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Gérard Bouchard et Charles Taylor en entrevue au Devoir - Place à l'écoute

Lisa-Marie Gervais   21 août 2007  Québec
Gérard Bouchard et Charles Taylor, photographiés hier, dans les locaux du Devoir.
Photo : Jacques Grenier
Gérard Bouchard et Charles Taylor, photographiés hier, dans les locaux du Devoir.
Voilà cinq mois que les deux présidents de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles (CCPARDC) ont commencé, selon leur expression, à «retourner des pierres». Des comités de conseillers ont été formés, des études commandées, des groupes sondés et Gérard Bouchard et Charles Taylor ont, depuis, multiplié les déclarations. Alors que s'amorce la phase des consultations publiques, où le Québec en entier est maintenant invité à s'exprimer sur la question de la diversité culturelle et de l'intégration, une première question, plutôt directe, s'est imposée d'emblée: «N'avez-vous pas déjà trop parlé?»

Fort possible, répondent les deux présidents de la Commission. «On sait qu'on passe maintenant à une période d'écoute. Et on voulait essayer de la structurer pour déblayer le terrain. On veut à la fois défendre cette façon de faire sans essayer à ce stade-ci de répondre à toutes les questions qui sont soulevées par le débat, car, même si on a des idées, elles peuvent bien sûr changer», explique le philosophe émérite, Charles Taylor. Ainsi, c'est dans cette optique que le débat a été élargi notamment à la laïcité et que l'un des trois forums citoyens, dont la tenue est assurée par l'Institut du Nouveau Monde, sera entièrement consacré à l'islam.

En toile de fond

Inévitablement, cette montée du sentiment d'insécurité mondial lié au terrorisme et l'opposition islam/Occident engendrée par cette menace se posent en toile de fond du débat qui a cours au Québec. Sans conclure à un véritable choc des civilisations, le sociologue et historien Gérard Bouchard reconnaît que cette tendance mondiale est au coeur des préoccupations de la Commission. «Nous sommes très sensibles à cette remarque qu'on nous fait de plus en plus souvent, et il ne faut pas qu'on donne dans la naïveté. Il faut bien évidemment concevoir un modèle de rapports interculturels qui soit équitable, mais tout en tenant compte des véritables dangers, notamment celui-là», soutient-il en soulignant au passage les dérives du battage médiatique entourant certains événements.

Selon lui, des cellules actives de ce terrorisme mondial «de religion musulmane intégriste et prosélyte mais extrêmement radicale et peut-être même violente», pourraient bel et bien exister à Montréal. Le professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi met d'ailleurs en garde contre la façon de gérer cette situation. Le premier danger consiste à «céder à cette menace et d'établir une suspicion a priori sur toute la communauté musulmane, ce qui nous conduirait à des comportements xénophobes. Le deuxième danger, c'est qu'en voulant éviter ça, on se mette à oublier que la menace existe», note-t-il.

L'effet produit deviendrait alors celui d'un cercle vicieux. «Si on se comporte imprudemment, il y a un certain risque que cette crainte donne justement naissance au terrorisme lui-même. Si on se comporte durement envers l'ensemble des musulmans, c'est certain qu'on va ralentir leur intégration et qu'on va contribuer à en marginaliser un très grand nombre. Ce sont des conditions propices à la radicalisation et pourquoi pas éventuellement à des éléments de terrorisme», souligne M. Bouchard en précisant que la réalité est beaucoup plus complexe.

L'exception du modèle québécois

«L'incidence de cette guerre possible de civilisations dans différentes sociétés est très différente, et ce serait une grande erreur de vouloir baser notre réalité québécoise sur les mêmes assises que les politiques bâties en Allemagne, en France ou au Danemark, par exemple. Nous vivons une autre situation et nous avons notre propre façon de la gérer», croit pour sa part M. Taylor. Il insiste sur le fait qu'ici, la population musulmane est beaucoup mieux «formée» que la majorité des Québécois natifs ce qui n'est pas le cas au sein de certaines nations européennes où les immigrés récents proviennent de pays dont la réalité était très éloignée du développement à l'occidentale.

Souvent confondu avec le multiculturalisme canadien, le modèle québécois de l'interculturalisme, développé il y a 40 ans, a pourtant ses particularités. «Au Québec, on a toujours davantage insisté sur la nécessité de concilier le respect de la diversité culturelle et des impératifs d'intégration», estime M. Bouchard. Parmi les nations d'Occident, le Québec posséderait le modèle qui a le mieux marché. «Ce n'est pas surprenant, nous sommes une minorité avec une culture plus fragile qui a toujours combattu pour sa survie. Des institutions comme la loi 101 font la richesse de l'interculturalisme», poursuit-il.

Vers des ghettos?

Étant plus sensible aux menaces de fragmentation, le Québec, et plus particulièrement Montréal, échapperait ainsi à la «ghettoïsation». Du moins pour le moment. «S'en va-t-on vers les ghettos? C'est une question qu'il va falloir se poser», assure M. Bouchard en admettant déceler une certaine réticence des Montréalais à utiliser le terme. Beaucoup moindre qu'ailleurs au pays, la concentration des immigrés vivant dans la métropole serait de 19 % contre 44 % pour Toronto.

Ce débat de société ayant déjà eu lieu ailleurs au Canada dans les années 70, la minorité anglophone du Québec serait beaucoup moins préoccupée par la question, avance M. Taylor. «L'histoire de la place du turban dans la GRC avait suscité un important débat à l'époque. Je ne dis pas que tout le questionnement relatif aux accommodements raisonnables est terminé, mais la première étape, elle, l'est», précise M. Taylor.

Et pour calmer le jeu au Québec, les deux présidents insistent pour dire que, malgré la croissance de l'immigration, le français ne serait pas en perte de vitesse. La proportion des Québécois d'origine canadienne française diminuent, mais la proportion de ceux qui ont le français comme langue principale (y compris les Français et les Maghrébins, par exemple) se maintient, croit Gérard Bouchard. Mais il ajoute que cette langue française si chère aux Québécois pourrait bien être le dernier ciment à la culture depuis que la religion a volontairement été reléguée aux oubliettes. «Les gens ont le sentiment qu'il n'y a plus de mémoire et qu'ils ont perdu leur conscience historique, rappelle M. Bouchard. Ajouter des éléments pour contrer cette insécurité culturelle pourrait justement être l'un des services que rendrait cette commission», conclut-il.






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Vos réactions

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  • Marc A. Vallée
    Abonné
    lundi 20 août 2007 23h05
    Laïcité et culture cathololique
    « Il me semble que le mouvement vers la laïcité amorcé en 1960 ait rejeté la contribution de la culture catholique dans la société québécoise. Après tout, qu'y a-t-il de plus typique au Québec que de voir dans le paysage québécois des villages serrés autour de leur église? Ne parle-t-on pas des 100 clochers de Montréal? Comment concilier laïcité et héritage catholique? On simplifie aussi souvent en disant que l'affirmation du Québec a commencé en 1960. Des histoires comme celle du 22e Bataillon (canadien-français), devenu aujourd'hui le Royal 22e Régiment, nous montrent le contraire. »

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 21 août 2007 06h14
    Qui osera parler ?
    « À multiplier les entrevues dans les grands médias, Bouchard et Taylor étalent sans gêne leurs conclusions de l'enquête que la commission qu'ils dirigent est censée mener. Se croient-ils assis sur un baril d'explosifs ? Les efforts qu'ils font pour mouiller la mèche semblent l'indiquer. Mais qui osera parler par la suite ?
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 21 août 2007 07h17
    "La proportion des Québécois d'origine canadienne française diminuent"
    « Tout est là. On fond. Les "ce que nous sommes de Parizeau", les Canadiens d'antan, les Québécois de ma jeunesse, le no-name d'aujourd'hui, ON FOND.

    On est rendu à combien? Difficile à dire parce que le nombre est maquillé derrière les "francophones".

    Combien? 77%? 76? 75?

    Dans les années 50, Toronto était une ville wasp à 90% et blanche à 98%. Dans les années 70, les wasp ont été renversés. Cet automne, Stats Can va nous apprendre que les Blancs sont maintenant la minorité visible à Toronto. En un demi-siècle à peine, l'immigration aura renversé une double majorité dans la métropole du Canada.

    Who's next? »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    mardi 21 août 2007 08h19
    Encore trop bavards!
    « C'est évident que les commissaires ont beaucoup trop parlé, en particulier Gérard Bouchard. Ce dernier en remet dans cette entrevue en parlant du terrorisme mondial de religion musulmane. Absolument inopportun, ce genre de référence à ce moment-ci. Mais il n'y a rien à faire, c'est inévitable, vu ce choix de commissaires. Encore une autre erreur de Jean Charest. »

  • Richard Lavigne
    Inscrit
    mardi 21 août 2007 09h10
    Sont-ils avec nous ou contre nous
    « C'est la question que je me pose lorsque je rencontre des immigrés.

    Dans le quartier oû je demeure depuis 13 ans , je suis certain que la majorité ne l'est pas.

    Je suis en accord avec Madame Marois qui propose que l'immigration soit la seule responsabilité du Québec.

    Mais, certaines conditions doivent être: Aucun poste dans la fonction publique comme dans de nombreux pays avant des générations des générations.

    Gardons ces emplois pour nos enfants. Après des générations, je crois que ces nouveaux arrivants sauront penser et communiquer et nous comprendre, et j'ouolie la sécurité nationale .

    Ce ne sont que quelques idées que nous discutons entre nous mais combien pourrions en émettre dans un mémoire ?

    Par respect de nos ancêtres fondateurs et pour le futur de nos enfants, »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mardi 21 août 2007 09h17
    Échapper à la « ghettoïsation »?
    « Étonnant ce fait là. En1516, Ghetto (quartier en italien) paraît avoir désigné d'abord des fonderies dans le quartier où les juifs se seraient établis, puis a désigné un quartier réservé pour eux seuls mais cette fois-ci avec des portes que l'on fermait à double tour à la nuit tombée.

    Y échapper est vite dit non seulement pour le quartier d'Outremont et ses hassidiques mais aussi pour le Village gay et l'autre « ghetto, celui des riches à Westmount et anglophone de surcroît. Le reste se dilue avec le quartier chinois. Il y a une « ghettoïsation » à Montréal avec la Petite Italie, Parc-Extension et la communauté pakistanaise etc. Nos auteurs devraient déambuler dans Montréal et apprendre à connaître cette ville magique et magnifique. J'oubliais le ghetto des consommateurs branchés platoïdes aux lunettes énormes et sombres de la rue Mont-Royal.

    « La population musulmane est beaucoup mieux « formée » que la majorité des Québécois » natifs... ». Certes et j'en connais qui sont poissonniers avec un MBA, chauffeur de taxi avec un doctorat, voire médecin; installateur de lignes téléphoniques en étant ingénieur; commis chez Première Moisson avec un MBA pour nettoyer les tables ou expert-comptable etc. Rien d'anormal. Quel étonnement, mère de toute sagesse. »

  • Pierre Bonbeau
    Inscrit
    mardi 21 août 2007 09h59
    Le débat glisse-t-il ?
    « Il me semble que le débat est entrain de glisser, je pensais que le débat était sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles, alors que l'enjeu de cet article est devenu le « sentiment d'insécurité mondial lié au terrorisme et l'opposition islam/Occident engendrée par cette menace se posent en toile de fond du débat qui a cours au Québec. Sans conclure à un véritable choc des civilisations, le sociologue et historien Gérard Bouchard reconnaît que cette tendance mondiale est au coeur des préoccupations de la Commission. » Est-ce un glissement ou est-ce devenu un débat politique et non-scientifique ?

    Pierre Bonbeau »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mardi 21 août 2007 11h30
    Pathétique.
    « C'est évident qu'ils ont comme mandat de contrôler le discours, d'en imposer la direction et de faire en sorte qu'il mènne aux conclusions pré-établies qui serviront la politique d'Ottawa.

    C'est hallucinnant de les entendre dire qu'ils ont dû élargir le débat à la laïcité! Il me semble que même pour un jeune du secondaire la laïcité aurait été une évidence dès le départ.

    Et que dire de cette décision de consacrer entièrement l'un des trois forums à l'islam? Je doute qu'un des deux autres soit consacré au judaïsme! Et pourtant, on ne vois pas les institutions islamistes organiser des colloques géants pour y inviter les partis fédéraux à discutter politique, mais les institutions juives oui! Juste la semaine dernière, un de ces colloques, à Toronto, rassemblait plus de 5,000 membres de la communauté juive les plus influents pour discutter politique avec les partis. Le parti Conservateur, au pouvoir, a accepté l'invitation! On se croirais de retour au Duplessisme! Et ces institutions religieuses juives sont au coeur de Montréal! Mais on préfère consacrer un forum entier sur de plausibles, probables, "cellules" extrémistes islamistes "quelquepart" à Montréal.

    Faire peur en insistant sur la terreur islamiste et ainsi détourner l'attention des véritables institutions religieuses qui "couchent" avec l'État.

    C'est clair qu'on évite la question des institutions religieuses pour protéger c'elles qui sont près du pouvoir et l'influence. Protéger leurs acquis comme les écoles confessionnelles, hôpitaux confessionnels, etc... L'absence du terme "religieux" du titre de la commission est criante.

    M. Bouchard a beau faire l'éloge du légendaire interculturalisme québécois, il ne fait parti d'aucune charte et quand même il le serait le Québec est assujetti à la charte du multiculturalisme d'Ottawa qui a préséance sur toutes les chartes provinciales.

    La minorité anglophone du Québec serait beaucoup moins préoccuppée par les ghettos, nous dit Taylor. Pourquoi la serait'elle puisqu'elle baigne dans une majorité anglophone au Canada?
    Ce raisonnement de Taylor est le même que l'orsqu'il se dit lui-même un anti-national pluraliste citoyen du monde, en autant que tout le monde parle anglais!
    L'institut Templeton, loyaliste anglaise, foncièrement british, peut bien avoir été émue au point de lui remettre 1.5 millions de dollars, pour des "idéologies" pareilles.

    Et ça décide d'égal à égal, avec Bouchard, de la nature que devrait prendre le Québec et les Québécois!
    Immaginez une telle partité pour le Québec avec Ottawa! En fait, n'est-ce pas là le véritable problème?

    Ce même Taylor frôle de nous dire qu'après le débat sur le turban de la GRC, son peuple anglo canadian est en avance sur nous et a terminé la première étape sur les accomoddements. Yeah, yeah! Blody well done!
    Mais en même temps qu'il se félicite, en Colombie Britannique le Tribunal pour les Droits Humains vient de statuer qu'une personne peut refuser la présence d'un chien pour aveugle dans son établissement ou taxi si cette personne obtient de son patron ou chef religieux une certification que ceci cause un préjudice à ses croyances religieuses. Cette décision fait suite au cas d'un chauffeur de taxi qui refusa de conduire un aveugle avec son chien parce-que selon sa religion ces animaux sont impurs.
    Ce fait est publié dans une majorité de journaux au Canada anglais, mais dans aucun journal du Québec.

    "La proportion des Québécois d'origine canadienne française diminuent, mais la proportion de ceux qui ont le français comme langue principale (y compris les Français et les Maghrébins, par exemple) se maintient, croit Gérard Bouchard."

    Et voilà, fallait si attendre, G. Bouchard revient à sa croisade pour "jetter au feu de la Saint-jean les souches Canadiennes Françaises" et que nous retournions tous à St-Malo pour retrouver nos racines européennes et se faire la colonie Française d'Amérique dont il rêve encore aurait dû être notre histoire. Manque plus que la dentelle et les perruques.
    Il le souhaite tellement qu'il nous vois déjà disparraître, tout comme cet autre membre de "l'élite" mourialaise , Marie Laberge, récemment qui déclarait que le nom de famille vietnamien Nguen était maintenant le plus répandu au Québec après les Tremblay! Pourtant, vérification faite à l'Institut de Généalogie du Québec, Nguen arrive au 230 emme rang et les 100 premiers noms de famille au Québec sont TOUS des noms autochtones Canadiens Français d'avant 1760!

    Et après nous avoir dit de jetter nos souches, Bouchard nous dit:

    "Les gens ont le sentiment qu'il n'y a plus de mémoire et qu'ils ont perdu leur conscience historique, rappelle M. Bouchard."

    Elle prommet cette commission, elle prommet. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    mardi 21 août 2007 14h43
    Une apocalypse du Bien?
    « Reprenons une réaction de Jean Baudrillard à propos du 11 septembre 2001. Ainsi donc, les « accommodements raisonnables » seraient un « alibi parfait pour l'extension totalitaire du Bien ». On pourrait reprendre au su et au vu de ce que nous dit M. Bouchard, puisqu'il semble que l'événement du terrorisme le préoccupe au plus haut point : « Inévitablement, cette montée du sentiment d'insécurité mondial lé au terrorisme et l'opposition islam/Occident engendrée par cette menace se posent en toile de fond du débat qui a cours au Québec » (M.Bouchard); voici Baudrillard : « Tenter de neutraliser tout événement, tout désordre, tout accident en le soumettant à un régime de prévention draconienne, en vue d'un monde banalisé, pacifié, sans enjeu ni violence mais alors nous nous retrouvons dans un univers de terreur préventive. Nouvel équilibre de la terreur, celui du mal par le mal : on se retrouve dans une idée du Mal manipulée par les puissances du Bien (Bush-le-Centaure) à l'ombre du plus grand commun dénominateur de la terreur. »
    C'est fort maladroit et dangereux de la part de M. Bouchard de s'exprimer ainsi. De qui et de quoi faut-il se protéger? C'est insultant pour la communauté d'origine musulmane et il me semble que c'est le meilleur moyen pour éviter tout contact et par conséquent tout dialogue. Que veut dire ce doigt tendu et démonstratif de cette « réalité » au Québec qui se poserait comme « toile de fond du débat qui a cours au Québec »? Foin des autres diversités, nous devons nous protéger des « cellules dormantes ». De quoi parle-t-on dans ce cas là. Y-a-t-il des preuves ou est-ce pure spéculation? Le reste est dialectiquement démagogique. »

  • Jean-G. Lengelle
    Inscrit
    mardi 21 août 2007 15h51
    Être ou ne pas être....
    « Que ce soit Québécois ou Canadien, ou Immigrant (peu importe l'origine), le coeur du problème n'en est pas moins d'être ou de ne pas être ou de prétendre être ce que l'on n'est pas, ou ce que l'on voudrait être ou ce que l'on voudrait ne pas être, ou ne plus être.
    Immigrer veut dire logiquement renoncer au "vieil homme" pour devenir une créature nouvelle dans un monde nouveau.
    Cela ne veut pas dire de se protéger par une identité nouvelle pour tenter d'aller faire la leçon au pays d'origine comme a tenté de le faire Zarah Kazémi en se faisant protéger par une identité partagée.
    Retourner en Iran sous un faux-vrai passeport, et ensuite jouer les martyrs par fils interposé pour faire intervenir un pays d'accueil appartient à la fois au mythe et à l'hypocrisie. Si l'on veut lutter contre une oppression, il faut le faire sans voile et à visage découvert.
    Or le drame de la Commission B & T est bien là: à partir de quand et de quoi peut-on se définir comme ce que l'on est, ce que l'on n'est pas ou ce que l'on est mal pour bénéficier de l'appui de la majorité?
    Par conséquent ne doit-on pas renoncer à son passé pour pouvoir devenir membre à part entière de la communauté d'accueil? Et à l'instar de ce qui se fait aux États-Unis pour l'élection présidentielle, ne serait-il pas sain d'être né ici avant de vouloir y jouer un rôle politique?
    À partir de quand devient-on pure laine? une, deux, n générations? À bien y penser les Bourassa sont d'origine italienne, mais personne n'oserait dire que Robert Bourassa venait des communautés culturelles, car il est né ici.
    Par contre l'actuelle gouverneure générale est haïtienne puisque née en Haïti, mais nommée par opportunisme politique douteux, et elle n'a de Canadien que la volonté de ses parents de fuir Haîti. De ce fait est-elle issue des communautés prétendues culturelles? Est-elle aussi Française comme elle souhaitait le devenir? Comme chef d'état d'un pays indépendant il me semble que l'on pourrait faire mieux...
    Autrement dit, et même si il est difficile de mettre des balises quant à l'origine ou à la sincérité des citoyens de ce pays, ne faudrait-il pas d'abord et avant tout définir comment l'on peut être, ou ne pas être, et ce bien avant de tenter de donner des leçons au reste du monde? »

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