Nouveau programme d'éthique et culture religieuse - Les enfants seront plongés dans le bain de la diversité religieuse
La marche vers la laïcisation de l'enseignement arrive à son terme. Le fameux système d'option entre l'enseignement religieux catholique ou protestant et l'enseignement moral prendra fin cette année, pour être remplacé en septembre prochain par un cours d'éthique et culture religieuse. Le ministère de l'Éducation a rendu public hier, sans tambours ni trompettes, le tout nouveau programme approuvé cet été.
Pendant que la commission Bouchard-Taylor sonde l'âme et le coeur des Québécois sur les accommodements raisonnables et la place de la religion dans l'espace public, le ministère de l'Éducation entreprend la formation des enseignants qui devront dispenser le tout nouveau cours d'éthique et culture religieuse à partir de septembre prochain.
Dès la première année, les enfants jongleront avec les fêtes et rites de différentes religions, de Noël et Pâques à l'Épiphanie en passant par la Hanukka juive ou la Fête du mouton musulmane. Ils seront donc plongés dans le bain de la diversité religieuse, qui fait tant parler ces jours-ci au Québec.
Le tout nouveau programme, approuvé cet été par Michelle Courchesne, la ministre de l'Éducation, prévoit l'enseignement non plus d'une religion, mais bien de six religions, soit le christianisme (catholicisme et protestantisme), le judaïsme, les spiritualités des peuples autochtones, l'islam, le bouddhisme et l'hindouisme.
«En réunissant [les enfants] dans une même classe plutôt qu'en les séparant selon leurs croyances, et en favorisant chez eux le développement d'attitudes de tolérance, de respect et d'ouverture, on les prépare à vivre dans une société pluraliste et démocratique», peut-on lire dans le programme.
Une certaine hiérarchie a cependant été établie dans le temps consacré aux différentes religions. Ainsi, le christianisme sera constamment au menu, tandis que le judaïsme et les spiritualités autochtones seront vues à plusieurs reprises chaque année. L'islam, le bouddhisme et l'hindouisme seront quant à eux enseignés à différents moments au cours d'un cycle d'études de deux ans au primaire.
Tout au long du cours, au primaire comme au secondaire, les élèves devront «réfléchir sur des questions éthiques», «manifester une compréhension du phénomène religieux» et «pratiquer le dialogue».
C'est sans contredit le contenu relatif aux différentes religions qui constitue l'aspect le plus nouveau du programme. Au primaire, les élèves aborderont entre autres des récits marquants des grandes religions ainsi que les pratiques religieuses au sein des familles et des collectivités. Vers la fin du primaire, on leur transmettra des connaissances sur la répartition des religions dans le monde, leurs lieux d'origine et les différentes normes religieuses.
Notons que les pratiques alimentaires et vestimentaires feront font partie du cursus. Ainsi, on peut s'attendre à ce que les élèves entendent parler du kirpan ou du voile islamique qui font couler tant d'encre ces jours-ci.
Au secondaire, on abordera plutôt le patrimoine religieux québécois ainsi que la place de la religion dans l'art. L'évolution historique des différentes religions sera également enseignée. On traitera en outre de questions plus existentielles telles l'existence de Dieu ou le sens de la vie et de la mort.
Pour ce qui est du volet «éthique», les élèves se pencheront notamment au primaire sur les relations d'interdépendance entre les êtres vivants et les exigences de la vie en société. Au secondaire, ils jongleront avec les concepts de liberté, d'autonomie, d'ordre social, de tolérance, de justice. Ils s'interrogeront également sur l'avenir de l'humanité, abordant notamment des sujets relatifs à l'environnement.
Des chrétiens outrés
Ce nouveau programme ne fait pas l'unanimité. Des parents et des militants chrétiens ont lancé hier la Coalition pour la liberté en éducation afin de convaincre le gouvernement de faire marche arrière. Celle-ci estime que les parents devraient pouvoir choisir un enseignement religieux confessionnel, placé sous la supervision des «autorités religieuses compétentes», qui pourrait être autant chrétien que musulman ou juif. Le regroupement s'insurge contre la décision d'imposer l'enseignement de plusieurs religions aux enfants sans que les parents aient la possibilité de demander une exemption. «On tombe dans le totalitarisme», estime une des porte-parole du groupe, Marie Bourque.
Le groupe entend manifester le 20 octobre prochain devant l'Assemblée nationale.
Pendant que la commission Bouchard-Taylor sonde l'âme et le coeur des Québécois sur les accommodements raisonnables et la place de la religion dans l'espace public, le ministère de l'Éducation entreprend la formation des enseignants qui devront dispenser le tout nouveau cours d'éthique et culture religieuse à partir de septembre prochain.
Dès la première année, les enfants jongleront avec les fêtes et rites de différentes religions, de Noël et Pâques à l'Épiphanie en passant par la Hanukka juive ou la Fête du mouton musulmane. Ils seront donc plongés dans le bain de la diversité religieuse, qui fait tant parler ces jours-ci au Québec.
Le tout nouveau programme, approuvé cet été par Michelle Courchesne, la ministre de l'Éducation, prévoit l'enseignement non plus d'une religion, mais bien de six religions, soit le christianisme (catholicisme et protestantisme), le judaïsme, les spiritualités des peuples autochtones, l'islam, le bouddhisme et l'hindouisme.
«En réunissant [les enfants] dans une même classe plutôt qu'en les séparant selon leurs croyances, et en favorisant chez eux le développement d'attitudes de tolérance, de respect et d'ouverture, on les prépare à vivre dans une société pluraliste et démocratique», peut-on lire dans le programme.
Une certaine hiérarchie a cependant été établie dans le temps consacré aux différentes religions. Ainsi, le christianisme sera constamment au menu, tandis que le judaïsme et les spiritualités autochtones seront vues à plusieurs reprises chaque année. L'islam, le bouddhisme et l'hindouisme seront quant à eux enseignés à différents moments au cours d'un cycle d'études de deux ans au primaire.
Tout au long du cours, au primaire comme au secondaire, les élèves devront «réfléchir sur des questions éthiques», «manifester une compréhension du phénomène religieux» et «pratiquer le dialogue».
C'est sans contredit le contenu relatif aux différentes religions qui constitue l'aspect le plus nouveau du programme. Au primaire, les élèves aborderont entre autres des récits marquants des grandes religions ainsi que les pratiques religieuses au sein des familles et des collectivités. Vers la fin du primaire, on leur transmettra des connaissances sur la répartition des religions dans le monde, leurs lieux d'origine et les différentes normes religieuses.
Notons que les pratiques alimentaires et vestimentaires feront font partie du cursus. Ainsi, on peut s'attendre à ce que les élèves entendent parler du kirpan ou du voile islamique qui font couler tant d'encre ces jours-ci.
Au secondaire, on abordera plutôt le patrimoine religieux québécois ainsi que la place de la religion dans l'art. L'évolution historique des différentes religions sera également enseignée. On traitera en outre de questions plus existentielles telles l'existence de Dieu ou le sens de la vie et de la mort.
Pour ce qui est du volet «éthique», les élèves se pencheront notamment au primaire sur les relations d'interdépendance entre les êtres vivants et les exigences de la vie en société. Au secondaire, ils jongleront avec les concepts de liberté, d'autonomie, d'ordre social, de tolérance, de justice. Ils s'interrogeront également sur l'avenir de l'humanité, abordant notamment des sujets relatifs à l'environnement.
Des chrétiens outrés
Ce nouveau programme ne fait pas l'unanimité. Des parents et des militants chrétiens ont lancé hier la Coalition pour la liberté en éducation afin de convaincre le gouvernement de faire marche arrière. Celle-ci estime que les parents devraient pouvoir choisir un enseignement religieux confessionnel, placé sous la supervision des «autorités religieuses compétentes», qui pourrait être autant chrétien que musulman ou juif. Le regroupement s'insurge contre la décision d'imposer l'enseignement de plusieurs religions aux enfants sans que les parents aient la possibilité de demander une exemption. «On tombe dans le totalitarisme», estime une des porte-parole du groupe, Marie Bourque.
Le groupe entend manifester le 20 octobre prochain devant l'Assemblée nationale.
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