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À Québec, Ségolène Royal riposte au brûlot de Lionel Jospin

Antoine Robitaille   18 septembre 2007  Québec
Ségolène Royal en conférence de presse, hier, à Québec.
Photo : Agence France-Presse
Ségolène Royal en conférence de presse, hier, à Québec.
Québec — Un «sexisme» qui «s'apparente à un racisme»: c'est avec cette virulence, hier à Québec, que Ségolène Royal a rétorqué aux attaques dont elle fait l'objet dans un livre de l'ancien premier ministre socialiste Lionel Jospin.

Cherchant au reste à atténuer sa déclaration souverainiste de janvier, la présidente de la région de Poitou-Charentes a lancé, au sortir d'une rencontre avec le premier ministre Charest: «Aujourd'hui, les choses ont évolué, il y a une motion qui a été votée sur le Québec reconnue en tant que nation.» Pourtant, au moment de ses déclarations, le 22 janvier, il y avait près de deux mois que la motion de la Chambre des communes avait été adoptée.

Dans un livre dont une partie du contenu a été révélée hier et intitulé L'Impasse (Flammarion), Lionel Jospin accuse entre autres choses l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle d'avoir une «personnalité [qui] n'a pas les qualités humaines ni les capacités politiques» nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche, et «espérer gagner la prochaine présidentielle». Selon Libération, M. Jospin présente aussi Mme Royal comme une créature des sondages et des médias, «une candidate qui était la moins capable de gagner» et «une illusion» qui ne doit pas se prolonger.

En réaction à ces propos, Mme Royal s'est interrogée, hier: «Pourquoi tant de violence? Pourquoi tant de haine, presque? Ce qui me vient à l'esprit, c'est cette parole de la Bible: "Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font." Je pardonne à tous ceux qui m'agressent. Parce que d'abord je pense qu'ils me font moins de mal à moi qu'aux socialistes, qu'à toute la gauche.» Puis, elle a dit avoir vu dans toutes ces attaques du «sexisme» si fort qu'il «s'apparente au racisme» puisque c'est «aussi fort, inconscient, [...] répété». «Mais qui peut s'arroger le droit de juger de cette façon-là?», s'est-elle indignée, entourée d'une meute de journalistes en pleine salle du conseil municipal de Québec (elle sortait d'une brève rencontre avec le maire suppléant de Québec, Jacques Joli-Coeur.)

La politicienne française dit avoir été désolée d'apprendre au surplus dans le livre de M. Jospin, que certains «éléphants» (les vétérans du PS) dans son camp ne l'ont non seulement pas soutenue pendant la campagne présidentielle, mais l'ont carrément «combattue». Cela lui a inspiré une autre comparaison: «J'ai l'impression en lisant tous ces ouvrages que si j'étais Jeanne D'Arc, j'aurais déjà été brûlée vive. Heureusement que nous ne sommes plus à cette époque.»

Après l'avoir entendue traiter l'ancien premier ministre de raciste, cité Jésus et s'être comparée à Jeanne D'arc, un chercheur accompagnant la délégation a qualifié la sortie de Mme Royal de «gratinée»: «Trois allusions, c'est trop. Elle aurait dû se borner à une seule.» Selon lui, c'était sans doute inélégant de «régler ses comptes ainsi à l'étranger», mais «on n'a pas idée de l'humiliation que lui ont fait subir les éléphants». Un autre observateur, montréalais celui-là, a eu ce commentaire: «Et dire qu'on croyait que ça jouait dur au Parti québécois!»

Première visite

La présidente de Poitou-Charentes en est à sa première visite au Québec. Elle est ici d'abord et avant tout pour discuter des fêtes du 400e anniversaire de la capitale nationale. Elle a déploré hier un certain retard pris par la France dans l'organisation d'un de ses cadeaux et a promis «d'en parler» à Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre français et président du Comité français d'organisation du 400e. Elle a du reste promis d'être de retour en juillet 2008 pour célébrer l'anniversaire de Québec.

Toute la journée, Mme Royal a répondu de manière évasive à des questions sur sa déclaration passée favorable à la souveraineté du Québec, expliquant qu'elle ne voulait pas «alimenter la polémique», que ses propos avaient été «déformés» et qu'elle était venue au Québec pour visiter «un territoire qui réalise des choses extraordinaires». Lorsqu'un journaliste lui a demandé si elle avait la même opinion qu'elle avait exprimée en janvier, elle a toutefois répondu: «Mais si!» Notons qu'elle ne se rendra pas à Ottawa, où elle a pourtant été invitée. Elle a cependant promis de se rendre «assez rapidement» dans la capitale fédérale, lors d'un autre séjour.

En après-midi hier, elle a rencontré tour à tour Jean Charest et le chef de l'opposition officielle, Mario Dumont. Jean Charest s'était montré assez critique devant les propos de Mme Royal, en janvier. Au dire de Mme Royal, le sujet n'a pas été abordé lors de leur rencontre d'hier après-midi. Toutefois, elle a tenu à souligner que «dans tous nos pays, le sujet de l'identité est un sujet crucial [...] ce sont des sujets qui doivent dépasser les polémiques parce que ça touche aux identités intimes et à la profondeur de l'histoire et des racines».

Mme Royal a vanté «l'avance» prise par le Québec en matière d'environnement, déplorant le «retard de la France». Selon elle, l'urgence d'agir est grande au Canada en raison de la «fonte de la banquise». Elle a déploré au passage qu'Ottawa n'ait «pas ratifié le protocole de Kyoto». (En fait, le Canada a signé Kyoto en 1998 et l'a ratifié en 2002.)

Au terme de sa rencontre avec Mme Royal, le premier ministre ne s'est pas présenté devant les journalistes en sa compagnie. Après avoir rencontré les journaliste, la politicienne s'est rendue au bureau de Mario Dumont, avec qui elle a parlé de divers sujets, dont les accommodements raisonnables, l'immigration et l'identité. M. Dumont a le projet de se rendre en France au début de l'Année, mais aucune future rencontre avec Mme Royal n'a été discutée hier.

Ces dernières semaines, tant M. Dumont que M. Charest ont fait savoir à leur façon qu'ils étaient inspirés par les 100 jours du nouveau président français Nicolas Sarkozy. C'est plutôt au PQ de Pauline Marois, même après la défaite socialiste à la présidentielle, que l'on s'est référé à Ségolène Royal, notamment pour sa volonté de moderniser la social-démocratie. La chef péquiste rencontrera Mme Royal ce matin à Québec. Les deux politiciennes tiendront un point de presse commun. Mme Royal doit aussi aller rendre visite à la gouverneure générale, Michaëlle Jean, à la Citadelle.


Avec l'Agence France-Presse






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  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 18 septembre 2007 03h04
    Bienvenue chez-nous Mme Royal
    « Bienvenue au Québec à Mme Royal !

    Mme Royale, politicienne charismmatique et emphatique s'il y en a une. »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mardi 18 septembre 2007 06h24
    Des propos gratinés
    « Si un chercheur accompagnant la délégation de S. Royal a qualifiés sa sortie de «gratinée» après l'avoir entendue traiter l'ancien premier ministre de sexiste, de raciste, citer Jésus et s'être comparée à Jeanne d'Arc, que ne dira-t-il en lisant les commentaires que l'on peut trouver dans la presse française au sujet de ces propos. En voici quelques échantillons.

    Il est grand temps ...
    Mme Royal cite Jésus au moment de se faire crucifier, puis s'identifie à Jeanne d'arc, Mme Royal, il est grand temps de consulter non pas les Français, mais un bon psychiatre. Évidemment, à cet occasion, vous ferez référence aux refuzniks, morts dans les camps État perdre le sens commun. Elle est absolument inconsciente de son état. Je ne vois pas comment elle pourra en sortir et nous risquons de devoir encore la supporter très longtemps. Elle me fait pitié.

    Mme Royal est une malade
    Ségolène Royal est atteinte de démence. Mais elle s'accroche au PS comme un cancer. Et tous les socialistes ne trouvent rien de mieux à faire que de dire à quel point Ségolène Royal est cinglée. La droite est au pouvoir pour au moins 30 ans, Alleluia.

    Elle devrait rester ...
    Madame Royal devrait décider de s'installer au Canada (ou au Québec). Il y a de la place en masse, elle serait bien accueillie et on pourrait lui trouver un "chum"... Dieu que la gauche

    Hum!
    S'il vous plait, Mme Royal, restez chez vous en France et ne venez pas nous ennuyer avec vos préoccupations de boniche. Les français vous ont rejetée et ce n'est certainement pas les Québécois qui vont récupérer vos bêtises. Rentrez chez vous tout de suite et occupez-vous de votre marmaille.

    Sainte Ségolène
    Il ne manque plus que : Mes amis (Mon Dieu, pourquoi...) pourquoi m'abandonnez-vous ?
    Décidément la Royal plait toujours autant même à gauche. Jospin a parfaitement raison quand il met en doute ses qualités humaines et ses capacités politiques. Elle n'a aucune qualité humaine et ses capacités sont celle d'une femme qui n'y connait rien. Elle ferait mieux comme je l'ai déjà dit d'aller planter ses choux ailleurs au lieu de faire de la politique. Mais il est vrai que son ambition est démesurée et que sa soif de pouvoir est inextinguible. Le mieux est encore de la laisser faire et elle disparaitra d'elle même.

    Enfin une bonne nouvelle
    Ségolène dit : "Donc, je pardonne à tous ceux qui m'agressent parce que d'abord je pense qu'ils me font moins de mal à moi qu'aux socialistes, qu'à toute la gauche »,
    Ségolène ne se considère pas elle même, socialiste!!!
    Il faut reconnaître à S. Royal qu'elle a toujours su déclencher l'ire ou le rire lorsqu'elle se trouve à l'étranger ou qu'elle parle de ce qui se passe à l'étranger. On comprend mieux, à l'entendre d'aussi près, que son manque de jugement soit dénoncé par ses collègues du parti socialiste. Que sortira-t-il finalement de tout ce « gratin »? Qui veut faire l'ange fait la bête, a écrit un jour Pascal. »

  • Marcelin Gélinas
    Inscrit
    mardi 18 septembre 2007 07h00
    L'oxymore du... « machisme républicain »
    « Je suis consterné par le machisme qui prévaut - encore et toujours - en France.

    Même la pub qui y sévit nous renvoie trente ans en arrière, alors que la femme (érotisée, bien sûr) est encore et toujours réduite à un (vulgaire) objet de séduction. Le plus triste, c'est que les femmes elles-mêmes semblent trouver la chose tout à fait normale...

    En outre, je me vois particulièrement désolé de l'attitude de M. Jospin, qui restait l'un des rares hommes politiques de la République pour qui je conservais un réel respect (bien qu'en retrait de la vie publique depuis la pénultième présidentielle).

    Pour un éclairage sur cette dimension bien franco-française, je ne saurais trop renvoyer le lecteur (et la lectrice !) au dossier de France Culture : « Les femmes politiques ». Fichiers audio accessibles, mais pour une période limitée, par le biais du site de la maison : www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/fabriquenew/archives.php

    Cela dit, je ne vous conseille pas d'écrire à cette chaîne, que j'aime pourtant beaucoup. Car si votre courriel ne contient pas exclusivement des éloges à son endroit, vous serez reçu par sa proverbiale arrogance ou condescendance...

    Ainsi, hélas, va la France. Que je m'entête à aimer en dépit du fait - policiers, caméras, militaires partout... - qu'elle soit en bonne voie de troquer sa liberté pour la sécurité.

    Et ne parlons pas de son anglaisement constant et tous azimuts...

    Cela dit, Merci de continuer à vous battre, madame Royal, pour une France plus digne et à la hauteur de son Histoire.

    Et merci, en particulier, de nous faire l'honneur de votre visite dans ce Québec bientôt pays...

    Votre amitié pour « Nous » (celui de Pauline, celui de tout un peuple) me touche pour ainsi dire personnellement,

    Marcelin Gélinas,
    dont les ancêtres « Gelineau » proviennent incidemment (via La Rochelle) de votre charmant Poitou-Charentes ! »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 18 septembre 2007 07h32
    le Québec reconnue
    « que disait Vigneault? Il trouvait l'hiver tellement beau qu'il l'accordait au féminin...
    "votre hiver si longue" »

  • Jolière Gauthier
    Inscrite
    mardi 18 septembre 2007 08h33
    Le machisme français... de Gabriel Racle
    « Les tribunes publiques semblaient se mieux porter depuis quelque temps, compte tenu que cet « immigré de France » installé en Ontario pour mieux, de « là-bas », désavouer et dénigrer sans relâche les velléités d'Indépendance du Québec.

    Hélas ! Il en est de certains immigrés (Français en particulier) au Québec comme de ces invités qui se conduisent en goujats chez leurs hôtes(ses) : ils aiment bien se comporter comme en pays conquis.

    M. Racle nous l'a démontré à maintes reprises depuis plusieurs années.

    Machiste, ridicule, arrogant, obtus et irrespectueux. C'est beaucoup, me semble-t-il, pour un Ontarien d'adoption qui, soudain, se prend pour un Québécois... réclamant le départ des lieux de sa propre compatriote (on sait qu'un Français est un Français à vie, où qu'il réside, en vertu de la loi républicaine !) - femme au demeurant de qualité autrement supérieure au petit monsieur toujours empressé à faire la morale à qui ne partage pas sa vision étriquée du « réel ».

    Ah ces Français ! Comme la France serait merveilleuse sans eux...

    Bref, et cela dit chaleureusement à vous : « Bienvenue au Québec, madame Ségolène ! » »

  • marion maisand
    Inscrite
    mardi 18 septembre 2007 08h56
    la soit disant de gauche
    « Oui, Royal est un produit des médias, ce sont dailleurs des sondages foireux, qui la positionnaient devant Sarko au 2e tour, qui ont persuadé les militants socdem de voter pour elle en interne..

    Non, Royal n´incarne pas la gauche! depuis quand un dirigeant cite la Bible plutot que Blum par exemple lors de congrès ou intervue... Depuis quans un socdem reprend les symboles du Front National de Lepen (Jeanne d´arc) »

  • Mathilde François
    Inscrite
    mardi 18 septembre 2007 09h35
    « À bas les femmes ! »
    « Tel semble votre mantra du jour, M. Gabriel Racle.

    Il est vrai que ça change (du moins en première approximation) de votre habituel : « À bas le Québec libre ! »

    Sauf que, disons-le net, ce n'est certainement pas moins dégoûtant.

    Cet acharnement contre cette femme, madame Ségolène Royal, dépasse vraiment l'entendement.

    Même chez les Français installés ici, comme on l'aura vu à l'instant.

    J'aime la France, et depuis longtemps. Mais dieu qu'elle est longue à savoir apprécier la femme pour autre chose que ses jambes ou sa poitrine.

    Gabriel Racle, vous êtes au moins cinquante ans en arrière sur les moeurs québécoises. Pas étonnant, dès lors, que vous encouragiez si aisément la perpétuation de son assujettissement au Rest of Kanada...

    Vous êtes décidément bien pathétique, M. Racle. »

  • Marie-Louise Lacroix
    Inscrite
    mardi 18 septembre 2007 09h47
    Att. : Mme Marion Maisand
    « Madame Marion Maisand, je serai franche avec vous : votre analyse politique ne dépasse guère l'âge mental d'une enfant de sept ans.

    En revanche, il me faut tout de même dire qu'Il faut avoir du courage pour rendre publiques de pareilles inepties, où les préjugés disputent durement à la sclérose intellectuelle.

    Décidément, être « femme publique » n'est toujours pas de tout repos au pays de la Révolution française et des... Droits humains.

    Même les femmes françaises semblent s'en accommoder très difficilement. Comme si sortir des sentiers battus (la mode, la chanson, le cinéma, etc.) ne leur était pas encore permis.

    La France est encore plus machiste en effet - femmes comprises ! - que je ne le croyais.

    Vivement de nombreuses Ségolène Royal pour dépoussiérer cette République (la 3e, notamment) aux relents du XIXe siècle ! »

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