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Nouveau programme d'éthique et culture religieuse - Les enfants seront plongés dans le bain de la diversité religieuse

Clairandrée Cauchy   13 septembre 2007  Québec
La marche vers la laïcisation de l'enseignement arrive à son terme. Le fameux système d'option entre l'enseignement religieux catholique ou protestant et l'enseignement moral prendra fin cette année, pour être remplacé en septembre prochain par un cours d'éthique et culture religieuse. Le ministère de l'Éducation a rendu public hier, sans tambours ni trompettes, le tout nouveau programme approuvé cet été.

Pendant que la commission Bouchard-Taylor sonde l'âme et le coeur des Québécois sur les accommodements raisonnables et la place de la religion dans l'espace public, le ministère de l'Éducation entreprend la formation des enseignants qui devront dispenser le tout nouveau cours d'éthique et culture religieuse à partir de septembre prochain.

Dès la première année, les enfants jongleront avec les fêtes et rites de différentes religions, de Noël et Pâques à l'Épiphanie en passant par la Hanukka juive ou la Fête du mouton musulmane. Ils seront donc plongés dans le bain de la diversité religieuse, qui fait tant parler ces jours-ci au Québec.

Le tout nouveau programme, approuvé cet été par Michelle Courchesne, la ministre de l'Éducation, prévoit l'enseignement non plus d'une religion, mais bien de six religions, soit le christianisme (catholicisme et protestantisme), le judaïsme, les spiritualités des peuples autochtones, l'islam, le bouddhisme et l'hindouisme.

«En réunissant [les enfants] dans une même classe plutôt qu'en les séparant selon leurs croyances, et en favorisant chez eux le développement d'attitudes de tolérance, de respect et d'ouverture, on les prépare à vivre dans une société pluraliste et démocratique», peut-on lire dans le programme.

Une certaine hiérarchie a cependant été établie dans le temps consacré aux différentes religions. Ainsi, le christianisme sera constamment au menu, tandis que le judaïsme et les spiritualités autochtones seront vues à plusieurs reprises chaque année. L'islam, le bouddhisme et l'hindouisme seront quant à eux enseignés à différents moments au cours d'un cycle d'études de deux ans au primaire.

Tout au long du cours, au primaire comme au secondaire, les élèves devront «réfléchir sur des questions éthiques», «manifester une compréhension du phénomène religieux» et «pratiquer le dialogue».

C'est sans contredit le contenu relatif aux différentes religions qui constitue l'aspect le plus nouveau du programme. Au primaire, les élèves aborderont entre autres des récits marquants des grandes religions ainsi que les pratiques religieuses au sein des familles et des collectivités. Vers la fin du primaire, on leur transmettra des connaissances sur la répartition des religions dans le monde, leurs lieux d'origine et les différentes normes religieuses.

Notons que les pratiques alimentaires et vestimentaires feront font partie du cursus. Ainsi, on peut s'attendre à ce que les élèves entendent parler du kirpan ou du voile islamique qui font couler tant d'encre ces jours-ci.

Au secondaire, on abordera plutôt le patrimoine religieux québécois ainsi que la place de la religion dans l'art. L'évolution historique des différentes religions sera également enseignée. On traitera en outre de questions plus existentielles telles l'existence de Dieu ou le sens de la vie et de la mort.

Pour ce qui est du volet «éthique», les élèves se pencheront notamment au primaire sur les relations d'interdépendance entre les êtres vivants et les exigences de la vie en société. Au secondaire, ils jongleront avec les concepts de liberté, d'autonomie, d'ordre social, de tolérance, de justice. Ils s'interrogeront également sur l'avenir de l'humanité, abordant notamment des sujets relatifs à l'environnement.

Des chrétiens outrés

Ce nouveau programme ne fait pas l'unanimité. Des parents et des militants chrétiens ont lancé hier la Coalition pour la liberté en éducation afin de convaincre le gouvernement de faire marche arrière. Celle-ci estime que les parents devraient pouvoir choisir un enseignement religieux confessionnel, placé sous la supervision des «autorités religieuses compétentes», qui pourrait être autant chrétien que musulman ou juif. Le regroupement s'insurge contre la décision d'imposer l'enseignement de plusieurs religions aux enfants sans que les parents aient la possibilité de demander une exemption. «On tombe dans le totalitarisme», estime une des porte-parole du groupe, Marie Bourque.

Le groupe entend manifester le 20 octobre prochain devant l'Assemblée nationale.






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  • Stéphan Gauvin
    Abonné
    jeudi 13 septembre 2007 07h46
    Soyons intelligent et moderne.
    « Il aura fallu a une minorité laic que quelques année pour détruire 400 ans de culture québecoise. Ces personnes qui se disent intelligentes et moderne ne sont même pas capable de voir que leur folie va amener la culture québecoise à sa disparition. Premièrement pour arriver à leur fin ils ont commencé pour réaliser leur projet, projeté l'idée que la religion catholique et protestante est inutile et nuisible. Avec l'humour et la calomnie et le manque de respect des valeurs de nos ancêtres. Le cours d'éthique et religion ne va pas enseigner ce qui fait de nous un peuple avec sa propre culture et son histoire. La nouvelle génération de parents n'est pas capable de transmettre à leur enfants quelle sont ses origines pour compenser ce manque il y a l'école mais avec la réforme scolaire on ne fais qu'amplifier le problème . La culture laic qui est une culture de mort ne va survivre très longtemps. Ce qui me fait dire celà, le taux de dénatalité, la monté fulgurante des musulmans des mosqués, et que maintenant l'arabe est la 2ime langue le plus parlé à Montréal. Les musulmans eux n'ont pas perdu leur culture et l'enseigne à leur enfant chez eux. Ici les parents ne savent plus ce qu'ils sont et ne peuvent plus enseigner à leur enfant ce qu'ils doivent être. La culture Québecoise qui est de souche catholique va disparaître. La culture laic ne pourra jamais survivre car c'est une culture de suicide et de mort. »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    jeudi 13 septembre 2007 08h57
    Bravo!
    « Ces cours me semblent sur papier fort intéressants. Il faudra maintenant des bons maîtres pour les appliquer intelligemment. Le défi est là. Mais donnons la chance aux coureurs! Tous les jeunes Québécois auront dorénavant une certaine connaissance de l'univers des religions et de l'éthique. Je dis bravo! Comme catholique, je n'ai aucune ojection à ces cours, bien au contraire. Comment s'opposer à la diffusion des connaissances, religieuses ou autres? L'ignorance mène trop souvent aux préjugés et à l'intégrisme. »

  • JM
    Abonné
    jeudi 13 septembre 2007 10h20
    Une fenêtre ouverte pour connaître son voisin et sa façon "responsable" de vivre, autant chez lui que dans la collectivité.
    « L'idée est bonne! "Comme vous l'écrivez à propos d'un point: «En réunissant [les enfants] dans une même classe plutôt qu'en les séparant selon leurs croyances, et en favorisant chez eux le développement d'attitudes de tolérance, de respect et d'ouverture, on les prépare à vivre dans une société pluraliste et démocratique», peut-on lire dans le programme."

    Il faudrait cependant que l'ouverture se fasse autant parmi les enfants québécois que parmi les enfants immigrants. De même, on devrait peut-être étendre ce genre d'ouverture aux adultes québécois comme immigrants aussi, à tout le moins à certains adultes, histoire de leur ouvrir une fenêtre sur le monde québécois. Dans le but d'apprendre et de dire à tous que la tolérance à bien meilleur goût à la vivre au quotidien, idéalement, pour la paix et l'harmonie dans notre société québécoise. »

  • Christiane Gervais
    Abonné
    jeudi 13 septembre 2007 12h17
    La religion et la laïcité dans l'espace public
    « Croire en un dieu et adhérer aux principes d'une religion pour concrétiser cette croyance est du domaine privé quant à moi. Apprendre à connaître, dans l'angle historique, l'histoire des grandes religions et comment elles se vivent aujourd'hui au Québec ne peut apporter que des éléments d'ouverture aux autres et ouvrir les esprits de tous les enfants québécois quelle que soit la croyance ou absence de croyance apprises à la maison. J'ose croire que ce cours n'en sera pas un de propagande, que les enfants dont les parents ne s'adonnent pas à la pratique religieuse y trouveront aussi leur compte et que par le volet éthique on saura rassembler tout ce monde qui formera la société, pluraliste de points de vue et visions du monde, québécoise. »

  • Pierre Zwngli
    Inscrit
    jeudi 13 septembre 2007 12h41
    Marre du relativisme religieux imposé par l'État !
    « Il faut libérer l'école ! Séparons l'école de l'État.

    http://pouruneecolelibre.blogspot.com/ »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 13 septembre 2007 13h24
    Tous pour un!
    « L'espéranto a été créé pour que les divers peuples de la terre puissent mieux se comprendre. Ça n'a pas décollé. C'est la langue anglaise qui a pris la relève mondialement ou...presque.

    Maintenant, ce sont les religions qui sont matières à confrontations et guerres. La même idée que la langue pourrait être tentée. On prend ce qu'il y a de moins pire dans chacune de nos grandes religions eet on en crée une nouvelle avec un Dieu adaptable : "L'spéranto du Dieu qu'on veut" qui serait la seule enseignée au Québec. On n'aurait pas besoin de trop recycler de nos curés dans la nouvelle parce qu'ils sont presque tous plus vieux que l'âge normal de la retraite.

    Amen. »

  • Khelifa Nassima
    Inscrite
    jeudi 13 septembre 2007 14h26
    La fin de la guerre des religions
    « C'une très belle initiative.
    Ca sera peut être la fin de la guerre des religions, ou du moins des guerres basées sur les prétextes religieux.
    Je suis certaine que des enfants qui apprennent à mieux de connaître ne peuvent que favoriser le vivre ensemble.
    Après tout, les enfants des musulmans qui vont dans des écoles chrétiennes, ils ne se convertissent pas pour autant. Certain ont même été chez les pères blancs.
    D'abord, par ce que les enfants n'ont pas une conscience de la religion aussi forte que les adultes. Ensuite, l'éducation de certaines valeurs religieuse ne peut se faire qu'à la maison jusqu'à un certain age.
    Qu'ils soient chrétiens, juifs ou musulmans, les seul enfants pratiquants et que l'ont voit porter des signes religieux sont issus de familles très pratiquantes.
    Il n'y a pas de soucis à se faire, cela permettra peut être un retour aux valeurs familiales, où les parents font l'éducation des enfants... c'est cela qui se perd réellement et de plus en plus. »

  • Sylvain Cadieux
    Inscrit
    jeudi 13 septembre 2007 14h31
    Ce programme ne devrait être dispensé qu'à partir du secondaire.
    « Je trouve les enfants de moins de 10 ans un peu jeunes pour être ainsi exposés à différentes religions. Ce cours ne devrait pas être donné au primaire mais à partir du secondaire seulement.

    Le but visée étant une meilleure compréhension des autres religions il y a un petit hic, c'est qu'avant l'âge de 8 ou 9 ans l'enfant s'il a une pratique religieuse ne possède pas encore tous les notions de sa propre religion. Le fait de lui imposer de suivre ces cours n'auront aucun effet bénéfique sur sa vie spirituelle et ne feront que lui apporter de la confusion. Ce sont ensuite les parents qui devront récupérer les pots cassés. Le respect des autres ça commence par le respect de l'enfant.

    Apprendre à vivre en groupe ne se fait pas qu'une heure par semaine ça se fait quotidiennement on a pas besoins de connaitre les rites de tous et chacun pour respecter les différences. Car les tout petits, du moins à Montréal, sont habitués de vivre avec différentes cultures. »

  • Raymond Beaugrand-Champagne
    Inscrit
    jeudi 13 septembre 2007 20h25
    Que diront les juifs, les musulmans, les fondamentalistes évangéliques ?
    « Le petit musulman à ses parents : "J'un un devoir à faire sur la Thora." - Le petit évangélique :"Il faut que j'apprenne par coeur le Je vous salue Marie." Etc. Faudra que les profs soient extrêmement prudents... J'entends déjà les cris. »

  • Reza Ahmad
    Inscrit
    samedi 15 septembre 2007 21h13
    Cela me rapelle le cours de communisme en Afghanistan
    « Les histoires des religions sont passionnantes. Mais ce programme, c'est pour rendre chrétien mes enfants: on parlera 80% du temps de christianisme et 20% du temps de kirpa, bourqa, terrorisme, violence, lapidation, etc. Je ne sais pas comment je peux m'opposer à cela autrement qu'en utilisant la même méthode que les Afghans ont utilisé contre le régime communiste : tous les soirs discuter avec les enfants pour décrédibiliser le système (ici l'État).
    Cela finira par nous diviser encore plus.

    Au lieu de vous obséder sur les religions qui vont souiller soit disant vos esprit de paranoïaque, au point de nous forcer vos laisser nos chérubins pour que vous leur souffler le catéchisme, vous pouviez tout simplement doubler les heures des cours d'histoire.

    Je vais comme beaucoup de gens modérés prendre les mesures que j'ai cité ci-dessus. Que Dieu de Jésus me vient en aide.

    Ce qui manque dans ce pays, vraiment, c'est des leaders qui en ont de courage pour résister à ce genre comportements. Comportement des intellos de deux sous qui justement ignorent les leçons d'histoire.

    On ne joue pas avec des religions ni des religions. C'est une affaire trop importante pour la laisser aux mains de n'importe qui.

    Je n'ai plus confidence aux politiciens depuis qu'ils se sont défaussés de leurs responsabilités sur une commission qui finira par rendre ridicule tout le peuple de Québec.

    Si Je suis venu au Québec ce n'est pas pour me convertir à quelque religion que ce soit. Mais pour des valeurs universellement partagées : la Liberté de conscience, Les Droits Humaines, l'État de Droit.
    Vous allez voir la méthode des Afghans pour résister à l'État est très pernicieuse, d'ailleurs la Religion Juive a su résister aux pressions d'assimilation avec des méthodes semblables.

    Vraiment, il faut être bizarre pour croire qu'on peut avoir un Pays nommé Quebec avec 100% de Catholiques. »

  • Yvon Lacoste
    Inscrit
    jeudi 19 mars 2009 01h02
    Rien n'est parfait !
    « D'accord avec M. Cadieux...il ne devrait pas y avoir de cours d'ÉCR au niveau primaire. Beaucoup de difficultés à croire qu'ils sont capables de discernement et à juger les différents phénomènes religieux. Je sais qu'il y a un début à tout, mais il ne faudrait pas tomber dans l'exagération.

    Aussi, il faut se rappeler que nos grands philosophes (Aristote, Platon et autres)n'avaient pas 32 élèves dans leurs classes. Expliquer l'existentialisme à des jeunes, ça prends de l'encadrement et un suivi rigoureux du mode de pensée de l'enfant. Impossible de faire cela avec 32 élèves bruyants et perturbés. On peut les sensibiliser, mais encore là, il ne faut pas se faire trop d'illusions sur les résultats souhaités. Ce qui m'amène à dire que s'il y a bien un cours où il faudrait baisser le ratio prof/élèves, c'est bien celui de l'ÉCR ! Sans quoi, nous serons limité à faire un «show» devant les élèves sans véritablement atteindre les objectifs du programme. »

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