samedi 21 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h40


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La maison de verre

Bernard Descôteaux   28 septembre 2007  Québec
La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a décidé de jouer la carte de la transparence et de répondre à toutes les questions sur les irrégularités alléguées entourant la construction de la résidence familiale à l'île Bizard. Elle a bien fait. Elle n'avait pas d'autre choix, car l'enjeu était bien plus grand que lesdites irrégularités. Pour n'importe quel politicien mais encore plus pour un chef de parti aspirant à devenir premier ministre, la relation de confiance avec ses concitoyens fait foi de tout. En fuyant les médias, elle aurait entretenu un doute qui aurait altéré cette relation.

Les réponses fournies par Mme Marois éclairent ce qui était le point principal de cette affaire. Le terrain où est construit cette résidence était à l'origine situé en zone agricole. Au moment d'obtenir de la Commission de protection du territoire agricole une décision favorable au dézonage de ce terrain, une déclaration sous serment fut produite, démontrant que des droits acquis existaient de par le fait qu'un chalet y avait déjà servi de résidence. Le propriétaire de ce chalet aurait signé cette déclaration contre une rémunération de 1600 $. Faux!, a juré Mme Marois. Ce n'est que plusieurs mois après que Claude Blanchet, le mari de Mme Marois, a remis à cet homme un cadeau de 500 $ pour le remercier de ses démarches et de ses recherches.

Faut-il voir dans ce geste une forme de contravention aux lois ou à l'éthique? Ce fut un geste de pure générosité, assure la chef du Parti québécois. De fait, le moment où il a été posé fait toute la différence. Avant la signature de cette déclaration, il aurait eu une tout autre portée. Il y aurait alors eu faux témoignage. Après, M. Blanchet n'était tenu à rien. Il l'a fait comme bien des gens parmi nous donneront un cadeau au voisin qui nous a rendu service et dont on sait qu'il a payé de sa personne pour nous le rendre. Cela établi, on doit accepter qu'il n'y a eu ni irrégularités ni privilèges dans le processus qui a permis à la famille Marois-Blanchet de construire cette résidence en territoire agricole. De même, le droit de passage sur des terrains publics qui permet d'accéder à cette propriété est tout à fait régulier.

Le doute levé, Mme Marois peut continuer de prétendre être au-dessus de tout soupçon. Mais elle ressort tout de même écorchée de la publication par The Gazette d'un dossier sur sa résidence. Maintenant, tous savent que cette résidence est un grand manoir, sinon un petit château. Si certains resteront sur leur quant-à-soi en ce qui a trait aux faits, c'est surtout l'image de la politicienne social-démocrate engagée dans la défense des petites gens qui en souffrira. L'opulence de la propriété contraste avec le discours qu'elle tient. Mme Marois avait jusqu'ici tenté de protéger la sphère privée de sa vie. Elle vient d'éclater. Elle vit désormais dans une maison de verre.

Pour Pauline Marois, la vie sera désormais plus difficile. Elle devra souvent se défendre d'avoir un mari qui a réussi sur le plan financier. Elle sera comme Robert Bourassa, qui avait eu le malheur d'épouser une riche héritière de la famille Simard. Par association, on lui prêtait toutes sortes d'intérêts. Devenu premier ministre, il avait, pour compenser, adopté un mode de vie quasi monastique. Ne soyons pas rigoriste au point de demander à la chef du Parti québécois de l'imiter. Le fait de jouir d'une certaine aisance financière n'interdit pas d'avoir des convictions. Sur ce plan, son engagement social et politique le démontre amplement.

bdescoteaux@ledevoir.com






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • l emond
    Inscrit
    jeudi 27 septembre 2007 23h42
    La maison de verre et la Gazette
    « L'éditorial de M. descôteaux est tout à fait correct...il aurait été plus complet si on y avait ajouté que The Gazette a bien tenté de tricher et d'éclabousser des personnes respectables... Quand on se donne le mandat d'informer, c'est un délit très grave, le plus grave qu'un journaliste puisse commettre.

    Se tromper est détestable, tricher est odieux. »

  • robert barberis
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 00h21
    Un éditorial juste et pondéré
    « Monsieur Descôteaux,
    le 500.$ a été donné comme cadeau de Noël quatre mois après que Marcel Turcotte ait signé l'affidavit reconnaissant qu'il avait habité le chalet situé sur le domaine acheté par le couple Blanchet-Marois. Dites cinq cent à haute voix et vous allez entendre peut-être seize cent. Cela pourrait expliquer l'erreur commise par le journaliste du journal Thhe Gazette. On pouvait lire dans le Journal de Montréal de dimanche dernier des commentaires des voisins de l'île Bizard du genre: "Comment des gens qui ont de l'argent comme eux ont-ils pu se bâtir sur un terrain appartenant au gouvernement?" ou bien: "Est-ce qu'on n'aurait pas dû faire un parc sur ce domaine qui appartient à tout le monde puisque ce sont des terres publiques sur lesquelles le chateau est bâti?"
    L'article de The Gazette est très tendancieux sur le sujet de la conférence de presse de Mme Marois car il induit en erreur. Et en plus, il constitue une attaque en règle contre Claude Blanchet suite à son passage à la Société générale de financement et surtout à propos de conditions financières exceptionnelles qui lui ont été offertes par le gouvernement Charest suite à son congédiement pour des raisons partisanes.
    Quant à votre éditorial, il démontre votre bon jugement habituel qui est le fait d'un honnête homme. J'en approuve tous les tenants et aboutissants.
    Robert Barberis, Vieux-Longueuil, 28 septembre 2007 »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 28 septembre 2007 04h52
    Vive la vie monastique, politique !
    « M. Descôteaux écrit : «Mme. Marois sera comme Robert Bourassa, qui avait eu le malheur d'épouser une riche héritière de la famille Simard. Par association, on lui prêtait toutes sortes d'intérêts. Devenu premier ministre, il avait, pour compenser, adopté un mode de vie quasi monastique.»

    Mais oui, bonne idée, Mme Marois n'aura pas de difficulté à adopter aussi un style de vie monastique dans cette construction qui l'air d'un abbaye, avec tout le travail requis pour aller, venir et l'entretenir plus l'accaparant travail politique. »

  • David Lépine
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 05h41
    Gauche caviar
    « Vous décrivez très bien une gauche dite "caviar". Le vieux dicton anglais résume bien:" He who lives in a glass house should not throw stones". »

  • Luc Pomerleau
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 08h34
    Responsabilité partagée
    « Il faut tout de même reconnaître que Mme Marois et son époux ont contribué à leurs malheurs médiatiques. Tout d'abord en ne fournissant pas dès le départ au journaliste les informations en apparence raisonnables qu'elle a produites hier; qui sait quelle aurait été alors la teneur de l'article incriminé. Puis en se réfugiant dans un silence outragé au prétexte de procédures juridiques potentielles(sur lesquelles ils ont d'ailleurs le contrôle entier). Sans compter qu'elle n'avait eu aucune réticence à faire visiter son modeste chalet de Charlevoix, puisque cela servait ses fins, ce qui légitimait la curiosité sur l'autre bicoque.

    Problème de gestion de crise de relations publiques donc (a-t-elle été à la même école que M. Boisclair?), et aussi réticence à assumer pleinement son état de femme riche. Si on veut vivre à la mesure de ses amples moyens, il faut accepter les jugements qui peuvent acompagner de telles décisions, y compris les accusatiosn de mauvais goût que pourrait susciter cet opulent manoir. Mme Marois n'a pas à avoir honte de sa situation financière et devrait avoir le courage d'affronter les critiques qui en découlent, sans s'efforcer de ne laisser sortir que les images et informations qui font son affaire. »

  • Jean-Nicolas Bouchard
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 10h00
    Le rapport québécois/argent
    « Le peuple québécois ne pourra jamais devenir un peuple prospère s'il continue d'avoir peur de la richesse... »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 11h14
    Charogneries médiatiques qui ne font rire personne.
    « Notamment depuis la deuxième guerre mondiale, au Québec, certaines minorités excessivement bruyantes enterrent la majorité silencieuse. Nombre «d'obèses des droits et des libertés à sens unique», ces porteurs de petitesse et pauvres héritiers de l'étroitesse d'esprit, se déplacent sur toutes les routes qui mènent au tribunes médiatiques, ces grands théâtres qu'exploitent à leurs seuls crédits les fabricants et trafiquants de cotes et forgerons de l'opinion publique basée sur les idées reçues.

    D'un autre côté, nombre de parvenus et de richards ponctuels ont le don d'écoeurer les gens des classes moyennes et les démunis. En plus, depuis que les trucs de la mondialisation font rage, les spéculateurs et profiteurs, ne se contentant plus de millions, ont tissé leurs nids de milliards, dans tous les recoins des cinq continents, même là où nombre de tordus s'enrichissent du paupérisme tiers-mondiste. La seule valeur qui soutient le pouvoir des pouvoirs, c'est l'argent. L'ayant compris, avant bien des civilisations et depuis des centenaires, la catholicité romaine en est une des illustrations les plus scandaleuses.

    Pour aucune considération, les richissimes médias du pouvoir ne toléreraient que l'on que l'on veuille arpenter les labyrinthes de leurs moucharabiehs et que l'on interroge leurs accointances, leurs affiliations, leurs fratries, leurs collusions, leurs fournisseurs et commanditaires, non plus que les coffres-forts de leurs loggias les plus secrètes. Par contre, les mêmes médias qui jouent aux très pures vierges offensées, entre autres, orientent habituellement leurs cribles en directions des cibles que les gardiens de ces tous imposent à leurs choix et inscrivent à leurs agendas. C'est définitivement le cas, dans l'épandage des attaques et la multiplication des charogneries dont le couple Marois Planchet fait actuellement l'objet. Ce sont des cibles très médiatisées, vulnérables et le genre de proies faciles que l'on retrouve habituellement à l'agenda des règlements de comptes organisés. Les Marois Blanchet peuvent se défendre et c'est à souhaiter qu'ils ne ménagent pas leurs sycophantes.

    Par contre, cette façon de charogner les gens qui ont construit leur fortune, est vicieuse et dangereuse, puisqu'elle est souvent dictée par des fortunes rivales et que le but non avoué est d'alimenter la haine émergente, chez certains démunis et clans marginaux dont la grogne est en montée fulgurante. Les Québécois le moindrement futés n'ont-ils pas remarqué que certaines fortunes ne sont jamais attaquées, ni questionnées, ni étalées sur la place publique, par les mêmes capitalistes médias?

    Est-ce que les médias s'attaquent aux fortunes de certains magistrats, de certains médecins spécialistes, de certains avocats? Non, puisqu'il est reconnu que l'on ne s'attaque pas aux personnes et/ou goupes que l'on craint... Est-ce que les richards de la bourgeoisie médiatique attaquent, s'en prennent et tentent de réduire à néant, certains fortunés du crime organisé? Est-ce que «tout le monde en parle» de certaines fortunes pyramidales sur lesquelles siègent nombre d'émirs québécois? A-t-on mémoire de grandes-gueules médiatiques qui ont risqué la moindre incursion dans les caches où les kremlins syndicaux du Québec engrangent les paquets de billets de leurs fortunes et tous les tas des biais de leurs pouvoirs?

    Même si je ne partage aucunement les ambitions séparatistes de Madame Marois, je sympathise avec celle que les médias emmerdeurs cherchent à traîner derrière les portes closes et doublement barrées des chiottes de leurs pouvoirs ...

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • jean-marie francoeur
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 12h05
    Procédé libéral
    « Quoi de neuf ? Nous en avons vu des dizaines de cas semblables, où la presse anglophone ment effrontément pour asséner ses coups bas. Évidemment, si cela avait été une personalité libérale fédérale, on n'en aurait jamais entendu parlé, comme ils n'ont jamais écrit sur les 5 ou 6 millions que Charest a reçu pour devenir un libéral du Québec. J'espère qu'en cour, ils écoperont d'une sentence exemplaire, car ce n'est pas l;e première fois : Landry et Bouchard ont déjà goûté à cette médecine. »

  • Guillaume Mercier
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 12h45
    Indépendance financièr, un point positif
    « L'Indépendance financière de madame Marois, au contraire de ce que tout le monde raconte devrait nous rassurer. Il y a moins de chance qu'elle gouverne pour d'autres intérêts que ceux de la collectivité et elle sera évidemment moins tenté par la corruption.
    Rappellez-vous la maison à Westmount de Charest qui techniquement ne peut être achetée avec les salaires cumulés et déclarés de sa famille ou encore l'absence ou encore la présence cachée de Mario Dumont avec les riches juifs de Montréal lors du dernier vote sur le budget.
    Vivement l'indépendance financière de nos politiciens.

    Guillaume Mercier »

  • Dany Pelchat
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 13h19
    Une autre attaque vicieuse du journal The Gazette envers le PQ
    « Fallait bien s'y attendre !

    Depuis l'arrivée de Pauline Marois à la tête du Parti Québécois, les stratèges du canada anglais, très biens représentés par les journalistes du journal The Gazette, ont tenté de salir sa réputation tout comme ils l'ont fait avec André Boisclair avec son homosexualité et sa consommation de cocaïne, avec Jacques Parizeau avec ses déclarations le soir du référendum de 1995, qui rappelons-le, a été perdu à cause de la malhonnêteté du canada anglais et de ses représentants serviles au Québec.

    Toujours des insinuations qui sèmeront à jamais un doute dans l'esprit des Québécois, même s'ils sont sans fondement. Même si je ne suis pas un partisan de Pauline Marois, j'espère qu'elle et son mari gagneront le procès qu'ils intenteront contre The Gazette et son journaliste.

    Il ne faut pas se leurrer, vous ne retrouverez jamais d'attaques aussi vicieuses de la part des journalistes du journal The Gazette envers des gens comme Stéphane Dion, Jean Charest, Pierre-Elliott Trudeau, Jean Chrétien, Stephen Harper ou Mario Dumont car pour le canada anglais, ceux-ci ne représentent aucune menace pour la survie du canada, ce qui n'est pas le cas pour le Parti Québécois ou le Bloc Québécois.

    À quand le réveil des Québécois ? »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 15h36
    Un rappel
    « Mme Marois est souverainiste, chef du parti qui porte, avec Québec solidaire, le fardeau de faire du Québec un pays. Quelle belle cible pour la Gazette ! Il convient toutefois de rappeler que la Révolution tranquille que Charest abhore parce que foncièrement social-démocrate, a été conçue par un gouvernement libéral composé de nombreux députés et ministres appartenant à la bourgeoisie de l'époque, c'est-à-dire financièrement à l'aise sinon carrément très riches. Sur le plan des fortunes personnelles, René Lévesque faisait figure de petit pauvre dans le cabinet de Lesage.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Fortier Jacques
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 16h53
    Affaire Marois
    « Bonjour Monsieur
    Dans les articles du journal The Gazette sur Marois, il y a toutes sortes d'accusations et d'allusions mensongères. Aucun souverainiste ne se laissera détourné de son objectif d'indépendance nationale par de telles saletés. Au contraire, il verra dans ce manque d'éthique journalistique, une raison de plus de le poursuivre. Quant à ceux qui seraient assez sots pour se laisser influencer par le potinage et le gribouillage de la Gazette, ils sont sans doute trop aliénés pour reconnaître leur identité. Je souhaite que madame Marois devienne premier ministre, ce serait notre meilleure vengeance.
    Jacques Fortier »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    samedi 29 septembre 2007 08h18
    S'habiller de haillons?
    « Au Québec, il faudrait cesser de détester les gens riches, à moins qu'ils ne se soient enrichis malhonnêtement. Il n'y a plus que les Anglais qui sont riches. Les Québécois ne sont plus des porteurs d'eau, et plusieurs d'entre nous sont devenus riches. Faut-il les ostraciser pour cela? Que de misérabilisme! Madame Marois, comme M. Parizeau, n'ont pas eu besoin d'aller en politique pour gagner leur vie. Ils y sont allés par conviction pour faire le pays du Québec, et il faut leur en être reconnaissants. Madame Marois, avec sa formation de travailleuse sociale, comprend très bien les démunis de la société. Devrait-elle pour cela donner tous ses biens et ceux de son mari aux pauvres, et s'habiller de haillons?
    Si l'on veut s'insurger, il faudrait aller voir du côté des politiciens qui auraient accepté des sommes faramineuses pour se lancer en politique. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
13 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Article
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009