blame ça parce qu'elle est une femme. Quand on n'a pas d'excuse blamons les autres. »

  • Michel Trahan
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 10h48
    Déclaration sous serment de M. Turcotte
    « Ne serait-il pas plus simple de fouiller dans les archives publiques et vérifier l'adresse de monsieur Turcotte et de ça conjointe à la date donné? Je suis certain qu'il devait avoir un permis de conduire et/ou soumettre des rapports d'impôt.

    La mémoire est une faculté qui oublie, mais le percepteur de taxe... rarement! »

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 10h54
    Une petite intrigue mineure de dézonage
    « Franchement, il n'y a pas de quoi fouetter une chatte dans cette petite "intrigue", très mineure, menée par prête-nom interposé, à l'époque, pour faciliter tout à fait légalement le dézonage discret de cette terre agricole. Les Blanchet/Marois s'en seraient vu privé, sinon. Rien qu'à cause d'une apparence de conflit d'intérêts.

    Mais c'est au contraire un excellent prétexte pour les intérêts anglophones de la Gazette de porter atteinte à la réputation d'une grande Dame de la politique québécoise qui a d'excellentes chances de créer un précédent historique et de "devenir première ministre du Québec".

    Personne n'est dupe. Je souhaite à madame Marois de gagner de manière flamboyante son procès contre la Gazette. C'est même son devoir en notre nom à tous et à toutes de défendre son image d'intégrité et d'honnêteté. Qu'on arrête de nous traiter en république de bananes !

    Signé : un sympathisant de Québec solidaire ! »

  • Réjean Grenier
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 11h57
    Et vlan! Dans les dents
    « Raymond Brassard qui répondait, bien maladroitement aux
    questions de Paul Arcand ce matin sur les ondes 98,5FM, a
    été obligé d'avouer qu'il n'y avait rien là et Madame
    Marois avait répondu à toutes les questions.
    Alors, M.Brassard, sans doute un Québécois de souche qui s'exprime avec ce très rare accent qui est celui des francophones
    qui passent la plus grande partie de leur vie bien à genoux
    devant le grand patron anglo., avait l'air d'un épais
    ce matin. Il ne savait plus quoi n'y comment le dire. Avait-il honte de ce qu'il avait laissé écrire dans sa Gazette
    contre ses propres compatriotes. Il semblerait bien que oui.
    Encore une tentative de ce journal, par des moyens plus que discutables, de bouffer du «séparatistes» comme ils disent.
    IL FAUDRA BIEN UN JOUR, AU PROCHAIN REFERENDUM, DIRE OUI
    ET QUE L'ON EN PARLE PLUS.
    Madame Marois, pour un , j'étais fier de ma chef hier. Bravo! »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 12h35
    Et la maison de Jean Charest
    « Charest a passé sa vie en politique. On connait exactement ses revenus.

    Comment a-t-il fait pour s'offrir une mansion de 2 millions à Westmount et un "chalet" du même prix dans l'Estrie avec un simple salaire de politicien, une femme au foyer et trois grands enfants aux études? »

  • Rolland St-Gelais
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 12h41
    C'est aux tribunaux d'en décider....
    « Dans toute démocratie qui se respecte et où la primauté du droit est un élément essentiel à la bonne marche de la société, il est essentiel de retenir que ce sont les tribunaux, et non pas les simples citoyens(nes), qui peuvent juger de la valeur morale et/ou illégale d'une quelconque transaction. Ici, ce sont deux parties qui devront s'affronter devant la justice. Mais là où la cause pose vraiment un problème réside dans le fait que The Gazette semble avoir délibérément choisi la campagne électorale dans Charlevoix pour éclabousser un chef de parti politique et par ricochet son parti. Est-ce là un comportement digne dans le domaine des communications ? J'en suis vraiment perplexe. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 28 septembre 2007 15h45
    @ Jacques Noel
    « M. Jacques Noel écrit : «Comment M. Charest fait pour s'offrir une mansion de 2 millions à Westmount et un "chalet" du même prix dans l'Estrie avec un simple salaire de politicien, une femme au foyer et trois grands enfants aux études?».

    Réponse : Il doit bien faire comme Séraphin, ménager, gratter, reménager et regratter avec Michou qui surveille les spéciaux et découpe les p'tits coupons-rabais du Métro, habille la famille chez Croteau, prend des marches pour les loisirs, baisse le chauffage en hiver et, s'il en manque un peu, peut compter sur de bons amis tant que le pouvoir provincial ou fédéral conservateur ou libéral fédéraliste est à portée de main ou de bulletins principalement si on a un char de fourni avec chauffeur et essence itou.

    Il y a toujours moyen de "moyenner" M. Noel. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 28 septembre 2007 16h11
    Félicitations Mme. Marois ! et booooooooou The Gazette !
    « Félicitations Mme Marois, pour ses bonnes et complètes explications.

    Quand un nationaliste québécois voit The Gazette s'attaquer malicieusement et injustement à un(e) Québécois(e) en vue, ça nous fait l'apprécier davantage "sauf pour les esprits fermés et jaloux", ce qui produit l'effet contraire à ce qu'elle recherche. »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 16h50
    Droits acquis
    « J'ai vécu la même situation, il y a quelques années, en vendant une terre à quelqu'un qui voulait y bâtir sa maison. J'ai dû faire la preuve qu'une roulotte y était installée avant le zonage car l'acheteur avait vendu la roulotte pour me payer, détruisant ainsi la preuve de lotissement! La différence est à l'échelle des prix: pas de quoi à fouetter un... fédéraliste!
    Par contre les résidences de Jean Charest... Faudrait mettre un journaliste de la Gazette là-dessus...

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Richard Dupuis
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 22h22
    Bon, bon, bon... (prise 3)
    « C'est drôle de lire les commentaires, qui vont de l'odieux passe-droit pour les riches à l'attaque vicieuse des anglais, via The Gazette, pour miner le réputation de Pauline 1ère pendant sa campagne électorale dans Charlevoix. En passant, il y a combien de lecteurs de The Gazette, dans Charlevoix?

    Quand on regarde du haut des airs, par exemple avec un logiciel comme Google Earth, on peut voir que le tracé de l'autoroute 440 sur l'Île-Bizard est faite de terrain vierge, sauf pour une seule résidence - un seul domaine - construite dans le secteur, qui "déborde" un peu sur le tracé. En fait, la vérité éclatera au grand jour au moment où... le ministère des transports ira de l'avant avec la 440 à travers l'Île-Bizard. Mais malgré que le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, aimerait bien que ça se produise bientôt, j'ai bien peur de mourir de vieillesse avant de pouvoir rouler sur cette autoroute.

    C'est donc dire que le couple Blanchet-Marois peut dormir sur ses deux oreilles, et probablement aussi les futurs acheteurs dudit domaine, dans quelques décennies. »

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