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Le retour de Madame

Jean-Robert Sansfaçon   26 septembre 2007  Québec
Pauline Marois, la chef du Parti québécois, revient donc à l'Assemblée nationale par la grande porte grâce aux électeurs de Charlevoix qui ont été nombreux à se déplacer pour voter, lundi. Ce n'est pas tous les jours qu'une élection partielle attire 60 % des électeurs. Compte tenu d'une telle participation et de l'absence d'un candidat libéral, on se serait attendu à ce que l'ADQ obtienne un résultat beaucoup plus fort que les 39 % enregistrés. Que dire aussi des tiers partis qui n'ont pas su profiter du tout de cette absence libérale?

Avec 59 % du vote exprimé, Mme Marois confirme qu'elle est bien en selle à la tête du Parti québécois qui, ne l'oublions pas, ne forme même plus l'opposition officielle depuis les dernières élections.

Compte tenu de l'échéance rapprochée du printemps pour la tenue probable d'élections générales, la chef du PQ devra mettre les bouchées doubles pour être en mesure de présenter un programme plus original et emballant que la dernière fois. Privé de son principal argument de mobilisation des troupes souverainistes — le référendum — le Parti québécois doit construire de toutes pièces un projet de gouvernement original, nationaliste de centre gauche. Depuis sa nomination comme chef, Mme Marois a lancé des signaux qui la situent plus à droite qu'au centre de l'échiquier, une zone pourtant occupée par l'ADQ et le PLQ.

Les Québécois ne veulent pas de ces grands programmes coûteux à la manière des décennies précédentes, pour le moment du moins, mais ils restent séduits par les idées originales. En matière de santé, d'éducation, de transport, d'environnement, le PQ doit se démarquer de ses adversaires en faisant la preuve qu'il est encore capable d'innover dans la résolution des problèmes concrets. À ce jour, libéraux et péquistes se sont fait doubler par Mario Dumont sur ce terrain, même si plusieurs des solutions avancées par ce dernier étaient plus démagogiques que réalistes.

Les sondages indiquent que Mme Marois est la chef en qui l'électorat a le plus confiance à l'heure actuelle. Cette confiance est même son principal atout puisque plus personne ne sait trop ce qui différencie le Parti québécois des autres formations. Or, la confiance est un sentiment diffus qui peut partir en fumée aussi vite qu'il est apparu. Rappelons-nous combien l'affaire des toilettes silencieuses installées à grands frais dans ses bureaux avait nui à Mme Marois.

La publication dans The Gazette, samedi, d'un reportage accusant le mari de Mme Marois d'avoir payé un individu pour qu'il signe un affidavit mensonger à l'appui d'une demande de dérogation à la Loi sur la protection du territoire agricole dans le but de construire un luxueux manoir, pourrait détruire cette confiance. À ce jour, les Marois-Blanchet ont renvoyé les journalistes aux documents détenus par la Commission de protection du territoire agricole. Quant à l'accusation de faux témoignage, ils la nient malgré les déclarations du signataire aux médias. Tout cela n'est pas clair. Mme Marois doit prendre les devants et faire la lumière à la satisfaction des médias, sans quoi l'affaire reviendra la hanter en campagne électorale. Le ton de l'article de la Gazette était particulièrement malicieux, mais les accusations sont graves et Mme Marois ne peut pas attendre un lointain procès pour effacer cette histoire.






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 26 septembre 2007 08h49
    Démagogique, vous avez dit ?
    « M. Sansfaçon, vous avez écrit : «À ce jour, libéraux et péquistes se sont fait doubler par Mario Dumont sur ce terrain, même si plusieurs des solutions avancées par ce dernier étaient plus démagogiques que réalistes.»

    C'est quoi ces solutions plus démagogiques que réalistes ? S.v.p. en lister 2 ou 3. Merci.

    En passant, tous les partis ont besoin d'être démagogiques ou doivent disparaîtrent. »

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 26 septembre 2007 09h20
    Si ça tourne mal
    « Si, pour Madame Marois, les choses tournent au vinaigre, elle pourra toujours se retirer dans le luxueux manoir qu'elle et son mari se sont fait construire, avec quelques courtes visites à leur chalet des plus modestes dans Charlevoix, histoire de faire people une fois ou deux par année.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Gilles Laterrière
    Inscrit
    mercredi 26 septembre 2007 09h55
    Les symboles qui tuent
    « M. Sansfaçon,

    En dénoncantle ton malicieux utulisé par une journaliste dans les quotidiens de Montréal, vous avez parfaitement raison. que dire du titre utilisé pour l'article de La Prese"le clan Marois riposte "

    Le premier sens du mot clan dans le dictionnaire a une origine écossaire ou irlandaise. Il se réfère à ces regroupements de familles écossaises ou irlandaises qui menaient leurs affaires sur les seules considérations de leurs familles au détriment des intérêts nationax si nécessaire.
    Maintenant que dire de votre titre qui utilise le mot "madame", ce qui réfère à l'appartenance de Pauline Marois à une caste socilae qui a peu de rapport avec les préoccupations du monde ordinaire

    La symbolique en politique vaut mille mots. On assasine des personnes facilement avec l'utilisation à mauvais escient des mots

    Gilles Laterrière. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mercredi 26 septembre 2007 10h01
    Famille uébécoise en haut
    « On a eu MONSIEUR Parizeau et maintenant, on a MADAME Marois.

    Le premier voulait un référendum rapide et la deuxième veut ne pas s'enfarger dans un référendum. La différence entre l'impatience masculine et la prudence féminine..peut-être.

    Faut pas oublier notre p'tit Dumont qui tente de rallier fédéralistes et souverainistes dans l'autonomisme et M. Charest, grand tribun pour le NON, qui se ferait couper un bras et même les deux pour le fédéralisme canadien pur et dur. »

  • Manon Farmer
    Inscrite
    mercredi 26 septembre 2007 10h21
    Les riches et leurs préoccupations essentielles
    « Madame Marois est aussi connue pour se faire tirer l'oreille afin de régler ses factures qu'elle ne paie pas de gaité de coeur. Comment expliquer ça ? il me semble que cet avarice quand il temps de payer est un lieu commun chez les "riches" qui justement le sont, grâce à cette mentalité de séraphin.
    J'ai du mal à imaginer Mme Marois, au volant de sa porche, intéressée par tout autre chose que ce qui contribuerait à l'enrichir...
    E.Ramref »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    mercredi 26 septembre 2007 11h22
    Vous prenez-vous pour le Très Haut?
    « Du sommet de quelle chaire vous permettez vous, Monsieur Média, de sermonner à peu près tout le monde? D'accord, informez-nous des découvertes que vous permettent de faire un certain droit d'accès à l'information. Par contre, votre aisance à jouer dans les plates-bandes de la désinformation ou du sensationnalisme, me déconcerte. À lire nombre des éditoriaux qui alimentent l'émergence du strip-tease médiatique, le plus ordinaire de vos lecteurs a compris que Mario Dumont n'a surtout pas inventé les boutons de la démagogie, ce dont vous l'entachez de façon si gratuitement péremptoire.


    Par ailleurs, en quoi la toilette silencieuse de la politicienne Marois donne-t-elle du poids à votre petit prône moralisateur et accusateur de ce jour, alors que les orgies du Métro de Laval et de la Gaspesia, auxquelles s'adonnait le Souverain Landry et bien d'autres opportunistes, n'ont jamais fait l'objet de vos sermonneuses envolées? Faut-il être un Bailleur de fonds ou un Commanditaire en titre de votre «usine à paperasse», pour avoir la paix? En brassant et en ressassant le contenu de la fosse à purin du quotidien The Gazette, nous faut-il comprendre que vous en aimez les odeurs et que ce type de pollution pestilentiel de l'intellect et de l'esprit, ne vous dérange surtout pas? En quoi les propriétés des Mulroney, Trudeau, Parizeau, Landry, Démarrais, Marois-Blanchet, celles du Vatican, des Soeurs Grises ou des Mormons vous dérangent-elles, si ce n'est que d'isoler des individus, d'en faire des Tzars ou des cibles de vos canonnades et de provoquer ou de relancer la haine du «pauvre peuple» à leur égard?

    Russie, 1917, ça ne vous rappelle donc rien? Pourquoi tardez-vous à comprendre que la très grande majorité des Québécois en ont rien à scier de votre bois mort? Je ne vois concrètement rien dans vos rafales d'aujourd'hui, absolument rien qui puisse justifier que vous preniez tous ces gens de si haut et que vous les entassiez si grotesquement au fond du panier de vos salades quotidiennes. Il vous arrive souvent de tenir des propos et de les écrire, par surcroît, dignes des graffitis de toilettes, dignes des journaux à potins et des carnets à crottins qui font saliver les Michel Girouard et font écumer les Patrick Lagacé, Richard Martineau et autres voyeurs sensationnalistes et fervents adeptes de l'exhibitionnisme médiatique.

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Alain Senécal
    Abonné
    mercredi 26 septembre 2007 12h51
    Petits québécois
    « Je suis surpris de lire autant de commentaires désobligeants sur la situation financière aisée de Pauline Marois.
    Je suis forcé de constater qu'il a encore beaucoup, et trop, de québécois qui semblent penser qu'une personne à l'aise financièrement mérite, de ce seul fait, d'être perçue comme malhonnête et hautaine.
    Je doute fort que ceux qui la critiquent ainsi, s'ils étaient nés dans une famille à l'aise, se seraient départis de leur fortune pour éviter d'être mal perçus par leur entourage.
    Si Pauline Marois était si hautaine et loin du «petit peuple», comment se fait-il qu'elle est en politique, cette profession si dure et ingrate, depuis plusieurs décennies pour se battre bec et ongles pour le bien de ses concitoyens ?
    Le petit québécois à l'esprit borné, jaloux et envieux du succès des autres, malhonnête et de mauvaise foi dans ses critiques existe encore...
    Alain Senécal, Montréal. »

  • Ginette Bertrand
    Inscrite
    mercredi 26 septembre 2007 15h39
    Né pour un p'tit pain
    « @ Alain Sénécal
    Je partage entièrement votre point de vue. Je suis sidérée par les remarques désobligeantes qu'on lit et entend un peu partout au sujet de la fortune de Mme Marois, sans doute assez modeste comparée à celle d'une Céline Dion ou d'une Hillary Clinton. Qu'on revienne encore aussi sur les fameuses toilettes silencieuses, comme n'a pu s'empêcher de le faire ici l'éditorialiste, est encore plus stupéfiant.

    La très socialiste Ségolène Royal a fait tout un tabac au Québec cette semaine par son port de reine et ses vêtements chics. Mais qu'une Pauline Marois fasse de même depuis des lustres, on ne lui a jamais pardonné. La mentalité du né-pour-un-p'tit-pain n'est malheureusement pas révolue. Il y a quelque chose de vraiment désespérant dans cette méfiance atavique de l'argent et du pouvoir. »

  • Gisèle Belzile
    Inscrite
    mercredi 26 septembre 2007 15h54
    La responsabilité du journaliste
    « Monsieur Sansfaçon,
    Je sens un ton un peu méprisant dans votre analyse, dans votre «madame». Et votre façon mine de rien de relancer le texte torchon de The Gazette tout en faisant mine de s'en distancer, je n'ai pas aimé.
    J'ai un immense respect pour madame Marois et je la plains d'avoir affaire à ce genre de journalisme. Et encore, les gens du Devoir sont loin d'être les pires, comme on sait!

    Je suis désolée d'avoir à protester aussi contre les jugements dégradants de Manon Farmer (ou E. Ramref ? ) Cela commence à ressembler drôlement à la radio «trash» de certains postes de la ville de Québec, il y a quelques années.

    Voilà ce qui arrive quand on excite les viles passions. Il faut prendre garde de susciter ces excès, il y va de la responsabilité du journaliste, il me semble.

    Gisèle Belzile »

  • François Caron
    Abonné
    mercredi 26 septembre 2007 16h16
    La monster home aux 964 et quelques fenêtres
    « La monster home aux 964 et quelques fenêtres

    Oui, je sais, cette campagne de salissage ne peut que provenir des Orangistes néo-Rhodésiens de L'Ontario-Annex (pardon, le West-Island).

    Oui, je sais, si Madame est attaquée durement par nos ennemis de toujours mais néanmoins compatriotes circonstanciels, c'est qu'elle est perçue comme une menace directe, précise et prochaine à leur petit confort et leurs petites certitudes de gens qui se croient les rois du monde et les possesseurs tranquilles de la vérité anglo-saxonne quand ils ont à peine le contrôle de leurs sphincters comme emprise sur leur environnement immédiat, mais encore...

    La petite saynète de la petite-maison-dans-la-prairie lui a pété dans la face, à la Madame, car on ne peut prôner impunément la modestie pour le peuple dans un idéal d'élévation de celui-çi par-delà la misère identitaire et les difficultés économiques et se cacher dans le fin fond de l'île-Bizard (dans ce West-Island où presque personne parlant français ne s'y aventure) pour y vivre ses rêves de grandeur personnelle qui n'a aucune commune mesure avec ceux du cochon de payant qui aspire à ses 10 000 pieds carrés de verdure entourant son bungalow huit-pièces (au mieux), quand ses rêves ne sont pas ceux d'une élite instruite et éclairée qui n'aspire pas au bonheur en mesurant les tonnes de pierres coûteuses qui parent la monster home, mais bien en vivant dans une société plus juste, plus égalitaire, plus en phase avec la nature et son environnement et où la qualité de vie est élevée en vertu cardinale à atteindre à tout prix pour le bien commun de tout le monde, sans exception.

    Vous dire comment je suis déçu, c'est pas possible, mais je n'ai pas les mêmes besoins que Monsieur-et-Madame-Marois qui démontrent que leur idéal de vie spoliateur de ressources se rapproche bien plus de celui de leurs adversaires libârals et conservatives et s'éloigne dangereusement de celui plus frugal du peuple qu'il aspire à diriger.

    Ce qui est le plus décevant c'est de m'être identifié jusqu'à maintenant à cette personne et à son discours, mais elle représente maintenant tout ce que j'abhorre, ne serait-ce que cette richesse ostentatoire incompatible avec les aspirations du peuple et pour lequel on nous ressortira le discours paternaliste du mérite.

    Comprenons-nous bien, je ne crois pas qu'il y ait eu malfaçon dans tout ça, mais ces reportages visuels où une image vaut mille mots jettent à terre l'image de cette bonne dame qui se dit proche des aspirations du peuple qu'elle prétend représenter.

    Les Anglais n'avaient pas besoin d'une Marie-Antoinette (et nous non plus), ils ont déjà eu leur roi George dans le temps de Cromwell.

    Déçu, je vous dis, j'en manque de mots... »

  • François Caron
    Abonné
    mercredi 26 septembre 2007 16h29
    La monster home aux 964 et quelques fenêtres - derechef
    « Amende honorable:

    J'ai confondu le roi anglais George The First avec le roi Charles The First.

    On pourra m'y reprendre.

    Ça n'excusera pas le fait que les propos de Madame sur l'élévation du peuple par la sublimation de la misère identitaire et du désoeuvrement économique continueront de me paraître suspects d'insincérité. »

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