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L’entrevue - Le «nous», c’est lui

Antoine Robitaille   23 septembre 2007 22h54  Québec
Jacques Beauchemin
Photo : Jacques Grenier
Jacques Beauchemin
Pour réactiver le «nous» francophone majoritaire, Pauline Marois s’est grandement appuyée sur le sociologue Jacques Beauchemin. Ce dernier semble du reste engagé dans tout ce qu’il y a de plus chaud au Québec ces temps-ci: non content de diriger son département, il siège au conseil d’administration de l’UQAM-la-tourmente et fait partie du comité-expert de la commission Bouchard-Taylor. Si ça continue, Jacques Beauchemin devra bientôt parler de lui au «nous»!

Dans le retour au «nous» de la majorité francophone de Pauline Marois, début septembre, il y avait beaucoup de Jacques Beauchemin. En entrevue, le sociologue de l’UQAMconfirmesanstrop s’étendre sur le sujet: la chef péquiste, qui connaîtra ce soir le dénouement de la bataille de Charlevoix — selon les sondages, elle devrait l’emporter facilement —, l’a consulté cet été et le consulte encore.

Le retour au «nous», Pauline Marois le voyait, raconte-t-on dans son entourage, comme un véritable «désormais». Après la mort de Duplessis, Paul Sauvé, lorsqu’il prend la place du «cheuf», prononce ce mot célèbre, marquant le début de la Révolution tranquille. C’est aussi à une rupture que la nouvelle chef péquiste voulait convier les nationalistes, le 29 août, lors de son discours d’assemblée de nomination.

Un discours qu’elle considérait comme crucial et qu’elle a fièrement fait distribuer à tous les journalistes, le jour où elle l’a prononcé. En constatant que les Québécois ne se reconnaissaient plus dans son projet, elle s’y faisait très critique du PQ de l’après-1995. Dans les dernières années, les Québécois ont eu l’impression que le PQ, qui «a tant fait dans le passé pour affirmer et défendre l’identité québécoise, n’avait plus rien à dire sur ce sujet», a-t-elle déploré. Mario Dumont n’a eu qu’à réagir à quelques crises pour se «présenter comme le défenseur de cette identité».

Certains passages du discours de Pauline Marois sortaient manifestement du clavier de Beauchemin: «Depuis une dizaine d’années, nous avons été saisis d’une espèce de mauvaise conscience qui nous a empêchés de dire “nous”. Comme si le “nous” était un mot tabou. Comme si le prononcer ou poser des gestes pour défendre NOTRE identité était synonyme de racisme et d’intolérance. Comme si le désir d’exister et de vivre dans la langue et la culture qui sont les nôtres était un projet ethnique ou folklorique.»

Les idées font du chemin
Le sociologue est ravi de voir que ses idées ont fait du chemin jusqu’à la tête du Parti québécois. Il sent qu’en reparlant du «nous», Marois renoue «avec le bon vieux parti de René Lévesque». En 2002, Jacques Beauchemin faisait paraître L’Histoire en trop, la mauvaise conscience des souverainistes québécois (VLB), qui comprenait un chapitre intitulé Dire nous au Québec. À l’époque, le livre avait été reçu assez discrètement. La fatigue nationale était à la mode. Louis Cornellier, pourtant nationaliste, écrivit, en annonçant la publication, que Beauchemin abordait là un sujet «nécessaire, mais usé».

La récente tourmente identitaire des accommodements raisonnables et la défaite du PQ du 26 mars a toutefois ramené à l’avant-plan la réflexion du sociologue. Plusieurs se sont mis à croire comme lui qu’après la déclaration de Jacques Parizeau du 30 octobre, les péquistes avaient paniqué et tellement donné dans le «civique», le «pluralisme», qu’ils en ont développé un «refus de soi». S’agit-il maintenant de refuser le pluralisme, le nationalisme civique? Aucunement, proteste le sociologue, «l’inclusion» est un acquis. «Il est inutile de dire que le “nous” est inclusif, cela va de soi. Le Québec est une société démocratique», lance Beauchemin. Ce qu’il faut rappeler, c’est que ce «nous» a un coeur, un noyau, hérité de quatre siècles d’histoire en Amérique. Sans ce coeur, «le projet souverainiste n’a plus de sens», croit-il.

Dans L’Histoire en trop, Jacques Beauchemin confiait que sur ce «sentier» de «l’appartenance à l’histoire» et «des mérites de la singularité culturelle», il marche «sur les traces d’un devancier»: Fernand Dumont (aucun lien de parenté avec Mario), décédé en 1997. Jacques Beauchemin signe d’ailleurs l’introduction du tome 1 des Oeuvres complètes de Fernand Dumont, qui paraîtront cet automne (sous la direction de Serge Cantin). L’actualité du sociologue de l’Université Laval est grande, croit Beauchemin. Dumont aurait le mérite de nous rappeler que la société est «un fait de culture», ce n’est pas qu’un assemblage d’individus ou d’identités. «La mécanique de la citoyenneté est nécessaire, bien sûr, mais une société ne pourra jamais n’être que ça», note Beauchemin. Fernand Dumont, en un sens, permet de contrebalancer les thèses du «patriotisme constitutionnel» issu de la pensée d’Habermas. Dans son Histoire en trop, Beauchemin critique d’ailleurs l’anthropologue Claude Bariteau, le souverainiste habermassien de l’Université Laval.

Vita activa
Fernand Dumont inspire aussi à Beauchemin une forte critique de la fragmentation des sociétés actuelles en identités. Son dernier livre, dont une version augmentée paraît d’ailleurs ces jours-ci chez Athena, s’intitule La Société des identités. Dans l’attention accrue portée aux identités (homosexuelles, femmes, noires, etc.), il y a indéniablement une «bonne nouvelle», dit Beauchemin, car il y avait des oppressions à combattre. La mauvaise nouvelle, cependant, est qu’on «assiste à une espèce de course aux droits». Pour caricaturer, disons que pour se faire entendre aujourd’hui, il suffit de s’inventer une identité: Fathers-4-Justice, par exemple.
Difficile, dans ce contexte, d’identifier des «raisons communes», pour reprendre un terme de Fernand Dumont cher à Beauchemin. Et c’est ici qu’un sens du parcours historique, d’une aventure commune, bref un certain nationalisme substantiel, peut venir en aide aux sociétés contemporaines, croit Beauchemin. Il peut conduire à «réconcilier le sujet politique» éclaté. Aider à rallier une bonne partie du social autour d’un projet commun. L’idée fait ricaner bien des philosophes des identités. Beauchemin le sait, mais approfondit ses thèses avec la confiance digne de cette phrase d’Ernest Renan: «Le moyen d’avoir raison dans l’avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé.»
Cette perspective, Jacques Beauchemin l’apporte à la commission Bouchard-Taylor, puisqu’il participe en effet aux travaux du comité-conseil. Comme tenant d’un nationalisme culturel inspiré de Dumont, il est plutôt isolé parmi les 15 membres et les deux coprésidents. Une sorte de chef de l’opposition sensible aux voix de la majorité, au «nous».

Au fait, heureusement que Jacques Beauchemin s’est doté d’un téléphone cellulaire récemment. Non content d’être directeur du département de sociologie, directeur de recherche d’une Chaire en mondialisation, citoyenneté et démocratie, d’être consulté par la chef péquiste, (il participe à des rencontres avec le cercle dont s’est entouré la chef, avec les Joseph Facal, Louise Beaudoin et Jean-François Lisée), Jacques Beauchemin siège au conseil d’administration de l’UQAM, où il représente les professeurs. Le sort de l’institution où il enseigne depuis le milieu des années 90 — et dont les finances ont été plombées par des projets immobiliers mal ficelés — l’inquiète au plus haut point. «Ça prend des gens ces temps-ci pour défendre l’UQAM», dit-il.

Avec tous ces engagements, on doit conclure que Jacques Beauchemin est un intellectuel «engagé». Tellement, en fait, qu’il s’est senti l’obligation de démissionner fin août de sa chronique à Ouvert le samedi, émission de la Première Chaîne de Radio-Canada animée par Michel Lacombe où on l’entendait depuis deux ans. «On se représente toujours l’intellectuel comme quelqu’un qui est libre de sa parole», a-t-il expliqué en ondes. Mais quand on s’engage ainsi, les «devoirs de réserve» s’additionnent et on perd la possibilité de s’exprimer librement sur une foule de sujets. Comment tenir une chronique politico-intellectuelle ces temps-ci sans parler ni des accommodements, ni du monde politique québécois, ni de l’UQAM? Malgré tout, il trouve la situation stimulante et préférable pour l’instant à celle que plusieurs préfèrent, soit de rester pur et de critiquer à tout venant. «Je peux gagner une autre sorte de liberté sur d’autres plans», conclut-il.






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  • Louis Balthazar
    Abonné
    lundi 24 septembre 2007 05h05
    Définition du nous
    « Selon Beauchemin, il est inutile de dire que le nous est inclusif, cela va de soi. Pourtant, au début de l'article de Robitaille, il est question de réactiver le nous francophone majoritaire et plus tard, Beauchemin est identifié comme le chef de la majorité, c'est-à-dire, du nous. En clair, cela veut dire que les minorités ne font pas partie du nous. Donc ce fameux nous qu'on veut réhabiliter, c'est le nous canadien-français, exclusif. Cela m'apparaît très périlleux.

    Je veux bien que l'identité québécoise soit animée par une culture. Mais cette culture n'est pas immuable. Elle est vivante, elle évolue. Grâce à la contribution des immigrants, la culture québécoise a évolué, elle est bien différente de ce qu'elle était il y a quarante ans, alors que nous nous identifiions comme canadiens-français.

    Notons aussi que Fernand Dumont, sans doute un grand penseur, se refusait à parler d'une nation québécoise. Pour lui, la nation était canadienne-française. Cela n'entraînait pas à ses yeux un refus du pluralisme, mais il faut bien avouer qu'une définition aussi restrictive de la nation pose problème.

    Louis Balthazar »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 24 septembre 2007 07h00
    Le nous schizophréniques des péquistes
    « Hier encore, un Québécois c'était nous autres. Les Tremblay du Saguenay et les Lavoie de Ste-Foy, les Dumont de Rosemont et les Landry de Gaspésie. C'était le "viens icite chose" sous la Tour Effel et le "ayoye tab..." sur un tesson de bouteille à Acapulco. C'était nous avec nos grandeurs et nos misères, notre naturel désarmant et notre naïveté exceptionnelle, notre génie propre et notre quétainisme légendaire. "Cette pente au coeur qui ne trahit pas" disait Fernand Dumont.

    Les choses ont commencé à se gâter après le Non de 80 lorsque les grands libérateurs de peuple sont passés du nationalisme linguistique au nationalisme civique.

    Le projet initial, qui visait enfin à donner un Homeland aux Tremblay d'Amérique, après deux siècles de survivance et un éparpillement aux quatre coins du continent, s'est subrepticement transformé en nationalisme territorial. Comme si soudain les Sikhs de DDO, les Antillais de Côte-des-Neiges, les Italiens de St-Léonard, les Loyalistes de l'Estrie, les Jersiais de la Baie des Chaleurs et les Cris de la Baie James s'étaient mis à crier à la "nécessaire indépendance".

    Et surtout comme si l'Etat-nation, qu'on réclamait en compromis à l'"ennemi héréditaire", au prix de l'abandon d'un pays grand comme un continent, et du largage de nos frères de la diaspora de Malliardville à Chéticamp aux mains des Red Necks francophobes, était devenu tout à coup une tare honteuse, trop réac dans les beaux salons, anachronique dans les grands colloques.

    Une tare qu'il fallait maquiller dans un "Etat multiculturel francophone et moderne" (sic), un mini-Canada avec une fleur de lys à la place du chiffon rouge et le français seul en haut de l'affiche. Une tare qu'on ne pouvait même plus montrer à Puerto Rico, en Catalogne, en Corse, en Ecosse, en Slovaquie, en Slovénie, en Arménie, en Kabylie, en Palestine, dans les Pays Baltes, au Pays Basque, au Tibet, au Timor, chez les Kurdes et chez tous les p'tits peuples qui se cherchent désespérément une structure politique pour asseoir leur avenir (dire que depuis la moitié de ces peuples se sont libérés alors que nous, partis avec tous dans les sixties, et sans armée roug sur le dos, sommes toujours poignés dans le Gros Caca...)

    Ca continué à déraper au milieu des années 80 quand, dans un effort d'ouverture totale, on a établi une première mondiale en fêtant les autres la journée de la Fête nationale! Les rouleaux impériaux, les tacos et le couscous en plein 24 juin! Vas-y à fond mon Jean Dorion. Au fond, dans le coin, à l'extrême-droite, sur une nappe à carreaux, de la poutine et quelques pâtés à viande. S'il vous reste un petit creux... Pas dérangeants les Tremblay.

    On a atteint le summum du ridicule à la fin des années 80 lorsque, suite à une enquête poussée de la Mère de la nation nous annonçant la disparition prochaine, on s'est mis à appeler "Québécois" le dernier-Tamoul-débarqué-sans-papiers-à-Mirabel. Sous prétexte qu'il habitait maintenant le territoire, qu'il allait bientôt fréquenter le COFI, travailler pour un maudit boss anglais, avant de fonder deux PME de cinquante-deux employés et engendrer une belle famille de treize enfants vivants, tous premiers de classes à l'école française! Sahid au pays des merveilles? Non, Jean-Claude Leclerc et Gérald Leblanc trois fois par semaine.

    Enfin, on a atteint le fond du baril, la veille du référendum de Charlottetown, quand Bernard Landry et autres-grands-libérateurs-de-peuple sont allés danser la salsa et le meringue pour des peanuts. Pour un mirobolant 5% de compassion souverainiste! Moins que les sondages du National Enquire sur le fantôme de Memphis.

    Il a fallu attendre les croisements de tableaux de l'ordinateur personnel de Monsieur pour qu'on sonne la fin de la récré. La fin d'une décennie où, à force de se peinturer dans le coin, de s'excuser devant la visite, de s'elvisgrattoniser, on est tombé à "Québécois francophones de vieille souche"!!!

    C'est immanquable, à chaque fois que quelqu'un rentre dans la maison, au lieu de faire visiter, d'expliquer l'architecture et les fondations, pour finalement intégrer et assimiler la descendance comme chez tout peuple normalement constitué, on se cache sous la table pour réapparaître dans une pièce plus petite, sous un autre vocable. Comme si on était rien. Des deux de piques. Une tribu de croque-morts, de la neige jusqu'aux oreilles. Mortelle randonnée chez les Tremblay d'Amérique.

    C'est ainsi qu'on est passé de la Nouvelle-France (le plus grand pays du monde au 18e siècle) au Canada, au Canada français, au Québec, au Québec francophone; de Français à Canadiens, à Canadiens français, à Québécois, à Québécois francophones pour aboutir dans le hangar à l'iconoclaste "Québécois francophones de vieille souche". A cinq mots, ce n'est plus une identité, c'est du Elvis Gratton. Un acte de contrition. Une peau de chagrin. Un refus d'être.

    Après avoir endormi l'élite à gogo avec "la nouvelle réalité montréalaise et l'ouverture sur le monde" voilà que les bonzes de l'intercul et du multicul nous imposent ce ridicule "Québécois francophones de vieille souche" pendant que notre label "Québécois" se retrouve distillé parmi tous ceux qui habitent le territoire. Comme si c'était raciste d'avoir un nom! Comme si les Sikhs de Glasgow et les Jamaïcains d'Édimbourg étaient Ecossais. Et les Ecossais, réfugiés sous la table du pub, le kilt sous le bras: "Ecossais gaéliques de vieille souche"!

    Au Japon, on est Japonais et les étrangers sont des Ganjis. En Nouvelle-Zélande, on est Kiwi ou Pommy. En Thaïlande: Thai ou Farang. Au Costa Rica, on est Tico ou Gringo. Idem pour toute l'Amérique latine. Aux Etats-Unis, on est American or Alien or Foreigner. Au Togo, Togolais ou Yovo. En Inde, Indien ou Sahib. En France, on est Français ou immigré. En Italie, on est Italien ou stranieri. Bref, partout Shakespeare triomphe: on est ce qu'on est et on ne peut pas être ce qu'on est pas. A moins de frôler la schizophrénie.

    Désolé pour les âmes sensibles, les pleutres et les complexés de l'identité, mais si le Québec compte 7,6 millions d'habitants, il ne compte pas 7,6 millions de Québécois dans le sens ethno-culturel du terme. Et on va pas continuer à nier notre existence, on va pas se promener la queue entre les jambes sur la Catherine parce que le dernier Tamoul-débarqué-sans-papier-à-Trudeau se sentirait exclu et offusqué par notre langue française, notre culture québécoise, notre peau blanche et notre religion catholique! »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    lundi 24 septembre 2007 07h24
    Le nous doit s'incaner dans l' état.
    « Le nous, peuple du Québec, doit s'incarner dans un état. Il s'agit d'un simple constat de la géopolitique; le reste c'est de la littérature. Au fait est-ce que l'on enseigne la géopolitique au Québec. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    lundi 24 septembre 2007 09h19
    Il n'y a rien à voir...
    « « Comme si le prononcer ou poser des gestes pour défendre NOTRE identité était synonyme de racisme et d'intolérance. » (Beauchemin)
    « Ce qu'il faut rappeler, c'est que ce «nous» a un coeur, un noyau, hérité de quatre siècles d'histoire en Amérique. Sans ce coeur, «le projet souverainiste n'a plus de sens», croit-il. »
    Faudra-t-il donc marcher la tête basse, NOUS, les immigrants puisque NOUS ne participons pas de la même histoire, de ce « nous » dont il faut rappeler qu'il a un « coeur, un noyau, hérité de quatre siècles d'histoire en Amérique »? NOUS NOUS sentons partie prenante de l'histoire américaine mais de pas de celle de la Province du Québec dans le Canada? Cette histoire de famille ne NOUS concerne pas et je peux dire par expérience et par dialogue entre NOUS, que nous n'y voyons rien de bon quant à notre volonté libre d'y participer. Dommage, car construire un pays et y participer, cela est un défi des plus captivants. Si on peut éviter les deux termes « de racisme et d'intolérance », VOUS pouvez le remplacer par celui d'exclusion. Cela, Nous le comprenons et le sentons.
    J'ai apprécié le commentaire de M. Balthazar...Nous devrions réfléchir à ces propos. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    lundi 24 septembre 2007 09h20
    Il n'y a rien à voir...
    « « Comme si le prononcer ou poser des gestes pour défendre NOTRE identité était synonyme de racisme et d'intolérance. » (Beauchemin)
    « Ce qu'il faut rappeler, c'est que ce «nous» a un coeur, un noyau, hérité de quatre siècles d'histoire en Amérique. Sans ce coeur, «le projet souverainiste n'a plus de sens», croit-il. »
    Faudra-t-il donc marcher la tête basse, NOUS, les immigrants puisque NOUS ne participons pas de la même histoire, de ce « nous » dont il faut rappeler qu'il a un « coeur, un noyau, hérité de quatre siècles d'histoire en Amérique »? NOUS NOUS sentons partie prenante de l'histoire américaine mais de pas de celle de la Province du Québec dans le Canada? Cette histoire de famille ne NOUS concerne pas et je peux dire par expérience et par dialogue entre NOUS, que nous n'y voyons rien de bon quant à notre volonté libre d'y participer. Dommage, car construire un pays et y participer, cela est un défi des plus captivants. Si on peut éviter les deux termes « de racisme et d'intolérance », VOUS pouvez le remplacer par celui d'exclusion. Cela, Nous le comprenons et le sentons.
    J'ai apprécié le commentaire de M. Balthazar...Nous devrions réfléchir à ces propos. »

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 24 septembre 2007 09h43
    S'excuser d'exister, encore et encore
    « Si l'on suit la logique de Louis Balthazar, les Québécois francophones majoritaires doivent continuer de s'excuser d'exister de peur d'effrayer les partisans d'une multiculturalisme à la canadienne. En clair, les Québécois devraient se donner un pays « pour le fun » !
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    lundi 24 septembre 2007 10h06
    Le "nous" galvaudé des Marois, Duceppe et cie.
    « M. Balthazar a bien raison de tenter de remettre les "pendules à l'heure" en mentionnant que le "nous" est d'abord et avant tout celui de la "nation canadienne-française" telle que la concevait Fernand Dumont. Que Madame Marois, M. Duceppe et consorts tentent de "récupérer" à des fins essentiellement politiques ce pronom actuellement galvaudé n'y change rien et ne sert finalement qu'à occulter aux yeux des "minorités ethniques" le but premier du mouvement indépendantiste québécois à tort ou à raison! »

  • francis batt
    Inscrit
    lundi 24 septembre 2007 10h47
    Habermas, "Guerre Culturelle", etc...
    « Nous sommes bien évidemment dans une "Guerre Culturelle" dont le but est de dissoudre et faire disparaître nos "Mythes Fondateurs"...
    [Ref : 1) Henri Gobard, La Guerre Culturelle, Ed Copernic, 1979, 125p, digitalisé en 2006.
    2)Marc Fumaroli, l'Etat Culturel, Ed.de Fallois, 1991, 507p, digitalisé en 2007].

    Dans une Guerre, chacun est contraint de se déclarer : ce qui est très gènant ...(faisons seulement remarquer que "la doctrine marxiste et le goulag" se sont effondrés depuis 1991 ... mais seulement "à l'Est".. et que par conséquent "le combat perdu d'avance" n'est pas toujours celui qu'on croît..)

    L'Avenir est à l'Esprit, c.a.d. au "Hegelianisme Authentique", lequel n'est pas celui du marxiste Jürgen Habermas [Habermas, Marcuse, et all, dont le "pseudo-hégelianisme marxiste" voudrait continuer "à nous contraindre" à "marcher sur la tête", alors qu'eux...continuent de "marcher bien droit".. (bien droit dans "leurs arrière-pensées" (ref : F.Nietzsche..))]

    Le Hegelianisme Authentique continue d'être "la Doctrine pour l'Université Nouvelle" voulue par G.W.F.Hegel. Il nous faut "tout remonter en arrière jusqu'aux années 1820-1830" : Tâche immence ! Mais "La Révolution continue"(La Vraie Révolution, Philosophique et Métaphysique..)
    Francis Batt »

  • Louis Lapointe
    Abonné
    lundi 24 septembre 2007 11h34
    Critique de la modernité et Genèse de la société québécoise
    « Bonjour M.Robitaille,

    Il y a de cela une quinzaine d'années, un professeur d'université m'a suggéré plusieurs lectures afin, disait-il en riant, de ne pas avoir honte du directeur de son centre universitaire.

    Parmi celles-ci, il y avait deux livres éblouissants qui m'ont marqué pour la vie. «Critique de la modernité » d'Alain Touraine et « Genèse de la société québécoise » de Fernand Dumont. J'ai toujours pensé que ces deux livres se complétaient au sujet de la capacité et du droit de chacun d'utiliser son identité culturelle pour construire une société moderne. Dumont n'est pas toujours bien cité lorsqu'il s'exprime au sujet de la société ou de la nation, laissons-lui donc le dernier mot cette fois-ci:

    « Ou bien l'individu se réfugie dans l'enclos de la vie privée et, croyant ainsi jouir de sa liberté, il abandonne aux pouvoirs anonymes le soin de déchiffrer l'histoire. Ou bien il décide de contribuer à l'édification d'une référence habitable autrement que dans les coutumes devenues insuffisantes. Alors il devient ce que déjà lui prédisait l'apprentissage de la lecture: le citoyen d'un pays, le responsable d'une histoire, le participant à un imaginaire collectif. »

    Fernand Dumont dans «Genèse de la société québécoise», page 352. »

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 24 septembre 2007 16h39
    A monsieur Montaya
    « Ceux et celles qui choisissent de changer de pays s'attendent à se retrouver dans une autre culture, dans une autre histoire. Monsieur Montaya, vous semblez faire exception. S'agit-il d'ignorance consentie ou entretenue ?
    Roland Berger
    London, Ontario »

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