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L'ADQ veut passer au vert

Fabien Deglise   31 août 2007  Québec
Orford — L'Action démocratique du Québec (ADQ) continue de respirer l'air du temps. Après les accommodements raisonnables et après la délinquance sexuelle, la formation politique de Mario Dumont a annoncé hier, au terme de son caucus tenu depuis deux jours en Estrie, vouloir enfourcher un nouveau cheval de bataille au cours des prochaines semaines: l'environnement.

«Cela va être un thème majeur de notre automne», a indiqué Mario Dumont lors d'un point de presse. «Nous n'avons pas gagné les élections. On fait maintenant amende honorable: le programme de l'ADQ, la prochaine fois, va être plus fort, plus approfondi. Il va couvrir encore mieux l'ensemble des sphères de la société. Et l'environnement, c'est le domaine qui a été choisi par les militants pour être celui sur lequel nous allons nous concentrer.» Sans admettre de retard en la matière, M. Dumont estime qu'il est temps pour sa formation «de consolider sa pensée» dans le domaine environnemental et de la rendre «plus cohérente», a-t-il indiqué. «La société québécoise et tout le monde ont un bon bout de chemin à faire [sur ce terrain]. On est tous actuellement en apprentissage et en transformation de nos modes de vie», et l'ADQ ne ferait pas exception à cette règle.

Changements climatiques, gestion et pollution de l'eau, traitement des déchets: ces thèmes devraient donc se retrouver au coeur du discours de l'ADQ, a annoncé le chef, qui souhaite aussi faire la promotion d'un «ministère de l'Environnement plus "proactif"» et accélérer le développement de l'énergie verte et des transports en commun.Autre changement de ton au programme: le parti souhaite couper court aux critiques voulant qu'il est celui d'un seul homme.

Comment? En donnant davantage de marge de manoeuvre à ses députés pour qu'ils s'expriment sur la place publique, a indiqué Gilles Taillon, président de l'ADQ. «L'ADQ a un leader charismatique très fort. C'est bien. Mais il nous faut désormais une équipe autour, a-t-il reconnu. Nos jeunes recrues commencent à être pas mal performantes. Elles ont pris le temps de maîtriser leurs dossiers et forment désormais une équipe très forte. On devrait commencer à les voir un peu plus.»

Le modèle Sarkozy

À l'affût des tendances prometteuses, plusieurs membres de ce parti d'opposition comptent aussi à l'avenir s'inspirer des stratégies politiques qui ont mené Nicolas Sarkozy au poste de président de la France au printemps dernier, et ce, pour réaliser ici leur objectif de gouverner le Québec. «Il y a effectivement beaucoup de similarité entre notre philosophie et celle de Sarkozy», a résumé le député d'Iberville André Reidl, porte-parole en matière d'affaires internationales. «Il a fait campagne sur le redressement, sur le changement et sur la lutte contre l'immobilisme, des choses qui nous interpellent au Québec. Il a aussi demandé aux Français de se retrousser les manches et de se mettre au travail. C'est un slogan dont on pourrait s'inspirer ici.» Tout en qualifiant Sarkozy de «modèle parmi d'autres», Gilles Taillon a pour sa part reconnu avoir «aimé la manière dont le président français a fait campagne». «C'est un leader proche du monde qui est allé faire campagne à la base avec des engagements concrets, a-t-il ajouté. C'est la recette qu'on veut utiliser chez nous en l'adaptant au modèle québécois.» Le chef de l'ADQ n'écarte d'ailleurs pas la possibilité d'une rencontre officielle avec M. Sarkozy au cours des prochains mois. «C'est dans les projets, a confirmé Jean-Nicolas Gagné, attaché de presse de Mario Dumont. Dans le mandat présent, nous songeons à un voyage en France. Selon les agendas de tout le monde, un entretien pourrait avoir lieu.» Par ailleurs, quelques députés jonglent désormais avec l'idée de tisser des liens avec la machine électorale et les conseillers de M. Sarkozy afin d'en extraire des stratégies gagnantes, comme Stephen Harper l'avait fait à une autre époque avec le premier ministre australien John Howard. «C'est effectivement quelque chose qui nous intéresse», a dit André Reidl.






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  • JM
    Abonné
    vendredi 31 août 2007 08h22
    Rien de mieux qu'un sondage pour ajuster ses convictions sur l'air du temps.
    « Le seul vert à travers quoi veut passer monsieur Dumont, c'est le verre des sondages: À votre santé, bon peuple! J'en fais parti, cogite in petto monsieur Dumont. Et je sais aussi ce que vous voulez puisque je vous entends dans les sondages dont vous êtes les échos. Allez! Allez! Vive la démocratie!

    Par ailleurs, dans un autre ordre d'idée, monsieur Dumont dénonce tout simplement tout ce qu'il prend plaisir à dénoncer, comme le partisan d'une cause (la sienne, adolescente, semblable à une gaine) qu'il adopte aux circonstances dans son salon; et qu'il sort de son chapeau de magicien faiseur de miracles.

    Une fois au pouvoir, le vert risque fort de devenir trop contraignant, en présence de messieurs Harper et Bush. »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 31 août 2007 11h31
    Maintenant Sarkovy
    « Parlant de Sarkozy, Gilles Taillon dit avoir «aimé la manière dont le président français a fait campagne», ajoutant que «[c]'est un leader proche du monde qui est allé faire campagne à la base avec des engagements concrets» et que «[c]'est la recette qu'on veut utiliser chez nous en l'adaptant au modèle québécois.» On aura tout vu. L'ADQ, comme le PLQ, veut en finir avec le modèle québécois, mais veut y adapter la philosophie de Sarkovy. Dire sans rien dire. L'ADQ apprend vite.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Rémi-Bernard St-Pierre
    Abonné
    vendredi 31 août 2007 11h55
    Aller là où Charest n'en voulais pas.
    « Dans la joute Charest/Dumont, Charest fait son baveux arrogant " je sais mieux que vous" Dumont reprends les lacunes d'un parti libéral trop fédéraliste et centré sur les grands projets envers et contre tous. Après avoir débarrasser le Québec d'un ministre de l'envirronement qui aurait pu être le meilleur de tous les temps (Mulclair), voici que Charest se fait une fois de plsu dépasser par celui qu'il veut sans cesse souller, en se faisant reprendre ce qui aurait pu mener à un bon à un bon règne Libéral.
    Attention, je ne suis pas un grand fan de Dumont, mais je ne peux qu'avouer que mon scepticisme baisse de façon constante à son égart. »

  • Alexandre Lavoie
    Abonné
    vendredi 31 août 2007 14h41
    Une droite verte???
    « Comment Mario Dumont peut oser se qualifier d'environnementaliste? Le problème environnemental de notre époque est directement engendré par l'ordre économique en place. Comment un partisan de la droite économique, c'est-à-dire, le néolibéralisme, peut-il se réclamer de la protection de l'environnement.

    C'est précisément la compétition entre les entreprises et la logique du profit à tout prix qui détruit la planète. C'est la source même du problème. C'est une déclaration remplie de mauvaise foi que d'affirmer qu'on veut protéger l'environnement sans changer les règles de l'économie. Il est nécessaire de contraindre les compagnies et, donc, leur profit, si on veut préserver notre environnement. »

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