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Bouchard à court d'arguments pro-diversité

Antoine Robitaille   17 août 2007  Québec
Gérard Bouchard
Gérard Bouchard
Québec — Pour «convaincre la population que la diversité ethnique, c'est un enrichissement culturel», il faut des arguments, or ces arguments, «je vous garantis qu'on les cherche!», a confié hier au Devoir le coprésident de la Commission sur les accommodements raisonnables, Gérard Bouchard. M. Bouchard estime que, bien que leur tournée en soit une de consultation, les deux présidents devront «répliquer» à certains discours des participants. Ces discours, M. Bouchard prévoit qu'ils seront défavorables à la diversité: «On va se faire dire, dans toutes les régions dans lesquelles on va s'arrêter [...], que l'immigration et la diversité, ce sont des emmerdements.

Et puis, ces gens-là n'auront pas lu l'article [du sociologue américain Robert] Putnam [présenté hier dans Le Devoir], mais ils vont nous tenir un discours qui va dans le même sens, mais un discours beaucoup plus sommaire et musclé», a-t-il déclaré hier lors d'un entretien téléphonique.

M. Bouchard estime que «nous, les intellectuels, on a mal fait notre travail», depuis une décennie au moins. «On a posé et on a postulé que la diversité était bonne et enrichissante pour le Québec sur le plan culturel. Mais on ne l'a pas démontré avec les études nécessaires. Nous étions certains que personne ne voudrait soutenir la position contraire», admet-il. Pour bien marquer le point, il insiste: «Est-ce qu'on connaît un seul article présentant un argumentaire solide et convaincant démontrant de façon concrète en quoi la diversité ethnique est une source d'enrichissement culturel?» Certes, il y a des études sur l'enrichissement économique du Québec. Mais sur le plan culturel, la chose est quasi impossible à trouver, affirme-t-il.

Il insiste: il croit, lui, à la richesse de la diversité pour le Québec. Et il s'adresse un reproche: «Je n'ai jamais contribué à bâtir cet argumentaire.» Ainsi, dans le grand public — les «gens qui ne sont pas des intellectuels mais qui regardent les nouvelles à TVA ou à TQS, dans le meilleur des cas au téléjournal» —, comment arriveront-ils, Charles Taylor et lui, à «déconstruire» les discours fréquents, qu'il présente ainsi: «C'est bien plus simple quand on est tous pareils. Il est alors plus facile de prendre des décisions car les débats sont plus rapides, les gens partageant les mêmes codes.»

Littérature

Dans l'autre camp, celui des chercheurs qui tentent de mesurer les effets de la diversité, il y a une littérature qui se développe depuis quelques années, à laquelle le sociologue Robert Putnam vient d'apporter une contribution importante avec son article «E Pluribus Unum: Diversity and Community in the Twenty-First Century» (publié dans la revue Scandinavian Political Studies).

Ceux-là croient démontrer que la diversité nuit, par exemple, à la solidarité, au moins dans un premier temps. Avec de bonnes politiques publiques, les choses peuvent être corrigées à moyen et à long terme, estime M. Putnam.

Mais M. Bouchard se montre plutôt critique envers ce dernier. Il note dans un premier temps que plusieurs chercheurs ont démontré que les indicateurs de solidarité ou de «capital social» de Putnam étaient sans doute dépassés. Les composantes de la vie et des liens communautaires se sont transformées. Il faudrait mesurer autre chose pour découvrir un autre capital social. Deuxièmement, Putnam met «peut-être sur le compte de la diversité ce qui doit être imputé aux pathologies de la société américaine». Putnam n'a étudié que les États-Unis. «S'il travaillait sur le cas de Montréal» avec les indicateurs choisis, sans doute que les résultats seraient différents, argue M. Bouchard. Malgré la grande diversité de la métropole, les statistiques sur la santé sont bonnes, la ville est «remarquablement sécuritaire» et la démocratie ne «s'y porte pas trop mal», soutient-il.

Au Canada anglais, fait remarquer M. Bouchard, il y a des auteurs, comme Keith Banting et Will Kymlicka, qui cherchent à répondre, avec force données, aux arguments comme ceux développés par Putnam. (Notamment dans Multiculturalism and the Welfare State: Recognition and Redistribution in Contemporary Democracies, Oxford University Press, 2006.)






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Vos réactions

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  • Noël Landry
    Inscrit
    jeudi 16 août 2007 23h10
    Faudrait se faire une idée
    « J'ai 17 ans. À l'école, on me dit de respecter les autres cultures. Mes parents m'ont toujours enseigné que la différence n'était pas une raison pour haïr. Et là, si je comprends bien, vous dites qu'il y a des gens qui essaient de prouver que la diversité peut nuire à notre société? C'est n'importe quoi. Je choisis mes amis sur leurs qualités d'être humain, pas sur leur couleur ou leur religion. Si c'est ça le monde des adultes, je préfère rester ado toute ma vie. Le Québec sera un beau pays quand on ne se prendra pas la tête pour des stupidités et qu'on finira par s'entendre sur une des valeurs la plus importantes: le respect. »

  • Dany Leblanc
    Abonné
    jeudi 16 août 2007 23h46
    Ce que j'en pense!
    « La diversité peut être un enrichissement mais aussi une nuisance, cela dépend du contexte.

    Les immigrants amènent un savoir-faire et des goûts qui peuvent intéresser plusieurs Québécois. À contrepartie, ils amènent des valeurs et des croyances qui peuvent entrer en confrontation avec celles des Québécois. Et c'est bien normal que ce soit ainsi.

    Si la diversité culturelle et religieuse ressemble à la circulation de la rue Côte-des-Neiges, on n'est pas sortie du bois.

    L'intégration des immigrants est cruciale pour la cohésion de toutes sociétés.

    Premièrement, il faudrait s'assurer que les immigrants passent du côté français au lieu de l'anglais, ce qui n'est pas toujours le cas. Quand on se comprend, c'est déjà pas pire.

    Deuxièmement, il faut que toutes nos institutions soient laïques et que tous s'y soustrait. Arrêtons de subventionner les écoles privées qui donnent un cours confessionnel.

    Troisièmement, il faut enseigner à tous les jeunes les dogmes de chaque grande religion et savoir comment se développer les mythes et légendes. Il faut aussi leur faire développer l'esprit critique en leur donnant un cours d'autodéfense intellectuel. »

  • Georges Allaire
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 00h16
    L'ossuaire québécois
    « Le problème québécois le plus fondamental est la mort du Québec. Il n'y a pas d'argument face à ce fait. Quand des gens n'ont plus la force vitale de se renouveler, ils n'ont finalement aucune force d'attraction pour intégrer les gens qui viennent chez eux. La "diversité" manifeste alors le remplacement évident des premiers occupants du sol par les nouveaux occupants. La grogne des premiers ne les empêche pas de "faire trois petits tours et puis s'en vont". Suite à cela, les nouveaux occupants feront ce qu'ils souhaitent faire de LEUR nouvelle patrie. En attendant, ils ne haussent pas la voix, car ce n'est pas prudent de contrarier un moribond et ce n'est pas poli de faire du bruit à la morgue.

    Cette observation est purement analytique. - L'avenir des Québécois a déjà été résolu par les vasectomies, par les ligatures des trompes et par les coups de bistouri ou les succions d'aspirateur envers les Québécois éphémères qui ont été exterminés par leurs parents.

    Dans le contexte de ces "valeurs", les valeurs de vie et de remplacement des nouveaux venus n'ont pas besoin de mots pour occuper l'avenir. Il leur suffit d'exister.

    D'ailleurs nos braillards le savent. Ils se mentent à eux-mêmes en blâmant les autres.

    - Georges Allaire »

  • Louis Balthazar
    Abonné
    vendredi 17 août 2007 04h05
    Richesse culturelle et diversité
    « Il faudrait poser la question aux jeunes de moins de 35 ans qui fréquentent le boulevard Saint-Laurent à Montréal. N'est-il pas évident que la littérature québécoise s'est enrichie des Yin Chen et des Neil Bissondath? Que notre gastronomie est devenue un point de mire grâce à la contribution des immigrés? Pensez au chef de l'orchestre symphonique de Montréal, à de nombreuses vedettes de la radio et de la télévision, à plusieurs intellectuels qui enrichissent aussi notre société.
    Il me semble que la démonstration ne sera pas trop difficile.

    Louis Balthazar »

  • Sammy Dalva
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 07h14
    Mauvais départ
    « j'ai probablement mal compris le mandat de cette commission, je croyais qu'au moins la présidence aurait l'esprit ouvert pour la recherche d'un consensus.
    D'une part je note un certain mépris vis à vis la population en disant qu'elle écoute rarement Radio Canada et d'autre part on veut diriger les opinions en rejetant les etudes qui sont incompatibles avec leur ligne de pensée.
    Vraiment dommage. »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 07h19
    Comment ils ont tué Toronto
    « Dans les années 50, Toronto était une ville WASP à 90% et blanche à 98%

    Dans les années 70, les WAPS ont été renversés par l'immigration. L'automne prochain, Stats-Can va nous apprendre que les Blancs sont maintenant minoritaires. La minorité visible à Toronto c'est maintenant les Blancs.

    Trouvez-moi un pays au monde où la population autochtone de la métropole a été renversée, ethniquement et racialement, en un demi-siècle? Imaginez Paris où les Français seraient minoritaires et Rome où les Romains seraient minoritaires!

    Qu'est-ce qui c'est passé au Québec depuis 30 ans, depuis la Loi 101? Les Anglos ont fondu de 15 à 7%, pendant ce temps les Allos bondissaient de 4 à 12%. En d'autres termes on a réglé (en partie) la question linguistique (qu'on trainait depuis 2 siècles) pour la remplacer par une question ethnique et raciale qu'on va trainer pendant des générations.

    Nous sommes tous coupables. »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 07h20
    Quelques arguments pour la Commission...
    « La diversité, ça élargit les horizons, ça nous évite le nombrilisme, ça nous apprend que la terre est une, que nous pouvons tous et toutes y être frères et soeurs. Du lyrisme, sans doute, mais n'oublions pas que les immigrants viennent aussi avec leur compétence, leur argent, leur vitalité, et leur désir d'avoir souvent une famille nombreuse. Et avec tout leur bagage culturel. En pensant en particulier à ceux et celles qui font leur marque dans le secteur universitaire, de le recherche, des communications, de la littérature, du théâtre et de tous le autres arts. Voilà quelques arguments pour une commission que je trouve cependant toujours non nécessaire. »

  • Brahim Benyoucef
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 07h38
    Diversité menaçante, dites-vous???
    « Je ne suis pas d'accord avec les conclusions de Monsieur Putnam, car fondées sur une recherche empirique réductrice et tronquée. Établir une corrélation simple entre des phénomènes complexes de société, déroute l'étude. En effet, il y a beaucoup de facteurs qui s'enchevêtrent et interviennent dans l'explication des phénomènes de l'Homme. Par ailleurs, les situations ne sont pas figées; car les dynamiques sociales poursuivent des trajectoires qui changent continuellement, sous l'effet du temps et des conditions du milieu.

    Il est inutile de rappeler les bien-faits de la diversité, qui a pris une part importante de la littérature sociologique et philosophique contemporaine. La diversité a été décrite comme moteur de l'interaction, génératrice de l'innovation, du changement et de l'évolution; bref de l'histoire. Elle est au coeur du modèle socio-urbain de Max Weber; elle a inspiré la théorie de l'école de Chicago....

    D'une façon simple, plus les éléments d'un système sont variés, plus ils ont tendance à s'échanger et interagir .....; et plus il y a de l'interaction, plus il y a de l'innovation, (effet de l'aimant). Plus les éléments d'un système sont différents plus il y a de la dynamique; plus ces éléments sont homogènes, moins il y a de mouvement.
    De ce point de vue l'immigration demeure au fil des temps génératrice de développement et d'évolution. Un simple constat nous permet de voir à titre d'exemple, l'apport de l'immigration au Québec et au Canada, sur tous les plans aussi bien démographiques, culturels, artistiques, linguistiques, culinaires, scientifiques et économiques, etc.....

    Cependant, la diversité ne suffit pas à elle seule pour atteindre ces vertus. Les résultats dépendent des conditions du milieu. Autant la diversité dans des conditions optimales d'adhésion est richesse et source de prospérité; autant dans des conditions d'exclusion celle-ci génère phobie de l'autre, conflits et crises. C'est bien cette question que semble négliger Monsieur Putnam. Il est certain que le véritable défi à relever est celui de promouvoir les conditions d'adhésion en harmonie des néo-citoyens et les conditions de vie en harmonie entre tous les citoyens. Il s'agit de l'adhésion dans la diversité; fondée sur l'acceptation, solidarité et respect des uns et des autres. Cette adhésion passe impérativement par l'accès équitable à l'emploi et par un processus continue d'entre connaissance dans la sérénité et la sincérité, loin des tapages médiatiques et des manipulations électoralistes. Les cultures des uns et des autres demeurent des registres codés; et l'échange mutuel des codes, permettrait une meilleure compréhension de l'autre et génèrerait richesse, connaissance et solidarité. Par ailleurs, Il faut aussi laisser le temps faire sa part, pour que les gens apprennent à s'accepter mutuellement et à vivre en harmonie. Il ne faut pas oublier que la notion de l'autre prend place et se développe au fil du temps; il va falloir juste offrir les conditions appropriées pour que l'image de l'autre se façonne positivement dans les mentalités des uns et des autres. Pour cela l'effort des pouvoirs publics, de tous les acteurs de la société doit être associé à celui des citoyens pour que soient encouragées les conditions d'équité, de justice, de solidarité, de respect de l'autre et de lutte contre les préjugés, l'exclusion et la discrimination.

    La diversité culturelle, n'est pas une menace à l'identité québécoise comme veulent le suggérer certains; au contraire la diversité vient offrir les conditions de renouvellement à cette conscience identitaire, dans une dynamique sociale suscitée par la mondialisation. La diversité demeure une richesse inestimable; richesse à optimiser grâce à des conditions favorables à l'adhésion de tous, dans un projet de société prospère, épanouie et solidaire.

    Le chantier citoyen doit être activé et maintenu ouvert, pour permettre l'apprentissage de la diversité et de la vie en harmonie. Ceci implique l'effort de tous les acteurs sociaux, économiques et politiques, les pouvoirs publics et les citoyens, dans un programme cohérent d'action et dans un processus continu de concertation et participation afin de garantir la réussite du projet. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 17 août 2007 07h39
    Les solutions
    « Nos immigrés et réfugiés devraient faire attention de ne pas reproduire ici ce qu'ils ont fuit dans leur pays parce qu'ils vont devoir fuir encore et nous aussi.

    Fait que...laissez votre religion à la maison et dans vos temple religieux. On met aussi la pédale douce sur le nationalisme qui se résume souvent pas : On est plus fins que nos voisins.

    On n'a pas de problèmes avec les turbans "sauf pour ceux qui entrent dans la RCMP et dans la construction", les barbes, les kirpans "à la maison et pas à l'école et dans les avions", les boudins sous les chapeaux noirs, les foulards et les voiles qui nuisent à personne et qui sont souvent jolis.

    J'offre la solution totalement gratuitement. On n'a plus besoin de la commission des accommodements raisonnables. On va économiser quelques millions avec ça. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 17 août 2007 09h19
    Le brouillard et peut-être la nuit...
    « La diversité en Amérique du Nord est son propre mouvement et son moteur immobile. Les prix Nobels et les meilleurs chercheurs américains viennent "d'ailleurs" et cet "ailleurs" se trouve dans le même lieu, la Terre. Elle est ronde et globalisée, la Terre. Notre chère et unique Planète bleue.

    Je ne peux voir autrui comme une différence après la Shoa. Il ne peut y avoir une altérité sans humanité et celle-ci nous démontre que nous sommes un même. Il faut créer une Paideia en quête de noblesse. C'est l'égalité qui devrait nous être une passion du vivre ensemble. À Montréal, il y a une indifférence totale à l'égard des nouveaux-américains. Les accommodements raisonnables sont une infamie, une sorte de ghetto invisible mais bien présent. S'accommoder de l'existence d'autrui est une insulte insupportable à la dignité humaine.

    Vous vous accommodez à ce que je suis? Je vous dis non. Commode vient de commodus, « meuble »; commodité, vous savez ce que c'est, ce sont les lieux d'aisances. Autrement dit, les toilettes. D'ailleurs, au XIV ième siècle à propos de « incommodité », cela se pensait comme « immondices ». Ce n'est pas dans l'air du temps « écologique ». Alors, accommodements raisonnables, cela va loin comme notion. Aurions-nous trouvé une nouvelle forme très politiquement correcte pour devenir plus raciste qu'à l'accoutumé? Cela fait peur et je ne crois pas que les nouveaux-américains vous suivront. M. Bouchard le sait lui qui lut l'essai Frénétiques (Aux éditions Tryptiques, 1999). Il y a une tentative de comprendre ce que exclusion veut dire au Québec.

    « L'âme n'a pas de patrie, ou, plutôt, elle n'a qu'une seule grande patrie sans frontières. Il est possible de se comprendre mutuellement et de se rapprocher. Je dois y contribuer pour ma part, car j'éprouve en mon âme et en ma raison un sentiment de solidarité avec toutes les époques et tous les pays » Etty Hillesum, morte à Auschwitz en 1943. »

  • Guy Archambault
    Abonné
    vendredi 17 août 2007 09h22
    Trouver ou prouver ?
    « Les avantages de la diversité culturelle pour les Québécois sont-ils difficiles à trouver ou difficiles à prouver ? Si aucun intellectuel n'a réussi au cours des dix dernières années à produire une recherche démontrant les avantages de la diversité culturelle pour les québécois, c'est que, soit que ces avantages n'existent pas, soit qu'ils existent mais sont d'une importance mineure comparé aux problèmes réels ou potentiels qu'elle pose.

    Encore là, faudra-t-il éviter les idées préconçues, inconscientes, que porte en elle la classe intellectuelle québécoise, qui projette sur l'ensemble de la population ordinaire, ses besoins, ses désirs et ses propres aspirations au détriment du quotidien vécu par leurs concitoyens. Faudra prouver que les bienfaits de cette diversité sont une réalité tangible pour tous les québécois et non le produit d'un sentiment de foi et d'espérance de la part des intellectuels soucieux d'être politiquement et culturellement " correct ".

    Par exemple, il faudra montrer comment la diversité culturelle présente au Québec depuis plus de trois cent ans, celle des indiens, ans a profité et profite encore aux québécois ordinaires. On sait déjà qu'elle profite quotidiennement beaucoup aux historiens, aux anthropologues, aux sociologues et aux archéologues. Mais il faudra aussi montrer les bienfaits culturels que les Mohawks de la région de Montréal ont apporté à la vie culturelle et sociale des Québécois au cours des vingt dernières années.

    Il faudra aussi montrer quels bienfaits culturels certaines communautés hassidiques, musulmanes, haïtiennes, italiennes, chinoises, pakistanaises, libanaises, etc. apportent à la communauté québécoise malgré l'apparent repli sur eux-mêmes de certaines de ces communautés. Pour cela, il faudra aller interroger leurs voisins immédiats qui tiennent logement à côté d'eux à Outremont, Lorraine, Cöte-Saint-Luc. Hamstead, Ahuntsic, Montréal-Nord ou Saint-Laurent. Il faudra demander à ces voisins quels bénéfices culturels concrets ils retirent de ce voisinage avec la diversité culturelle et quels problèmes concrets, s'il y en a, ils rencontrent au contact des membres de ces communautés. Et s'il y a des problèmes, il faudra pousser plus loin, et vérifier la nature, la véracité et la profondeur de ces problèmes.

    Il faudra aussi demander aux membres de ces communautés ce que le voisinage des québécois leur apportent comme bienfait culturel et les problèmes que leur pose ce voisinage.

    En somme, la commission ne doit partir en mission pour répandre la foi en nature bienfaisante de la diversité culturelle; elle doit rester fidèle à son mandat qui devrait être, pour l'essentiel, d'évaluer la nature des problèmes posés par la diversité culturelle au Québec, compte tenu du statut minoritaire de la francophonie en Amérique du nord, et trouver des solutions satisfaisantes pour les résoudre sans nuire au besoin identitaire des différentes communautés en présence.

    Guy Archambault »

  • william morris
    Abonné
    vendredi 17 août 2007 09h27
    Pas évident...
    « Bonjour,

    Bien sûr, comme à l'habitude, M. Bouchard se sent poussé à inciter la population majoritaire à se montrer <<accueillante>>à la <<diversité>>.
    Tout d'abord, la <<diversité>> n'est qu'un concept. Dans la réalité, on trouve un groupe majoritaire et des groupes minoritaires qui ont, ou qui n'ont pas, des atomes crochus avec les valeurs de la majorité. Quand des Suisses, des Belges, des Français, des Libanais francophones viennent s'installer ici, les choses se passent plutôt bien, ce qui ne veut pas dire que les membres de la majorité les prennent dans leur coeur.

    Par contre, quand il arrive ici des groupes tout à fait différents de par la culture et les valeurs, en plus de la langue, l'on constate que les choses ne vont pas bien du tout. Outremont en est un exemple. Il existe des limites à la capacité de réceptivité de la majorité, qui n'a pas à être culpabilisée pour autant.

    Il n'est pas évident que l'arrivée ici de groupes inassimilables et même non intégrables est un apport positif pour l'ensenmble de la population y compris l'effet de réaction entre ces groupes et celui de la majorité.

    Pour des motifs purement politiques, le Gouvernement fédéral a laissé entrer des groupes ethniques pour satisfaire aux réclamations à grands cris de coreligionnaires déjà installés de ces mêmes groupes.

    Ainsi, des groupes intégristes comme les juifs ultra orthodoxes, habitués à vivre dans l'isolement en Pologne, en Galicie, en Ukraine, par exemple, dans des villages ou shtetl qu'ils contrôlaient à 100%, ne sont pas préparés à vivre une vie citoyenne dans un dialogue avec les autres membres de la communauté.

    L'erreur, c'est que des gens comme M. Bouchard passent du temps à exhorter la mojorité à être toujours plus accueillante, sans jamais, vraiment jamais, exhorter ces communautés refermées sur elles-mêmes à faire des pas pour s'intégrer, en, par exemple, apprenant la langue de la majorité, chose qu'elles refusent totalement.

    Le principe, évident ou qui devrait l'être, que c'est au groupes minoritaires à faire un effort pour s'intégrer, est totalement évacué de la réflexion d'un M. Bouchaard, parce que, tout simplement, ce dernier a peur, peur de la force des lobbys qui les protègent.

    La suite une autre fois...
    Merci.

    William Morris
    www.lemont..canalblog.com »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    vendredi 17 août 2007 09h32
    La faille de Putnam
    « Monsieur Putnam soutient que les villes à forte concentration d'immigrants voient leurs citoyens refermés sur eux-mêmes. Je crois que le néo-libéralisme et l'individualisme du consommateur gonflé le font se replier dans son cinéma-maison qui diffuse de la peur (de l'autre) états-unienne, pendant que certaines communautés d'immigrants se regroupent autour de leurs lieux de culte ce qui a pour effet d'effrayer davantage les natifs...

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 10h12
    Le silence est d'or
    « Petit conseil à Gérard Bouchard, commissaire: écouter beaucoup, beaucoup, mais parler peu, très peu. À cet égard, vous êtes fort mal parti. J'avais des craintes sur votre nomination et à voir aller les choses, j'en ai encore plus. La parole est d'argent, le silence est d'or. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 17 août 2007 10h12
    On est loin de la burka et du kirpan
    « La commission Bouchard-Taylor a été constituée pour répondre au choc d'Hérouxville et de ses règles de vie.

    On a été offusqué de voir un iman sous le coup d'un avis d'expulsion du pays venir contester un réglement municipal dans une village de campagne. On a fait des gorges chaudes de ces péquenauds champêtres sans se souciller que c'était la pointe d'un iceberg qui est plus dangereux pour le titanic québécois qu'on le pense.

    Nous avons enlevé nos crucifix dans nos écoles et nous faisons la guerre aux conseils muicipaux pour faire disparaître ce symbole religieux de leurs enceintes. Allant jusqu'à attaquer le crucifix de l'assemblée nationale. Mais où est la contrepartie chez les immigrants?

    On se fait hara-kiri alors que les nouveauzx arrivants veulent avoir des lieux de prière dans nos écoles non confessionnelles, que l'on respecte leur religion en permettant les femmes voilées et summum des revendications que la loi de la sharia soient légalement reconnue.

    Pendant qu'on instituait un régistre des armes à feu, on permettait du même coup au kirpan d'être porté à la ceinture en tout temps. La GRC n'y a pas échappée au raz-de-marée de la foutue charte des droits car pour des raisons religieuses le costume traditionnel reconnu mondialement à dû faire une place au turban. Franchement ridicule. Puis nos athlètes féminines ont voulu porter le voile durant les compétitions pourquoi ? Faire différent !!!

    Vraiment ce sont ces choses qui irritent les québécois. Un peuple tolérant, des fois trop...

    Je regarde les discussions préparatoires aux assises de la commission et franchement on est loin d'Hérouxville et de ce que cette épisode a semé. La Burka et le Kirpan règneront encore longtemps car on est a des centaines de lieux de ces discussions... »

  • Roger Bélanger
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 10h22
    Vive Jules César
    « Ce grand conquérant avait un principe parfait pour assurer la paix dans les pays conquis : "Fais-toi Romain avec les Romains, Gaulois avec les Gaulois". »

  • Ginette Bertrand
    Inscrite
    vendredi 17 août 2007 10h30
    Infamie ?...
    « Monsieur Montoya, l'accommodement raisonnable est une créature de la Cour suprême du Canada dans l'arrêt sur le port du kirpan. Quel dommage que La Cour n'ait pu bénéficier de vos savantes explications. Voyant dans ce concept une infamie, elle l'aurait peut-être mis de côté et nous aurait ainsi épargné bien des déchirements. »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 10h37
    Contradiction ou hypocrisie?
    « Les Québécois aspirent à être maîtres chez eux. A comprendre ainsi : les francophones veulent être majoritaires (par rapport aux anglophones) dans tous les secteurs possibles (propriétés d'entreprise, médecins, avocats, culture, etc.).

    La volonté politique de limiter l'immigration au Québec est donc compréhensible, et légitime dans la mesure des prérogatives souveraines de la province (telles que fixées par la constitution et les accords fédéral-provincial pertinents). Elle fait écho au sentiment largement exprimé par la population, "nous n'avons pas besoin de plus d'immigrants au Québec" (voir le récent sondage sur Cyberpresse). Que la population ait raison ou tort n'a pas vraiment d'importance, la démocratie c'est la volonté du plus petit commun dénominateur: les cons. Et la politique, c'est l'art d'utiliser la bêtise des cons pour faire leur bonheur malgré eux.

    Le problème, c'est que cette volonté là, évidente dans tous les racoins de la réglementation et de la pratique (ex. ordres professionnels, discrimination à l'emploi, etc.), ne cadre pas du tout avec le discours officiel, qui ne peut se permettre de donner mauvaise conscience aux cons. Alors il y'a là nécéssairement, au mieux une contradiction, au pire de l'hypocrisie.

    C'est hasardeux de bâtir une nation sur l'hypocrisie, et c'est naïf de le faire sur des contradictions. »

  • Denis Biron
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 11h31
    Il faut se considérer majoritaires, d'abord !
    « Je suis totalement d'accord avec trois lecteurs qui ont fait parvenir leurs commentaires. Monsieur Gérard Bouchard et tous les québécois (ses) devraient lire et relire les opinions exprimées par ces messieurs.

    Il s'agit de : a) "On est loin de la burka et du kirpa" par Fernand Trudel b) "Pas évident" par Guy Archambault et c) "Trouver ou Prouver" par William Morris.

    Il demeure que, malgré la Charte de la Langue Française qui n'est pas appliquée comme il se doit, la majorité des nouveaux arrivants adoptent l'anglais comme langue d'usage.

    En tant que peuple québécois (de toute origine) nous devons réagir immédiatement avant qu'il soit trop tard ... dans un avenir prochain, malheureusement.

    Denis Biron »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 11h33
    La religion de l'État
    « «On a posé et on a postulé que la diversité était bonne et enrichissante pour le Québec sur le plan culturel. Mais on ne l'a pas démontré avec les études nécessaires. Nous étions certains que personne ne voudrait soutenir la position contraire»(Gerard Bouchard)

    Traduction: Notre job, définie par notre patron le fédéral, était d'imposer la politique du multiculturalisme par la propagation de nouveaux mythes idéologiques et par raisonnements issus d'études concrètes. Nous étions convaincus que le peuple goberait le tout.

    "Il insiste: il croit, lui, à la richesse de la diversité pour le Québec. Et il s'adresse un reproche: «Je n'ai jamais contribué à bâtir cet argumentaire.»"(Le Devoir et Bouchard)

    Traduction: Je ne peux pas expliquer comment et pourquoi. C'est une question de foi. De croyance. Nous annonçons la bonne nouvelle.

    "Ainsi, dans le grand public -- les «gens qui ne sont pas des intellectuels mais qui regardent les nouvelles à TVA ou à TQS, dans le meilleur des cas au téléjournal» --, comment arriveront-ils, Charles Taylor et lui, à «déconstruire» les discours fréquents,..."(Gérard Bouchard)

    Traduction: Les nombreux non-croyants parmis le peuple, ceux qui n'ont pas reçu la révélation, qui par leur faiblesse se laissent tenter par le discours de Satan, sont des âmes perdues sans nous. Le peuple Québécois est incappable de se construire lui-même, de se cultiver lui-même. Nous, les prophètes de la nation, devons construire cette culture pour eux.
    Si on veux recevoir encore notre chèque du Saint-Père fédéral. »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 12h25
    @george allaire: on fait 49% plus d'enfants que les Chinoises de Hongkong
    « En 2006, les Québécoises ont fait 82,100 enfants, le meilleur crû au 21e siècle. Une augmentation de 14,5% par rapport à 2000. Comme seulement 55,000 Québécois sont morts, ça donne un ratio de 150 naissances pour 100 décès. C'est l'un des meilleurs ratios du monde industrialisé.

    La France, dont on vante tant les programmes de natalité, a un ratio de 131. Elle fait plus d'enfants que le Québec certes mais a beaucoup plus de morts, ce qui donne un ratio plus bas. La Suisse, l'un des pays les plus riches au monde, a un ratio de 114. L'Espagne, qui a devancé le Canada au palmarès du PIB, est à 103. En Suède, pays comparable au Québec sous bien des aspects, on est dans le rouge avec 99 naissances pour 100 décès. L'Autriche, pays catholique de 7 millions d'habitants, est aussi dans le rouge à 89; l'Italie est à 83 et l'Allemagne, troisième puissance économique du G8, à 77. En Russie, pour chaque 100 morts, seulement 68 enfants ont vu le jour! La Russie se meurt, pas le Québec.

    http://www.nationmaster.com/graph/peo_bir_rat-people-birth-rate
    http://www.nationmaster.com/graph/peo_dea_rat-people-death-rate
    (pour avoir le ratio, faut diviser le taux de naissance par le taux de décès)

    Les 82,100 enfants des Québécoises représentent 10,85 enfants par 1000 hab. C'est mieux que les Finlandaises (10,46), les Belges (10,38), les Espagnoles (10,06) les Coréennes (10) et les Japonaises (9,3). Et beaucoup mieux que les Bulgares (8,65), les Ukrainiennes (8,82), les Autrichiennes (8,74) les Italiennes (8,32) , les Allemandes (8,25) et même les Chinoises de Hongkong (7,29). C'est Toynbee qui doit se retourner dans sa tombe! (Impressionné par notre prodigieuse natalité, le grand historien anglais avait écrit qu'à la fin des temps il ne resterait plus que des " Chineses and...French Canadians "). Les Québécoises ont fait 49% plus d'enfants que les Chinoises de Hongkong!!! C'est le secret le mieux gardé en ville! »

  • Denis Paquette
    Abonné
    vendredi 17 août 2007 13h30
    Le multiculturalisme et l'intégration des émigrants
    « La plus grande difficulté qu'aura a solutionné la commission tien au fait de la nature même du pays
    Si le gouvernement fédéral a fait des concessions envers le Québec concernant l'intégration des émigrants, la perception des émigrants est et demeure que la première responsabilité est envers le gouvernement canadien, c'est devant le gouvernement canadien et le représentant de la reine que l'émigrant a fait serment et juré loyauté. Pourquoi faudrait-il, par la suite, qu'il en soit autrement
    En fait, je crois que le problème des aménagements raisonnables est avant tout un problème de de juridictions de pouvoirs, d'identités et de territoire s
    L'identité au Canada n'est pas une chose facile, deux peuples fondateurs non reconnus, des dizaines de peuples autochtones, des émigrants de toutes les périodes de la fondation du pays a aujourd'hui qui revendiquent leur part de participations, une fédération qui n'en est pas tout à fait une, une monarchie constitutionnelle qui n'en est pas également tout a fait une, des provinces qui doivent renégocier continuellement leurs autonomies, un pouvoir centrale jaloux de ses prérogatives, etc.etc.
    Je me souviens, qu'il n'y a pas si longtemps, lors d'un voyage dans l'ouest canadien, l'on me récusait mon identité « canadienne », sous prétexte que je parlais français, ou que j'habitais une province pas comme les autres
    Si c'était vrai pour moi qui a des ancêtres qui habitent le pays depuis dix générations, qu'est-ce que ce doit être pour un nouvel arrivant
    Je crois que dans la multitude (voire le multiculturalisme canadien actuel) les individus perdent leur identité, et que ce n'est pas tout les gens qui peuvent devenir citoyen du monde
    Le multiculturalisme a la Trudeau, est une doctrine d'intellectuel, qui dans les faits et la réalité, ne tient pas la route
    Nous commençons toujours par parler une langue et habiter un pays, avant de pouvoir le transcender
    Je crois que dans le contexte canadien actuel, il est normal que les émigrants cherchent à trouver refuge dans leur culture d'origine, le contraire serait anormal »

  • Gilles Marcouiller
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 13h59
    La démythification de l'identité québécoise
    « Pourquoi n'avons-nous soupçonné ces questions ? Les québécois ont été crédule. Le simple fait de remplacer les anciennes institutions et manières de faire par des nouvelles n'était pas en soi une garantie qu'automatiquement nous aurions une maîtrise sur notre identité. Nous avons confondu sentiment et réalité. Bon ! Je ne veux pas jouer au moraliste. Mais j'espère (mais j'en doute) que nous n'allons pas passer à côté de cette occasion pour mieux définir ce qui s'avère être l'essence même de la société québécoise. Une société mal fondée sur son identité peut-elle faire croître son capital social, politique et économique ?

    L'amour rend aveugle, la religion nous plonge dans l'obscurantisme dit-on, mais qu'en est-il de l'idée du progrès ?

    Bonne journée »

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 16h25
    Quand grignote l'indépendance...
    « À mon avis le débat sur les accommodements raisonnables va au moins avoir eu ceci de positif pour les méchants séparatiss dans mon genre... qui est de d'éperonner un peu nos convictions patriotiques et notre sentiment nationaliste.

    Ce débat sera donc très rapidement déporté sur la question nationale, dont on n'se doute pas à quel point elle peut être sous jacente à de nombreuses autres questions.

    Mais, ici nous croyons pouvoir faire l'indépendance à l'usure et par petits morceaux. On la grignote... p'tits bouttes.. par p'tits bouttes.. Comme des rats dans du fromage.. Et cette fois-ci, c'est à la manière tordue mitoyenne autonomiste de Mario Dumont.

    Autrefois ce fût la langue.. Y'a pas si longtemps.. le déséquilibre fiscal... Aujourd'hui c'est la religion.. et demain.. pourquoi pas.. le jambon dans la soupe aux pois ?

    Bien dommage que le combat se fasse actuellement sur de dos des immigrants. Mais bon.. ce n'est pas nouveau... «Les naturalisés ont toujours tort» disait Eugène Ionesco.

    J'aurais préféré que les passions s'avivent à cause de la guerre en Afghanistan ou en en expliquant les avantages économiques de sortir du fédéralisme et des traités de NORAD et de l'ALÉNA. Ou même encore.. sur l'autonomie agricole...

    Cette fois-ci on ne savait pas trop de quel bord ou de quel chapeau le lapin allait sortir... Mais une chose est sûre... Tant que la question nationale ne sera pas réglée, y'aura toujours des lapins et des chapeaux...

    Je nous souhaite tout de même une bonne partie, même si nous ne sommes pas sur la bonne patinoire... »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 17 août 2007 17h12
    Un locataire inquiet
    « Le Québec n'est en fait qu'un locataire de la maison canadienne. Plutôt de s'imaginer qu'il peut contrôler les allées et venues dans son logement étouffant, il serait mieux de construire sa propre maison. Il pourrait alors décider qui il invite en sa demeure en toute ouverture d'esprit. Mais il ne fera sans doute pas. Jouer au propriétaire est tellement amusant et moins risqué pour les politiciens, libéraux, adéquistes ou péquites.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Georges Allaire
    Inscrit
    vendredi 17 août 2007 17h27
    Joyeux Noël: Les morts d'ailleurs ne sauvent pas les nôtres
    « Depuis 1971, le Québec est en-dessous du taux de renouvellement de sa population. Même la récente montée relative de natalité n'a pas atteint le minimum de 2.1 par femme féconde. Certes, le Québec n'a pas des droits d'exclusivité sur le phénomène, car l'ensemble des pays industrialisés souffre de dénatalité. Comme le phénomène est relativement récent, les jours de gloire des croque-morts ne sont pas également arrivés partout. Comme la dénatalité a commencé plus tôt en France qu'au Québec, la mortalité à l'échelle d'une société s'y fait sentir plus tôt. Nous la voyons arriver depuis peu au Québec avec la montée des bébé-boumers vers la tombe.

    Quant à la Chine, qui n'était guère industrialisée, elle a imposé le régime d'un enfant par famille et se verra conséquemment dépassée avant peu, en population, par les Indes. Puis la Chine connaîtra sa décroissance inexorable. En chiffres absolus, elle sera évidemment beaucoup plus nombreuse que le Québec... mais par rapport à elle-même, elle dépérira.

    Quant aux remarques d'Arnold Toynbee, elles sont antérieures à la brutalité du communisme chinois et à la "libération" du Québec de son passé et donc de son avenir, d'où leur inexactitude prospective.

    Même si les immigrants au Québec devaient épouser les habitudes de dénatalité québécoise, ils quitteraient la terre québécoise avant ses occupants dits de souche, car leur arrivée dans la force de l'âge l'emporte sur le déclin de l'âge québécois. »

  • Yanick Binet
    Abonné
    vendredi 17 août 2007 21h04
    Un parallèle avec les relations humaines
    « Il me semble que la question de savoir si la venue d'immigrants est avantageuse ou non pour le Québec est plutôt étrange. Pour illustrer mon idées, j'aimerais faire un parallèle avec les relations interpersonnelles. Se demande-t-on s'il est avantageux d'aller à la rencontre d'autres individus? En général , non. On peut bien sûr effectuer un repli sur son quant à soi ou, plus fréquemment, ne fréquenter que les personnes qui nous ressemblent ou seulement celles qui nous apportent de la gratification. Mais n'est-ce pas en rencontrant ceux qui sont différents de nous qu'on progresse le plus?

    Bien entendu, une saine relation implique que l'on sache ce qui est important pour soi et les limites qu'on ne veut pas voir l'autre franchir, pour préserver notre intégrité. Mais n'est-il pas légitime d'accorder ce même droit à l'autre? Bref à devoirs égaux, responsabilités égales. Les relations humaines sont un long et difficile processus de démocratie. L'autre n'a pas toujours les mêmes valeurs ou les mêmes manières de résoudre les problèmes. On peut choisir comme solution, pour éviter la difficile négociation qui implique la remise en question, la modestie et la sincère considération des intérets d'autrui, de ne fréquenter que les gens semblables à nous. Mais même là, les conflits et ruptures sont légion. Ou bien on accepte d'être enrichi au contact de l'autre, quitte à être secoué. Il faut atteindre un juste équilibre entre l'assurance de son identité et la flexibilité à l'autre. C'est difficile. Beaucoup même. Mais n'est-ce pas là justement l'intérêt des relations humaines?

    Cette réflexion n'a évidemment rien d'une étude sociologique et je n'ai pas de données empiriques ou autres pour l'appuyer. Il s'agit plutôt d'une intuition.Il me semble par contre possible d'établir un parallèle avec l'avantage pour les Québécois d'accueillir des immigrants chez eux. Il est clair que si aucun effort n'est fait pour les aider à s'intégrer, et si des ponts ne sont pas lancés pour leur apprendre les fondements et les valeurs de la culture québécoise, ce qu'on espère d'eux et qu'on tolère mal ou pas, l'échange interculturel aura peu ou pas lieu. Alors le repli identitaire se poursuivra et s'amplifiera de chaque coté, chaque groupe culturel ayant l'impression que l'autre ne peut vraiment le comprendre, ni partager des modes de vie commun. Alors peut-être certains se diront que tant qu'à vivre en parallèle les uns à côté des autres, il vaut peut-être mieux de vivre dans des pays distincts. Des dérapages xénophobiques sont alors possibles. Tout cela peut sembler relever du sophisme de la pente fatale, mais il me semble que nous sommes déjà arrivés au bas de la pente chez certaines personnes.

    Yanick Binet »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    vendredi 17 août 2007 22h22
    le repli ethnique est le seul refuge du colonisé
    « Le refus de l'autre qui caractérise cette crise des "accomodements", c'est avant-tout le refus de soi. Tant que le Québec ne sera pas indépendant, sa majorité francophone restera pittoresque et folklorique, comme n'importe quelle communauté ethnique qui s'accomode à l'intérieur d'un carcan communautariste.

    Noël Landry, dans toute sa jeune candeur, exprime bien le problème: pour lui, ce qui importe, c'est le respect. Mais le respect de quoi au juste?

    Quand toutes les manifestations de la culture humaine se valent, par la force magique d'une charte des droits qui n'a même pas force de loi, on ne peut plus questionner l'autre et donc plus se questionner soi-même. Quand une société se limite à "fonctionner", elle oublie ses repères culturels jusqu'à n'être qu'une machine à produire et consommer du vide existentiel; pas surprenant que le Québec profond se braque contre les immigrés et qu'eux-même se ghettoïsent dans des quartiers de Montréal et certaines banlieues.

    On aime à croire que la diversité canadienne est un peu comme le melting-pot états-unien. Il n'en est rien: l'états-unien est d'abord un américain, pas un membre d'une communauté ethnique à qui on devrait du "respect". C'est triste de penser que les ports d'attache culturels commun de la majorité des canadiens sont justement la culture de masse états-unienne, à défaut de pouvoir s'alimenter d'une identité canadienne.

    Ce que Bouchard cherche à prouver, il ne le trouvera pas. Il n'y a pas d'avantages ni d'inconvénients majeurs à la diversité culturelle; tous les pays modernes sont constitués de communautés diverses qui évoluent en conséquence. Le problème ici reste celui du Québec qui n'est toujours pas indépendant, et qui n'a donc pas les moyens d'évoluer comme il le voudrait, du moins pas de manière québécoise. L'accomodement raisonnable du Québec "pur laine", c'est de composer tant bien que mal avec le "modèle canadien". »

  • poisson marie-michelle
    Inscrite
    mercredi 22 août 2007 14h32
    la diversité n'est pas bonne en toutes choses...
    « Des avantages à la diversité ( diversité non seulement ethnique, religieuse ou culturelle mais aussi diversité en âge, en genre, en préférences de toutes sorte...)j'en vois dans tous les milieux; éducation, travail, voisinage, couple... j'en vois même en biologie avec la notion de biodiversité garante de la survie des écosystèmes.
    Il n'y a qu'un seul domaine ou je ne vois aucun avantage à la diversité; c'est dans le domaine législatif et constitutionnel. Et c'est pourquoi il vous sera extrêmement difficile, messieurs Bouchard et Taylor, de trouver des politologues, des juristes et des philosophes sérieux et conséquents qui feront l'apologie de la diversité en ces domaines. ( Vous en trouverez qui feront l'éloge du relativisme en droit pour crâner, pour amuser la galerie, alimenter des débats lucratifs dans les milieux universitaires ou pour offrir des arguments fallacieux utiles à certains lobby qui n'ont pas intérêt à ce que le jeu démocratique puisse se déployer sereinement et faire progresser la société dans un sens qui compromettrait certains privilèges...)
    Lorsque les lois sont bien faites elles devraient pouvoir (ou du moins tendre en principe vers la possibilité de )s'apppliquer sans distinction à tous ceux qui vivent dans un même territoire national et ce au nom de l'équité et de la justice.
    Pour nous en convaincre, ayons recours à l'analogie et transportons-nous sur le terrain du match de soccer, disons pendant les éliminatoires du Mundial. La diversité de style des différentes équipes réjouit les amateurs car cela donne toujours un excellent spectacle et tous les entraîneurs savent bien que la diversité de talent des membres des équipes augmente les chances de compter des buts. Mais nous cessons de voir les avantages de la diversité dès quela diversité atteint le domaine des règles du jeu proprement dites. (Règles qui équivalent, si on veut, aux lois et aux constitutions civiles dans la vraie vie.)
    Aucun amateur de soccer, quel que soit sa préférence (souvent très fervente on le sait) pour une équipe ou une autre, ne souhaite voir l'arbitre moduler les règles du jeu en fonction du style particulier d'une équipe ou du talent particulier d'un athlète. Personne ne veut voir l'arbitre rendre des décisions différentes selon la nationalité, la couleur de peau ou la religion de l'athlète. Si l'arbitre ne respecte pas scrupuleusement les mêmes règles pour tous et en tout temps, ce sera bientôt l'émeute dans l'assistance! Non seulement les amateurs seront indignés mais le jeu lui-même n'aura plus aucune validité.
    Je pense que la plupart des gens qui vivent au Québec (immigrants ou non, cela est sans importance selon moi ...) sont au moins aussi intelligents que la moyenne des amateurs de sport (!?) et savent très bien tirer la ligne entre les domaines ou la diversité est un atout et les domaines ou la diversité compromet la pérennité du jeu démocratique. »

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