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Viaducs - 10 des 20 structures analysées nécessitent des travaux majeurs

Guillaume Bourgault-Côté   7 septembre 2007  Québec
Pierre Marc Johnson avait peut-être bien raison de s'inquiéter. Les premières évaluations complétées par le ministère des Transports du Québec (MTQ) sur 20 des 135 structures désignées par la commission Johnson démontrent que 50 % des ponts ou viaducs étudiés ont besoin de travaux considérables, ce qui peut aller jusqu'à leur remplacement complet.

Proportion alarmante? Pas du tout, clame le MTQ, qui ne juge «ni surprenants ni anormaux» ces résultats. N'empêche que la moyenne n'est pas très bonne. Sur les 20 premières structures dont on a terminé l'analyse, deux seront reconstruites, huit nécessiteront des travaux d'envergure (changement de la dalle de béton) qui pourraient aller jusqu'à la démolition, deux auront besoin d'être renforcées (ce qui est aussi considéré comme une réparation majeure) alors que cinq passent le test. Le MTQ n'a pas encore statué de ce qu'il fera pour deux autres structures alors qu'une dernière a déjà été réparée.

Début juillet, la commission Johnson avait demandé que tous les ponts et viaducs dotés d'une dalle de béton épaisse — comme le viaduc de la Concorde — soient inspectés rapidement. Cent trente-cinq structures étaient visées à travers le Québec.

C'était une mesure de précaution, mais Pierre Marc Johnson et son équipe avaient jugé que les découvertes faites par les experts à la suite de l'effondrement du viaduc de la Concorde étaient suffisamment préoccupantes pour remettre en question la sécurité des ouvrages bâtis selon le même principe que celui dont la chute a coûté la vie à cinq personnes le 30 septembre 2006.

M. Johnson avait donc préféré demander des vérifications immédiates sur l'état et la capacité portante des 135 ponts ou viaducs plutôt que d'attendre la conclusion de la commission. La publication de son rapport est prévue le 15 octobre.

Les audiences de la commission ont permis d'apprendre que les ouvrages à dalle épaisse peuvent devenir vulnérables et fragiles quand l'eau s'infiltre par les fissures. Le calcium répandu en hiver peut alors attaquer plus directement le béton et agrandir des failles.

Selon le MTQ, les travaux d'analyse avancent au rythme prévu, même s'il reste encore 115 structures à étudier. «C'est un processus complexe», a rappelé hier en conférence de presse Jacques Gagnon, adjoint au sous-ministre de la Direction générale de Montréal et de l'ouest. L'opération, qui coûtera entre deux et trois millions, sera terminée d'ici la mi-octobre, a-t-il assuré.

Si les résultats ne sont pas inquiétants à ses yeux, c'est que le «MTQ avait identifié dès le départ les structures les plus problématiques», a dit M. Gagnon. «Sur les 135 structures ciblées, 80 étaient déjà inscrites pour des interventions plus ou moins importantes.»

Les analyses faites ces dernières semaines ont donc surtout servi à deux choses, selon M. Gagnon: «devancer les échéanciers de réparation déjà prévus» pour les structures déficientes et «vérifier les préoccupations émises par la commission sur les risques de rupture de ces structures et comprendre les phénomènes qu'on appréhendait».

Les deux structures qui seront démolies sont situées à Carleton-sur-Mer (route 132, en Gaspésie) et à Franklin (route 104, en Montérégie). Le viaduc surplombant l'autoroute 10 à la hauteur du rang de la Savane, à Richelieu, est quant à lui fermé à toute circulation. Plusieurs interdictions de surcharge demeurent en vigueur ailleurs.

Poursuites?

L'Association du camionnage du Québec (ACQ) a réagi positivement aux annonces du MTQ... mais en émettant aussi des critiques. «On a levé les interdictions qui enclavaient l'Abitibi et c'est une bonne nouvelle, a indiqué le président-directeur général Marc Cadieux. Mais d'un autre côté, les pertes que nos transporteurs ont subies cet été à cause des différentes interdictions de transport hors norme [comme dans le cas des éoliennes] ne seront jamais récupérées. On paie pour des années de négligence de l'entretien des structures.»

M. Cadieux a noté que les détours imposés aux camionneurs font augmenter les coûts de transport. «Dans notre domaine, c'est bien difficile de refiler la facture au client. Mais c'est évident qu'il y aura une augmentation quelque part.»

Les camionneurs pourraient aussi tenter de récupérer de l'argent en poursuivant le gouvernement. À ce sujet, l'ACQ a demandé un avis juridique qui a été présenté au conseil d'administration hier matin. «Cet avis dit qu'il faudra démontrer une négligence grossière du MTQ si on veut avoir des chances de gagner, a indiqué Marc Cadieux. Nous allons attendre le rapport de la commission Johnson pour évaluer la situation, mais l'option de poursuivre demeure sur la table.»
 
 
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  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    vendredi 7 septembre 2007 06h05
    Quelle pétaudière!
    Le département des communications du MTQ fait le gros dos et attend que passe l'ouragan en minimisant le problème; le MTQ quant à lui paye ses ingénieurs 30 à 50% en dessous du marché et varlope les budgets d'inspection-entretien depuis des années, en espérant que "ça paraîtra pas tsé"; les entreprises de cammionnage, co-responsables collectivement du désastre, poursuivent le gouvernement histoire de faire une piasse et surtout dégager politiquement leur responsabilité dans l'écheveau de compromissions administratives et de passe-droits en tonnes-kilomètre qui ont conduit à la situation actuelle; les automobilistes veulent des autoroutes en bon état, mais ne sont pas prêts à payer pour; les associations étudiantes nous expliquent sans rire qu'il ne faut surtout pas toucher à des frais de scolarité universitaire gelés depuis bientôt 15 ans; le taux de décrochage scolaire dans le sud-ouest de Montréal atteint les 60%; le brave maire de Montréal lui, fait ce qu'il peut avec ce qu'il a et verbalise les citoyens à tour de bras en espérant joindre l'utile à l'agréable (financer sa métropole tout en régentant par le porte-monnaie les comportements anarchiques de ses ouailles).

    Pendant ce temps, l'assiette fiscale de l'impôt sur le revenu des particuliers fond de 3% par an en moyenne sans que celà n'inquiète personne; le gouvernement provincial le plus archi-impotent du dernier quart de siècle se met un sac à patates sur la tête et chantonne 'Tout va très bien, madame la marquise' en espérant que les problèmes qu'il s'est engagé à résoudre il y'a cinq ans vont disparaître sans qu'il n'aie eu la moindre décision douloureuse à prendre; les journalistes tentent de faire leur boulôt mais ne savent plus trop ou donner de la plume tant ça s'écroule de tous les côtés (santé, routes, éducation...).

    Le Québécois de base ne peut que serrer les fesses, mettre son casque, accrocher son parachute, et croiser les doigts en espérant qu'il ne se trouvera pas là ou ça pétera, quand ça pétera, parce que ça pétera. Y'a t'il au Québec un(-e) leader, un(-e) seul(-e), qui pourrait SVP remettre un peu d'ordre dans cette pétaudière? Cette province est en passe de devenir la risée de l'OCDE.

  • Etienne Merven
    Inscrit
    vendredi 7 septembre 2007 10h30
    À M. Pau
    Vous avez raison de parler de pétaudière, M. Pau!
    Mais vous avez oublié de donner la vraie raison de cet état de choses au Québec : c'est la faute aux Anglais, au ROC, à la fédération!
    Un p'tit coup d'indépendance, la baguette magique aidant, et tout redeviendra rose dans la belle province. Et surtout, nous serons entre « Nous ».
    J'espère que mon sarcasme vous aura fait sourire
    Etienne Merven

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