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Religions et culture autochtone au menu

13 septembre 2007  Québec
Rouyn-Noranda— La culture autochtone s'est mêlée aux accommodements pour motif religieux, hier soir, au second forum citoyen que la Commission Bouchard-Taylor a tenu à Rouyn-Noranda. Des autochtones de Kitisakick, une communauté démunie de la région, sont venus parler de leurs conditions de vie, de culture et de valeurs, notamment.

Une centaine de personnes se sont déplacées pour participer à ce second forum de citoyens, presque autant qu'à Gatineau. Et comme à Gatineau, on a entendu beaucoup de citoyens qui ont connu la Révolution tranquille venir dire qu'ils étaient soulagés que le Québec se soit alors libéré de l'omniprésence de la religion et qui craignent qu'aujourd'hui, avec les accommodements religieux, la religion revienne par la bande s'immiscer dans la vie quotidienne.

On s'est «libéré du carcan religieux dans lequel on était» avant la Révolution tranquille et aujourd'hui, la pression d'autres religions s'amène», a dénoncé un intervenant. De nombreux participants ont insisté pour que tout accommodement qui permettrait une inégalité des droits entre les hommes et les femmes soit banni. D'autres ont plaidé pour que les gens qui veulent prier le fassent à la maison, non à l'université ou au travail.

Des sorties remarquées sur l'intégration à la société québécoise ont été faites par des citoyens qui ont justement immigré au Québec.

Par exemple, M. Antoine Ishac, d'origine libanaise, qui est au Québec depuis 22 ans, est venu dire qu'il appartenait aux immigrants qui viennent au Québec de s'adapter aux Québécois. «Les lois de la religion, il faut qu'elles plient devant les lois laïques. Comme immigrant, quand je suis arrivé ici, j'ai compris que c'était à moi de m'adapter à la vie québécoise et c'est à moi de devenir un Québécois.»

La culture autochtone a aussi fait partie des échanges. Evelyne Papatie est venue rappeler que les autochtones aussi constituaient une minorité, tout comme les Québécois sont une minorité en Amérique du Nord. «On fait pas juste des barrages», a-t-elle répliqué à une participante qui avait laissé entendre que certaines communautés autochtones pouvaient commettre des actes répréhensibles sans en subir les conséquences légales. «Des religions, il n'y en a pas de meilleure que d'autre», a lancé en langue algonquine Louisa Papatie, épaulée par un traducteur.

Presse canadienne






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